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Banished from the Hero's Party

Chapitre 65

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Chapitre 65

Chapitre 65

Chapitre 65/15741%~9 min de lecture1 781 mots

« Deux jours de retard, hein… Bon, tant pis. »

« He, heu, toutes mes excuses. »

Un affrètement affrété pour livrer la cargaison au plus vite.

Le capitaine Blake, à la barre de la galère légère *Golden Road*, baissa la tête d'un air contrit.

Mais au fond de lui, il aurait craché par terre. La mer hivernale de ces parages n'amène pas de tempêtes, pourtant les vagues et le vent sont violents, la barre capricieuse. Par moments, le vent tombe net, et même un vieux routier comme Blake ne peut prédire quelle allure le navire pourra tenir.

(Les terriens qui se la pètent…)

Pour autant, il ne laisse rien paraître.

Il se contente de plisser son visage hâlé en un sourire engageant et de s'incliner.

Blake est marin, mais sa bénédiction est « Poète de cour ».

Elle lui donne des compétences pour mettre en colère ou apaiser autrui, manipuler les émotions. La négociation n'a pas de secret pour lui.

Pourtant, face à l'homme qui se tient là, il n'a pas la moindre envie d'user de ses pouvoirs d'emprise.

Le jeune homme arbore un sourire plaqué, caresse son menton et parcourt le manifeste de chargement.

« Alors, on va pouvoir voir la marchandise ? »

« Hé. »

C'est sans doute l'assurance qui émane de lui, la certitude d'être le plus fort.

Blake comprend d'emblée qu'il a affaire à un puissant, et en même temps, une méfiance sourde s'installe en lui.

« Monsieur Buoy, la cargaison a été déposée le long du navire. »

L'homme appelé Buoy tient le manifeste de la main gauche, et se gratte le menton de la droite.

À cet instant, son expression se durcit, comme s'il venait de remarquer quelque chose.

« Y a-t-il un problème ? »

Au bout du regard de Buoy se trouve un homme à l'allure d'aventurier, une épée de bronze à la ceinture.

Pour Blake, c'est un aventurier banal comme on en croise partout.

« C'est un type que j'apprécie pas. J'aimerais mieux ne pas le croiser. »

Buoy hausse les épaules, baisse un peu la voix et se met à compter les articles livrés.

(Avec tout cet équipement, ce sera suffisant. Au vu des investigations menées jusqu'ici, les elfes des bois ont bel et bien scellé l'arme dans la montagne. L'endroit ne peut être que les ruines des elfes anciens. Il semblerait que les elfes des bois de cette région aient réussi à analyser dans une certaine mesure la technologie des elfes anciens.)

Tout en saisissant les instruments d'analyse de pointe, Buoy affermit sa résolution.

***

Quelques heures plus tard.

Les trois hommes et femmes qui ont débarqué de la chaloupe s'étirent longuement.

« Quel port misérable. »

Le sage Ares promenant son regard sur le port de Zoltan laisse échapper cette remarque venimeuse.

D'ordinaire, il serait capable de garder ce genre de pensée pour lui, mais Ares n'a plus de marge.

Il doit retrouver la héroïque Ruti et, au moment de terrasser le roi démon, se tenir à ses côtés.

Sinon, il ne comprendra plus pourquoi il a continué ce voyage en s'enfonçant dans le sang et la boue. C'est cette angoisse qui ronge Ares.

À ses mots, Théodora fronce imperceptiblement les sourcils.

Cela dit, si elle reprenait Ares à chaque réplique, elles n'auraient même pas trouvé où loger ce soir.

« Ça va ? »

« Oui. »

Derrière Théodora, Albert avance en titubant.

À Zoltan, Albert est un évadé ; il cache son visage sous des bandages.

Ces bandages sont un objet magique : en les enroulant autour du visage, ils font en sorte qu'on ne prête plus attention à sa présence.

Bien sûr, pour des gens du calibre d'Ares, de Théodora ou des membres du groupe du héros, un leurre de ce niveau n'a aucun effet. Mais Théodora juge que les habitants de cette ville frontalière qu'est Zoltan ne le perceront pas à jour.

« Cela dit, pour un endroit paumé, il y a de l'animation. »

« C'est sans doute parce qu'il y a des navires de commerce. Le marché doit être ouvert. Les marins du bateau d'Ares aussi vendent et achètent des marchandises pendant l'escale. »

C'est Albert qui répond.

Le *Sylphide*, qu'Ares a loué à prix d'or, ne transporte au fond que de l'eau et de la nourriture. Mais les marins, avec leur argent de poche, s'offrent des métaux précieux ou de l'artisanat, menu mais de haute valeur, et les écoulent dans chaque port d'escale.

Même ainsi, dans une frontière comme Zoltan, ça ne rapportera pas grand-chose.

« Ceci dit, tant mieux si on n'a pas à aller au-delà du Mur de la Fin du Monde. Les marins du *Sylphide* n'étaient pas chauds non plus. »

Ares a affrété le navire sur un contrat « où que vous alliez », mais traverser la chaîne du Mur de la Fin du Monde pour aller plus loin n'était pas prévu.

Poursuivre vers une terre sans ravitaillement décent aurait été impossible avec un seul navire rapide. Le plan initial prévoyait d'affréter plusieurs bâtiments et de former un convoi.

Mais à mesure qu'ils approchaient de Zoltan, ils ont appris que la héroïque Ruti ne se trouvait pas de l'autre côté du Mur, mais bien à Zoltan.

« En vaisseau volant, passer de l'autre côté serait simple, mais par la mer ou par la terre, ce n'est pas une mince affaire. »

Si le commerce vers l'est était possible depuis Zoltan, cette ville ne serait-elle pas traitée de frontière ?

Pour l'instant, les seules routes commerciales franchissant le Mur de la Fin du Monde sont la Route de la Couronne, qui contourne par le nord, et le Chemin du Dragon, qui passe par les montagnes. On dit que les deux coûtent la vie à plus de la moitié de ceux qui s'y engagent.

« C'est pour ça que le type à un bras a flingué tous les pirates tout seul ! »

« Arrête tes conneries ! Comment un seul mec pourrait couler cinq navires pirates ? »

« Il les a pulvérisés à coups de poing ! »

« Ah ah ah ! Si tu veux raconter des craques, fais au moins un effort, les ivrognes ! »

« Qu'est-ce que tu dis ! »

« Un trois-mâts de cent hommes, tu le réduits en miettes à coups de poing ? »

« Je l'ai fait, je te dis ! »

Les voix tonitruantes qui viennent du côté des navires de commerce font encore plus grimaçer Ares.

« Haaa… Allons vite trouver une auberge. Pas question de rester dans ce trou crasseux. Le centre-ville a l'air un peu plus correct, on cherchera là-bas. »

« Moi, je reste ici. C'est au port que l'information circule. »

« Faites comme vous voulez. On sait où est Ruti, on n'a plus besoin de glaner des infos maintenant. »

Sur un rire narquois, Ares tourne les talons et s'éloigne d'un pas raide.

« D'habitude, il n'est pas si insupportable que ça… »

Théodora, mine contrariée, s'adresse à Albert.

Ares n'a pas un caractère facile, mais il n'est pas d'ordinaire aussi impulsif.

« Retrouver le héros, abattre le roi démon et redresser la maison ducale de Slough, qui a tout perdu — terres, honneur, fortune — ne laissant que son nom, voilà le sens qu'Ares a donné à son voyage jusqu'ici. »

Albert secoue la tête, comme pour dire que cela ne le concerne pas.

« Redresser une maison déchue, c'est si difficile que ça ? »

« Il y a quatre générations, le duc de l'époque a soulevé une rébellion. En plus, un complot du pays voisin visait le territoire. Crime de haute trahison. Ils ont tenté de voler la vie et le pays au roi. En vendant le territoire à l'étranger par un traité, qui plus est. La quasi-totalité de la famille a été exécutée, et c'est l'arrière-grand-père d'Ares, qui était en étude à l'étranger, qui a dû reprendre le flambeau. »

« C'est… un passé bien lourd. »

« Mieux vaut ne pas en parler devant lui. Il ne supporte pas que ce soit à cause de ça qu'il en bave. »

« Bien sûr. »

Albert acquiesce. Pour un orgueilleux comme Ares, c'est un passé qu'il ne peut pardonner. Mieux vaut ne pas toucher à ce sujet.

Albert range l'information au fond de lui et guide Théodora vers une auberge du quartier portuaire.

***

Remontons un peu le temps.

Après que Buoy eut fini de vérifier la cargaison, donné l'ordre d'acheminer chaque instrument au manoir qu'il louait, et fut parti.

Et pendant que Red observait le marché qui s'était formé près des navires de commerce.

« Oh, y en a vraiment. »

Je paie en pièces d'argent et récupère plusieurs outils.

Pas tout, mais j'ai pu acheter quelques-uns des instruments de mesure de haute précision et des filtres, ainsi que d'autres outils alchimiques enchantés, que je visais.

« Rien que ça, ça fait plus de 1000 périls. »

À l'époque des chevaliers ou du groupe du héros, ce n'était pas une somme, mais pour le moi d'aujourd'hui, c'est une sacrée fortune.

Bien sûr, impossible de faire du crédit ou de payer à terme avec des navires de commerce. Comptant seulement.

J'emballe soigneusement mes achats et me lève pour rattraper Rit et les autres.

« Gédéon ! »

À ce moment, un grand cri retentit.

Je connais cette voix. Je la connais, mais pourquoi est-elle ici ?

Une grande ombre franchit les têtes de la foule avec une agilité invraisemblable pour sa taille.

Et *don* — un grand gaillard atterrit devant moi en faisant trembler le sol.

« C'est bien Gédéon ! T'as pris un coup de vieux, ton équipement fait pitié ! »

Sans se soucier le moins du monde de mes circonstances, l'homme me saisit l'épaule.

Pourquoi maintenant, de tous les moments…

« Danan, calme-toi un peu. On attire l'attention ici, changeons d'endroit. On a des choses à se dire, tous les deux. »

Danan, qui a perdu l'avant-bras droit depuis la dernière fois qu'on s'est vus, rit sans que cela ne semble le gêner le moins du monde.

« Putain, qu'est-ce que ça fait plaisir de te revoir, frère d'armes ! »

Ça sent l'embrouille à plein nez. Je n'avais pas imaginé une seule seconde retrouver Danan ici, à un moment pareil.

C'est sans doute ce qu'on appelle une maladresse de ma part.

Mais en voyant Danan sourire si franchement à nos retrouvailles, je ne parviens pas à m'en offusquer.

« Ah, bah… ouais, je crois que moi aussi, je suis content. »

Tandis que je me demande comment gérer la suite, au fond de moi… je ris de bon cœur d'avoir revu Danan.

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