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By the Grace of the Gods

Chapitre 193

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Chapitre 193

Chapitre 193

Chapitre 193/25576%~14 min de lecture2 657 mots

« Ça fait un moment ! »

« Content de te revoir ~ »

« Oh, c'est un client ? »

« Ah, Maman est aussi rentrée, dis donc ? »

Tandis que je rangeais mes affaires dans la chambre qu'on m'avait préparée, Kai-san et son frère cadet Kei-san sont arrivés. Il semble que leur mère soit également rentrée.

« Je vous dérange. Je m'appelle . »

« Ah, c'est toi qui t'es bien occupé de nos fils idiots et de leurs copains vers le printemps, d'après ce qu'on m'a dit. T'es bien plus jeune que ce que j'imaginais... Tiens ? Tu devais arriver aujourd'hui, non ? Pas le mois prochain ? »

« Hé, Maman, il vient nous aider à protéger les débarquements du village, donc c'est ce mois-ci. Le mois prochain, la pêche sera déjà finie. »

« Ça devient embêtant... J'ai pas préparé le repas pour le client. »

« Eh ? Y'a que notre part ? »

« Y'a assez de quantité niveau ingrédients, mais niveau variété... »

... Est-ce qu'ils comptaient me préparer un festin spécial ?

« Heu, vraiment, ne vous mettez pas à tant de peine pour moi. »

Juste me prêter un lit me suffit amplement, et si en plus vous me préparez à manger, c'est le top. Je n'ai aucune plainte à manger la même chose que tout le monde.

« C'est vrai ? Mais le programme d'aujourd'hui... »

« Ah... Enfin bref, laisse-nous gérer le dîner ce soir. Plus important, Kai, Kei. -kun va rester un moment, non ? Montrez-lui le village pendant qu'il est encore tôt. Et comme vous le connaissez, vous connaissez les trois autres aussi, non ? Allez leur dire qu'il est arrivé, faites preuve d'un peu de délicatesse. »

« Oh ! Ça aussi c'est une bonne idée ! »

« -kun, y'a un endroit que tu veux voir ? »

« Si possible... »

Comme je voulais participer dès demain à la subjugation du Mad Salamander, j'ai profité de leur proposition pour demander à voir le site et saluer les aventuriers seniors déjà sur place. Et si possible, qu'on me montre un endroit où m'entraîner pendant mon séjour.

« Dans ce cas, on fait le tour du village en grand cercle. On descend à la plage, puis on passe par la salle des fêtes vers la sortie du village, et ça tombera pile à l'heure du dîner. »

« Alors Kei, toi tu le guides. Moi j'appelle Sein et les autres. On a des choses à se dire, et on mangera ensemble. Les retrouvailles, ce sera là-bas. »

Les deux, qui connaissent le terrain, se concertent vite et décident du parcours.

« Bon, j'appelle les gars. À plus tard. »

« Merci. À plus tard. »

« Nous, on y va par ici. »

Je sépare de Kai-san devant l'entrée et suis Kei-san.

Dehors, le village est toujours aussi paisible, mais il semble que le soleil ait commencé à décliner pendant que je rangeais mes affaires.

Les enfants et les femmes sont déjà rentrés, alors il n'y a plus grand monde dehors.

... C'est ce que je pensais, mais un groupe de jeunes hommes font des exercices qui ressemblent à de la gymnastique.

Kei-san les remarque presque en même temps, les héaille et les salue.

En continuant à marcher, je lui demande c'est quoi comme gymnastique, et c'est apparemment l'échauffement avant de partir en pêche.

« Depuis des temps immémoriaux, les pêcheurs font ça dès qu'ils se lèvent. Si le corps ne bouge pas bien sur le bateau, ça met en danger pas seulement soi-même mais aussi les camarades à bord. Donc on fait la gym ensemble pour vérifier l'état de forme de chacun avant d'embarquer, c'est ce qu'on m'a appris. »

« Je vois. »

« Enfin, si quelqu'un a clairement une drôle de tête, on s'en rend compte sans la gym, et honnêtement, beaucoup le font juste par habitude. Si le vieux ou certains vieux stricts apprennent qu'on l'a pas faite, ils s'énervent. »

Kei-san raconte ça en riant comme un gamin qui a fait une bêtise.

Là, de loin,

« Hééé ! »

« Ah, bonjooour ! »

Il a l'air d'avoir croisé une connaissance, il salue et se sépare... ou pas, quelques dizaines de secondes plus tard on l'appelle encore, et quelques minutes après encore quelqu'un d'autre... À chaque fois qu'il y a quelqu'un, les salutations se répètent.

« Tout le monde se connaît, hein. »

« C'est un petit village, inévitablement. Les hommes sont presque tous pêcheurs, donc "la femme de tel pêcheur", "le fils numéro X de tel pêcheur", comme ça tout le monde connaît les visages.

Par contre, si t'es pas du village, tu tapes à l'œil, alors les nouveaux arrivent vite aux oreilles de tout le monde et on les retient direct. -kun aussi, je parie qu'il sera connu illico. »

Typique de la campagne. Faut faire gaffe à pas me faire remarquer en mal.

« Il y a à peu près combien d'habitants dans ce village ? »

« Moins de 500. Si on compte ceux qui sont partis travailler en ville ou mariés dans d'autres villages, ça monte plus, mais... Ah, on y est. »

Là où il pointe, je vois des reflets qui scintillent entre les maisons. C'est le lac qu'on a vu en arrivant, je pige direct. Et en avançant encore, on passe à côté du dernier bâtiment.

« !! »

Dès qu'aucun bâtiment ne barre plus la vue, c'est à ce point beau...

Un lac immense où le vent soulève des vagues, des reflets de lumière qui dansent.

L'eau est d'une transparence folle, le fond n'a pas l'air si profond ?

Entre les vagues, on voit depuis loin des plantes aquatiques vertes qui ondulent au fond.

Le vent qui souffle est froid, mais ce paysage dégage une sorte de chaleur.

Devant le lac s'étend une plage blanche et belle, avec des petits bateaux et du matériel rangés bien proprement, et là enfin je sens l'ambiance de village de pêcheurs.

« Comment tu trouves ? Ce paysage. »

Jusqu'au village, la forêt m'avait fait penser à Okinawa, mais...

« C'est magnifique. Vraiment. On a l'impression que la nature a été préservée au maximum. Et en même temps, c'est assez beau pour être un site touristique. »

« Ça fait plaisir à entendre. »

D'après Kei-san... Le lac Ratine est, pour les gens des villages de pêcheurs des environs, un lieu précieux qui leur donne leur pain quotidien, et protéger l'environnement de ce lac est à la fois leur devoir et leur fierté vis-à-vis des bienfaits qu'ils en reçoivent.

« Du coup, y'a pas mal de règles, j'imagine. »

« -kun, t'es pas pêcheur, donc ça te concerne beaucoup moins, mais y'a quand même quelques trucs à faire gaffe. Par exemple, les richesses du lac, tout le monde peut les prendre, mais si t'es pas pêcheur, c'est apnée ou canne à pêche uniquement. Filets et nasses interdits. Ah, tu vois l'île sur le lac ? »

« Hmm... C'est ce radeau fait de branches entremêlées, c'est ça ? Y'a un truc tout petit dessus. »

C'est loin et les reflets gênent, mais on distingue un bestiau à poils, genre loutre ou castor.

« Cette île, c'est le nid que les "Yadonézumi" — des bêtes magiques — construisent pour passer l'hiver. Au printemps, ça devient une cachette pour les petits poissons et un repère pour les pêcheurs qui cherchent les zones de pêche. Donc règle : on touche ni aux Yadonézumi ni à leurs nids.

-kun aussi, si tu en vois sur la plage ou dans le village, fais gaffe à pas les chasser. C'est des bêtes magiques, mais pas dangereuses. »

« Compris. Je ferai attention. »

En plus : pas jeter d'ordures. Les toilettes, c'est aux endroits prévus près de la plage, etc. Il m'explique les points d'attention, y compris les bonnes manières de base, pendant qu'on continue de longer la plage.

Ce village de Shikumu est au sud-est du lac Ratine, donc la "plage" qui sera mon lieu de travail dès demain est au nord-ouest du village. La maison de Kei-san et sa famille étant du côté ouest du village, en sortant sur la plage et en remontant vers le nord le long du lac, je peux situer à peu près la géographie nécessaire au boulot : pontons pour amarrer les bateaux, bâtiments pour stocker et transformer les débarquements, etc.

« Comme ça, tu te perdras pas autour du lieu de travail ? »

« Je pense que ça va. »

« OK, alors prochain arrêt : le terrain d'entraînement. »

On papote en marchant encore un quart de tour du village.

On arrive à l'est du village, à la lisière d'une forêt genre mangrove.

Sur les arbres de la forêt, certains ont perdu leurs branches, d'autres sont des souches, c'est bien visible.

« C'est là qu'on coupe le bois de chauffage et le bois d'œuvre pour le village. Du coup c'est large, et un peu de bruit pose pas de problème. Qu'en penses-tu ? »

« C'est près du village mais y'a de la place. Je peux sortir mes familiers sans souci. »

« Ah, vu que tu rassembles des slimes... Ici, on trouve parfois des "Mad Slimes". »

« ── C'est parfait ! »

Mad Slime. "Mad" ça veut dire boue. Ce terrain leur va comme un gant.

« Ils apparaissent à quelle fréquence ? »

« Euh, hmm... Moi aussi quand je viens chercher du bois j'en ai vu plusieurs fois, alors si tu cherches, tu devrais en trouver, non ? »

Yosh, je ferai mon jogging en les cherchant. Certainement.

« T'as changé d'œil d'un coup... Bon, tant mieux si ça te plaît. Le jour tombe, on va à la salle des fêtes ? »

Il y a peut-être des slimes inconnus par ici. Rien qu'à y penser, j'ai du mal à partir, mais je me retiens et on bouge.

Ensuite il me montre la salle des fêtes et on passe chez quelques particuliers, je salue les aventuriers seniors, leur file quelques petits cadeaux, et je leur dis "Demain, je compte sur vous."

C'est parce que je suis en terrain inconnu ? J'ai fini par prendre l'attitude d'une nouvelle recrue, mais heureusement les aventuriers seniors ont plutôt bien réagi.

Et voilà, retour à la maison... enfin, c'est ça ?

Quand on revient chez Kei-san, on entend des voix nombreuses depuis dehors.

Je me dis qu'ils ont l'air de s'amuser, j'entre, et les adultes ont déjà commencé à boire.

« Sœur, pourquoi Papa boit déjà... »

« C'est pas grave. Papa, dès qu'il rentre, c'est "l'alcool", et d'habitude il est muet et bourru, tu le sais ? Un peu d'alcool, ça lui donne meilleure mine. C'est la première rencontre, après tout. »

« Méi ! Kei ! Vous laissez l'invité debout, vous foutez quoi ! Asseyez-le vite ! »

Du coup, à peine les salutations finies, on m'apporte à boire, et pour l'instant on s'installe autour de l'irori.

En face de moi, le chef de famille, père de Kei-san et sa sœur, un certain Hoï-san.

Il a passé la cinquantaine, visage barbu et ridé, mais son corps a été forgé par le travail quotidien. Musclé comme un bodybuilder, avec un bronzage à la limite de l'excès, son corps seul paraît incroyablement jeune.

J'ai repensé un peu à mon moi d'avant, et j'ai ressenti une proximité.

« J'avais entendu dire, mais t'es vraiment petit. »

« Papa ! »

« Oups, pardon. »

« Non non, c'est vrai que je suis jeune. »

« Même si t'es petit, j'ai entendu que tu les as aidés. Ce sont pas de mauvais gamins, mais ce sont des campagnards qui connaissent rien au monde... Même quand ils vont loin, ils vont juste de l'autre côté du lac ou un peu plus loin. Ils sont partis en mode voyage, tout contents... »

Un parent qui a vu grandir son fils et ses amis raconte ses propres échecs d'autrefois.

L'alcool le met de super bonne humeur, mais pour ceux qui écoutent, c'est pas confortable.

Les aventuriers du groupe "Quai de Shikumu" qui étaient venus vendre un Bloody Slime à la Guilde des Dresseurs de Gimul font tous une tête bizarre.

« Ça fait longtemps. Shin-san, Sein-san, Peiron-san. »

« Ouais... »

« Ah... »

« ...... »

« Le dîner est prêt ! Faites de la place ! »

La voix de la femme change la situation à ce moment-là.

On libère le passage de la zone terre battue à l'irori, et on apporte une grande marmite, des bols pour tout le monde, et des trucs ronds tressés en plantes.

Les trucs ronds, c'est peut-être un truc cuit entier avec quelque chose dedans ?

L'odeur est pas forte, mais j'ai l'impression de l'avoir déjà sentie quelque part.

En tout cas, c'est sûrement des fruits de mer, et ici c'est un village de pêcheurs. J'ai entendu qu'il y avait du poisson qu'on trouve pas à Gimul, alors j'ai hâte.

« Beurk, c'est ça le repas d'aujourd'hui ? »

« ? Kai-san, c'est un plat que vous n'aimez pas ? »

« Moi j'aime, mais les gens d'ailleurs n'aiment pas. »

On m'enlève le couvercle exprès pour que je voie...

« Des crabes !? »

Dedans, des crabes gros comme une main, bouillis tout rouges, sont bourrés à craquer !

« Waaa... Ça me rappelle des souvenirs ! »

Crabes... Lac donc eau douce, genre crabes de ruisseau ?

Sur Terre, j'en mangeais occasionnellement en petit luxe, mais c'est la première fois que j'en vois dans ce monde.

« Dans ce village, on pêche pas que du poisson, mais aussi des crabes ? »

« Si tu poses des pièges, t'en chopes à la pelle. , t'as pas de problème avec ça ? »

« Dans ma région d'origine, c'était courant d'en manger, et moi j'adore ça. »

« Ho, c'est vrai ? Si t'as pas de souci, tant mieux. Au cas où, y'a du poisson aussi, mais y'en a plein, alors mange autant que tu veux. »

La femme plante des poissons en brochettes autour de l'irori, et verse de la soupe de fruits de mer dans les bols.

Son air a l'air content, et la soupe bien garnie est servie généreusement.

« Allez ! Mangez bien ! »

Je prends un crabe bouilli au sel, j'arrache une patte et mets la chair en bouche.

... La chair est ferme, avec une élasticité solide pour sa finesse. À chaque bouchée, la douceur du crabe s'infuse, mélangée au sel dosé juste comme il faut... C'est simple ! C'est pour ça que c'est le top !

« C'est vraiment bon ! »

Comme les crabes sont petits, les pattes sont fines et faciles à manger même pour un gamin.

« Oh, t'as bon appétit. Mange, mange. Tiens, encore un. Et la soupe aussi. »

« Merci. Méi-san... Ouais ! Cette soupe aussi elle est bonne. »

Y'a un goût fort genre moutarde ou karashi, mais mélangé au bouillon de poisson, c'est pas mal.

« Hé gamin, le suivant arrive. »

« J't'y mets. »

Ce crabe lasse pas, alors je m'arrête plus, un, deux, trois !

« Oui, tiens ! Fais pas de réserve ! »

Crabes... Délicieux... !

Tout le monde s'occupe de moi sans arrêt.

Ils me poussent à me resservir sans cesse.

Je mange sans arrêt.

Et une fois rassasié, le dîner兼ma fête de bienvenue ? se termine.

Shin-san, Sein-san, Peiron-san du "Quai de Shikumu" rentrent chacun chez eux.

À la fin, on me dit "Le voyage t'a fatigué, et ici le boulot commence tôt le matin. Va te coucher tôt aujourd'hui", et je me laisse guider jusqu'au futon de la chambre qu'on m'a donnée... Et là je réalise.

On avait dit "les retrouvailles pendant le repas", mais...

J'ai passé le temps à bouffer du crabe et j'ai presque pas causé...

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