On a jamais trop de bras. En pareil moment, l'inconvénient de Bai Qingqing qui avait peu de compagnons devint flagrant : deux mâles ne suffisaient pas tout à fait à absorber la charge de travail.
Une fois que Parker eut fini de traiter le second loup, Winston revint avec un renard d'un rouge flamboyant. Sa fourrure semblait d'une qualité supérieure — même Bai Qingqing, qui n'y connaissait rien, pouvait dire qu'elle était excellente.
Winston déposa la proie près de Parker et s'apprêtait à repartir, quand Parker grogna : « C'est mon tour d'aller chasser. »
Winston n'eut d'autre choix que de se transformer en humain. Il dit sur le ton de l'évidence : « Je suis plus rapide que toi. »
Non seulement il était plus rapide, mais les proies que Winston attrapait étaient aussi de qualité irréprochable.
Pour l'instant, tout le monde était dehors à s'arracher les proies. S'ils tardaient davantage, les bêtes à belle fourrure seraient raflées par les autres. S'ils voulaient que leurs femelles portent des peaux de qualité, il fallait se dépêcher. Autrefois, Parker n'avait pas de femelle à élever. Il lui suffisait d'avoir de la nourriture à échanger contre du sel, et il se fichait un peu de la qualité des peaux qu'il portait. Mais maintenant qu'il avait Bai Qingqing, il voulait naturellement obtenir les meilleures peaux.
Parker se tut. Winston se transforma alors en sa forme animale et s'élança dehors.
« En quoi puis-je t'aider ? » Bai Qingqing marcha derrière Parker et demanda, sentant l'atmosphère tendue.
Parker dit : « Tu ne peux rien faire. Si t t'ennuies, aide-moi à fumer la viande. »
« Hein ? Fumer la viande ? » demanda Bai Qingqing, curieuse.
Voulait-il dire fumer la viande pour la conserver ? Elle fut surprise d'apprendre qu'il existait de la viande fumée dans ce monde. Il y avait enfin quelque chose qui existait à la fois dans son monde et dans celui-ci.
« Une fois la viande fumée, elle peut se conserver pendant la saison froide et ne fait pas d'asticots. » Tout en parlant, Parker utilisa une lame d'os pour percer l'estomac du renard. Avec un bruit de déchirure, la peau sanglante du renard fut arrachée.
Bai Qingqing détourna le regard, n'osant pas regarder. Tandis qu'elle observait le sang se diffuser lentement dans l'eau, elle dit : « D'accord, aide-moi à faire du feu. »
Allumer un feu avec un briquet de silex était une corvée qui demandait à la fois de la technique et de la force. Bai Qingqing avait essayé maintes fois sans parvenir à utiliser le silex. De plus, elle ne se sentait pas très bien aujourd'hui, elle avait même la flemme d'essayer.
« Mm. » Parker frotta grossièrement la peau de renard avec une feuille pourrie, avant de se laver soigneusement les mains et de la rapporter dans la maison.
Le feu prit très vite. Parker se transforma en sa forme animale, courut dehors et revint avec une souche pourrie, qu'il brûla avec le reste du bois de chauffage. Il attacha ensuite la proie fraîche avec des lianes et la suspendit au toit.
La fumée de la souche pourrie était très intense et sombre. Comme la viande suspendue au toit ne pouvait pas toucher le feu, elle ne pouvait être que fumée par cette fumée intense.
« Ça ira ? » Bai Qingqing ajouta plusieurs bâtons de bois dans le feu. Elle pensait qu'il n'y avait pas besoin de surveiller ce feu, la souche pouvant brûler longtemps.
Parker pinça le visage froissé de Bai Qingqing. Il vit les coins des yeux de Bai Qingqing s'abaisser un peu, lui donnant l'air aussi malheureux qu'un petit chiot. Il hurla intérieurement : Si si si mignon ! Comment Qingqing peut-elle être si amusante à tripoter ?
« Reste bien au chaud près du feu et prends soin de toi. Tu veux manger des patates douces rôties ? » Parker posa ses deux mains de chaque côté de son visage et le caressa.
Bai Qingqing chassa la main de Parker, légèrement agacée. Elle se frotta les joues rougies par le pincement. « Tu me prends pour une truie qui ne sait que manger ? »
Parker n'avait aucune idée du lien qu'il y avait entre un cochon et le manger — un cochon n'était-il pas comme n'importe quel autre animal sauvage ? Mais il ne perdit pas trop d'énergie à ruminer cette question. Avec un sourire, il demanda : « Alors, tu veux manger ? »
« Ooh... » Se rappelant le goût parfumé et sucré des patates douces rôties, Bai Qingqing acquiesça et dit : « Alors fais-m'en rôtir une. »
Parker dit avec allégresse : « Et tu dis que tu n'es pas une truie. »
Elle dévisagea Parker. Parker se rapprocha soudain et l'embrassa sur les lèvres, avant de se relever en grinçant pour aller chercher les patates douces.
Bai Qingqing se figea et sentit son rythme cardiaque s'emballer, tandis qu'elle levait une main et effleurait doucement ses lèvres.