La menace d'il y a un instant était trop terrifiante. Même si l'homme-bête lion sentait que quelque chose n'allait pas, il n'osa pas émettre un son et se contenta de regarder les deux partir.
« Quelle douce odeur de femelle... »
Ils cachaient définitivement une femelle avec eux !
L'homme-bête lion pensa cela mais n'en fit pas tout un plat. Il lança des regards à quelques hommes-bêtes à proximité.
Immédiatement, quelques hommes-bêtes se lancèrent à la poursuite de Parker et Curtis. Ils les suivaient de loin et n'avaient pas été repérés.
Parker se transforma en sa forme animale, roula quelques fois sur le sol, puis reprit sa forme humaine et dit à Curtis : « Cet homme-bête d'à l'heure a dû sentir l'odeur qui est sur nous. Vite, couvre l'odeur de Qingqing ! »
Curtis fit claquer sa langue avec impatience, emporta Bai Qingqing et se frotta contre le mur de sable.
Une fois que l'odeur de sable et de rochers eut recouvert leurs corps, ils ne se démarquèrent plus autant.
Rooaar !
Un tigre jaillit du mur sur le côté, rugissant sur Parker et Curtis. Son regard se posa sur les trois rayures animales, et sa voix devint hésitante.
Curtis glissa vers lui et jeta un œil à la caverne où se cachait le tigre. Il fouetta de la queue, envoyant le tigre valser.
« Cette caverne n'est pas mal. Installons-nous ici. » Parker courut y jeter un coup d'œil, puis entra dans la caverne de sable, excité.
Le tigre fit les cent pas dehors, refusant de partir. Il voulait entrer mais n'osait pas.
Parker lui beugla dessus avec colère. « Si tu ne dégages pas, je te mordrai à mort ! »
L'homme-bête tigre recula de quelques pas de peur, se prosterna au sol et reprit sa forme humaine avant de dire : « Je ne veux plus de la caverne. Rends-moi mon minerai ! »
« Quel minerai ? » Parker regarda autour de lui dans la caverne et pointa du pied un gros rocher dans le coin. « Celui-là ? »
L'homme-bête tigre dit avec colère : « C'est celui-là ! Rends-le-moi vite ! »
Parker s'approcha du rocher, le ramassa pour l'examiner, et remarqua un trou à l'intérieur. Quelques petits rochers y étaient contenus.
« Ce sont les minerais que vous cherchez ? »
L'homme-bête tigre lança un regard étrange à Parker, le prenant pour quelqu'un qui venait juste d'arriver. Il dit : « C'est exact. »
« À quoi ça sert ? » Parker l'examina avec attention. Ces roches étaient d'un noir d'encre, comme si elles avaient absorbé tous les rayons de lumière. Elles avaient l'air plutôt flippantes, comme une multitude de trous noirs.
En y regardant de plus près, il réalisa qu'il s'agissait de cristaux, et qui plus est d'octaèdres. Simplement, leur couleur différait de celle du cristal qu'ils avaient trouvé au village.
« Ici, en bas, il faut échanger des minerais contre de la nourriture et de l'eau. Si on en réunit mille, on peut même quitter cet endroit. »
L'homme-bête tigre dit anxieusement : « Tu es si fort, tu pourras sûrement en trouver beaucoup très vite. Rends-moi ceux-là. »
Les hommes-bêtes de cet endroit ne savaient pas à quel point le monde était vaste. L'homme-bête tigre espérait qu'ils se laisseraient duper par ses paroles. Sinon, son dur labeur des derniers jours serait parti en fumée.
Après les avoir examinés, Parker lança le rocher, et les yeux du tigre le suivirent. Sa respiration sembla même s'arrêter un instant.
« Vous pouvez échanger des minerais contre de la nourriture et de l'eau. Il semble que la vie ici, en bas, ne soit pas si mal. »
L'homme-bête tigre dit : « C'est vrai que vivre ici vaut mieux que de vivre là-haut. Cependant, économiser jusqu'à mille minerais est très difficile. Ce serait déjà bien qu'une personne parvienne à partir en dix ans. »
En entendant le cliquetis des minerais dans le rocher, le cœur de l'homme-bête tigre battit aussi au rythme de ce son.
Voyant comment le bruit des minerais avait attiré le regard des hommes-bêtes aux alentours, l'homme-bête tigre dit anxieusement : « Rends-les-moi vite. Sinon, même moi je ne pourrai pas les garder. »
Parker sourit et dit : « Je te poserai une dernière question avant de te les rendre. »
« Vas-y. » L'homme-bête tigre répondit immédiatement.
« Combien y a-t-il d'hommes-bêtes à quatre rayures ici ? Connais-tu un homme-bête lion à quatre rayures ? »
Pour récupérer les minerais au plus vite, l'homme-bête tigre répondit anxieusement avant que Parker n'ait fini sa phrase : « Bien sûr que je le connais ! »