Dix jours s'étaient écoulés depuis que Maple était entrée dans le pot, et Kasumi fixait le panneau bleu affichant son statut et ses autres informations dans sa chambre à la guilde.
Pour être exact, elle ne regardait qu'un seul point à l'intérieur.
« Tch... »
Kasumi, qui continuait d'acheter des objets sans aucune valeur pour ses caractéristiques, avait dépensé presque tout l'argent qu'elle avait accumulé sans trop le dépenser jusqu'alors.
L'équivalent d'environ cinq [Arbres d'érable].
Puisque la ville de la quatrième strate avait la particularité de se rapprocher du centre à chaque passage sous un torii, les zones nouvellement développées devenaient progressivement plus étroites.
Cela dit, la zone restait considérable.
Pourtant, Kasumi avait fait le tour de toutes les antiquaires qui y étaient disséminées.
Le temps passé à examiner les marchandises était pour elle un moment de pure félicité.
Cet enthousiasme ne s'était pas contenté de lui délier les cordons de la bourse, il les avait tranchés net.
« Bon... avec ça, je devrais pouvoir l'acheter. »
Kasumi quitta la guilde avec les fonds qu'elle avait réunis en chassant des monstres supplémentaires, passa sous un torii marqué « Laque » et entra dans une boutique.
« Bien, bien, c'est une bonne chose que personne ne l'ait acheté entre-temps pour le faire disparaître. »
Voir un objet qu'on contemple dans sa chambre réapparaître comme marchandise dans une boutique, c'est typique des jeux.
Elle prit le seul objet qu'elle n'avait pas encore pu emporter dans sa chambre, et son argent retomna à un niveau où elle ne pouvait même plus s'acheter une potion correcte.
« Merci de m'avoir toujours fait confiance... »
« Hein ? Ah, ah... »
Kasumi fut un peu décontenancée par la voix du commerçant, qui ne lui avait jamais adressé la parole au-delà du nécessaire jusqu'ici.
« Un seul... bon, je vais te donner ça. »
En disant cela, le commerçant tendit une vieille feuille de papier à Kasumi.
« C'est la carte de l'endroit où se trouvait mon entrepôt d'outils... je ne peux plus m'y rendre... fais-en bon usage. Les outils aussi, mieux vaut qu'ils servent à quelque chose plutôt que de dormir éternellement. »
Kasumi remercia le commerçant et quitta la boutique en examinant la carte reçue.
« Les confins du... champ ? Je vais aller voir... »
À ce stade, elle avait tout acheté de ce qui était disponible dans cette ville.
Et son argent étant quasi nul, elle n'avait plus peur de mourir.
Dans ce cas, il n'y avait qu'à y aller.
Elle courut sans relâche vers les confins du champ sombre, vérifiant la carte de temps à autre.
C'est ainsi que Kasumi parvint à une plaine qui, à première vue, ne présentait rien de particulier.
« Par ici... non, un peu plus de ce côté... c'est ici ! »
Le pied de Kasumi heurta une poignée qui dépassait légèrement du sol.
Sans la carte pour localiser l'endroit, elle n'aurait jamais pu le trouver dans cette obscurité.
Kasumi balaya la terre autour et tira de toutes ses forces.
Le couvercle s'ouvrit avec un fracas en soulevant un nuage de poussière, révélant un escalier menant vers un sous-sol encore plus sombre.
« ...Allons-y. »
Elle sortit l'une des lanternes achetées depuis son arrivée en ville de son inventaire et descendit l'escalier.
La flamme rouge illuminait l'espace d'une lueur éclatante, où seuls les pas de Kasumi résonnaient.
Au bout de l'escalier se trouvait une porte en fer.
« ...Bien ! »
Kasumi, à moitié dans l'attente, à moitié dans l'inquiétude, ouvrit la porte et entra, levant sa lanterne pour éclairer les alentours.
« Rien... ? »
L'immense espace était totalement vide. Un état bien peu digne d'un entrepôt.
« Y avait-il une condition... ? ...Je ne sais pas. »
À cet instant, les oreilles de Kasumi, qui refusait d'abandonner, perçurent un bruit de destruction.
« Quelque chose ? Y a-t-il quelqu'un ? »
Kasumi dégaina son sabre et avança vers le fond de la pièce, sur ses gardes.
La lumière de la lanterne éclairait progressivement les zones restées dans l'ombre.
Elle y découvrit les débris de nombreux outils.
Des sabres brisés, des pots fissurés, des boules de cristal pulvérisées.
Et au centre, flottant doucement dans les airs, un sabre légèrement teinté de pourpre.
Chaque fois que ce sabre touchait les objets environnants, un bruit de destruction résonnait. C'était comme s'il les dévorait.
« ...Il vient !? »
Le sabre pointa sa lame vers Kasumi, comme s'il l'avait remarquée, et elle en fit de même avec le sien.
Le sabre la considéra-t-il comme un ennemi ? Sa lame s'entoura d'une lumière vacillante, comme de la fumée brillamment pourpre.
On eut dit que le sabre tressaillit, et des flammes pourpres apparurent au sol et au plafond, assurant une visibilité suffisante même sans lanterne.
Kasumi s'écarta vivement tout en rangeant sa lanterne, mais le sabre n'attaqua pas.
« Il ne vient pas ? ...Non, je ne peux pas baisser ma garde. »
Kasumi ressentait une atmosphère désagréable émanant de ce sabre.
Et son intuition était juste.
L'instant d'après, le sabre fonça sur elle à grande vitesse.
« Hah... »
Kasumi expira brièvement et croisa le fer avec le sabre volant. Mais l'arme sans maître pouvait se mouvoir de façon imprévisible, rendant sa trajectoire difficile à lire.
« C'est peut-être grâce au combat contre Shin... ! Hah ! »
Avec un *cling*, le sabre volant fut repoussé.
Kasumi reprit ses distances pour observer la réaction de l'adversaire.
Pourtant, le sabre disparut en un instant, alors même que Kasumi le surveillait sans relâche.
« Quoi... !? Ah ? »
Ce qui apparut alors dans son champ de vision, ce fut un sabre pourpre jaillissant du centre de sa propre poitrine.
Pas une seule lame.
Jambes, ventre, bras, des sabres étaient plantés partout.
Une attaque ressemblant à un skill qu'elle connaissait, non, qu'elle avait elle-même utilisé.
Quand elle rouvrit les yeux, Kasumi se trouvait dans la ville de la quatrième strate.
« ...Hah. Ahahaha. Intéressant... Je le ferai avant que quelqu'un d'autre ne le prenne ! Je ne peux pas me permettre de perdre contre un sabre ! »
Moitié par frustration, moitié par motivation, Kasumi commença à élaborer une contre-mesure.