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By the Grace of the Gods

Chapitre 148

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Chapitre 148

Chapitre 148

Chapitre 148/23563%~11 min de lecture2 005 mots

« Ici. »

La taverne visée se dressait au fond d'une ruelle étroite qui partait de la grande artère.

La rue principale regorgeait d'établissements clinquants, mais celle-ci ne payait pas de mine. Le bâtiment, vétuste, donnait une impression de décrépitude, pourtant les éclats de rire d'hommes s'en échappaient sans discontinuer : l'affaire avait l'air de marcher pas mal.

Il n'eut même pas à pousser les portes battantes dignes d'un western : il passa simplement dessous en marchant.

…… C'était sans doute parce qu'il avait un corps d'enfant… ou alors la porte battante était placée haut ? Une hauteur délicate.

L'intérieur, au demeurant, était plus spacieux qu'il ne l'avait cru, avec une belle profondeur. L'espace entre les tables semblait un peu serré, mais il y avait bien une trentaine de places.

« Hé ? Qu'est-c'que c'que… *hic*… un gamin fout là-dedans ? »

« C'est qui qu'vient chercher ? »

« Hé ho ! La femme de quelqu'un s'est pas mise en rogne, par hasard ? »

Il était entré sans se poser de questions, mais avec ce corps, dans une taverne pareille, il finissait par attirer l'œil…

Les ivrognes le mataient en remuant des lèvres pâteuses.

Des regards de pure curiosité, d'autres amusés, et d'autres encore hostiles.

Toutes sortes de regards impolis se posèrent sur lui.

L'alcool, bien sûr, mais aussi une odeur de tabac à vous tourner l'estomac : il allait boucler son enquête au plus vite et rentrer.

C'était son intention… mais avec toute cette foule, impossible de savoir qui était l'homme qu'il cherchait.

Vu l'emplacement et l'ambiance, c'était visiblement un repaire de locaux et d'habitués : le tenancier saurait peut-être.

« …… Ici, c'est une taverne. Y'a rien qu'un gamin puisse boire. »

À peine s'était-il approché du comptoir que l'unique serveur lui fit comprendre, sans un mot, qu'il ferait bien de déguerpir.

Il n'était pas venu pour boire, donc ça l'arrangeait bien… ceci dit, il présenta tout de même son tableau de statut.

« …… Un porteur de la bénédiction du dieu de l'alcool ? »

« Je cherche quelqu'un. Un certain Asshimo ne serait-il pas venu par ici ? »

L'homme désigna du menton un coin de la salle.

« Merci. »

Il posa une pièce de cuivre moyenne sur le comptoir et se dirigea vers la table indiquée : huit hommes y étaient assis, ayant repoussé deux tables de quatre. Tous devaient être transporteurs. Races et âges variés, mais un point commun : des muscles saillants.

« Désolé de vous déranger pendant votre discussion, mais j'ai entendu dire qu'Asshimo-san se trouvait ici. »

« Quoi ? C'est à moi qu'ça s'adresse ~ ? »

À l'appel, l'homme le plus près se retourna. Humain, début de la vingtaine, pas mal d'alcool dans le sang à en juger par son humeur. Tombait bien. Il s'empressa de se présenter et d'expliquer la situation.

« Vous voulez savoir pour Pedro ~ ? »

« Oui. Ne pourriez-vous me dire ne serait-ce que la date de votre dernière rencontre ? »

« Ouais, c'est bon. C'est bon. Mais enfin… y'a une manière de demander, non ~ ? »

Son regard papillonna vers le verre vide devant lui.

« Une bière vous irait ? »

« Oh, merci be… !? »

« Espèce d'idiot. »

« I… tai… »

Son voisin lui asséna un coup de poing, transformant sur-le-champ sa joie en râle de douleur.

« Aïe aïe aïe, patron… »

« Arrête de quémander à un gamin. T'as trop bu, bon sang. »

« Toutes mes excuses… Écoute, gamin, Pedro ? Je l'ai vu y'a deux jours. »

« Dans cette ville ? »

« Ouais, le matin de l'avant-veille. J'étais allé bouffer, on s'est retrouvés par hasard dans le même resto. On a causé, c'est bien lui. »

« Savez-vous ce qu'il est devenu ensuite ? »

« C'est lui qui était déjà là quand j'suis arrivé, et c'est lui qui est parti le premier. Pour la suite, aucune idée. Par contre, il a dit qu'il reprenait la route pour Keraban comme d'hab. »

« Donc il a forcément emprunté ce chemin. …… Une idée de pourquoi il n'est toujours pas arrivé à Keraban, aujourd'hui ? »

« Y'en a pas, gamin. »

Un autre intervenait. Plus âgé, la cinquantaine bien tassée.

« Moi aussi je connais Pedro. Ce chemin, il l'borde depuis gamin. Son père avant lui. Il connaît les passages dangereux et il sait mener un cheval. Et toi, Asshimo, tu l'as vu ce matin, c'est ça ? »

« Ouais. De bon matin, mais le soleil était levé. »

« Alors pas d'accident de nuit. Et y'a des gars qui sont revenus de Keraban aujourd'hui, non ? »

« Moi, j'suis rentré aujourd'hui. »

« Vous avez vu des gens bloqués quelque part ? »

« Des gens en pause, j'en ai croisé plusieurs. Mais Pedro n'était pas dedans. Je le connais, moi aussi, si on s'était croisés, je m'en souviendrais. »

« Moi non plus, j'l'ai pas vu sur la route… »

Des témoins en ville. Mais plus rien après… La probabilité qu'il se soit passé quelque chose augmentait.

« Et s'il était rentré à Gimul pour une raison ou une autre ? »

« Le commanditaire est allé voir chez lui, paraît-il. Personne. »

« Donc il n'est pas rentré en ville. »

« Peut-être qu'il a pris une chambre à l'auberge ? »

« Crétin. Quel intérêt ? Perdre du fric pour rien. »

« …… J'peux plus réfléchir, j'ai trop bu. »

« Hé, Asshimo, t'as rien d'autre ? Vous avez mangé ensemble, c'est pas tout, quand même ? »

« Presque que des histoires de cœur, à l'époque. Il veut demander sa copine en mariage en rentrant, il m'sort ça super sérieusement, j'pouvais pas l'écouter sans avoir envie de le taper ! Ah, mais du coup il disait qu'il lui fallait des vêtements, une bague, tout ça, alors il voulait mettre de l'argent de côté… »

« Il se serait pas fourré dans un boulot louche pour ça, et qu'on l'a fait disparaître ? »

« T'exagères. Au pire, il a surchargé son chariot et il a fait une embardée. »

Tout n'était que suppositions… Mais le col côté Keraban restait suspect. Les gens passés aujourd'hui n'avaient rien vu d'anormal. Si on devait chercher, c'était plutôt hors piste, dans les profondeurs de la forêt.

« C'est bon, vos histoires à la noix, ça suffit ! »

« ? »

Le vacarme venait de derrière.

Il se retourna : les regards baissés des clients convergeaient vers un homme au visage rougeaud, assis au comptoir, qui les fixait.

« C'est toi ! Le gamin, là ! »

La chaise bascula. L'homme franchit l'étroit espace entre les tables d'une démarche lourde et chaotique.

« Depuis quand c'est une garderie, ici ? Hein ? »

« Excusez-moi, je cherche une personne disparue… »

« M'en fous complètement ! »

Comme on s'y attendait.

« Depuis tout à l'heure, tu virevoltes devant moi, c'est insupportable ! Tu veux pas morfler ? Casse-toi illico ! »

« Je partirai dès que j'aurai mes réponses. »

Il baissa la tête poliment, mais ce n'était pas la réponse espérée. Un claquement de langue, puis un poing se serra. Monde différent ou pas, la logique ne passait pas chez les ivrognes.

« Attend… »

« Lui, il va… »

Sans se soucier des cris alentour, il fit un pas en avant. Il reçut le poing qui s'abattait, de face, d'une seule main.

« Ah ? »

L'homme n'avait visiblement pas prévu qu'on l'arrête net. Il poussa un cri bête, regarda sa main captive, et tenta de la retirer en hurlant.

Mais le lâcher, c'était s'exposer à un second coup. Il ne lâcha pas.

C'était lui, le déplacé ici. Il l'admettait. Donc il s'excusait, et il partirait sitôt son affaire réglée. Mais il n'avait pas envie de se faire taper.

« Nn !? Nua !? Funnu !! ? »

L'homme s'arc-boutait, de toute sa force, pour arracher son bras. Un pilier était à portée de pied, et dans un bras de fer horizontal, il ne perdrait pas. Si l'autre tirait vers le haut, il se retrouverait suspendu… mais l'adversaire était obtus.

Dans sa vie d'avant, face à ce genre de type, la règle c'était : 1. Endurer, 2. Patienter, 3 et 4 n'existent pas, 5. Supporter. Se laisser frapper sans réagir était ce qui causait le moins d'ennuis par la suite. Mais dans ce monde, pas besoin de se faire taper pour rien. Quel soulagement.

…… Simplement, en y réfléchissant, il ne connaissait aucune autre parade que l'absence de résistance.

Et maintenant, quoi faire ? Ceux qui s'apprêtaient à intervenir tout à l'heure ont dû juger que c'était inutile : ils sont retournés s'asseoir, spectateurs… et lui, de son côté, ne lâchait pas l'affaire.

« Nuoooooo !! C'qui lui prend, à ce gamin !? Lâche-moi ! J'vais t'buter ! »

« Ah. »

Buter… Le match de l'autre jour. Si il retrouvait cet état d'esprit, ça marcherait peut-être ?

« Monsieur, vous n'avez pas un peu trop bu ? »

« !? »

L'homme tressauta. La force quittait son poing captif à une vitesse visible.

« Calmons-nous d'abord. Hein ? »

Lui aussi relâcha la main, montrant qu'il ne cherchait pas la bagarre.

« Hiiiiiiiiii !! »

« Eh !? Ah, attendez !? »

…… Ce n'était pas l'effet escompté.

« Itai ! »

« Hé, fais gaffe !! »

« Tu m'as fait renverser mon酒 !! »

L'homme s'enfuit en courant… sans se soucier des autres clients, se frayant un chemin de force entre les tables, par le plus court vers la sortie.

« …… J'ai forcé le trait ? »

Le match de l'autre jour, où on lui avait dit qu'il faisait peur. Il avait pensé qu'en retrouvant cet état d'esprit, il pourrait dissuader l'homme... Ah.

Les clients derrière le fuyard détournèrent tous les yeux en même temps. Regards perdus au loin, visages cachés dans les bras comme pour dormir, tous évitaient son regard. Vraiment trop fort ? D'ailleurs, ce type, il a payé sa note avant de partir ?

« Ah… »

Il était déjà conspicuous, le voilà encore plus. … Direction le comptoir, pour l'instant.

« Excusez-moi. L'addition du client tout à l'heure, ça couvre ? »

Il aligna trois pièces d'argent devant le serveur impassible.

« …… Trop. »

« Le surplus, servez-leur à boire. Surtout à celui qui a renversé son verre, et à ceux qui m'ont renseigné. »

« Ho !? C'est quoi, gamin ! Tu nous offres un coup !? »

Le client, plus vite que le serveur, avait bondi.

« Oui. Pardon d'avoir gâché votre moment. »

« Yossha ! »

« C'est gratos l'alcool !! »

« On boit !! »

L'instant d'après, la taverne retrouvait son vacarme d'avant.

Ils tournent casaque vite fait ! … Bon, ça l'arrange, ceci dit.

« Pardon pour le tapage. »

« Oh, te revoilà. »

Il regagna la table des transporteurs, les remercia et annonça son départ.

« Désolé pour le bordel. »

« T'inquiète, dans une taverne, la castagne c'est le quotidien. »

« C'est ça. T'as d'la poigne, gamin. »

« Je suis quand même aventurier. »

« Ceci dit, mieux vaut rentrer tôt. »

« Merci pour la bière ! »

« C'est moi qui vous remercie pour votre temps. »

Et il quitta la taverne.

Pas mal d'imprévus, mais il avait confirmation que Pedro était bien passé par cette ville. Déjà un pas de plus. Le déplacement valait le coup.

Ceci dit, c'est l'autre qui a cherché la噩, mais il avait un peu mauvaise conscience pour l'ivrogne. Regrets.

Pourtant, une telle efficacité… Beck et les autres n'avaient eu que « un peu peur », et vu sa carrure, c'était peut-être juste un poltron ?

Tout en songeant à ça, il jeta un œil machinal à son tableau de statut.

……

Intimidation Niv.3

Une compétence inconnue s'était ajoutée.

« … Pourquoi directement "3" ? »

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