Voyant que la femelle observait le fruit épineux qu'il tenait en main, Bark comprit ce qui l'intriguait et s'empressa d'expliquer : « Ce sont pour ma mère et les petits qu'elle a mis bas. Ils aiment ça. »
Parker lança soudain un grognement sourd depuis sa gorge. D'une voix grave, il ordonna : « Dégage. »
S'il n'avait pas eu l'air absolument inoffensif, ce mâle n'aurait même pas eu la chance de les approcher.
Bark s'enfuit en sprintant et ne se retourna pour adresser un sourire niais à Bai Qingqing qu'une fois hors de portée.
Bai Qingqing sourit mais ne retint pas Parker. Elle dit : « Il n'y a plus de danger maintenant. Tu peux continuer à cueillir les fruits épineux. »
« Mm. » Parker remonta dans l'arbre sur l'ordre qu'elle venait de lui donner.
Bark contempla d'un air rêveur la femelle sous l'arbre aux fruits épineux. Voyant que son compagnon en avait cueilli une grande quantité, il demanda, curieux : « Pourquoi avez-vous cueilli autant de fruits épineux ? Êtes-vous un homme-bête herbivore ? Je vais vous aider à les cueillir. »
« Pas la peine », cria Bai Qingqing, la distance les séparant.
Soudain, il lui vint à l'esprit que cueillir trop de fruits pourrait déplaire aux hommes-bêtes tigres. Inquiète, elle demanda : « Est-ce qu'on en prend trop ? Dans ce cas, on s'arrête. »
Bark agita frénétiquement la main. « Non, non. Il y a plus de fruits épineux qu'on ne peut en manger. De toute façon, s'ils tombent par terre, ce sont les animaux qui les mangeront. »
Rassurée, Bai Qingqing le remercia pour son explication.
Comme s'il avait reçu une injection de stimulant, Bark — comblé d'honneur par ses remerciements — se mit à cueillir les fruits épineux de façon frénétique pour les lui lancer de loin. Qu'importe ses refus, rien n'y fit. Sa jambe fut même accidentellement piquée par un fruit épineux que Bark lui avait lancé.
Ne supportant plus la scène, Parker sauta de l'arbre et rossa Bark à belles mains avant de le chasser.
« Hahaha… » Bai Qingqing s'assit par terre, une main sur le ventre.
Parker commença à paniquer. Qingqing aurait-elle craqué pour ce voyou immature ?
« Qu'est-ce qui te fait rire ? »
Bai Qingqing ramassa un fruit épineux, l'ouvrit en deux au milieu et en retira le fruit à l'intérieur. « Je viens juste de me rappeler comment tu étais quand on s'est rencontrés. Tu étais exactement comme lui. »
Parker fut d'abord soulagé, puis la fureur le gagna. « En quoi on se ressemble ? J'étais déjà un homme-bête à deux rayures à cette époque ! »
« D'accord, d'accord. Tu es le plus fort. » Bai Qingqing acquiesça comme si c'était la pure vérité.
Satisfait, Parker vida les fruits épineux du sac en peau de bête, puis s'assit près de Bai Qingqing pour les éplucher.
La forêt de châtaigniers étant fréquentée, le sol était aplani et des champs de petites fleurs jaunes s'étendaient partout, exhalant la beauté tranquille de la campagne. S'y asseoir était déjà un plaisir en soi.
Bai Qingqing ne put s'empêcher de dire en contemplant le paysage : « Si seulement nos petits étaient là. »
« Ils vont bientôt être sevrés. Il est temps qu'ils apprennent à chasser. D'ici la prochaine petite saison des pluies, ils devraient avoir les capacités de base pour se protéger. On les emmènera jouer, alors. »
Bai Qingqing hocha la tête en souriant.
Une fois qu'il eut fini d'éplucher les fruits épineux au sol, Parker fit deux autres allers-retours dans l'arbre et ne s'arrêta qu'après avoir rempli plus de la moitié du sac en peau de bête.
Voyant qu'il était encore tôt, Bai Qingqing proposa : « Faisons un tour. Ça fait longtemps que je n'ai pas mangé de riz ni de nouilles. Avec un peu de chance, on trouvera des céréales sauvages. Ça devrait être assez courant, non ? »
« Il y en a plein à la Cité des hommes-bêtes, mais je n'en ai encore jamais vu par ici. » Parker porta le sac de châtaignes sur une épaule et la souleva de l'autre main.
Bai Qingqing pouffa de rire en s'enfuyant en courant. « Je suis là pour chercher de la nourriture. Je ne suis pas pressée. Pas la peine de me porter, marchons tranquillement. »
« Marche plus lentement, fais attention où tu mets les pieds. » Parker lui lança un regard mécontent.
Elle ralentit docilement le pas et marcha la tête baissée, les yeux rivés sur le chemin devant elle.
Parker dit : « On a tout sorti de la Cité des hommes-bêtes et caché le vin de raisin et les graines. On peut y retourner les chercher quand on veut. »
« Vraiment ? » Les yeux de Bai Qingqing s'illuminèrent de joie. « Où ça ? »