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By the Grace of the Gods

Chapitre 109

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Chapitre 109

Chapitre 109

Chapitre 109/16566%~11 min de lecture2 051 mots

Une fois le rapport terminé, je rentrai chez moi et perçus une musique enjouée. Il semblait que les membres de la troupe Semuroido répétaient encore.

Pour ne pas les déranger, je m'approchai discrètement de la source du son.

……

En quelques minutes, je trouvai un bosquet d'où je pouvais surveiller l'ensemble du groupe et m'y cachai.

Pour l'instant, c'étaient -san et Sordio-san. Ils devaient répéter leur numéro, tous deux présentés comme danseurs-épéistes. Sordio-san maniait un bouclier rond orné et une longue épée. -san, elle, brandissait deux épées identiques et dansait en combattant.

À l'extérieur de la ligne censée représenter la scène, le chef de troupe Prenans-san et ceux qui savaient jouer d'un instrument accompagnaient la musique. Celle-ci s'intensifiait à mesure que les mouvements des deux sur scène devenaient plus vifs. Lorsque la distance s'ouvrait pour une confrontation du regard, le thème basculait vers une mélodie calme, lourde de présages.

Par endroits, quand les lames se croisaient, un effet magique faisait jaillir des étincelles. Pas un chant, pas une réplique, et pourtant on avait l'impression d'assister à une histoire.

J'avais déjà aperçu leur répétition ce matin même, avant de partir, quand je leur avais prêté l'endroit. Mais ce n'avait été qu'un échauffement. Devant l'ardeur et l'intensité qui se déploient maintenant, c'est ce que je ressentis.

Je retins mon souffle. Pour ne pas couper l'élan.

Peu à peu, le morceau atteignit son paroxysme. L'épée de -san décrivit une trajectoire qui frôla la gorge de Sordio-san sans la toucher. Elle trancha le col caché sous un manteau richement orné, libéra l'agrafe et fit tomber le vêtement. Au même instant, Sordio-san s'effondra comme s'il venait d'être égorgé.

Et sur un dernier accord gratté par les instruments, le rideau tomba.

Quelques secondes plus tard, constatant que l'atmosphère du groupe se détendait maintenant que leur travail était fini, je me surpris à me lever pour applaudir.

« -dono, depuis quand êtes-vous là ? »

« Pardon, je regarde depuis un moment. En rentrant, j'ai entendu la musique. »

Ai-je fait une indiscrétion ?

« Être vu ne pose pas de problème, mais nous ne vous avions pas remarqué. »

« C'est un peu surprenant. »

« Notre métier, en quelque sorte, c'est d'être regardés. Nous avions confiance en notre sensibilité aux regards… »

On dirait que je les ai effrayés.

« Au fait, comment s'est passée la plaine ? »

« C'est pour cela, justement… La situation ne semble pas bonne. »

D'après ce que j'ai appris à la guilde en faisant mon rapport, des signalements de nids affluent de partout, en plus de celui que j'ai découvert. À l'accueil, on appelait activement à maintenir les demandes de recherche ou à aider au déterrage des nids dès demain, pour rassembler un maximum de bras.

« Si la réponse tarde, la distribution risque de se gripper, et l'impact sur la fréquentation et les approvisionnements est imprévisible. Je vais donc travailler là-dessus pour un temps. Tant que cela ne vous dérange pas, vous pourrez continuer à utiliser cet endroit pour vos répétitions dès demain. »

« Nous acceptons avec gratitude. »

Menés par Prenans-san, tous les membres de la troupe s'inclinèrent, rangèrent leur matériel et regagnèrent la ville.

Le numéro que je viens de voir devait être la clôture de la journée.

Après les avoir raccompagnés, je me mis directement à m'entraîner.

Sur un simple caprice, j'essayai d'imiter leurs mouvements dansés.

Mais ça ne marcha pas. J'eus l'impression que mes gestes devenaient légèrement saccadés quand j'utilisais la magie.

… Les effets magiques de leur spectacle pourraient faire un bon exercice pour combiner magie et armes.

Utiliser magie et armes ensemble. Sur ce point, leurs mouvements étaient plus fluides que les miens.

Hmm…

***

Le lendemain

« À propos des effets magiques ? »

« Tu t'intéresserais aux danseurs-épéistes ? »

J'accueillis la troupe venue répéter et décidai de questionner directement les deux concernés.

« Après avoir vu votre numéro hier, j'ai souhaité apprendre votre technique. »

« Enseigner ne me dérange pas, mais pourquoi une telle demande ? »

On me demandait la raison, alors j'expliquai ce que j'avais ressenti la veille.

Mon style de combat repose sur le corps à corps, armes et arts martiaux. Je sais utiliser la magie, mais comme je m'en sers peu au combat, je ne suis pas familier avec son emploi dans ce contexte. Je confessai aussi vouloir élargir mes horizons.

« En d'autres termes, tu te demandes si tu ne pourrais pas remplacer la magie d'apparat par de la magie offensive ? »

« Oui. Si vous avez le temps, je vous en saurais gré. »

« Dans ce cas, pourquoi pas ? »

« Certes. Ce n'est pas une grande peine. Nos armes diffèrent, donc ce ne sera pas identique… Mais cela te convient-il ? »

« Oui, bien sûr ! »

« Reviens donc à la même heure qu'hier ? Toi aussi tu as du travail, et nous, on t'instruira après la répétition générale. »

« Merci beaucoup ! »

Je craignais qu'on me parle de secret de métier, mais l'accord fut étonnamment simple.

« Y a-t-il quelque chose de spécial à préparer ? »

« Ton arme suffit. Aujourd'hui, on veut juste jauger ton niveau. »

« Ah, garde juste ta mana en réserve. »

« Compris. Alors à ce soir. Merci d'avance. »

« Fais de ton mieux ! »

Et vint le soir.

J'avais canalisé mon impatience matinale vers la prospection, avec pour résultat le double de nids découverts par rapport à la veille, avant de rentrer.

Comme convenu, je revins trouver la troupe en train de charger ses affaires.

« Désolé pour le retard. Vous attendiez ? »

« Nous venons de finir. On va préparer tout de suite. ! »

« Oui, oui ! »

Elle arriva depuis l'ombre du chariot, portant un paquet.

« Voilà, c'est pour toi, -kun. »

« Du bois… ? »

Ça ressemblait à de petites bûches. Du bois de chauffage taillé à une taille qu'on peut saisir d'une main.

« Dès qu'on a fini de ranger, on commence, attends-moi ! »

« Ah, un instant… »

Elle était déjà partie.

« Laisse-les faire avec . »

… Effectivement. En observant les allées et venues de la troupe, un flux s'était mis en place entre eux. Si je m'immisçais maladroitement, je risquais plutôt de les gêner.

« Avant l'entraînement, regarde ça. Les épées que et moi utilisons. »

Je m'étais dit que c'étaient des lames très ornées, mais de près, d'étranges motifs se mêlaient aux décorations. La surface semblait enduite d'un produit.

« C'est une peinture élaborée à partir de fluides de Rainbow Slug. Elle emmagasine la lumière qu'elle reçoit et la retient un court instant. »

Alors qu'il me venait à l'esprit une peinture fluorescente, bien que la luminescence diffère, il me fit une démonstration magique. Sous l'éclat d'un sort de lumière, les traits peints s'illuminèrent en suivant leur tracé. Si on synchronise l'impact des lames ou du bouclier avec ce flash, le public y voit de spectaculaires gerbes d'étincelles.

Mais pour y parvenir, malgré la chorégraphie codifiée, il faut contrôler la magie avec vitesse et précision en plein échange d'armes.

« Et pour y arriver, il faut d'abord maîtriser l'épée ou la magie. Et in fine, les deux à un certain niveau. C'est pourquoi je veux d'abord évaluer tes compétences. J'adapterai mon enseignement au résultat. »

« Je compte sur vous. »

« Hé ! C'est prêt ! »

L'espace était aménagé, nous nous y rendîmes pour commencer.

Je m'avançai vers le centre du cercle formé par la troupe.

… Hein ?

« Tout le monde… ? »

« On a besoin de votre aide. »

« Pour moitié par simple curiosité. »

« Je vois. Merci de votre coopération. »

« Alors, ton arme à . »

Je pris mon katana en Iron Slime en position.

« Elle va te lancer le bois d'à l'instant. Coupe-le. »

Trancher un objet lancé fait partie des numéros des danseurs-épéistes, et c'est aussi une étape avant d'apprendre les combats à plusieurs. Ce serait mon test.

« Coupe comme tu veux, mais vise le centre autant que possible. »

« Compris. Je vous en prie ! »

« C'est parti ! »

Une bûche quitta la main de -san. Pour commencer, ce n'était pas très rapide. Elle décrivit une parabole lente ; j'attendis qu'elle rentre dans ma distance et la tranchai net.

« Ah, réussi ? C'est incroyable ! Vas-y, vas-y ! »

Elle regarda le bois fendu en deux et lança le suivant. Même traitement, puis le suivant encore. Les projectiles s'enchaînèrent, de plus en plus vite, à intervalles de plus en plus courts. Mais je parvins à suivre.

Et le bois finit par s'épuiser avant moi.

« Le dernier ! »

« Oui ! »

J'abattis la dernière bûche. Test terminé. Curieux du verdict, je me tournai vers Sordio-san… Il arborait une mine perplexe…

« Passons au suivant. »

Avec l'aide de la troupe, on ramassa tous les morceaux. Sordio-san les répartit entre tout le monde sauf moi. Sur sa propre part et celle de -san, il appliqua une marque de peinture rouge en haut et en bas.

Nouveau test : esquiver les bûches lancées par la troupe, et ne trancher que celles des deux épéistes.

« C'est parti ! »

Je coupai d'abord une bûche venue de Sordio-san, ce qui déclencha une salve de tous les côtés.

En général, un ou deux projectiles à la fois, trois au maximum. Je devais les éviter tout en ne tranchant que ceux des deux cibles…

……

……

Au début postés sur leurs positions, les deux échangèrent un signe silencieux et se mirent à courir, bois en bras. Ils firent le tour du cercle formé par la troupe et lançaient depuis les intervalles. Qui plus est, Sordio-san calait ses lancers sur le rythme des autres, choisissant des angles et des timings délicats pour me compliquer la tâche.

L'exercice exigeait une « vigilance » aux déplacements des deux, un « discernement » entre bois à couper et bois à esquiver, et la « réactivité » pour agir en conséquence.

Une fois le test achevé.

« Qu'en pensez-vous ? »

« Ton maniement de l'épée est irréprochable. »

« Mh-mh, c'est super ! … Mais du coup, y a-t-il un sens à utiliser la magie ? »

Devant moi gisaient les bûches mises en pièces. Le test s'était conclu à ma satisfaction, mais justement parce que le résultat était bon, -san en venait à cette question.

En pratique, je n'ai jamais été vraiment embarrassé jusqu'ici, mais c'est pour l'avenir.

« Tu es sérieux, hein. »

« Prends exemple. À ce rythme, tu risques de te faire doubler vite fait. »

« Déjà que j'ai l'impression de ne pas pouvoir gagner à l'épée… »

Après cet échange, vint le test de magie.

Rien de spécial : je me contentai de lancer quelques sorts.

Mais j'appris quelque chose d'intéressant.

« Sans incantation ? »

« Exact. Utiliser la magie sans parler. Nous, danseurs-épéistes, devons composer des expressions pour transmettre la situation pendant le jeu. Si on peut lancer sans incantation, on n'a pas à bouger les lèvres. »

« Cela dit, ça dépend des écoles. Certains portent un masque pour cacher la bouche, d'autres intègrent l'incantation à la représentation. Il y aussi l'option de faire de l'épée elle-même un outil magique pour la danse. C'est même la méthode la plus courante. »

Quand -san dit cela, Sordio-san renifla avec mécontentement.

« Ces artifices sont une hérésie. Jadis, les danseurs-épéistes ne captivaient les foules que par leur art de l'épée et leur maîtrise de la magie. Aujourd'hui, masques et outils magiques… La magie s'en remet à de simples gadgets, l'épée se réduit à apprendre des formes. C'est pour ça qu'on traite les danseurs-épéistes de simples saltimbanques, de spectacles inutiles au combat réel. »

« Oui, oui, j'ai compris. M'en fiche, j'ai juste expliqué un peu. »

On ne sait à quelle époque remonte le « jadis » de Sordio-san, mais il semble accorder une importance capitale à la préservation de la tradition.

« Bon, en tout cas, donnons-nous à fond ! »

« Oui ! Merci beaucoup ! »

Profitant de cette chance, je suis bien décidé à assimiler tout ce que je pourrai apprendre.

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