Aller au contenu principal

By the Grace of the Gods

Chapitre 158

By the Grace of the GodsBy the Grace of the Gods
Chapitre 158

Chapitre 158

Chapitre 158/23567%~14 min de lecture2 626 mots

Trois jours plus tard

Notre voyage s'était déroulé dans un calme relatif et nous étions enfin arrivés à Gaunago, la ville où se trouve le manoir de la maison ducale.

Mais... dès notre arrivée, un nouveau problème surgit à la porte.

« Répétez-moi encore une fois. Vos noms sont dame Fei et le jeune . Quel est le but de votre venue depuis Gimul ? »

« Je gère une boutique et, cette fois, j'ai obtenu une audience auprès des membres de la maison ducale. »

« Je suis sa garde et servante. »

« Vous n'êtes pas passés par la route principale depuis Kereban, vous vous êtes enfoncés dans les profondeurs de la forêt de Gana et vous avez éliminé quinze bandits que vous y avez rencontrés. C'est exact ? »

« C'est exact. »

« D'ordinaire, on emprunte la route principale. Pourquoi avoir délibérément choisi de traverser une forêt difficile d'accès ? »

« J'ai vécu un temps dans cette forêt. Simplement, j'avais envie d'y retourner par nostalgie. Comme je suis aussi aventurier, j'ai l'habitude de marcher en forêt et je pensais que c'était plus rapide que de faire un détour. »

« Je vois... Dame Fei, elle, n'a pas l'air d'être aventurière. »

« J'ai fait mon service militaire dans mon pays d'origine. C'est là que j'ai appris à me déplacer en forêt et à assurer une protection. »

« Un ancien soldat de Jilmar, donc. »

« Ancien, oui. »

« Je vois, je vois... »

...Depuis qu'on nous a conduits dans une pièce du poste attenant, c'est le même manège sans fin. Les mêmes questions, encore et encore.

Le ton est courtois, mais c'est un contrôle d'identité en bonne et due forme.

Moi qui en ai subi des tonnes dans ma vie précédente, j'ai tout de suite compris qu'on nous soupçonnait.

Cela dit, on devrait déjà nous laisser partir...

La vérification des faits avant de verser la prime sur les bandits que nous avons abattus ne justifie pas un interrogatoire aussi long.

Le fait d'avoir vécu trois ans en forêt et qu'une ancienne militaire d'un autre pays nous accompagne est si suspect que ça ?

...L'ancienne militaire, passe encore, mais trois ans en forêt, c'est louche... non, mais le cristal est resté bleu.

Mais enfin, quand est-ce que ça finit... hein ?

Des pas se font entendre et s'arrêtent devant la porte.

« Yo, je dérange. Y a... oh ! »

« Ah !? »

C'est -san qui entre.

L'un des gardes du duc, celui qui a été la cause de ma sortie de la forêt.

« Yo ! Ça fait un bail ! »

« Ça fait longtemps ! »

« Merci de m'avoir appelé sans oublier. Le reste, je m'en charge. »

Ce qu'il avait dit au moment de nous séparer — qu'il suffit de parler de moi au poste pour qu'on le contacte — était vrai.

Qu'il intervienne en plein interrogatoire, en revanche, je ne m'y attendais pas...

Tandis que je pensais ça, l'homme qui menait l'enquête ouvre la bouche.

« , qu'est-ce que tu... »

« Yo Swanson ! Toujours à faire le même boulot, hein. »

« Tu sais qu'on est en service ? Sors immédiatement ! Rends-le ! »

-san arrache d'un geste vif les papiers que l'homme noircissait et les parcourt des yeux.

« Ah, Swanson ? C'est cette partie qui te chiffonne. C'est pas des mensonges. Je te le garantis. Au printemps, j'ai failli y passer, tu te souviens ? »

« Lors de la protection du duc ? »

« C'est ce gars-là qui m'a sauvé. »

« Soit. Mais quand même... trois ans en forêt... »

« Y a des circonstances. Il a pas fait le larbin pour des bandits, non plus. Et puis le duc a déjà vérifié ce côté-là. Alors laisse-les passer. C'est vrai qu'ils viennent pour saluer. Ils sont pratiquement des invités. »

« ...Compris. N'oubliez pas la prime. »

...C'était un peu forcenaire, mais on a l'air d'être libérés sans encombre.

« Merci, -san. »

« On discutera plus tard. Dépêchons-nous avant qu'il ne change d'avis. Allez, prends la prime. »

« Ah, oui. ...Celui-ci, c'est le sac de Fei-san. »

« Garde-le dans ta magie d'espace, patron. Ça encombre et l'argent sur nous suffira un moment. »

« Compris, je le mets dedans pour l'instant. »

Sans même le temps de saluer correctement, nous quittons le poste sur ses talons.

Dehors, le jour était déjà tombé et les étoiles scintillaient dans le ciel.

« Quel désastre, quand même. »

-san rit, comme s'il lâchait prise.

« C'est vrai... mais lui aussi fait son travail. »

« Ça m'arrange que tu le prennes comme ça. C'est pas un mauvais bougre, mais dès qu'il y a le moindre truc qui l'intrigue, il devient tenace... cela dit, grâce à ça, il choppe aussi des criminels que le cristal ne peut pas détecter. C'est un fin limier. »

-san défend son collègue, mais moi, c'est la phrase « criminels que le cristal ne peut pas détecter » qui m'accroche. Est-ce qu'on peut le tromper, ce cristal ?

« Pas "tromper", non. À la base, ce truc n'est pas fait pour trouver les criminels. Donc il ne peut pas révéler tous les crimes. »

D'après lui, ce cristal est fabriqué par l'Église et sert à l'origine à vérifier si quelqu'un a enfreint les préceptes divins.

« Meurtre, enlèvement, viol, vol, blessures... ces actes vont à l'encontre des enseignements des dieux, donc le cristal réagit. Mais il y a des choses qui ne vont pas contre les préceptes divins et qui sont pourtant illégales, non ? La contrebande, par exemple. Posséder des marchandises interdites ou les importer sans autorisation est un crime, mais "marchandise dangereuse" ou "importation interdite", ce sont des règles humaines décidées après coup. Alors le cristal ne réagit pas. »

Il y avait cet angle mort, donc.

Même comme ça, pouvoir identifier certains crimes graves reste utile et ça doit faire office de dissuasion.

Au fait... je marche derrière -san sans trop savoir où on va.

Je lui demande et il s'arrête net.

« Désolé, désolé. J'ai pensé qu'à partir vite. Alors, on va où ? »

Ah, c'est vrai, c'est ce genre de type, lui... Bien sûr, c'est une bonne personne.

Bref, il n'avait pas de destination précise.

« Si vous connaissez l'auberge "Le Cheval Aimé", c'est là qu'on doit retrouver les gens de la compagnie Morgan pour aller au manoir ducal plus tard. »

« Là ? Je connais ! C'est un patron fou de courses qui tient l'auberge... il a mis son dada dans le nom. Surtout, ne lancez jamais le sujet des chevaux ? C'est interminable et ça devient chiant. »

Visiblement, ils sont proches. -san a l'air de s'amuser.

Il connaît les rues par cœur et slalome dans les ruelles sans hésiter.

Sur le chemin, en plus :

« Oh, c'est pas ça ! »

« Qu'est-ce que tu fous là à c't'heure ! »

« Ouais ! Je bosse, moi ! »

« Tu bosses ? Alors qu'est-ce que tu fous dans un coin pareil ? »

« Tu glandes pas ? Viens boire un coup ! »

« -saan, viens boire chez nous ce soir ! »

« Je te fais un service ! »

« Ah... c'est gentil mais j'accompagne ces gamins, alors ce sera pour une autre fois. »

« Ce gamin... c'est pas ton gosse caché, par hasard !? »

« Quoi !? C'est le gosse de qui !? »

« C'est PAS mon gosse ! »

« Hahaha !! Bien sûr ! Y ressemble pas du tout ! »

« Pour un gosse de toi, il a l'air malin ! »

« Il a même une certaine tenue ! »

« C'est SÛR que c'est pas le gosse de ! »

« Qu'est-ce que vous dites, ces ivrognes !! »

« Ah, -san. Repassez à la boutique une de ces fois. Je vous offrirai au moins le thé. »

« Ho, la vieille de l'épicerie. J'irai, alors mettez des gâteaux avec. »

« J't'attends. Mais les gâteaux, c'est en supplément, hein. »

Il est interpellé par tout un tas de gens dans la rue, et avec tout le monde, il a l'air en bons termes.

« Ce n'est pas seulement parce qu'il est du coin, non ? »

« C'est une bonne personne. On voit bien que les autres lui font confiance. »

C'est bruyant, mais on traverse des coins de rue paisibles et on finit par arriver devant un bâtiment qui ressemble plus à une écurie avec une auberge accolée qu'à une auberge avec une écurie — l'écurie est imposante, le bâtiment d'hébergement, lui, est modeste.

« Voilà l'auberge "Le Cheval Aimé". Le patron, à cette heure, il est sûrement pas là... Hé, la patronne, t'es là ? »

Il entre sur ce ton léger et je le suis.

Du comptoir juste à l'entrée, une réponse tout aussi décontractée fuse.

« Ouais, c'est pas -san ? Qu'est-ce qui t'amène ? »

« J'amène des clients. »

« Bonsoir. J'ai réservé par l'intermédiaire de la compagnie Morgan. Je m'appelle , de la Blanchisserie. »

« De même, je suis Fei, sa garde. »

« Ah, le patron Serge m'en a parlé. J'ai deux chambres individuelles de prêtes. Commencez par remplir ce registre. Pour le dîner, vous mangez ? L'heure tourne, et le patron Serge est dans la salle à manger. Pour demain... »

C'est quelqu'un de pressé ? Les questions s'enchaînent sans pause. Je remplis le registre en y répondant.

On prendra le dîner. Il faut que je salue Serge-san, aussi.

« , je rentre au manoir. »

« Ah, déjà ? »

« Ouais. J'aurais bien mangé et bu avec vous, tranquillement, mais il me reste un peu de boulot. »

« C'est dommage, mais c'est pas grave. Merci d'être venu malgré votre emploi du temps chargé. »

« De toute façon, vous viendrez au manoir prochainement, on parlera à ce moment-là. Moi aussi j'ai des trucs à dire. Alors, à plus ! »

« Oui, prenez soin de vous ! ... Il est parti. »

-san est parti comme le vent... Qu'est-ce qu'il a envie de me dire, au juste ?

« Il est toujours pareil, celui-là. »

« Ahaha... ah, j'ai fini. »

« Moi aussi. »

« Oui, merci. Voici les clés. Les chambres sont en haut, au bout du couloir à droite. Les repas, c'est par le couloir là-bas, dans la salle à manger. »

La patronne désigne l'escalier et le couloir menant à la salle à manger.

Mais tout autour, des fers à cheval et des têtes de cheval empaillées s'affichent avec une présence insolite, impossible à ignorer.

« Ça intrigue tout le monde. »

« Je trouve ça magnifique, moi. »

« Pas la peine de faire de la flatterie ! C'est juste que mon mari achète n'importe quoi les uns après les autres ! Au deuxième étage, il y a des statuettes, des tableaux, c'est n'importe quoi ! »

Le patron a vraiment la passion du cheval chevillée au corps.

« Patron, si tu vas saluer des connaissances, tu ferais bien de te changer avant. »

« C'est vrai. Patronne, on monte se changer et on revient manger tout de suite. »

« Compris, je prépare. »

Une fois changés, on descend à la salle à manger.

« C'est bondé. »

« Vu leur tenue, ce sont tous des marchands. »

« C'est sûrement parce que l'écurie est bien équipée... Ah, vous voilà. »

Dans la salle à manger remplie de marchands venus de diverses régions, le long du mur, se trouve la personne qu'on cherche.

Il dîne avec quelqu'un, probablement un homme.

Cheveux noirs, une silhouette de dos qui me dit quelque chose... Eh ? Ce ne serait pas Piolo-san ?

« Serge-san, Piolo-san. »

« Oh ! »

« , c'est pas toi ! Ça fait un bail ! »

C'est bien Piolo-san.

« Ça fait longtemps. On s'écrivait pas mal, mais se voir en direct, ça doit faire six mois. »

« On s'est tout le temps ratés. ...C'est dit, pour l'histoire du village de Weizen, merci. Grâce à toi, on a un nouveau produit et un nouveau fournisseur de blé. »

« C'est grâce à la coopération des villageois et de la compagnie Saionji. »

On a instinctivement baissé la voix, comme deux méchants fonctionnaires qui complotent. ...Mais c'est inévitable. Deux patrons de grosses compagnies qui répondent familièrement à un gamin dont on ne sait s'il est noble ou marchand. À cet instant, l'ambiance autour de nous change.

« C'est qui, ce gamin ? »

« Je sais pas. Un noble, peut-être ? »

« Un noble qui viendrait dans un trou pareil ? »

« Alors le fils d'une grande maison ? »

Des voix s'élèvent, mêlées aux conversations anodines.

On sent aussi les regards des gens qui causaient tranquillement.

L'impression, c'est exactement le cliché de la première visite à la guilde des aventuriers où on se fait accoster.

Sauf qu'ici ce sont des marchands, pas des aventuriers, et une auberge, pas une guilde.

« Allez, asseyez-vous tous les deux. »

Sur l'invitation de Serge-san, on prend place.

Ensuite on commande le dîner, je présente Fei-san qu'on ne connaissait pas, et on discute de choses sans importance, sans se soucier des oreilles environnantes.

Et la conversation dérive sur notre trajet...

« Vous avez été bloqués à la porte, quelle tuile. »

« Eux font leur travail, c'est normal. Cela dit, la sécurité à la porte est bien plus stricte que dans les autres villes. Une ville où siège un seigneur, ça change tout. Ils ont utilisé le cristal, j'imagine ? »

« Oui. Ailleurs, on passait juste en montrant la carte de guilde. »

À Gaunago, il faut systématiquement passer le contrôle au cristal luminescent à l'entrée comme à la sortie. J'ai posé la main dessus comme on me l'a dit, le fait d'avoir éliminé des bandits est apparu et on nous a emmenés dans une pièce à part.

« Ce cristal est un outil magique précieux. Dans la plupart des villes, on ne l'utilise que pour les gens sans papiers d'identité ou ceux qui déclarent avoir exterminé des bandits. C'est un outil, donc s'on s'en sert trop, il casse, et le réapprovisionnement est difficile. »

C'est cher ? Vu le nombre de villes qui l'utilisent, il doit y en avoir un certain stock...

« Le prix, oui, mais surtout, obtenir l'autorisation de l'Église est une corvée. Cet outil magique est censé avoir été créé par des artisans ayant reçu une révélation divine, sous la direction des dieux. C'est pourquoi sa fabrication est possible, mais on ne doit pas le produire et le vendre n'importe comment. »

Une raison légitime comme la sécurité de la ville. L'autorisation du noble. Pas seulement le prix de l'outil magique, mais aussi des dons à l'Église, et j'en passe.

« Sinon, j'en voudrais bien un moi-même. »

Serge-san, l'otaku d'outils magiques, a l'air sincèrement déçu.

Moi aussi, j'en veux un, si c'est possible.

« Au fait, . Tu dis avoir battu des bandits, mais vous n'étiez que deux, non ? Y en avait pas mal, quand même ? »

« C'est grâce à Fei-san. Elle en a abattu huit toute seule. »

Les clients aux tables voisines se taisent d'un coup.

« Le patron en a eu sept. J'en ai eu un de plus parce que j'ai attaqué la première, c'est tout. »

Derrière nous, un murmure s'élève.

C'est lui qui a lancé ce sujet pour nous mettre en valeur, hein...

...La conversation est agréable, mais l'ambiance n'est pas à savourer le repas, c'est dommage.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.