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By the Grace of the Gods

Chapitre 174

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Chapitre 174

Chapitre 174

Chapitre 174/23574%~10 min de lecture1 921 mots

Le lendemain

« Il fait beau… C'est peut-être parce que je suis sorti pour la première fois depuis longtemps ? J'ai l'impression que c'est éblouissant. »

La lumière du plein midi reçue sur le court trajet du perron du manoir à la voiture. Tandis qu'il la supportait avec une légère grimace, tout en semblant l'apprécier, on devinait aisément à quel point était occupé d'ordinaire.

Cependant,

« Est-ce vraiment bien ? Pour moi c'est très gentil, mais c'est dommage de gâcher votre jour de repos pour m'accompagner. »

« Ça ne pose pas de problème. En fait, ces temps-ci, même quand j'ai des jours de congé, je n'arrive pas à me détendre. Quand était là, je passais mon temps à jouer avec elle ou à lui apprendre des choses, mais maintenant elle est à l'académie, n'est-ce pas ? Du coup, je me retrouve sans rien à faire et je finis par travailler. »

« -san, on ne peut pas se jeter la pierre à l'autre, vous savez… »

« C'est vrai… Quand tu le dis comme ça, je commence à comprendre un peu ce que tu ressens. »

L'influence du départ d' pour l'école se faisait sentir jusque là… Avant le départ, on s'inquiétait de savoir si irait bien, mais on se demande finalement si ce n'est pas les parents qu'il fallait vraiment surveiller.

En tout cas, je veux l'empêcher de devenir un workaholic invétéré, et son accompagnement m'arrange bien, mais…

« Au fait, le magasin où nous allons est dangereux ? »

« Pas du tout. Disons simplement qu'il serait imprudent de laisser -sama y aller seul… même si c'est moi qui vous l'ai présenté. »

« Le magasin en lui-même est sain. C'est juste son représentant qui est un peu… comment dire… »

Aujourd'hui, outre -san, Serge-san et Piolo-san m'accompagnent. Fei-san est aussi du voyage. Notre destination est la « Moulton Slave Trading Company » qu'on m'avait présentée auparavant. Lors de notre discussion d'hier soir, il avait été décidé que les travaux de terrassement n'auraient lieu que l'après-midi, et j'ai soudainement pensé à utiliser le temps libre de la matinée pour m'y rendre.

Ces trois-là ont alors insisté avec une force inhabituelle pour venir eux aussi. J'ai bien dit qu'en tant qu'adultes, ils pouvaient rester à l'arrière avec Fei-san, mais ce n'était pas la question.

D'après ce qu'on m'a dit, même Serge-san, qui m'avait fait la présentation initiale, n'avait fait que transmettre les informations à Kalm-san « au cas où vous utiliseriez leurs services, autant choisir un endroit sûr », sans pour autant recommander activement l'établissement… Franchement, il semblait y avoir quelque chose qui le gênait. Il avait eu beaucoup de mal à le formuler, mais…

« Un problème avec le représentant ? »

« C'est ça. Bon, pas de souci pour de l'arnaque ou ce genre de choses. C'est un commerçant sérieux, en qui on peut avoir confiance. Du point de vue des affaires, en tout cas. »

« Il a repris la boutique depuis quelques années à peine, mais il a bien assimilé les méthodes de son prédécesseur, les perpétuant tout en améliorant ce qui pouvait l'être. C'est un excellent dirigeant. Surtout, de par son métier, il a un « œil pour les gens » qui surpasse le nôtre. Sur ce point précis, il rivaliserait avec le maître de guilde. »

L'image de la vieille dame qui dirige la Guilde Commerciale de Gimul me traverse l'esprit.

« C'est… une personne sacrément compétente, à ce que je vois. »

« Compétent, oui. C'est parce qu'il est compétent que… comment dire… »

« Disons qu'un génie est parfois incompréhensible pour le commun des mortels. Pour faire court, c'est un original. »

« Pour compléter : son comportement est louche. Et on préférerait qu'il ne rencontre pas . »

 ? Ne pas la faire rencontrer… comportement louche… Serait-ce un… non, je ne devrais pas avoir une image aussi irrespectueuse de quelqu'un que je n'ai jamais rencontré.

« Excusez-moi. »

Le cocher nous appelle pour nous annoncer l'approche de notre destination. Alors que nous nous préparons à descendre, la voiture ralentit et pénètre dans un grand portail.

« C'est… »

Comparé à la maison ducale, c'est peu dire, mais l'étendue du terrain, la taille du bâtiment, l'aspect extérieur… Quoi qu'on en prenne, cela ne ressemble qu'à un manoir noble lumineux et soigné. À peine la voiture arrêtée, un employé en habit de majordome accourt.

Et simultanément, les trois adultes affichent un visage contrarié qu'ils ne cherchent même pas à cacher.

« Mais c'est le Duc lui-même ! Monsieur Serge de la Compagnie Morgan, et même Monsieur Piolo de la Compagnie Saionji ! Soyez les bienvenus. »

« Ça fait un moment, Orest. »

« Pourquoi c'est le président en personne qui se déplace ? Vous bossez, au moins ? »

« C'est sévère. Bien sûr que je fais mon travail de président, mais connaître la réalité de chaque service est tout aussi important, non ? »

L'homme esquive d'un trait les regards perçants, arborant une attitude insouciante. C'est apparemment lui le patron, mais il est bien plus jeune que je ne l'imaginais. Il n'a peut-être même pas encore atteint la fin de la vingtaine.

Un beau gosse au style rafraîchissant, genre jeune PDG de start-up… pensai-je, quand il ajouta :

« Cependant, vous voilà tous ensemble dans notre établissement. »

Tout en parlant, son regard se posa sur moi.

« Pardonnez mon impolitesse. Je suis Orest Moulton, président de cette entreprise. »

« Merci pour votre politesse. Je m'appelle . »

« Monsieur , n'est-ce pas. Ravie de faire votre connaissance. »

? Il n'a pas l'air aussi étrange qu'on me l'avait dit.

Il me traite normalement, malgré mon âge… Non, me traiter comme il traiterait le Duc ou le président d'une grande compagnie, c'est peut-être ça qui est bizarre, en un sens… Je ne comprends pas pourquoi ces trois-là étaient si sur leurs gardes.

Pendant que je réfléchissais à cela, la conversation dériva vers un changement de lieu pour les détails, et Fei-san, qui était restée en dehors de la discussion, fut appelée pour nous rejoindre à l'intérieur.

L'établissement, qui ressemblait à un manoir noble de l'extérieur, l'était tout autant à l'intérieur. Toutefois, la zone correspondant à l'accueil était aménagée avec de nombreuses chaises et des comptoirs, comme un bureau de poste ou une mairie japonaise. En prime, j'aperçus une demi-douzaine de clients, et tous, pour être impoli, ne semblaient ni nobles, ni riches, à en juger par leurs vêtements…

« Fufufu, vous êtes surpris ? »

« Oui. Déjà, le fait que ça ne ressemble pas à un magasin est surprenant, mais en entendant « compagnie d'esclaves », j'imaginais un endroit plus… sombre et sordide. »

« Malheureusement, selon la taille et l'emplacement, de tels endroits existent. Mais « les esclaves sont des humains » aussi, et en tant que marchandises, ils doivent rester en bonne santé. C'est pourquoi la Moulton Company leur fournit des chambres claires et propres, une nourriture suffisante, et nous employons un médecin attitré pour veiller sur leur santé. »

Pour pouvoir offrir un tel suivi aux personnes réduites en esclavage, le nombre de chambres et d'installations a nécessairement augmenté. C'est pour cela que le bâtiment est aussi grand qu'un manoir noble.

« Cela dit, les magasins aussi luxueux sont rares. À la base, c'était le manoir d'un certain noble, que mon père a racheté quand il a été mis en vente, puis partiellement rénové pour en faire une boutique. »

« Je vois. »

Donc mon impression n'était pas tout à fait fausse.

« Par ici. »

La pièce où l'on nous guida était un salon simple, avec une table rectangulaire et des chaises. Il y avait de la place pour bien plus que nous six — moi, mes quatre accompagnateurs et lui — ; on aurait pu en asseoir le double. Si l'on y fait venir les esclaves pour les présenter, la taille est tout à fait adaptée.

Et le fait qu'il m'indique naturellement le siège face à lui montrait qu'il avait déjà compris que j'étais le client du jour. Il avait déjà fait attention à moi pendant le trajet, et avant même que je ne parle, il avait saisi la situation… Comme on dit, il mérite bien les éloges unanimes de ces trois-là.

Il sonna discrètement une clochette posée sur la table, et une femme sortit de la pièce voisine pour recevoir l'ordre de préparer des boissons. La séquence de gestes était d'une fluidité confondante.

« Alors, Monsieur . Quel type d'esclave recherchez-vous aujourd'hui ? »

« Voyons… »

J'exposai d'abord que je dirigeais une blanchisserie, et que je cherchais principalement du personnel capable d'assurer la sécurité.

« Pour des gardes, il faut non seulement de la compétence, mais aussi une certaine fiable, quelqu'un à qui l'on puisse confier la tâche. Trouver les deux à la fois, qui plus est pour un magasin… »

« Je comprends. Pour du court terme, on peut passer par la Guilde des Aventuriers, mais pour du long terme, c'est plus délicat. »

Un aventurier vraiment compétent peut gagner bien plus en exterminant des bêtes magiques qu'en se faisant employer. Pour une courte période, pourquoi pas, mais sur la durée beaucoup refusent, et on ne tombe pas à chaque fois sur un vétéran compétent qui songe justement à prendre sa retraite.

« De notre côté, la priorité est la personnalité. La compétence, bien sûr, c'est mieux s'il y en a, mais si les bases sont là, Fei, notre responsable de la sécurité, peut les former. »

Je veux juger de la compétence et du caractère de l'esclave, puis discuter du prix. Kalm-san m'a dit de ne pas hésiter à signer sur-le-champ si je trouve la perle rare, mais avec ces critères, ce sera probablement de l'observation pour l'instant ?

« Si la personnalité prime… »

Monsieur Moulton se leva sans hâte, prit un dossier sur l'étagère derrière lui, y glissa une sorte de signet, et revint s'asseoir.

« Je vous ai fait attendre. Chez nous, les informations sur les esclaves sont compilées dans des dossiers. Veuillez d'abord choisir parmi cette liste ceux qui possèdent des compétences de combat. »

Le processus semble être : présélection sur papier, puis entretien.

Les documents, orientés pour que je les lise facilement, indiquaient le nom, le sexe, la race, le parcours, ainsi que les compétences détenues et leur niveau.

« C'est très détaillé… »

« La valeur d'un esclave varie considérablement selon sa capacité de travail, ses connaissances et ses techniques. La divulgation d'informations via le Tableau de Statut est obligatoire pour les esclaves. Nous consultons ces informations pour fixer un prix équitable.

Pour votre demande, ce seraient ceux-ci. Des esclaves dont les compétences de combat sont de niveau 2 à 3. Parmi eux, sélectionnons ceux qui ont une bonne évaluation personnelle. »

« … Les prix inscrits ici varient même pour des niveaux similaires. »

« C'est la différence entre les esclaves-dettes, qui se sont vendus eux-mêmes pour garantir un emprunt, et les autres. Pour un esclave-dette, la dette est effacée au profit du marchand d'esclaves, mais c'est nous qui payons le remboursement. »

Ah, donc la valeur intrinsèque plus le montant de la dette. S'ils vendaient en dessous de la dette, ils perdraient de l'argent.

« Exactement. »

Les documents sont clairs, et les explications de Monsieur Moulton, soignées.

Grâce à lui, ma première sélection de candidats se déroule sans accroc.

… Vraiment, pourquoi -san et les autres restent-ils sur leurs gardes contre lui ?

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