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Banished from the Hero's Party

Chapitre 4 : La montagne et les flammes

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Chapitre 4

Chapitre 4 : La montagne et les flammes

Chapitre 4/580%~6 min de lecture1 178 mots

Cette fois, je n'ai pas l'intention de m'attarder en montagne.

Je ne remplis d'eau que mon outre, je passe mon épée de cuivre à ma ceinture et je sors de la ville.

Je cours jusqu'aux abords, puis je regarde autour de moi.

« Bon, personne ne me voit. »

À quand remonte la dernière fois où j'ai vraiment couru ?

« Maîtrise de vitesse : Jambes de foudre. Maîtrise d'endurance : Immunité totale à la fatigue. »

Les capacités de maîtrise qu'on obtient en portant une compétence, même commune, jusqu'au niveau 11, sont plutôt puissantes. Peu de gens entraînent une compétence commune jusque-là, donc on ne le sait guère.

Jambes de foudre multiplie par dix la vitesse de déplacement et, pendant la course, l'adversaire ne voit plus de moi qu'une ombre floue.

Immunité totale à la fatigue supprime la fatigue. Qu'on passe une nuit blanche, qu'on s'attelle au plus dur des travaux, qu'on coure à pleine vitesse une journée entière. Les autres effets subsistent, donc cela ne dispense pas de dormir plusieurs jours de suite — le sommeil reste nécessaire —, mais l'utilité est indiscutable.

Je pousse un premier pas de toutes mes forces. Puis un autre, puis un autre.

Mon corps accélère sans cesse, et le paysage, devenu une ligne verte, reste en arrière.

Une fois la vitesse maximale atteinte, j'abats un kilomètre en quinze secondes. En vitesse horaire, cela fait environ deux cent quarante kilomètres à l'heure. Avec l'appui de la magie, on court plus vite ; par mes seuls moyens, c'est ma limite.

Cette vitesse égale celle de vol d'un dragon adulte de plus de cent ans.

Tandis que les derniers rayons du couchant se faisaient avaler par la nuit, j'ai continué de courir vers la montagne.

***

Il m'a fallu environ trente minutes pour atteindre la montagne.

Sur une grand-route, même en mauvais état, on peut courir à pleine vitesse ; dans une montagne aux arbres serrés, non.

À partir d'ici, il faut avancer à allure normale.

Je sors la carte et je réfléchis à l'itinéraire.

Je ne veux pas perdre de temps, mais je veux éviter les itinéraires qu'Albert et les siens sont susceptibles d'emprunter.

Dans ce cas, cet itinéraire aux arbres serrés fera l'affaire. C'est le versant ensoleillé de la montagne, et vu que l'ours-hibou n'aime pas la lumière trop vive, il devrait l'éviter sauf raison particulière.

Autrement dit, Albert et les siens le remettront forcément à plus tard.

« Bien. »

L'itinéraire arrêté, il ne reste plus qu'à avancer.

***

Quand j'ai senti cette odeur, j'ai éprouvé une hâte que je n'avais plus connue depuis longtemps, et j'ai couru en serrant les molaires.

« Nom de nom ! »

La station d'aiguilles de sang était la proie des flammes.

Mon ouïe renforcée par les compétences entend au loin les cris du groupe d'Albert en plein combat.

« Ils ont employé la magie de feu ! »

Pour combattre l'ours-hibou, Albert et les siens ont employé la magie du feu.

La magie du feu est puissante, et c'est effectivement la voie classique contre une grosse bête magique résistante comme l'ours-hibou.

Mais les conifères sur lesquels l'aiguille de sang se greffe sont aussi des arbres à bois de feu. Ils brûlent bien.

Et au printemps, quand le vent est fort, employer la magie du feu en montagne est dangereux.

Si celui qui se trouvait ici n'était pas moi, mais Ruti, ou Ares, ou n'importe qui de ce groupe, une compétence propre ou un sort aurait permis d'arrêter ce feu et de prévenir l'incendie.

Mais moi, je ne peux rien. Pour éteindre un feu qui s'est propagé, je n'ai strictement aucun moyen.

« Merde ! Meeeerde ! »

Ici, la seule chose que je puisse faire, c'est cueillir le plus d'aiguilles de sang possible.

La saison de la fièvre gobeline s'achève, mais viennent celles des maladies mortelles comme la maladie de l'œil blanc et la maladie de la langue rouge, et celles des maladies aéroportées comme la fièvre tremblante. L'aiguille de sang est une herbe indispensable à l'été de Zoltan.

Et elle brûle.

Au regard de la demande, les endroits où l'aiguille de sang pousse en peuplement sont rares. Dans cette montagne, il n'y a que cette zone.

Je cours au milieu des flammes et de la fumée, et je cueille des aiguilles de sang.

La fumée me brûle la gorge, la chaleur me roussit les poumons.

L'immunité à la fatigue ne fait rien contre la fumée, et le manque d'oxygène et les brûlures torturent mon corps.

Mais je peux encore bouger. Ma bénédiction n'a que le niveau pour elle.

Faute de compétence propre, j'ai au moins une résistance aux coups à la mesure de ce niveau. Voilà pourquoi je tiens.

Il y a tout de même une limite.

Les flammes m'entourent, la respiration devient impossible et l'asphyxie commence.

Le manque d'oxygène m'alourdit la tête et émousse mes sens.

Un froissement s'est fait entendre.

Devant moi se dresse un ours-hibou couvert de blessures.

Albert l'a donc laissé filer.

Blessé et pris de fureur, l'ours-hibou lève les griffes de ses deux pattes, mû par son seul instinct de combat.

Je porte la main à la poignée de mon épée de cuivre.

La poignée brûlante m'a grillé la paume avec un grésillement.

L'ours-hibou a rugi.

Ses deux bras s'abattent pour me déchirer.

En dégainant mon épée de cuivre, j'ai tranché de bas en haut, du flanc jusqu'à l'épaule.

***

« Albert, par ici ! »

Grâce au pistage de leur compagnon doté de la bénédiction de voleur, Albert et les siens sont vite parvenus jusqu'à l'ours-hibou étendu dans les flammes.

La magie leur a conféré la résistance à la chaleur et la résistance au milieu. Ni la fumée ni la chaleur ne les blessent.

« On dirait bien qu'il a rendu l'âme ici. Bien joué ! »

Le voleur n'approche tout de même pas de l'ours-hibou. Si par malheur il vivait encore, il serait déchiqueté.

Albert avait pu encaisser les attaques de l'ours-hibou en ne perdant que connaissance, mais lui, on peut imaginer qu'il en mourrait sur le coup.

Encore marqué de blessures, mais soigné aux huit dixièmes par la magie de soin, Albert s'approche de l'ours-hibou et lui tranche une patte avant.

C'est ce qui servira de preuve de l'abattage.

« Bien joué ! »

« … Cette blessure. »

« Que se passe-t-il ? »

« Non, rien. Éloignons-nous avant que l'effet de la magie ne cesse. »

« En effet, même avec la magie de résistance, il fait chaud et on respire mal. »

À cette plainte du voleur, la femme dotée de la bénédiction de prêtre a froncé les sourcils.

« Que voulez-vous, c'est un milieu qu'un être humain ne peut pas supporter. Estimez-vous heureux d'en être quitte pour si peu. »

« Je sais bien, c'est toujours plus agréable que de mourir. »

L'effet de la magie de résistance dure une dizaine de minutes. Si elle cessait au milieu de ces flammes, même Albert et les siens s'effondreraient aussitôt.

Albert et les siens ont quitté les lieux au pas de course.

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