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Banished from the Hero's Party

Chapitre 51

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Chapitre 51

Chapitre 51

Chapitre 51/15732%~11 min de lecture2 012 mots

L'automne à Zoltan est court.

Bien que je vienne cueillir des plantes médicinales moins souvent qu'avant, les feuilles sont tombées sans que j'aie le temps de ressentir l'automne en montagne, et le paysage s'est transformé en une montagne d'hiver qui évoque une certaine mélancolie.

« Même s'il ne neige pas, en hiver la variété de plantes médicinales qu'on peut récolter devient limitée. »

L'hiver a ses propres ressources : les champignons polypores qui soignent le rhume coroli, la vigne des neiges efficace contre la fièvre putride qui infecte par les plaies, et l'herbe-étoile grise qu'on trouve encore en abondance.

Mais c'est douloureux de ne plus pouvoir récolter les ingrédients des médicaments très demandés, comme l'herbe à hyoscyame pour les hémostatiques et antiseptiques, ou les feuilles de koku pour les antidotes.

Tant qu'on peut encore les trouver à la limite, je dois en récupérer le maximum possible de ces deux plantes.

« J'aimerais construire une serre pour pouvoir en assurer une certaine quantité même en hiver. »

J'en parlerai à Gonz quand je rentrerai.

Pour l'instant, concentration sur la cueillette.

Les chimères pourraient au moins m'aider au lieu de se contenter de regarder.

Quand je jette un coup d'œil vers la chimère qui m'épiait de loin, elle s'enfuit en panique.

***

Je suis Tise. J'étais assassin, maintenant je ne suis qu'une personne qui se tient la tête en se faisant du souci.

La cause, bien sûr, c'est le Héros.

« Je ne suis qu'une voyageuse, rien de suspect. »

Le Héros explique cela au gardien de la porte de Zoltan.

Ce n'est pas mal, pas mal du tout, mais…

Le Héros transporte sur son dos un Greater Giant Frog qui doit faire dans les cinq cents kilos.

Pourquoi ?

Le temps que j'explique de fausses circonstances au gardien en lui glissant un pot-de-vin n'a pas dû dépasser dix minutes.

Quoi qu'on en dise, quinze minutes ne se sont pas écoulées.

Puisque j'avais réglé l'affaire de ce côté, il suffisait que le Héros attende sagement.

« Euh, euh, Rull-san. »

Ce Rull est le faux nom du Héros en ville.

Pour info, je suis Tifa.

Le scénario : je cherche mon père disparu.

Je ne sais pas quel genre d'homme est l'alchimiste que cherche le Héros, mais si le prétexte est une recherche de personne, faire passer ça pour une affaire de famille devrait marcher. Si les informations se ressemblent, on dira que c'était une erreur sur la personne, et il n'y aura pas de suites.

Quoi qu'il en soit, place à la situation devant nous.

« Cette grenouille sur votre dos, c'est quoi ? »

« Elle hibernait dans la terre juste à côté, alors je l'ai éliminée parce qu'elle serait dangereuse au printemps. »

« Heu, heu, je vois. Mais pourquoi la portez-vous ? »

« ? »

« Non, n'inclinez pas la tête comme ça. »

« Quand on abat un animal ou un monstre de type bête près de la ville, on l'apporte à l'acheteur de la ville, c'est la règle. »

Bon, c'est vrai, mais… !

Le gardien me tape sur l'épaule.

Je me retourne avec une raideur qui ferait grincer des dents, et là, je tombe sur le gardien, les yeux brillants de surprise.

« Ta compagne, elle est balèze. J'vais chercher le boucher et une charrette, attends un peu. »

Le Héros reste impassible, indifférent aux louanges et aux regards curieux autour de lui.

Bon, ben…

« Rull-san, le gardien dit qu'il amène le boucher et une charrette, donc vous pouvez poser la grenouille. »

« C'est bon. »

Avec un bruit sourd, la grenouille est déposée au sol.

Ah, c'est sûr, nous allons devenir le sujet de conversation de toute la ville.

L'infiltration, on oublie…

***

À cette période, les nuits en montagne sont froides.

Je frissonne, emmitouflé dans mon sac de couchage.

Le feu de camp crépite.

Je serre contre moi une bouillotte remplie d'eau chaude.

« Il fait froid… »

La montagne étant proche du Mur du bout du monde, le vent qui descend de la grande chaîne est bien frais.

Les jours de grand vent, il fait si froid qu'on croirait pas être dans la région subtropicale de Zoltan, et il arrive même que de la neige apportée par le vent tombe depuis la montagne.

Ce n'est que de la neige transportée par le vent, donc elle ne s'accumule pas, mais froid, c'est froid.

« Mon lit me manque. »

Avant, je n'avais pas autant le mal du pays.

J'avais même envisagé de construire une cabane ici.

En passant deux ou trois nuits en montagne, l'efficacité de la cueillette augmente.

Mais maintenant, ce n'est plus possible.

Je veux rentrer à la maison le plus possible.

« Je vois, c'est ça, avoir un endroit où retourner. »

En pensant à cette maison où m'attend Rit, je m'endors.

***

Le lendemain aussi, je récolte des plantes en montagne et je redescends à la nuit tombante.

Avant que quelqu'un ne me voie, je rentre à Zoltan à toute vitesse.

Je cours de toutes mes forces sur le chemin de nuit pour revenir à Zoltan.

« Hé ! »

Quand je crie, le gardien qui s'apprêtait à fermer la porte se retourne.

« Ah, c'est pas Red ? Tu rentres de la cueillette ? »

« Ouais, laisse-moi entrer. »

« C'est relou, grimpe par-dessus le mur là-bas. »

« Pas question, c'est moi qui suis relou. »

Tout en badinant, le gardien attend un peu avant de fermer la porte.

Les remparts de Zoltan ne font que deux mètres de haut.

Si on veut les franchir, c'est facile.

Les aventuriers en retard pour le couvre-feu rentrent souvent en escaladant le mur en douce, et la règle tacite, c'est de faire comme s'on n'avait rien vu.

Dans une autre ville, ce serait un gros problème, mais à Zoltan, on en rit.

« Ouf, j'ai eu chaud. »

« Red, t'es vraiment doué pour arriver à la dernière seconde. »

« Je suis sérieux, moi. »

« Si t'étais sérieux, tu rentrerais avec de la marge ! Au fait, moi aussi je finis mon service, on va boire un coup ? »

« Ah, désolé. Je rentre à la maison. »

« T'es dur… Bon, d'accord, au moins un vrai verre, ça te dit ? »

« Ah, ben j'ai pas bu depuis un moment, d'accord, un verre au stand, c'est tout. »

Faut entretenir les amitiés, après tout.

Je n'ai pas l'intention de rentrer tard.

On entre dans le stand d'oden qui est toujours à la frontière entre le quartier portuaire et le bas de la ville, près de la porte.

« Rasshaï ! »

Ce n'est pas un vieux costaud qui est là, mais une haute-elfe aux blonds argentés attachés en queue de cheval, à la silhouette élancée.

Le vieux proprio, qui commence à avoir un certain âge, avait laissé entendre qu'il allait peut-être fermer boutique, et cette Oparara a déclaré : « Je refuse que ce stand ferme ! Alors je le reprends ! »

Le vieux, qui a une tête de dur mais qui est faible devant les belles femmes, a résisté trente secondes avant de céder à l'enthousiasme d'Oparara, et depuis, ils tiennent le stand à deux, mais maintenant c'est souvent Oparara seule qui le tient.

Les hauts-elfes sont, sur le continent d'Avalon, la seule race non-humaine à porter officiellement une couronne et à posséder un royaume, le royaume de Kiramin.

Les nains qui vivent au mont Sir Beard ne sont que les seigneurs d'un territoire autonome gouverné par un comte.

Au sens de roi au sommet d'un pays, pas au sens de simple chef, ce sont les humains et les hauts-elfes qui peuvent légitimement revendiquer le titre de royaume sur le continent d'Avalon.

C'est pour ça qu'ils s'autoproclament « hauts-elfes », « elfes nobles ».

Les humains n'y voient pas d'inconvénient et les appellent hauts-elfes.

Mais bien qu'ils soient métissés avec des humains, les demi-elfes descendants des elfes des bois qui furent les vrais souverains d'Avalon, et les elfes sauvages qui auraient perdu leur civilisation mais seraient les descendants directs des elfes anciens, les appellent « elfes urbains ».

À l'époque des elfes des bois, on les appelait apparemment « elfes gris » à cause de leur couleur de cheveux.

Moi, je les appelle normalement hauts-elfes.

Je suis humain, et dire « elfes urbains » les met généralement de mauvaise humeur.

Fondamentalement, les hauts-elfes n'ont pas de face cachée. Ils parlent toujours cash.

Quand ils sont de mauvaise humeur, ils revendiquent sans pitié qu'ils ont été blessés par vos mots, donc dans un sens c'est pénible, dans un sens c'est facile.

Bien sûr, il y a des différences individuelles.

Il doit y avoir plein de hauts-elfes à double visage.

Elles n'utilisent pas de tatemae parce qu'elles ne veulent pas, pas parce qu'elles ne savent pas ; si elles le veulent, elles peuvent être plus rusées que les humains.

Le chef de l'ordre des chevaliers râlait souvent que la famille royale de Kiramin n'était pas fiable.

« Du radis, du tendon de bœuf, un œuf, du hanpen. Et une bière. »

Le gardien commande en désignant les ingrédients qui flottent dans la marmite carrée.

« Moi, je prends du radis, une saucisse de Vienne, ah, du chikuwa aussi. Et une bière au verre. »

« Aïyo ! »

D'une voix claire comme une clochette, Oparara répond avec entrain.

D'un geste'habile, elle répartit les ingrédients dans des bols en bois.

« Au fait… »

En me tendant mon bol, Oparara regarde mon sac de plantes posé par terre et demande, comme si elle venait de se souvenir :

« Red, tu ne vends plus de moutarde ? »

Avant l'ouverture du stand, elle m'appelait « Red-san », et maintenant elle imite même le vieux pour m'appeler sans honorifique, les hauts-elfes sont vraiment obstinés.

« Ah, contrairement à avant, je vais moins en montagne. Je ne récolte des épices que pour mon usage personnel. »

« C'est dommage. L'approvisionnement en ville n'est pas stable. »

La moutarde se négocie autour de 5 périls le kilo à la bourse.

En passant par la bourse puis le marché, ça coûte encore plus cher.

Ça va bien avec l'oden, mais c'est payant, évidemment.

Du coup, le gardien et moi, on s'en passe.

Mais là, une jeune fille apparaît.

« Rasshaï ! »

« Du radis, du tendon de bœuf, un œuf, quatre chikuwa, et de la moutarde. »

« Aïyo ! »

Elle reçoit son bol et verse sans compter la moutarde de la petite assiette.

Cette façon de manger, c'est le style « oden du roi » : quand la moutarde s'affaiblit, on en redemande !

Impressionnant !

Quatre chikuwa, c'est aussi impressionnant.

Elle doit vraiment adorer ça.

Cela dit, je ne l'ai jamais vue.

Elle est petite, mais son corps est bien entraîné.

Ses vêtements sont usés par le voyage, mais de bonne qualité.

À la taille, un seul short sword. Sous les vêtements, vers les aisselles, trois couteaux de lancer.

Le short sword a un sort de renforcement et un autre effet spécial. Et par-dessus, un sort de dissimulation pour les cacher.

Une cotte de mailles en mithral est cousue dans la doublure de ses vêtements.

Un équipement axé sur la praticité. Et fait pour passer inaperçu, déguisé en équipement banal.

Cette gamine est une pro. Un aventurier rodé… mais sa présence est trop faible.

C'est quelqu'un dont le métier exige de ne pas se faire repérer.

Voleuse, espionne… ou assassine, dans le genre.

À ce moment, la fille se tourne brusquement vers moi.

« Quoi ? »

« Ah, désolé. Comme c'est une tête que je vois pour la première fois, ça m'a intrigué. En plus, tu as l'air d'avoir les moyens de te payer de la moutarde. »

« La moutarde est indispensable pour l'oden. »

« J'aimerais bien pouvoir dire ça moi aussi. »

Je n'avais fait que jeter un coup d'œil de travers, mais cette gamine a remarqué que je l'observais.

Celle-là, elle est sacrément forte.

Qui est-elle, au juste ?

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