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By the Grace of the Gods

Chapitre 224

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Chapitre 224

Chapitre 224

Chapitre 224/30573%~12 min de lecture2 332 mots

4 jours plus tard

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Il n'y a pas de signal de réveil particulier, mais j'ouvre les yeux comme d'habitude.

Et comme d'habitude, je prépare la nourriture des slimes, puis la mienne.

Une fois cela fait, je m'habille et je pars au travail…… S'il me reste du temps avant de partir, je fabrique des statues de divinités.

C'est ma routine matinale récente.

« Fuu… »

Depuis le jour où j'ai fait une bêtise dans le quartier des artisans, je me sens morose.

D'ailleurs, le fait d'avoir pu prendre conscience ce jour-là que « j'étais tendu » est peut-être déjà une amélioration ?

Ce qui me revient en mémoire, ce sont les mots que Serelepta a laissés entendre.

« Dans un avenir proche, ton entourage va devenir agité, alors accroche-toi. »

Cet « avenir proche », c'était sans doute après mon retour du territoire de Fatma. Et « ton entourage va devenir agité » désignait probablement la situation actuelle de Gimul, la détérioration de la sécurité.

Puisqu'il est l'un des dieux de ce monde, il n'aurait rien d'étonnant à ce qu'il connaisse l'état de la ville à ce moment-là. J'aimerais qu'il soit plus clair, mais… il ne semble pas du genre à fournir volontairement des informations, et je ferais mieux de considérer comme une gentillesse qu'il ait prévenu un seul humain à l'avance.

Mais même en sachant cela, pourquoi mon cœur est-il aussi tourmenté ?

En cherchant calmement la cause, j'ai une vague idée.

« L'ambiance actuelle de Gimul ressemble à celle de ma vie d'avant, à celle de mon entreprise d'avant. »

Le paysage, l'air, tout devrait être différent, pourtant on sent une présence par moments, on a l'impression de se souvenir. Comme si tout jusqu'ici n'avait été qu'un rêve heureux dont je viens de me réveiller… Comme un pressentiment que le contrecoup de ma chance va faire s'abattre le malheur… Une angoisse floue, inexplicable par la simple logique.

Ce n'est pas que je ne fasse pas confiance à mes employés.

Non, c'est précisément parce qu'ils sont tous bienveillants et m'aident que je veux les protéger.

Et j'ai peur de les perdre, ne serait-ce qu'une fois.

J'espère que ce ne sont que des inquiétudes infondées, ce serait le mieux… Mais cette réflexion aussi devient presque une routine, tant elle ne mène à aucune réponse.

« Haa… Ah, il est presque l'heure. »

Et aujourd'hui encore, l'heure venue, je me lève difficilement et pars au travail.

Quand j'arrive à la boutique,

« Une lettre ? »

« Elle vient de cette blanchisserie. »

« De cette boutique ? »

Dès mon arrivée, un événement de nature à me plonger dans la morosité m'attend.

… Passons. Il semble que mes pensées aient paru sur mon visage, car Kalm-san, qui me tendait la lettre, a fait une mine contrite. Je regrette, et j'ouvre la lettre.

« Je vois. »

« Patron, si cela ne vous dérange pas, puis-je aussi la lire ? »

« Oui, bien sûr. En gros, c'est une lettre d'excuses. »

La lettre commence par des excuses pour l'autre jour, puis expose les réflexions de la gérante (la mère) en tant que telle, les hommes qui étaient devant la boutique, et les raisons qui l'ont poussée à agir ainsi.

« Que comptez-vous faire pour cette affaire ? »

« Rien de spécial… Il n'est pas écrit qu'elle veuille revenir ni qu'elle veuille parler, alors je ne fais qu'accepter les excuses comme des excuses. Plus important, finissons les autres travaux. »

« C'est vrai. »

« ? Y a-t-il un problème ? »

« Je suis convaincu par votre jugement et n'y vois aucune objection. Mais le patron d'habitude, avec cette explication, aurait ri en disant « c'est pas grave » et serait peut-être reparti lui parler. Comme l'autre jour, je me dis que ce n'est pas « comme d'habitude ». »

« Hmm… C'est vrai que je ne me formalise pas pour des broutilles, et en fait je n'y pense plus, donc je ne peux pas nier… Mais je n'ai toujours pas envie de lui confier la boutique. Cela dit, vos sentiments m'ont touché. Merci. »

Il s'inquiétait sans doute de mon état d'esprit.

« A-t-on reçu d'autres lettres ou documents ? »

« Voici ce qui est arrivé pour l'instant. Expéditeur : la Guilde Commerciale, Maître Grisiéra. La Guilde des Dresseurs, Maître , comme d'habitude… Mais cette enveloppe n'a pas de nom d'expéditeur… C'était bien Beck-kun, n'est-ce pas ? Je crois que c'est un garçon aventurier qui l'a apportée. »

« Alors c'est de la part de Ribul-san, le chef du bidonville. Voyons… Ah, tant mieux. »

« Vous avez l'air content. »

« Oui, on avait plusieurs choses en discussion, et ça a l'air d'avancer dans le bon sens. Regardez, l'autre jour je vous ai parlé de la décharge utilisant des slimes, et de la suite du projet d'usine de produits à base de slimes de la firme Morgan.

Puisqu'il ne s'agit pas seulement de l'usine mais aussi des installations annexes, il faut un terrain conséquent. La question était de savoir où tout construire, et après plusieurs tractations, il semble qu'on finisse par raser une partie du bidonville. »

« Est-ce bien prudent ? Faire ça, les gens qui y habitent… »

Question légitime. Et la réponse se trouve dans cette lettre.

« D'après l'enquête, les bâtiments actuels du bidonville sont presque tous de plain-pied. Juste le rez-de-chaussée, qui plus est avec peu de pièces, des cabanes entassées les unes contre les autres.

En plus, on pourrait les qualifier de « taudis » : beaucoup sont vieux, avec de grandes fissures dans les murs, prêts à s'effondrer, le bois pourri, réparés encore et encore jusqu'à la limite.

Si on les reconstruit en immeubles de deux étages comme cette boutique, on double simplement l'espace habitable, non ? Si on ne peut pas s'étendre en largeur, on s'étende en hauteur. »

« Certes, c'est logique, mais… »

« En utilisant la magie et les slimes, j'ai mis environ une semaine pour construire cette boutique. J'ai présenté ce précédent, et on a demandé aux propriétaires de maisons et de terrains du bidonville : « Y a-t-il des gens qui accepteraient qu'on reconstruise leur maison en deux étages ? »

Et une fois terminé, le propriétaire habite naturellement l'un des deux étages. En plus, on demande : « Y a-t-il des gens qui accepteraient de louer les pièces restantes ? » Bien sûr, sous forme de location. »

Ainsi, le propriétaire obtient une reconstruction et en prime des revenus locatifs.

« Honnêtement, au début je pensais que ce serait difficile, mais les maîtres de guilde m'ont dit que si les compensations pour les relogés sont assurées, le reste n'est qu'affaire de négociation.

Et quand j'ai consulté Ribul-san et lui ai demandé, les gens du bidonville ont réagi plus favorablement que prévu, nombreux sont ceux qui s'intéressent. « On est pauvres, on a presque rien », « On peut déménager tout de suite », « Ça commence quand ? », etc. D'après les documents reçus, il y a même des réactions très actives, c'est surprenant. »

Il faudra bien sûr vérifier qu'ils acceptent les conditions et obtenir leur accord formel.

Si plus tard on passe pour ces spéculateurs fonciers illégaux, ce sera le malheur des deux côtés.

« Pour l'instant, ça veut dire qu'on ferait déménager les habitants, rachèterait les terrains aux titulaires des droits, et on libérerait l'espace sur la base d'un accord satisfaisant pour tous.

En plus, le chef de l'administration, Arnold-san, a émis le souhait de procéder à un réaménagement parcellaire du bidonville si possible… »

Du coup, je me dis qu'on pourrait proposer carrément un projet de cité-jardin. De toute façon, je comptais construire des dortoirs pour les employés de l'usine et de la décharge, la démolition se fait d'un coup grâce à la magie et aux slimes. Pour le simple déblaiement des gravats et la main-d'œuvre, embaucher du monde rendrait le tout plus efficace… Cela dit, n'est-ce pas déjà un projet de réaménagement foncier ?

Mais des installations industrielles exploitant les slimes, dressées sur l'ancien bidonville. C'est exactement ce qu'on appellerait un « quartier des slimes », non ? … Oui, pas mal.

« Voilà, c'est à peu près ça. »

« La fin était un peu floue, mais ça a l'air d'avancer bien, et surtout vous avez l'air de vous amuser, c'est le principal. »

C'est vrai. Il y a des points d'inquiétude, mais le ressenti n'est pas mauvais. Du coup, la motivation revient.

« Veillez juste à ne pas trop en faire, c'est le seul conseil que je vous donnerai. »

Kalm-san sourit et repart à son travail.

Je regarde son dos s'éloigner, puis je parcours le reste des lettres et documents, et j'écris les réponses.

Mais récemment, à cette étape, j'ai toujours la même pensée.

« Les e-mails, c'était pratique quand même… »

L'idéal est de se voir pour en parler, c'est le plus rapide, mais tout le monde est occupé, les agendas ne collent pas.

Du coup, la lettre, qu'on peut lire à tout moment, par écrit, c'est rationnel.

Et l'évolution qui permet des échanges instantanés, c'est l'e-mail.

Cela fait longtemps que je n'ai pas eu aussi envie d'un outil de civilisation…

Quand je travaille, le temps passe en un clin d'œil.

Le jour commence à décliner. D'ordinaire, c'est l'heure où je souffle avant la fermeture… Mais…

« Patron~ ! Un client~ ! »

« Qu'il entre ! »

Aujourd'hui, c'est Pauline-san la fleuriste d'à côté, et Zeck-san le boucher d'à côté de celle-ci. Et leurs deux filles, Reni, et le garnement de Rick.

« Yo, -kun… »

« Zeck-san, ça va ? Vous avez l'air plus maigre que d'habitude, ou fatigué… »

« Haha… C'est vrai que récemment c'était la course, mais ça s'est calmé, je pète la forme. L'hiver arrivant à fond, il y a moins de gibier à chasser… Et en plus Pauline vient m'aider. »

« Pour une fleuriste, l'hiver réduit forcément la marchandise, non ? »

« On peut forcer la floraison par magie, et il existe des fleurs d'hiver, mais c'est plus cher, et même si on ouvre la boutique, y'a presque pas de clients.

C'est pas ça, -kun, merci pour aujourd'hui. De garder nos gamins. »

« Comme j'y vais avec vous deux, ce sera mes employés qui s'en occuperont. »

Je dis ça en me tournant vers Maria-san, qui les a guidés jusqu'ici.

« C'est pas un problème du tout~ ! Nous, au village, s'occuper des petits c'était la norme~ ! »

« Ça aide, vraiment merci. En vrai, moi ou mon mari, un seul aurait suffi, mais… »

« On a dit qu'il fallait au moins un représentant par boutique… »

L'histoire remonte à trois jours. Juste le lendemain de ma bêtise, une lettre est arrivée via la Guilde Commerciale.

« En raison de la dégradation de la sécurité à Gimul, les commerces subissent de plus en plus de dégâts. Rassemblons-nous entre gérants pour échanger des informations et coopérer aux contre-mesures… C'est le genre de contenu, mais l'expéditeur, « l'Union des commerces de taille moyenne de Gimul », elle date de quand, celle-là ? »

« Probablement récente. Nous, on n'en a jamais entendu parler. »

« Mais comme le dit la lettre, l'insécurité récente est bien réelle… Quelqu'un a dû ressentir l'urgence et lancer l'appel. »

Qu plusieurs gérants se réunissent pour une assemblée n'est pas rare en soi. Bien sûr, ce n'est pas ouvert à tous, il y a des conditions de participation, mais puisque la lettre d'invitation nous est parvenue, on a dû être reconnus comme éligibles.

Toutefois, en vérifiant auprès de la guilde au préalable, j'ai appris qu'il n'y avait aucune trace d'activité ni de résultats, ce qui m'avait mis en garde. Mais comme le disent ces deux-là, il est aussi possible que ce soit né d'un sentiment d'urgence face à la situation de la ville. D'ailleurs, le responsable de la Guilde Commerciale nous a dit la même chose quand on s'est renseignés.

C'est sûrement juste mes inquiétudes infondées parce que c'est une nouvelle organisation ?

… C'est ce que je pensais, mais…

──

Une cinquantaine de personnes, sans doute. Des gens qui ont l'allure de gérants prospères remplissent la grande salle de conférence de la Guilde Commerciale. Au moment où j'y mets les pieds.

« Cet endroit, c'est non. »

Intuitivement, j'en suis convaincu.

Le contenu de la réunion m'intéresse, et je suis venu dans l'idée de coopérer avec d'autres gérants du coin, mais j'ai même envie de faire demi-tour sur-le-champ. Non, je devrais peut-être rentrer tout de suite ?

Alors que j'hésite,

« , toi aussi t'es venu ? »

« Eh ? Ah, Dal-san ! »

Celui qui m'interpelle, c'est Dal-san, le patron de « l'Armurerie Tiga », qui m'aide souvent comme aventurier.

« Dal-san aussi, vous êtes venu ? »

« Ouais, je me fais pas mal d'argent grâce à vous, alors. Et là, c'est qui ? »

« Ah, c'est mon sous-gérant, Kalm-san, qui m'assiste. Et là, ce sont nos voisins, Zeck-san et Pauline-san. »

Je présente Dal-san aux trois, et vice-versa. En voyant ça, parmi les gens présents, certains ont des relations professionnelles avec Dal-san, Zeck-san ou Pauline-san. Et les connaissances de ces trois en ont d'autres encore…

« Enchanté. Je suis tel que voilà. J'ai entendu parler de votre boutique. »

« À ton âge, diriger une telle boutique, je voulais te rencontrer au moins une fois ! »

« J'entends dire que tu as des liens avec la maison ducale. »

« Haa, quel chanceux. »

« Nous aussi, on aimerait bien avoir un peu de sa veine. »

Avant que je m'en rende compte, je suis au centre d'un cercle de gérants qui m'abordent les uns après les autres.

Et pendant que je réponds à leurs sourires et à leurs paroles,

« Excusez l'attente. L'heure est venue, nous allons commencer la réunion. »

Un homme entré dans la salle annonce. Apparemment, l'heure est venue…

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