Aller au contenu principal

Bijo to Kenja to Majin no Ken

Chapitre 24

Bijo to Kenja to Majin no KenBijo to Kenja to Majin no Ken
Chapitre 24

Chapitre 24

Chapitre 24/4060%~17 min de lecture3 283 mots

※Ce texte sert à la compréhension de l'univers, les distances précises n'y sont pas reflétées.

Au sud de la ville portuaire d'Ashbel, dans le royaume de Harland――

À l'heure où le soleil commence à décliner, trois silhouettes enveloppées de manteaux se tiennent dans la ville-relais nommée Reene.

Reene est une ville-relais située le long de la route reliant Ashbel à la capitale royale, Ansel. Sa taille est modeste, ce n'est guère qu'un hameau d'une cinquantaine de maisons.

Cela dit, comme c'est une ville-relais, plus de dix auberges y font commerce, ciblant les voyageurs qui empruntent la route.

Toutefois, pour ceux qui pressent leur voyage, Reene n'est probablement qu'un endroit où dormir et se lever. Mis à part les lieux où l'on peut prendre un repas rapide, on n'y trouve aucune installation pour divertir les gens.

Par conséquent, dans cette ville-relais, une fois l'heure du coucher du soleil venue, il devient plus difficile de trouver un bâtiment éclairé que d'en trouver un dans le noir.

C'est à cet instant où les ténèbres s'épaississent progressivement que―― les trois ombres atteignirent enfin Reene.

« Pfiou… on va enfin pouvoir souffler un peu. »

Ces mots me sont échappés malgré moi.

Honnêtement, même dans mon monde d'origine, je n'ai jamais marché autant en une seule journée.

Réagissant à ma voix, l'une des silhouettes baissa sa capuche à mes côtés.

En apparut une femme aux cheveux noirs relevés―― une beauté.

« Cela a pris plus de temps que prévu.

J'aimerais bien manger, mais si nous ne sécurisons pas d'abord l'hébergement, nous risquons d'avoir des ennuis. »

La femme aux cheveux noirs―― Grace―― le dit d'un ton calme.

Ni pressé, ni en colère. Mais d'expérience, quand elle fait ce genre de proposition, mieux vaut l'accepter docilement.

« Enfin, vous abusez des pauses, hein…

Kei, tu as moins d'endurance qu'on ne le croit. »

L'autre silhouette, de l'autre côté de Grace, laisse échapper une voix exaspérée.

En baissant sa capuche, elle révèle une magicienne aux cheveux d'un rouge éclatant―― Sylvia.

« Laisse-le, dit-il.

On est bien arrivés à destination avant le coucher du soleil, non ? »

Entendant ma réplique, Grace esquissa un petit sourire amer.

De la ville portuaire à la capitale, en voiture, on met une journée entière.

Naturellement, à pied, plus lent qu'une voiture, il faut au moins trois fois plus de temps―― soit environ trois jours de marche continue.

Nous avons bien envisagé de prendre une voiture au départ d'Ashbel. Mais nous avons fini par choisir la marche vers Ansel.

Parce que le prix des voitures était tout bonnement exorbitant.

D'après ce qu'on nous a dit, un véhicule comme une voiture n'est pas quelque chose qu'un aventurier utilise à la légère. La voiture est fondamentalement un moyen de transport pour la noblesse, et son prix est donc un « prix de noblesse ».

Quand on entend « voiture », on imagine volontiers le même cheval et le même domestique qui nous mènent élégamment à destination, mais la réalité est tout autre. Les vraies voitures changent de chevaux et de domestiques à chaque relais pour allonger la distance parcourue par jour. Autant dire que ça ne peut pas être bon marché.

En parlant de noblesse, je n'avais pas fortement conscience du système de castes de ce pays jusqu'ici.

Harland est une monarchie, la capitale a bien sûr un roi, des chevaliers et des nobles.

À l'opposé, il n'y a pas que des roturiers, il existe aussi une classe d'esclaves.

Dans le premier village de campagne où j'ai atterri, Charis, je n'ai guère bougé hors de la forêt et de l'église.

La ville portuaire d'Ashbel, où je me suis installé ensuite, brassait aventuriers et marchands, si bien que je n'ai jamais eu l'occasion de ressentir le système de classes.

Mais peut-être que sur la suite du voyage, nous croiserons des nobles ou des chevaliers désagréables ?

S'il y en a, je n'ai pas confiance en ma capacité à rester silencieux sans chercher la bagarre――

Nous trois, dès notre arrivée à Reene, nous sommes mis en quête de l'hébergement du jour.

Ce qu'on a compris en arrivant à Florence, c'est que les aventuriers de ce monde ne font fondamentalement pas de bivouac.

On a tendance à associer à tort aventure et bivouac, mais les vrais aventuriers ne font pas ça.

Bien sûr, si la nécessité s'impose, ils peuvent choisir le bivouac. Mais hors des cas où un retour clair est attendu―― comme la conquête d'un labyrinthe――, les aventuriers orientent leur gouvernail vers l'évitement du danger dans l'immense majorité des situations.

C'est pourquoi ils ne s'adonnent pas normalement à un acte qui expose leur corps sans défense, comme le bivouac.

Dans ce sens aussi, la toute première chose qu'un aventurier doit faire en arrivant dans une nouvelle ville, c'est sécuriser son lit pour la nuit.

Juger qu'il était inefficace de chercher à trois, nous avons décidé de nous disperser pour prospecter individuellement.

Dans ce monde, la règle veut qu'on réserve sa chambre tant que le soleil est haut.

Par conséquent, à cette heure proche du crépuscule, il devient naturellement difficile de s'assurer une chambre.

« Comment ça s'est passé ? »

« Raté. Aucune n'avait de place. »

Sylvia et Grace rapportent chacune leur résultat.

Celle que j'ai essayée était encore plus désespérante : on ne m'a même pas laissé vérifier s'il y avait des vacantes.

Une atmosphère désagréable flotte subtilement entre nous trois.

« Si on doit bivouquer en pleine ville, ce sera trop misérable, j'en pleurerais. »

« Il reste encore plusieurs auberges qu'on n'a pas essayées. »

« Si on bivouaque, c'est Kei qui fera le guet toute la nuit sans dormir, hein. »

« Moi seul ! ! Normalement, on se relaie, non ? ! »

Quand je discute avec Sylvia, le sujet dérive subtilement――

Bref, nous décidons de nous séparer à nouveau pour vérifier d'autres auberges chacune de notre côté.

Et―― après un moment, nous nous retrouvons pour mettre nos résultats en commun.

« Je suis désolée, j'en ai fait trois mais… »

Grace le dit avec un air navré.

Son expression à son retour était déjà sombre, le résultat était entendu sans qu'elle ait à parler.

Quant à Sylvia, elle arbore un air triomphe.

« Fufu… moi, j'en ai trouvé une ! Il n'y avait plus qu'une seule chambre, mais je l'ai réservée.

Il n'y a qu'un lit, mais on peut emprunter trois couvertures. »

« Oh… »

Un instant, Sylvia m'a semblé briller comme une déesse.

« -- Bien sûr, le lit, c'est moi qui l'utilise, vu que c'est moi qui ai trouvé l'auberge.

Vous deux, vous dormez par terre. »

« ―――― »

Et la déesse devant moi perdit rapidement son éclat.

Nous entrâmes dans l'auberge guidés par Sylvia.

Le patron, en voyant Sylvia et Grace entrer, resta coi et se mit à nous dévisager.

Forcé de constater qu'on ne voit pas souvent deux beautés pareilles dans une ville-relais.

Guidés par le patron jusqu'à la chambre, ce fut à notre tour de rester coi.

―― C'est étroit.

Bien qu'on ne puisse pas faire la fine bouche, la pièce est exiguë et ne contient qu'un lit à peine surélevé par rapport au sol.

En se serrant, peut-être qu'un peut dormir dans le lit et deux par terre, juste à la limite――

Mais le lit est si petit et bas qu'on roulerait par terre au premier mouvement pendant le sommeil.

Est-ce qu'on peut vraiment appeler ça un lit ? Si c'était un lit moelleux, encore, mais là, on dirait qu'on dormirait plus à l'aise par terre. Choisir le lit, c'est plutôt tirer le mauvais numéro.

« Euh… »

Sylvia examine la situation et s'adresse à Grace avec un sourire.

« Puisque tu t'occupes d'habitude de moi, je vais exceptionnellement te céder le lit aujourd'hui.

Repose-toi bien. »

Grace l'entend et refuse poliment, calmement.

« Sylvia, c'est toi qui as trouvé cette auberge à l'origine, donc le droit d'utiliser le lit t'appartient.

C'est ce que tu disais au début.

―― Moi et Kei, nous prendrons le parquet. »

En entendant ça, Sylvia semble réaliser quelque chose et s'empresse d'intervenir, la voix pressée.

« Non, attends, attends un peu.

C'est moi qui ai trouvé l'auberge, non ? Alors c'est moi qui décide où je dors, non ?

C'est honteux à dire, mais j'ai un peu le sommeil agité.

J'ai peur de tomber pendant mon sommeil, donc je dormirai par terre. »

Grace, sur ces mots, affiche un sourire taquin qu'on ne lui connaît pas, et réplique à Sylvia.

« Sylvia, pas besoin de te retenir.

Dors dans le lit. »

« Grace, toi non plus… »

―― Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?

Face à ces deux-là qui commencent une dispute laide, je n'ai d'autre choix que d'intervenir. Si je laisse faire, elles vont finir par se battre.

« Assez, toutes les deux.

Quelle qu'en soit la raison, si vous vous mettez à vous le céder, c'est moi qui prendrai le lit.

Désolé, mais vous dormirez par terre. De toute façon, vous dormirez mieux comme ça. »

« Kei, cependant… »

« Toi, t'es le plus costaud, si tu dors dans l'endroit le plus étroit, ça va pas être facile, non ? »

Elles objectent toutes les deux, mais je ne peux pas céder, sinon la situation ne se débloquera pas.

« Allez, c'est pas grave. Moi, je préfère que vous deux dormiez bien, comme ça je me réveillerai en forme.

C'est la décision du chef de groupe, cette fois.

―― Bon, comme ça, pas de rancune, hein. »

Grace et Sylvia se regardent, restent silencieuses un moment face à mes mots―― puis acquiescent.

Une fois le dîner terminé, nous nous retrouvâmes à nous reposer dans la chambre.

Non seulement nous avions marché toute la journée, mais demain il faut se lever tôt et partir à l'aube.

Je me glisse honnêtement dans le lit, tandis que Grace et Sylvia s'allongent du côté du mur, invisibles.

Honnêtement, avec deux beautés qui dorment juste à côté, j'ai l'impression que je vais être trop éveillé pour dormir.

Mais si je ne dors pas, je ne récupérerai pas de ma fatigue.

Comme c'est moi, le plus grand, qui ai hérité du lit le plus étroit, je m'inquiète de tomber pendant la nuit. Heureusement, le lit est si bas qu'il est quasi au niveau du sol, donc pas de risque de blessure――

Cela dit, honnêtement, je n'ai jamais vraiment fait attention à ma façon de dormir. Si je tombe du lit―― non, arrêtons. Réfléchir à tout ça ne sert à rien.

Je m'excuse auprès de Grace et Sylvia qui vont dormir par terre sur les couvertures, mais je vais considérer ce lit étroit comme la place d'honneur et me reposer du mieux possible.

―― L'impression de ne pas pouvoir dormir s'envola on ne sait où.

Il semble que je me suis endormi peu après être entré dans le lit.

Comme il faisait noir, c'était probablement encore le milieu de la nuit. Un petit cri « Kya ! » venu du côté me tira de mon sommeil.

Je ne sais pas tout de suite de qui c'est, mais apparemment c'était la voix de Grace. Juste après, j'entendis Grace demander d'une voix légèrement rancunière : « -- Sylvia, c'était exprès, hein ? »

Mais Sylvia ne répondit pas.

J'imagine la scène et souris amèrement, puis referme les yeux.

Le lit est étroit, mais c'était quand même pitié de les faire dormir sur le dur――

D'ailleurs, tout ça, c'est parce que ma marche était trop lente et qu'on n'a pas atteint Reene avant la nuit.

Demain, je réduirai les pauses au maximum et ferai en sorte d'arriver à destination avant le crépuscule.

Je m'en fis la promesse―― et retombai dans le sommeil.

Le lendemain matin, je remarque confusément que mon visage est recouvert de quelque chose de doux, dont je ne saisis pas bien la nature.

Sentant une légère oppression, j'essaie de le repousser de la main, mais « ça » a une élasticité où les doigts s'enfoncent.

Pourtant, il n'y avait pas d'oreiller, je crois――

J'ouvre grands les yeux, et là se trouve une scène qu'on peine à comprendre sur l'instant.

« Ah… heu ? »

Comment qu'on regarde, c'est de la peau humaine―― et qui plus est, un dangereux et profond sillon qui ne laisse planer aucun doute.

Je vérifie en appuyant à nouveau de la main, et ça repousse ma main avec une élasticité indescriptible.

« -- Ah… nn… »

Une voix qui n'est pas la mienne se fait entendre. Elle vient du sommet de mon crâne. Autrement dit, c'est terriblement proche.

Hmm, ça ne ressemble à rien d'autre qu'à une poitrine.

« -- Kei, que faites-vous ? »

Une voix tombe soudain du dessus de ma tête, et je bondis pour me redresser.

Devant moi, Grace aux yeux glacés me toise d'un regard de travers.

« G, Grace ! !

Yop, bonjour. Tu es déjà réveillée ? »

J'essaie de saluer le plus frais possible, en levant la main.

« Bonjour. Moi aussi, je viens de me réveiller.

―― Alors, que faisiez-vous ? »

Malheureusement, elle n'a pas l'air prête à laisser tomber.

« Même si vous me demandez quoi… »

« Euh, apparemment, je suis tombé du lit pendant mon sommeil ? »

En entendant ça, Grace, alors que Sylvia est encore allongée, lui attrape l'oreille et la tire vers le haut.

« Itaïtaïtaï ! Qu'est-ce que tu fais ! »

Sylvia, réveillée de force si brutalement, proteste.

« Sylvia, tu n'as rien fait à Kei hier soir, n'est-ce pas ? »

« Hm ? Ah, hier… ?

Ah, c'est vrai ! Kei, t'es tombé du lit au milieu de la nuit, non !? J'ai cru que j'allais être écrasée ! »

« C, c'est ça. Désolé… »

Grace ne s'en est pas aperçue, donc ce n'était pas une chute spectaculaire, mais pour l'instant je présente mes excuses à Sylvia.

« -- Mais c'est pas grave. C'était chaud, du coup j'ai dormi en te faisant un câlin. Ahaha. »

Je faillis rire en me disant que c'était tant mieux, mais en jetant un coup d'œil à l'expression de Grace, je la vois me fixer avec des yeux plus froids que l'épée de l'Empereur de Glace.

―― Oui, ça sent mauvais.

« M, enfin, rester planté là ne sert à rien.

Aujourd'hui, on arrivera avant le coucher du soleil et on prendra assez de chambres pour tout le monde, alors préparons-nous à partir au plus vite. »

Quand je dis ça, Grace, qui me regardait avec suspicion, finit par acquiescer à contrecœur.

D'ailleurs, pendant tout le temps qu'on a pris le petit-déjeuner et qu'on s'est préparés, l'humeur de Grace ne s'est pas améliorée.

Il me semble qu'elle a déjà été de mauvaise humeur auparavant, mais la rancune de Grace a l'air de durer.

Fais gaffe à l'avenir――

Une fois prêts, au moment de quitter l'auberge, le patron nous interpella.

« Vous comptez aller à la capitale, maintenant ? »

Je restai un instant sur mes gardes, puis acquiesçai franchement.

« J'ai entendu dire hier qu'il y avait un contrôle sur la route vers la capitale.

Vous devez avoir des papiers d'identité, mais les soldats au contrôle ont souvent la main leste, alors faites attention. »

En disant ça, le patron lorgna Grace et Sylvia.

« Main leste » peut vouloir dire beaucoup de choses, mais en l'occurrence, c'est bien dans ce sens-là qu'il faut l'entendre.

« Merci pour l'avis. Je te suis reconnaissant. »

Je jette un coup d'œil à Grace et Sylvia, remercie le patron et sors de l'auberge.

Ensuite, Grace, Sylvia et moi continuâmes de marcher sur la route vers la capitale.

Nous fîmes deux pauses en chemin, mais notre allure était bien plus rapide qu'hier.

Et vers l'heure du déjeuner, on aperçut une barrière dressée le long de la route, avec des soldats postés.

« -- C'est le contrôle, là. »

Quand je le dis à Grace et Sylvia, elles hochent la tête.

Nous sortîmes les cartes d'enregistrement faites à la guilde des aventuriers d'Ashbel, en prévision du contrôle. La plupart des passants ne font que montrer leurs papiers une seconde aux soldats et passent quasi sans s'arrêter.

Nous les imitâmes, gardant nos manteaux bien rabattus, et tentâmes de passer comme les autres.

Effectivement, le soldat de garde ne fit qu'un regard sur nos cartes, perdit visiblement tout intérêt et nous fit signe de passer vite.

« ―――― »

Sans un mot, soulagés, nous tentâmes de partir―― quand un homme qui semblait être un supérieur, posté sur le côté, nous héla.

« -- Vous trois, arrêtez-vous. »

Nous trois, comme si on nous arrêtait pour de bon, nous immobilisâmes net.

« Vous trois, suivez-moi au poste de garde. On va vous interroger. »

En entendant ça, Grace, Sylvia et moi échangeâmes un regard sous nos capuches.

Certes, avec nos manteaux, on ne devine pas les traits de Grace et Sylvia. Mais le fait qu'elles soient des femmes en pleine fleur de l'âge ne se cache pas sous un simple manteau.

On s'en doutait un peu depuis l'avertissement du patron, mais la suite risque bien de confirmer nos craintes.

Je fis un signe à Grace et Sylvia, et nous suivîmes docilement le soldat qui nous guidait vers le poste de garde.

Grace et Sylvia entrèrent aussi, sur ses talons.

La salle de garde était spacieuse, et au fond se tenait un bureau grande comme une longue table.

Au centre, un homme barbu qui semblait être le responsable du contrôle était assis. Il paraissait nettement plus âgé que moi.

Guidés par le soldat, nous trois fûmes alignés en rang devant l'homme barbu.

Je signalai à Grace et Sylvia, et nous dûmes, bon gré mal gré, baisser nos capuches.

Le regard de l'homme barbu erra un instant vers mon visage. Mais dès lors, il fut totalement happé par Grace et Sylvia.

L'homme les détailla de la tête aux pieds un moment, puis entama unilatéralement.

« Actuellement, comme vous le voyez, nous sommes en état d'alerte.

Je suis désolé, mais le règlement nous oblige à procéder à des fouilles corporelles aléatoires.

Nous vous remercions de votre coopération. »

Je n'ai pas dit que je coopérais, moi――

Les mots sont polis, mais en substance, c'est « on va vous fouiller de force ». Sylvia fronça visiblement les sourcils, comprit le message.

L'homme barbu donna un ordre au soldat près de moi, et l'un d'eux s'approcha de moi, dit « Excusez-moi », puis commença à me tripoter.

Épaules, torse, dos, bras, ventre, jambes, il passa tout au peigne fin. Jusqu'aux fesses, qu'il palpa à loisir.

« -- Tch, où il met les mains ! »

Mon juron arracha un petit rire à Grace.

Le soldat qui avait caressé mes courbes enchantées termina sa fouille et secoua la tête pour signaler qu'il n'y avait rien d'anormal.

L'homme barbu confirma d'un air satisfait, puis prit la parole.

« Bon, pour ce qui est de l'homme, vous pouvez passer.

En revanche, il nous reste à vérifier les deux autres… mais…

Il serait inconvenant de faire examiner le corps de dames par des mains grossières. »

La phrase qui parvint à mes oreilles différait de ce que j'imaginais.

Mais en observant bien l'homme barbu―― le coin de sa bouche tressaute par petits saccades. C'est clairement l'expression de quelqu'un qui retient un sourire lubrique.

Conformément à mon pronostic, l'homme barbu lâcha, avec un sérieux affiché, la réplique que j'attendais.

« C'est pourquoi nous voudrions que ces dames prouvent elles-mêmes leur innocence.

―― Alors, veuillez retirer vous-mêmes votre armure et les vêtements du dessous, tout. »

Face à des paroles si fidèles au désir, je prévoyais la suite et ne pus m'empêcher de laisser échapper un rire amer.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.