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Banished from the Hero's Party

Chapitre 49

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Chapitre 49

Chapitre 49

Chapitre 49/15731%~8 min de lecture1 507 mots

Au petit matin, j'avais fini mes préparatifs pour partir à la montagne.

« Bon, je pars. »

« Bonne route, voilà ton bento. »

« Merci. »

Au passage, ce bento, je l'ai fait à quatre-vingt-dix pour cent moi-même. Rit n'a préparé que les œufs au plat, cuits croustillants des deux côtés.

Dès l'aube, elle a déboulé dans la cuisine et a soudain déclaré qu'elle voulait jouer la scène où elle me tend le bento au moment de mon départ.

Comme juste le lui tendre ne lui suffisait pas, elle a aussi exigé d'en cuisiner un élément, alors je lui ai laissé faire les œufs au plat.

« Mouhou~ »

Rit, après m'avoir tendu le bento, avait l'air satisfaite.

Quand je me suis mis en route vers la montagne, un chevalier squattait à nouveau le milieu du pont, gênant apparemment ceux qui tentaient de le traverser.

Comme c'était embêtant, j'ai décidé de faire un détour comme la fois précédente.

Ce chevalier n'a-t-il donc rien d'autre à faire ?

***

Non, je n'ai pas envie. Je ne veux pas faire ça.

Devant moi s'étend un égout où sont déversées les eaux usées du village, les ordures, et même les déchets.

Un jouet en bois représentant un wyvern déformé y flotte, accroché aux détritus.

« Waaaaah !! »

Un garçon pleure en désignant le jouet qui flotte dans l'égout.

Il l'a sans doute laissé tomber.

De l'égout s'élève une odeur à te tordre le nez, et des objets indéfinissables, répugnants, qui donnent envie de détourner les yeux, gisent au fond.

S'il abandonnait et partait quelque part, je pourrais l'endurer, mais l'enfant ne bouge pas de là et continue de hurler.

Peut-être connaît-il ma particularité. Peut-être pleure-t-il par calcul.

Je ne le crois pas, pourtant, une fois né, le soupçon enfle et devient une haine sans issue qui me brûle le cœur.

Je suis la Héros. La Héros n'abandonne pas les gens en difficulté.

Même si je suis plus jeune que ce garçon.

Même si j'allais jouer quelque part.

Même si, la fois précédente, dans une situation similaire, j'ai sali mes vêtements et me suis fait frapper par ma mère, qui m'a interdite de recommencer.

La bénédiction ne se soucie pas de mes circonstances.

Je n'en peux plus. Je vais sauter dans l'égout, écarter les immondices, et gâcher ma journée pour un jouet qui ne vaut pas plus qu'une pièce de cuivre.

Je m'apprête à faire machinalement un pas vers l'égout… quand une main m'agrippe l'épaule.

« Laisse-moi faire. »

Cette personne saute dans l'égout sans la moindre hésitation.

Tout en grimacant d'être immergée jusqu'à la taille dans les eaux sales, elle avance d'un pas ferme vers le jouet, l'attrape, et revient.

« Tiens, ne le laisse plus tomber. Et comme c'est sale, va le laver. »

« Merci, grand frère Gideon ! »

L'enfant, qui pleurait encore tout à l'heure, sourit ravi et s'enfuit en courant avec le jouet souillé.

« Phew… »

Cette personne contemple son propre état lamentable et esquisse un sourire amer.

Quand j'essaie de m'approcher, elle m'arrête en panique.

« Tu vas te salir. »

« … Grand frère. »

Cette personne est mon unique grand frère.

« Pardon. »

« Pourquoi t'excuses-tu ? Ruti n'a rien fait de mal. »

« Mais… »

« Je l'ai fait parce que je le voulais. Alors ne t'en fais pas. »

« Compris… grand frère. »

« Quoi ? »

« Désolée, finalement c'est impossible. »

Sans me soucier de salir mes vêtements, je me jette dans les bras de mon grand frère.

Il essaie d'abord de me repousser, mais quand il s'aperçoit que je pleure, il se résigne et me laisse faire.

« On va ensemble laver nos vêtements, d'accord ? »

« Oui. »

C'est sans doute à des gens comme mon grand frère qu'on devrait donner le titre de vraie Héros.

Pas à moi, qu'on force à le faire, mais à ceux qui sautent d'eux-mêmes dans l'égout.

La raison pour laquelle je vise la subjugation du Roi Démon, c'est pour me fixer l'objectif qui concerne le plus grand nombre de gens en difficulté, afin de ne plus être embêtée par ces menus secours.

Le destin du monde, tout ça, en réalité, m'importait peu.

***

En direction de Zoltan, la Héros Ruti et Tisse progressaient sur la route.

Ruti ne portait pas son armure habituelle. Elle n'avait pas non plus l'Épée Sainte de Soumission des Démons à la ceinture.

Quand Tisse lui dit que ça attirerait trop l'attention, la Héros rangea docilement son équipement dans sa Boîte d'objets et disparut une dizaine de minutes.

Pendant que Tisse patientait en se demandant où elle était allée, Ruti réapparut, une épée à la main.

« J'ai senti des gobelins dans le coin, alors j'ai été chercher une arme. »

« Une Lame de Gobelin ? »

Une lame de gobelin à deux mains, avec trois trous.

On dirait qu'elle va se briser dès qu'on la brandit, c'est inquiétant.

« Bah, tant qu'elle est dans le fourreau, on ne voit rien. Allons-y. »

Cela dit, ce fourreau et cette poignée tout sales semblaient convenir à un voyageur, alors Tisse donna son accord.

« C'est bon. »

La Héros, ravie que son idée ait été validée par Tisse, souriait, mais son sourire était si infime que Tisse ne le remarqua pas, et toutes deux quittèrent la ville à bord d'un aéronef.

Le vent souffla, et les plaines de Zoltan ondulèrent.

La forêt où Ruti et les siennes se trouvaient auparavant avait déjà achevé ses préparatifs pour l'hiver, mais les plaines de Zoltan changeaient elles aussi de couleur, passant du vert au brun, et prenaient un air mélancolique.

« Mais ici, il fait chaud, remarqua Tisse. »

Ugeuge non plus n'aime pas trop le froid, semble-t-il, et il a l'air content depuis qu'on est arrivé ici.

Il sautille dans le petit sac accroché à la taille de Tisse.

« C'est vrai. »

Ruti répondit sans changer d'expression.

Grâce à sa Résistance à l'environnement, pour Ruti le froid n'est qu'une information de température.

Que ce soit le grand nord glacial ou un désert brûlant, rien ne l'entrave.

Parallèlement, la saveur du bon chocolat chaud que Gideon lui préparait jadis durant les hivers rigoureux est, elle, perdue pour Ruti.

Elle le regrettait en son for intérieur.

Après avoir marché un moment, elles tombèrent sur un attroupement.

« Qu'est-ce qui se passe ? Je vais voir un peu. »

Tisse se faufila à travers la foule avec son petit corps et revint aussitôt.

« Apparemment, un chevalier bloque le pont. Des aventuriers qui se croyaient forts l'auraient défié, mais ils se sont fait remettre à leur place. Il y a un chemin de détour, un peu plus long. On y va ? »

« Non, on passe par ici. »

Ruti se dirige droit vers l'attroupement.

« Dégage. »

« Hé, la gamine, c'est dangereux, y a un chevalier bizarre qui… »

L'homme qui l'avait interpellée s'arrêta net, réalisant que ses jambes tremblaient de façon incontrôlée.

« O, oh… »

L'homme s'effaça instinctivement.

Les autres badauds, voyant la scène, s'écartèrent naturellement pour ne pas barrer la route à Ruti.

Ce n'est qu'après son passage qu'ils prirent conscience de leur propre frayeur.

Sur le pont se tenait un chevalier en armure, qui avait enroulé un tissu autour de la pointe de sa lance pour ne pas tuer son adversaire.

Un grand gaillard de près de deux mètres.

« C'est le péage. Si vous voulez passer, laissez cent périls. »

Voilà ce qu'il dit.

Ruti inclina la tête.

« Pourquoi ? »

« Pourquoi ? Parce que j'en ai envie. »

« Ah bon. Alors pas la peine de payer. »

Ruti s'avance droit vers le chevalier, sans même laisser transparaître l'intention de dégainer.

« Qu-, toi, au juste… »

Pourtant, le chevalier ne parvint pas à s'imaginer porter un coup.

Quel que soit le scénario, il ne voyait que sa propre mort.

Tisse, qui observait, s'attendait à ce que le chevalier jette son arme et se rende d'un instant à l'autre.

Mais,

« Uooooooh !! »

Le chevalier poussa un cri d'énergie foudroyante, fit un grand pas en avant et lança une estocade acérée.

« … Hein ? »

Ne comprenant pas ce qui se passait, le chevalier émit une voix bête.

Ruti avait attrapé de la main droite, avec une facilité déconcertante, la lance qui devait l'avoir transpercée à grande vitesse.

On aurait dit qu'elle la tenait juste négligemment d'une main, pourtant, quelque force que le chevalier y mette, la lance ne bronchait pas d'un millimètre.

« Gêne. »

Ruti murmura faiblement, puis souleva le chevalier, lance comprise.

Le géant décolla légèrement, puis virevolta dans les airs.

« Oooooah !?! »

Projeté par Ruti, il franchit la rambarde et tomba dans la rivière.

« Tisse, on y va. »

« H-hai. »

Tisse, la tête entre les mains, se demandait comment elles pouvaient faire aussi tapageur alors qu'elles se faisaient passer pour de simples voyageuses, mais elle suivit tout de même la Héros.

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