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By the Grace of the Gods

Chapitre 241

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Chapitre 241

Chapitre 241

Chapitre 241/30579%~12 min de lecture2 236 mots

Au réveil, une vague de froid mordant me piqua la peau. Dès que j’eus posé le pied hors de la maison, je fus stupéfait : un monde entièrement argenté s’étendait devant moi ――

« Mais il n’est pas question de commencer par des phrases à la mode des grands classiques. »

Il s’agissait de ma résidence, nichée sur une ancienne mine abandonnée, plusieurs heures au nord de la cité de Gimul.

Naturellement, nul autre être humain ne partageait ce lieu avec moi.

Personne ne serait donc venu épousseter l’amas de neige tombé à l’extérieur pour moi.

Estimativement, la couche accumulée ce jour-là oscillait entre cinq et six centimètres.

Ce n’était pas l’équivalent des terres enneigées où j’avais voyagé en mission naguère, mais cela restait amplement suffisant pour entraver la marche.

« Il va falloir que je me dépêche de préparer le matériel si je ne veux pas prendre du retard… Puisque l’occasion se présente, autant essayer ladite technique. »

Bien que cela ne fût pas explicitement conçu pour ce scénario précis, l’idée qu’il pourrait trouver son utilité me poussa à hâter mes préparatifs de sortie.

Trente minutes plus tard ――

« Eh bien, première tentative conclue sans encombre… »

Je venais de m’écrouler sur la terre humide d’une forêt située tout près de la porte Nord de Gimul après mon déplacement.

« Certes, cela se limite bien sûr aux lieux déjà explorés, mais ça permet de maîtriser aisément les longs trajets instantanés. Il faudra rester vigilant juste après l’arrivée, mais la chute de neige ne pose apparemment aucun obstacle au processus même. »

Ce qui m’occupait l’esprit aujourd’hui relevait d’un usage particulier que je testais régulièrement avec mes Slimes de Pierre et mes Slimes d’Herbe. C’était en quelque sorte l’équivalent des associations entre Slimes de Sable et magie terrestre dont j’avais parlé récemment.

Enfin, concrètement, je ne m’étais contenté que de laisser un Slime de Pierre accompagné d’un stock de pierres destiné à sa nourriture dans les arbres, attendant patiemment son retour…

Pour situer le contexte, la magie spatiale divisait les téléportations en trois niveaux : l’inférieur appelé Téléportation, le moyen dit Warp, et le supérieur nommé Porte. J’en étais encore aux deux premiers, car le dernier m’était totalement inaccessible.

, expert avéré en ces matières, m’avait cependant expliqué que leur fondement demeurait identique. Seul changeraient la portée du voyage et la quantité de mana requise ; la méthode opératoire était universelle.

Guidé par ses instructions, j’avais réussi à franchir ce palier et à dompter le niveau moyen.

La logique voulait naturellement que je tente d’atteindre le troisième grade.

Mais projeter son essence hors du champ visuel s’était révélée bien plus ardue que prévu.

Auparavant, mes sauts se limitaient à quelques mètres pour la Téléportation ou à la frontière extrême de mon champ de vision pour le Warp. J’avais sans doute abusé inconsciemment de la vue, puisque l’invisible restait infranchissable.

Injecter davantage de mana vers une direction précise semblait techniquement faisable, mais je renonçai face au danger que cela impliquait. Risquer de me retrouver bloqué dans la roche comme dans un vieux jeu vidéo, ou pire, de perdre la vie, ne valait vraiment pas la peine.

D’où ma stratégie actuelle : destinationner le trajet directement vers le Slime préalablement installé sur place.

Le pacte conclu avec mes familiers permettait de communiquer mentalement malgré la distance. Même lorsque les liens se relâchaient, le ressenti persistait sur l’axe directional et la métrique séparant nos positions. Suffisait alors d’ancrer le sort sur cette sensation.

En y réfléchissant bien, le principe rappelait fortement la fonctionnalité de téléportation rapide sur carte présente dans certains jeux vidéo.

L’expérience porta fruits immédiatement, me projetant à l’orée de la cité et réduisant considérablement le temps perdu sur la route.

Les perspectives d’amélioration étaient nombreuses, faisant de ce début de journée quelque chose de franchement constructif.

Ragaillardi par cette découverte, je traçai ma route vers la porte Nord.

L’économie réalisée grâce au voyage instantané me laissa un petit créneau supplémentaire, suffisant pour modifier légèrement mon itinéraire et passer devant ma boutique de blanchisserie.

Telles les rues voisines où les habitants émergeaient déjà pour faire place nette sous la neige, mon personnel s’était massé en nombre devant l’enseigne, bien avant l’ouverture prévue.

« Bonjour à tous ! »

Mon appel fut aussitôt salué par un chœur de réponses unanimes.

Juste après cet échange,

« Patron, que faites-vous debout à pareille heure ? »

Kalm leva vers moi un regard surpris. Je lui exposai donc le motif de ma venue prématurée.

« La première chute de neige de l’hiver m’a poussé à vérifier l’état du site. Nous avions déjà convenu des procédures à suivre lors de telles intempéries, et je vous fais entièrement confiance, mais j’avais un peu de marge avant mon rendez-vous principal, alors je voulais passer voir comment tout tenait bon. »

« Non, ce n’est pas là-dessus que je souhaitais insister. J’aurais simplement préféré savoir à quelle heure exacte vous avez dû quitter la mine du nord pour arriver ici pile à l’heure. »

Ah, c’est vrai. Sans préciser mon truc sur le transport longue distance, il devait naturellement penser que je levais le camp dès les premières lueurs de l’aube.

Comprendre sa méfiance légitime, je reformulai ma méthode.

« Oh, tant mieux. Je craignais sincèrement que vous n’ayez commis une nouvelle imprudence. »

« Encore une fois, maître, manier la magie supérieure à votre âge relève indéniablement de la folie furieuse… »

Un sourire nostalgique effleura mes lèvres face à l’air perplexe Yudam, arrivé chez nous depuis si peu de temps. Mes collaborateurs, habitués désormais à mes délires technologiques et magiques, ignoraient purement et simplement mes excès habituels.

« Salut ! »

« Yo, ! »

Tiens, c’était justement la famille voisine qui débouchait.

« Bonjour ! Vous vous attaquez aussi à la neige aujourd’hui ? »

« Bien sûr ! Si on attend trop longtemps, ça glisse dangereusement et les clients risquent de tourner le dos à l’établissement ! »

« Nos gamins ont l’air de se régaler, mais chaque hiver s’avère particulièrement corsé entre eux… »

Zeck, le boucher, et Pauline, fleuriste, cessèrent net leur avance tandis que leurs propos se stoppaient brusquement. Ils pivotaient simultanément pour observer derrière leurs enfants respectifs, Rick et Léni, qui se roulaient joyeusement dans le manteau blanc nouvellement déposé.

« Atchoum ! Ha… quel froid mordant… »

« Ah, Zeck. Dans ce cas, j’ai peut-être la solution adéquate… Lumière solaire ! »

Une fois l’archétype mental stabilisé, les syllabes magiques murmurées firent jaillir immédiatement au-dessus de nos têtes une sphère lumineuse flottante.

La chaleur rayonnante enveloppa instantanément nos corps nus, diffusant une douceur réconfortante.

Je l’avais employée il y avait belle lurette, mais la mise au point resta parfaite.

« Hoû, sensationnellement doux… »

« J’ai fusionné l’attribut lumineux avec celui du feu afin d’imiter les effets directs des rayons solaires. »

Alors qu’une simple lumière pouvait être générée sans chaleur par la seule maîtrise photonique – similaire à celle des ampoules modernes –, ce sort manquait cruellement de réconfort physique. Naquit ainsi cette alternative personnelle destinée à reproduire intégralement le baume hivernal des jours clairs.

Utilisée isolément, elle suffirait à égaler une exposition estivale favorable. Couplée à des barrières anti-vent ou thermo-isolantes, elle chauffait agréablement d’importants volumes d’air ; une ressource précieuse durant les nuits glacées passées sous bois.

« J’en positionnerai quelques-unes autour de la zone de pause afin que vous puissiez réchauffer vos membres correctement. Faire baisser trop brutalement votre température corporelle présenterait trop de risques sanitaires. »

Techniquement, je maîtrisais également le Rayon halogène, largement supérieur en puissance calorifique, mais l’excès de prudence me fit écarter définitivement toute option pouvant engendrer brûlures ou incendies accidentels.

Sauf conditions météorologiques exceptionnelles, une flamme artificielle contrôlée ou ce champ thermique suffiraient amplement à calmer le gel forestier. Tout irait donc parfaitement.

Autre détail pratique : disposant de packs chimiques réutilisables spécialement conçus pour contrer le froid, je songea à les distribuer rapidement.

« Veuillez accepter ces prototypes sans aucune gêne. Retranscrivez-moi ensuite vos impressions quant à leur efficacité réelle. »

« Merci infiniment ! »

« Elles gèlent vite, les extrémités des mains et des pieds. Ça semble bien pratique pour maintenir la chaleur. »

À observer leur enthousiasme immédiat, il devenait manifeste que ces accessoires réchauffeurs plaisaient particulièrement aux collaboratrices présentes.

Trois ouvrières venues travailler ailleurs pour améliorer leur quotidien côtoyaient Shéma, notre cuisinière attitrée.

Lelin rejoignit également le groupe tandis qu’elles analysaient collectivement quelles zones stratégiques privilégieraient pour préserver l’efficacité thermique desdits appareils.

Chez les hommes, point de spécificité notable : chacun empoigna son dispositif puis le glissa directement contre la poitrine.

« Je multiplie actuellement les maquettes afin d’étendre nos potentialités opérationnelles. Les découvertes liées à nos compagnons visqueux offrent encore bien des possibilités inexploitées. N’hésitez surtout pas à solliciter mon assistance lorsqu’un problème surgirait. Me confier vos retours expérientiels faciliterait grandement mes propres validations techniques. »

Répondre du sel ordinaire suffirait à limiter temporairement l’accumulation blanche. Toutefois, anticiper les prochains mois pourrait justifier la production alchimique d’agents antigel ou dessalants contenant du chlorure de calcium. Attention toutefois aux corrosions accélérées sur les surfaces urbaines… quoique potentiellement acceptables dans un cadre citadin contrôlé. Restait néanmoins à évaluer précisément l’impact écologique du ruissellement généré sur les quartiers adjacents.

Peut-être l’éthanol constituerait-il une alternative plus sûre ? Employé historiquement comme liquide désincrustant pour pare-brises automobiles, il fondrait efficacement givre et pellicule verglaçante. Le distillant issu de leurs sécrétions fermentées ou rejets alcoolisés constituerait matière première idéale.

Sous des températures favorables excluant tout regel brutal, arroser simplement de l’eau chaude aurait suffi. Associer feu et liquides produirait vapeur bouillante ; ajouter courant aérien amplifierait davantage ce flux torride.

Pourtant, exploiter directement l’attraction cryogénique pour abaisser le point de fusion devrait paraître plus rationnel. Inversement, cristalliser momentanément le floconnage afin de le décrocher du substrat terreux et l’évacuer globalement mériterait réflexion.

Certaines localités du Nord utilisaient jadis les eaux souterraines ou les cours d’eau pour dégager les caniveaux. Recréer ce système intégral dépasserait mes capacités, mais solliciter ponctuellement l’aide de mes slimes, notamment ceux ayant récemment évolué, pourrait donner des résultats satisfaisants.

Progressivement, les déclencheurs évolutifs chez ces créatures devenaient limpides ; maîtriser leurs métamorphoses reposait désormais sur une routine expérimentale bien rodée.

Le flottement de temps libre professionnel permettant l’adoption de jeunes gobelins servant de supports parallèles aux recherches actives.

La multiplication des capacités pratiques accrues et l’accélération de la progression scientifique demeuraient garanties.

« Patron… divertissant spectacle certes, mais chronologie tenable ? Ne devriez-vous pas visiter d’autres sites prévus initialement ? »

« Ah ! »

Effectivement, respecter l’itinéraire alternatif confirmait la pertinence des remarques de la douce dame responsable de la boutique annexe.

Incapable d’apporter assistance immédiate, je regrette mais quittant présent location promptement décidé.

Message transmission effectué tournant départ amorcé moment,

« Seigneur. »

Oks, affecté à la surveillance du périmètre commercial, interrompit le silence en abordant d’une voix grave. À ses côtés se tenait Fei, gardienne expérimentée armée d’une épée courte.

« Ma compétence unique demeure le maniement de l’acier tranchant. Sollicitez-moi spontanément en cas d’émergence de nécessité opérationnelle. Je reconnais avoir consenti ce statut de servitude envers Votre Excellence. Ignorer le traitement égalitaire que vous m’imposez consciemment n’efface nullement ma gratitude profonde pour avoir rendu ma combativité d’antan. »

« Refusez obstination superflue déjà maintes fois entendue parmi nos recommandations bienveillantes. Assurer la continuité fonctionnelle de l’établissement en votre absence reste notre priorité absolue. Néanmoins, votre disparition effective nous mettrait dans une difficulté majeure. Vous restez une pièce indispensable à la mécanique commerciale. Sollicitez-nous immédiatement face à l’imprévu, d’accord ? »

Derrière cette déclaration double, l’acquiescement collectif du personnel employé témoignait d’une solidarité active et d’une cohésion organisationnelle garante d’une réussite pérenne.

Mon intention originelle perdurait ; une confiance totale étant placée dans la délégation complète de la gestion quotidienne.

Quant aux autres dossiers,

« Je vous remercie. Nous reprendrons nos séances d’entraînement et vos évaluations prototypes la prochaine fois. »

Accueilli par les adieux de collaborateurs de confiance, je traçais enfin la route vers ma prochaine destination.

Après avoir inspecté divers points d’intérêt municipaux, le soleil monta haut dans le ciel.

Je dirigeai désormais mes pas vers la Guilde des Aventuriers.

« Hou… »

Les visites aux sociétés de sécurité, centres de tri et chantiers avaient été ponctuées d’encouragements et d’accueil chaleureux de la part des personnes rencontrées.

L’étonnement, ou plutôt la curiosité… les commerces dirigés par des adolescents restaient indéniablement rares.

Parmi les usagers de ma blanchisserie, particulièrement les femmes au foyer, ma réputation semblait s’être solidement consolidée.

Depuis mon retour des terres de Fatma, j’avais mené des actions spectaculaires et multiplié les initiatives.

De fait, ma notoriété locale explosait progressivement.

Ces derniers temps, même des visages inconnus n’hésitaient plus à m’interpeller.

La remarque la plus fréquente concernait mes interventions dans le curage des caniveaux. Certains exprimaient leur gratitude, d’autres s’inquiétaient quant à d’éventuelles harcèlement par aventuriers vérolés chargés de garde-corps ou tentatives d’intimidation. Ma reconnaissance pour cette attention bienveillante demeurait constante.

Concernant les aventuriers malintentionnés, il s’agissait purement d’inquiétudes infondées.

La raison était simple ――

« Bonjour. »

« !! »

« En rang ! ! ! »

« Bonjour, grand-frère ! »

« Euh, oui… Je ne suis pas votre frère aîné, pourtant… »

Leur relation avec moi avait dérapé sans que je m’en rende compte.

Plus sérieusement, une telle dynamique faisait bel et bien de moi l’image stéréotypée d’un membre du crime organisé…

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