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By the Grace of the Gods

Chapitre 64

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Chapitre 64

Chapitre 64

Chapitre 64/13547%~9 min de lecture1 709 mots

Ce matin encore, je me rendis à la Guilde commerciale et, comme à chaque fois, on me conduisit dans le salon de réception. À force, j'avais fini par m'y habituer.

« Te revoilà, . Encore pour une histoire de main-d'œuvre ? »

« Oui. Mais j'aimerais aussi vous demander un conseil. »

« Hum ? De quoi s'agit-il ? »

J'exposai d'abord la situation.

« Je vois… Bon, nous non plus on n'avait pas fait fort le premier jour avec la personne qu'on t'avait présentée. C'est noté, si je trouve quelqu'un de fiable, je te l'amènerai. Ce n'est pas un crime, alors je préparerai les démarches pour que ça aille vite. »

« Alors, si j'en trouve un, je vous l'amènerai. Merci d'avance. »

« Ouais, bonne chance. »

L'affaire ayant été rondement menée, je me levai du canapé, mais on me retint.

« , attends un peu. J'ai oublié de te dire un truc, assieds-toi. »

« De quoi s'agit-il ? »

Je reposai mes fesses à peine soulevées.

« À propos de la conversation tout à l'heure, mais aussi de la racaille qui est venue chez toi l'autre jour. On a enquêté de notre côté… On a bien découvert qu'ils avaient été embauchés par quelqu'un, mais impossible de remonter jusqu'au commanditaire. Il y a peut-être la Main noire derrière, alors fais gaffe. »

« La Main noire… »

C'est bien une organisation criminelle, non ?

« C'est un regroupement de voleurs, d'assassins et ce genre de monde ? »

« Exact. Pas seulement des types qui commettent des crimes, mais aussi ceux qui fournissent des marchandises illégales ou des outils pour le crime, ceux qui servent d'intermédiaires avec ce genre de gens… En bref, ils font n'importe quoi. Pas que du vol ou du racket, il y en a aussi qui se spécialisent dans le meurtre, alors prudence. »

« Compris. Merci pour l'avertissement. »

« C'est rien. D'ailleurs, tu vas voir après ça, non ? J'ai un truc à te confier pour lui. »

Le maître de guilde appela quelqu'un à l'extérieur, donna quelques instructions à l'employé qui entra, et le fit revenir avec une bouteille en verre. La bouteille contenait un liquide vert pâle, avec une poudre sédimentée au fond.

Un médicament ?

Une fois le contenu vérifié, la bouteille fut placée par l'employé dans une caisse en bois qu'on avait aussi apportée.

Mais la couleur de ce liquide, sa viscosité, le dépôt… D'après ses caractéristiques, c'est clairement un tonique. Et costaud, en plus.

« Ça t'intrigue ? »

« Ah, excusez-moi. »

Je me disais que je n'avais pas à fourrer mon nez là-dedans, mais ma curiosité fut plus forte, alors je demandai.

« Au fait, c'est toi qui as soufflé l'idée à , hein. Puisque tu sais ce que c'est, pas la peine de t'en faire, ce n'est pas pour une maladie précise. En vieillissant, il y a des jours où la fatigue ne part tout simplement pas, c'est tout. »

Tout en parlant, le maître de guilde griffonna quelque chose avec ses outils d'écriture et me tendit le papier.

« Donne cette lettre à la réception. Cette caisse, c'est la routine, ils comprendront. J'ai aussi écrit de te la remettre en main propre, comme ça tu pourras régler ton affaire en même temps. »

« Je vous remercie encore et encore. »

« Dis bonjour au vieux de l'autre côté pour moi. »

Raccompagné par le maître de guilde, je quittai à nouveau la guilde.

« Voilà la situation. Je voudrais donc que vous recrutiez via la guilde, ou que vous enregistriez les personnes que j'aurais trouvées de mon côté. »

« Je vois… »

Sous prétexte de remettre le colis, je rencontrai le chef de branche et lui expliquai la même chose qu'au maître de guilde commercial. Lui avait accepté sans broncher, mais le chef de branche, après m'avoir écouté, faisait une drôle de tête, plongé dans ses pensées.

« Hum ? Ah, pardon, je vais préparer du thé. »

« Ah, ne vous dérangez pas. Au fait, y a-t-il un problème ? »

« Non, pas un problème exactement… Attends un peu. Pose-toi, on va en causer tranquillement. »

Le chef de branche se leva, prit un service à thé sur une petite étagère dans le coin de la pièce.

Il y avait aussi un appareil genre réchaud à gaz, mais version outil magique, et il commença à préparer le thé.

« Le chef de branche le fait lui-même ? »

« Ça évite de déranger quelqu'un, et ça me fait une pause. »

D'une main qui n'avait rien à envier aux servantes de la maison ducale, le chef de branche apporta le thé.

« Bon, comme je disais, ta proposition en elle-même ne pose pas de souci. Si tu trouves quelqu'un de fiable, amène-le, et bien sûr on peut aussi lancer un appel aux membres actuels. C'est du travail courant. Ton magasin, la guilde aimerait même le soutenir à fond… mais il y a un point qui m'inquiète. »

« Un point inquiet ? Et par soutien, vous voulez dire ? »

« Hum… Si ton magasin recrute via la Guilde des Dresseurs, ça veut dire une offre d'emploi de plus. Si tu ouvres une deuxième, une troisième boutique, ce sera d'autant plus de gens qui pourront trouver du travail. C'est quelque chose que la guilde doit accueillir favorablement.

Surtout, le fait que les bêtes magiques nécessaires pour travailler chez toi soient des slimes, c'est aussi une des raisons pour lesquelles je veux te soutenir. Tu te souviens de ce que je t'ai dit à ton inscription ? »

« …Serait-ce que vous parliez du fait qu'il n'y a pas de travail pour moi ? »

Le chef de branche acquiesça vigoureusement.

« La Guilde des Dresseurs ne recommande un travail que si elle juge que le dresseur et son familier peuvent l'accomplir. Si la réussite est manifestement impossible, on ne peut pas recommander. On propose une alternative si y en a une, mais selon l'espèce de la bête magique, il y a inévitablement des aptitudes et des inaptitudes.

Du mal à trouver du travail, salaire bas, coût d'entretien du familier… Pour ces raisons, un certain nombre de gens galèrent à vivre. Malheureusement, le travail n'est pas illimité non plus… J'entends aussi des gens qui ont essayé de changer de familier pour un inadapté et qui ont planté. »

Ils essaient de rassembler un maximum de missions variées pour y remédier, mais il y a des limites, j'imagine.

C'est là que le slime entra dans la conversation.

« Force faible, mouvements lents. Estampillé "bête magique inutile", mais tout dresseur a dû s'en occuper au moins une fois. »

« Au début, on s'entraîne avec des slimes, non ? »

« Exact. Ça fait longtemps que je fais ce boulot, mais des cas qui ne pouvaient contracter qu'avec des slimes, j'en vois quelques-uns par an. En revanche, des cas qui n'ont même pas pu contracter avec un slime, c'est à peu près que ceux qui n'ont pas réussi à apprendre la magie de familier. C'est dire comme le contrat est facile, d'où son utilisation pour l'entraînement.

…Je ne sais pas combien ton magasin paie, mais s'il y a du travail qui permet de vivre avec un slime, ça pourrait réduire le nombre de dresseurs en galère. C'est ce que je pense. Je dis ça alors que je viens de te dire que je n'ai pas de travail à te proposer, c'est bien égoïste de ma part. »

« Non, c'est… »

Je comprends aussi que la guilde ne peut pas faire prendre un travail qu'elle sait impossible.

« Ça m'arrange que tu le prennes comme ça. Bref, pour ces raisons, je trouve que ton magasin mérite le soutien de toute la guilde. Mais… le problème, c'est la direction. »

Le chef de branche hocha la tête et avala une gorgée de thé.

Le thé était passablement sucré… mais le chef de branche fit la grimace.

« Si c'est juste pour soutenir, je peux décider seul… Mais si la guilde soutient officiellement, il faut le rapporter là-haut. Et là-haut, ils pourraient bien fourrer leur nez. »

En gros, la guilde devient actionnaire ? Ou bien "on t'a soutenu, alors ferme-la et obéis" ?

« Y en aura qui n'accepteront jamais que le slime ne soit pas une bête nulle. »

« …Des gens qui ont enduré une vie misérable et ont enfin trouvé la stabilité. Et voilà qu'un type arrive qui vit avec les slimes les plus faibles et les plus faciles à chopper. Même s'ils comprennent avec la tête, y en a qui ne l'accepteront pas au fond. »

Ça serait embêtant qu'ils nous tombent dessus, et je n'ai pas l'intention de fermer boutique.

« Enfin, à entendre les rumeurs, tu n'as pas besoin de soutien. Le recrutement, on verra bien ce que ça donne, mais pour l'instant je vais contacter personnellement quelques personnes en qui j'ai confiance. »

« Merci beaucoup. Je compte sur vous. »

« De rien, je n'ai fait que le minimum. Au fait, t'es occupé après ça ? »

« Oui… Je compte aller à la Guilde des Aventuriers. Pour rencontrer la personne qui doit me présenter de la main-d'œuvre. »

« T'es pressé, hein. Je croyais qu'on avancerait plus doucement. »

« Disons qu'après avoir entendu le chef de branche, j'ai un peu changé d'avis. C'est certain qu'il faut avancer prudemment, mais si ouvrir des magasins peut ne serait-ce qu'un peu réduire le nombre de gens en galère, c'est une bonne chose. Alors peut-être que je peux me permettre d'être un peu plus proactif. C'est l'idée.

En tout cas, l'embauche est quasi décidée cette fois, donc pour pouvoir réfléchir à tout ça, mieux vaut entendre les détails au plus vite. »

« Hum… C'est gentil de y réfléchir, mais faut pas trop t'en faire non plus. Et puis tant qu'à faire, reste jusqu'à ce que la théière soit vide, veux-tu ? »

« Avec plaisir. »

Le chef de branche versa une nouvelle rasade depuis la théière qui tremblotait dans ses mains.

Tant que le thé ne fut pas fini, la conversation continua dans une atmosphère détendue, loin du sujet principal.

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