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By the Grace of the Gods

Chapitre 179

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Chapitre 179

Chapitre 179

Chapitre 179/25570%~13 min de lecture2 596 mots

*** « Une arnaque… »

Après la fin du premier combat.

L'homme qui était rentré à l'intérieur par la porte depuis le jardin murmura avec un air abattu.

« Hé, lui… »

« Il avait choisi un slime, non… ? Il n'a pas perdu, quand même ? »

Les esclaves qui attendaient leur tour près de la porte s'agitèrent en voyant son état.

L'homme qui avait marmonné, sans doute pour ne pas trop dévoiler ce qui s'était passé dans le jardin, quitta les lieux sur l'invitation d'un membre du personnel.

« À en juger par son allure, c'est une défaite. Et même s'il avait gagné, il a dû se passer quelque chose qui l'empêche de le croire. Un slime… Je n'en ai jamais croisé à l'arène, mais les espèces supérieures incluent-elles des variétés fortes ou redoutables ? »

L'un des esclaves, qui observait la scène en silence, cessa là sa réflexion. C'était Ox-Road.

S'il disait que cela ne l'intriguait pas, il mentirait, mais son adversaire n'était pas un slime. Il arrêta donc là cette pensée superflue et songea au garçon qu'il allait affronter.

« Un noble. Deux marchands. Le dernier a l'air d'un marchand, mais cache une présence hors du commun. Et parmi ces cinq adultes au maintien imposant, un seul enfant. Surtout, c'était lui, parmi les cinq, dont la présence était la plus insaisissable. »

On croit souvent que la force est tout pour un gladiateur, mais pour viser vraiment le sommet, l'habileté ne suffit pas. Le gladiateur est un métier de popularité, et ses matchs sont l'objet de paris. La popularité influence donc grandement le nombre de combats et les gains.

Un gladiateur qui ne captive pas le public, aussi fort soit-il, reste cantonné à la seconde zone. Ce n'est qu'en alliant force et popularité qu'on devient un gladiateur de premier rang.

Dans ce monde, Ox-Road, parvenu près du sommet, possédait outre son art de l'épée un autre pouvoir forgé par des années d'entraînement : ce « jugement de l'homme » que partageait, ironie du sort, le chef de la guilde d'esclaves, Morten, qui vendait les esclaves comme marchandises.

Fort de ses innombrables combats, de sa popularité croissante et de ses relations multipliées avec nobles et marchands, il avait fini par percevoir la personnalité de son adversaire à sa démarche, à son maniement d'épée, à son moindre geste.

Ce « ressenti » obtenu en se forgeant sans relâche sur la voie de l'épée lui permettait de discerner les mouvements du cœur et du corps adverse, et d'élever sa propre technique d'un cran.

« Passé la trentaine, en aiguisant ce ressenti, mon art du double sabre a atteint le niveau 5. »

La plus grande fierté d'Ox-Road, c'est son habileté à l'épée, intacte malgré la perte d'un bras.

Si on lui demande la seconde, il citera ce ressenti issu de l'entraînement.

Il avait une confiance absolue en ce « ressenti », pourtant il n'avait pas saisi .

« Qui est-il… ? Son apparence est clairement celle d'un enfant, mais sa présence se fondait dans celle des adultes qui l'entouraient. Comme s'il était de leur génération, sur un pied d'égalité. Et surtout… il est fort. L'homme étranger à côté de lui a l'air costaud aussi, mais lui encore plus… »

Réfléchir n'y changera rien. De toute façon, ce que je peux faire, c'est brandir mon épée et montrer ma force. Qui que soit l'adversaire, c'est la même chose.

Les esclaves entraient un par un dans le jardin et en ressortaient, l'air déçu.

Ox-Road, saisissant fermement ses deux épées jumelles encore dans leurs fourreaux, affinait sa concentration.

Quand le neuvième combattant revint, il se leva doucement et ceignit ses lames à gauche et à droite de sa taille.

« Au fait, pour être sûr : on a vraiment le droit d'utiliser de vraies lames ? »

« C'est ce qu'a dit le directeur. Le client lui-même a donné son accord. »

« Ce n'est pas un caprice de ce type, j'espère ? »

« Je comprends qu'on puisse en douter. C'est vrai que la proposition vient du directeur, mais cette fois c'est sérieux. Après le combat précédent, on a reconfirmé auprès de l'adversaire lui-même. Il a dit qu'une arme familière valait mieux qu'une arme qu'il ne connaît pas. »

« … C'est bon, alors. Merci pour la considération. »

Après un léger salut, Ox-Road repensa à sa carrière active.

Son cœur ne contenait plus que le combat. Il foula le sol avec force et s'avança fièrement dans le jardin.

« Je vous ai fait attendre. »

Il était resté à la position de départ depuis la fin du match précédent.

C'était qui l'accueillait.

« Effectivement, on a l'air d'avoir affaire à un adversaire qui ne se laisse pas faire. »

Sa posture ne montrait aucune trace de fatigue après quatre combats d'affilée, elle débordait d'aisance.

posa d'emblée la question à son adversaire : pourquoi l'avoir choisi ?

« Qui que ce soit, c'est pareil. Je me bats avec cette épée. En tant qu'épéiste, je ne fais que montrer ma force. »

Une réponse brève qui portait deux sens forts : « inutile d'en dire plus » et « tout se jouera par l'épée et le résultat ».

Ox-Road se tenait déjà face à , ayant rejoint la position de départ.

« Alors, le signal. »

l'accepta sans broncher et tira le sabre de slime à sa ceinture.

Au même instant, Ox-Road perçut un changement d'atmosphère.

« Si l'ennemi est dans ma garde, il sera tranché au moment même où je dégaine. »

Le simple fait de sortir le sabre du fourreau fit revoir son estimation de à la hausse.

De sa main droite restante, il tira l'épée de gauche.

Cette lame avait l'éclat terne d'une pierre polie, un gris sans reflets, épaisse et visiblement robuste.

Sa forme rappelait une hachette ou un couperet ; grâce à ses connaissances de sa vie antérieure, songea au « scramasaxe ».

Tous deux revêtirent naturellement leur corps de l'énergie du ki, se renforçant entièrement.

« Commencez ! »

« L'initiative décide de la victoire ! »

Ox-Road combla la distance d'un trait et abattit son bras puissant en un coup vertical.

, calant son mouvement sur la frappe, brandit son sabre et le détourna avec certitude.

Avec un fracas métallique assourdissant, les deux hommes prirent de la distance, on ne sait qui le premier.

« … »

À cet instant, était stupéfait.

Devant la vitesse invraisemblable pour ce corps massif, et surtout le poids anormal du coup reçu.

Il comprit dans le même instant que cette puissance ne venait pas seulement de la force brute de l'homme et de son renforcement par le ki, mais aussi du poids de l'arme elle-même. Imaginant l'entraînement et les années nécessaires pour manipuler avec une telle aisance une épée si lourde, et qui plus est en maniant deux lames à la fois, il ne put s'empêcher de l'admirer intérieurement.

Ox-Road, de son côté, pensait :

« Pas une égratignure sur l'arme. Il manie le ki et a parfaitement dévié mon coup par la technique. »

L'épée d'Ox-Road était forgée en « acier de roche lourde », un minerai propre à ce monde. Outre sa couleur rocheuse, il surpassait le fer en dureté et le plomb en densité.

Faite sur mesure pour un homme-bœuf dont la force physique était extrême, qui avait poussé son corps à la limite et comptait la renforcer par le ki, cette épée était d'un poids que le commun des mortels peinait déjà à porter, et dont la masse se transformait en une force de destruction écrasante une fois lancée.

Une parade malhabile aurait ruiné l'arme sur le coup.

Fort de sa longue expérience, Ox-Road analysa instantanément l'échange qui venait d'avoir lieu.

« L'attitude des autres s'explique. Ceux qui n'ont pas douté des infos données doivent être en plein désarroi. C'est une idée de ce type ? Quel sale caractère… »

… Il y avait un malentendu sur le comportement habituel de quelqu'un, mais cela ne changeait rien au fait qu'il reconnaissait le talent de .

Et il conclut :

« Avec une seule lame, impossible de l'emporter, quoi que je fasse… »

Il jugea froidement son propre état et la valeur de l'adversaire, et fit un pas en avant.

« Oooooh ! »

Un rugissement jaillit de sa gorge tandis qu'il fondait sur lui en un bond.

Il a perdu un bras. Il a jugé qu'il ne pouvait pas gagner.

Et alors ? Est-ce une raison pour accepter la défaite ?

Situation défavorable, adversaire supérieur, il en a fait l'expérience maintes fois.

Pourtant, à chaque fois, il a lutté de toutes ses forces et a survécu.

« Tch ! »

Un rugissement bestial, indistinct.

Une volonté condensée qui semblait résumer sa vie entière.

Il abattit tout son être dans son épée brutale, et parvint, par ce résultat, à faire reculer d'un pas , qu'il reconnaissait comme son supérieur.

« Haaa ! »

« Tch ! »

Sans transition, l'épée lâchée vola vers . Pendant que celui-ci repoussait la lame venue à bout portant, Ox-Road tira la seconde épée de son flanc droit. Comme pour prouver que sa véritable force résidait dans l'enchaînement mortel des deux lames… les deux épées fondirent sur .

« -kun ! »

L'entrecroisement dura un instant.

La voix de arriva avec un léger retard, les deux marchands ne purent même pas réagir, que :

« Ça va. Le patron a esquivé. »

La voix de Fei, teintée de soulagement, résonna. Les deux corps semblèrent s'éloigner un instant, puis s'engagèrent dans un échange de coups intense.

« Qu'est-ce qui… ? Non, avant ça, l'épée… »

« Y en a une qui flotte ! »

Comme l'avaient dit Serge et Piolo. Au-delà du poignet gauche d'Ox-Road, on aurait dit qu'une main invisible maintenait l'épée à distance constante tout en la faisant suivre.

« C'est sûrement de la « télékinésie ». De la magie sans attribut qui déplace les objets par la force magique. Il l'utilise sans incantation pour compenser sa main gauche perdue.

Tout à l'heure, il a lancé son épée pour la faire parer et créer une ouverture, puis attaqué de l'autre. Pas seulement : il a récupéré l'épée parée et a porté un coup montant par le bas. Avec la magie, la distance n'est plus un obstacle comme avec une vraie main. »

« Le patron a repoussé l'épée qui volait, puis il a foncé pour attaquer. Comme ça, il a bloqué l'épée de droite et les mouvements de l'adversaire, et il a esquivé le coup montant de gauche en décalant son corps. L'adversaire n'a pas de main gauche. Sa seule épée utilisable est la droite. Le patron devait le croire aussi, pourtant il a esquivé en un éclair. »

Pendant que les deux commentaient, le combat acharné continuait.

La droite bien réelle, la gauche magique. Le vent né des deux lames caressait les joues de avant de s'éteindre.

En une respiration, trois ou quatre assauts. Un coup direct ne laisserait aucune chance. Une tempête de coups continus.

les recevait comme un saule plie sous le vent, guettant l'ouverture pour contre-attaquer.

« Ah… Magnifique… Vraiment magnifique. »

« Orest. Désolé de gâcher ton émotion, mais tu pourrais nous expliquer un peu ? »

s'adressa à Morten, fasciné par le duel.

Serge et Piolo le fixaient en silence, le regard aigu.

« Hein, des explications ? Je me suis contenté de recommander un bon esclave à mon client, ce n'est que le résultat. »

« Sur cet esclave recommandé, il y a des trucs qu'on n'a pas entendus, non ? »

« Au moins, qu'il puisse utiliser deux épées grâce à la magie, on ne nous l'a pas dit ! »

« "Il s'accroche à l'épée". "Il a perdu sa main gauche et ne peut plus se battre comme avant". C'est ce que j'ai dit, non ? L'expression a peut-être prêté à confusion. »

D'un air dégagé, Morten continua :

« Cette technique utilise bien, comme vous l'avez dit, la magie sans attribut "télékinésie". Mais vous le savez tous : les hommes-bêtes ont un corps robuste et de grandes capacités physiques, en contrepartie leur réserve de mana est faible et ils sont peu compatibles avec la magie. Lui, en tant qu'homme-bœuf, ne fait pas exception.

Il a l'air de se donner à fond contre -sama, mais… hélas, cette furie ne tiendra pas trois minutes, et il n'exprime même pas pleinement sa force réelle. Ensuite, il sera à court de mana et ne pourra même plus tenir debout. La récupération par les potions a ses limites, et selon la situation, elle sera impossible… »

C'est pourquoi « il ne peut plus se battre comme avant ». Et grâce à son acharnement, lui qui n'était pas doué pour la magia et n'était pas à l'origine un guerrier la combinant, a pu retrouver un temps sa façon de se battre d'antan. Morten le présentait comme « le fruit de son obsession ».

« Je vois. Mais alors, quel est ton but ? S'il a un problème, ça ne t'empêcherait pas de trouver un acheteur normalement en l'expliquant bien, non ? »

« C'est exactement ce que je disais au début : c'est parce que j'ai jugé qu'il convenait à -sama. Dans un poste où il peut exploiter son talent à l'épée, Ox n'aura pas de griefs, et si l'acheteur est plus fort que lui, c'est encore mieux. Et surtout… il y a peu d'êtres qui puissent se tenir à la hauteur de -sama. »

Il marqua une pause calculée, et ces mots ajoutés firent s'écarquiller les yeux de .

Serge et Piolo le regardèrent, stupéfaits.

« C'est quelqu'un de plus en plus mystérieux, plus on en sait. Ses paroles, sa façon de penser… mais surtout, ses capacités sont démesurées pour son âge. Bien sûr, il a des amis comme vous qui le traitent d'égal à égal. Mais des gens de son niveau technique, surtout en combat, ce n'est pas courant.

D'après mes recherches, il fréquente parfois des gamins des bas-quartiers, mais c'est une relation proche de maître à élève. Pour un enfant de son âge, qu'en pensez-vous ? »

« … Tu pensais à la croissance de en tant qu'enfant ? »

« Il est à l'âge sensible. L'idéal serait qu'il se forme en rivalisant avec des pairs, mais exiger d'autres enfants la même force que lui serait cruel. Alors, pourquoi ne pas placer près de lui, fût-ce comme esclave, quelqu'un qui ait une force et une volonté de progresser proches des siennes ? »

« Je n'aurais cru entendre ça de ta part, Orest. »

« Tu te contentais pas de t'amuser à l'observer en le taquinant, toi ? »

« Quelle impolitesse. J'avoue que l'observation humaine est mon passe-temps, mais je n'ai aucune intention d'entraver la saine croissance d'un enfant. Au contraire, je souhaite qu'il grandisse en chérissant les expériences et le bonheur qu'on ne peut goûter qu'à cet âge. »

Morten le déclara avec une attitude sincère, comme un serment.

« … C'est ça, pardon d'avoir douté. »

« Cela dit, je compte en faire un client régulier pour pouvoir l'observer encore plus. »

« Attends un peu ! C'était ça au final ! Rends-moi mes sentiments de tout à l'heure ! »

« Orest, tu es vraiment… »

« Modérez-vous, juste un peu. »

Face à ce revirement à cientoquatre-vingts degrés, les trois hommes laissèrent paraître colère et exaspération.

C'est alors que Fei, seule à avoir continué de suivre le combat, annonça la fin du match.

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