Tandis que j'apaisais Hom, méfiante, j'attendis que Rizel prenne la parole. Rizel hésita un instant, la bouche s'ouvrant et se refermant comme à la recherche des mots justes, puis fixa son regard sur Hom.
« Mademoiselle Hom. »
À ma surprise, Rizel s'adressa à Hom en utilisant un honorifique.
« Votre combat en finale, votre volonté indomptable de ne jamais abandonner, m'a profondément ému. J'avais mal compris les Homoncules. Je pensais qu'ils étaient des êtres artificiels, des esclaves qui se contentaient d'obéir aux ordres. Mais votre maîtresse était différente. Elle ne vous a pas traitée ainsi. Elle a veillé sur vous pendant que vous vous donniez du mal et que vous grandissiez, et elle vous a aidée à surmonter des obstacles qui semblaient impossibles. …J'ai réalisé quelque chose. J'ai compté sur la force d'Ignis, sur un pouvoir et une autorité empruntés, au lieu de vous affronter avec les miens. …C'était un acte honteux, indigne d'un noble. Je suis sincèrement désolé. »
À nous, qu'il avait autrefois méprisés comme étant sous lui, Rizel témoignait désormais le plus grand respect. Bien que son élocution fût hachée, sa sincérité transparaissait clairement, non seulement pour nous, mais aussi pour Vannabelle.
« Reconnaître ses torts est chose belle, en vérité. L'âme chevaleresque de monsieur Rizel, je l'ai vue de mes yeux et entendue de mes oreilles, en vérité ! » « Je ne croyais pas qu'il existât qui que ce soit capable d'assister à ce match sans en être ému ! »
Isaac et Romeo, sans doute fiers en tant que co-créateurs d'Altered, s'exprimèrent avec enthousiasme. Alors qu'ils approuvaient Rizel, des applaudissements commencèrent à se propager dans la salle.
Hom et moi échangeâmes un sourire avec Rizel, qui parut visiblement soulagé.
« Eh bien, eh bien, je vois comment c'est. C'est donc pour ça que vous êtes tous venus marcher jusqu'ici ensemble, hein ? Ça a dû vous demander pas mal d'efforts. »
Vannabelle arriva derrière nous et posa un bras sur mon épaule.
« Ce serait malpoli de vous renvoyer bredouilles après tout ce chemin, non ? Nous sommes en pleine fête pour célébrer la star de ce "combat émouvant" dont vous parliez. Si vous avez été émus, alors fêtez ça ! Assez avec les discours sérieux, levez votre verre et offrez à ces deux-là les louanges qu'elles méritent ! » « He… ? »
Rizel cligna des yeux, déconcerté, visiblement déstabilisé par le brusque changement de ton de Vannabelle. Le reste de la classe A parut tout aussi incertain, ne comprenant pas ce qui venait de se passer.
« Histoire d'être clairs, je m'adresse à *tous* ! Allez, ne restez pas plantés là, entrez donc ! Nourriture, boissons, tout est pour ma pomme ! » « Vannabelle… » « Tch, toujours pas d'honorifique pour moi, hein ! »
Bien qu'elle grognât, Vannabelle souriait, manifestement satisfaite. Le changement d'attitude de Rizel avait dû la toucher, elle aussi.
« Très bien, alors, la fête ne fait que commencer~ ! »
Poussés par Numelin, les membres de la classe A commencèrent à entrer dans le restaurant, chacun mêlant excuses et félicitations au fil de leur avancée. Juste au moment où ils allaient franchir le seuil, Lili-Lulu s'interposèrent devant eux.
« « Lili-Lulu ont quelque chose à dire, aussi. » » « Lili-Lulu… »
Alfe, sans doute inquiète, les suivit de près comme pour les arrêter. Lili-Lulu fixèrent Rizel d'un visage presque impassible, puis parlèrent d'une seule voix.
« « Lili-Lulu sont magnanimes. Alors si vous dansez avec Lili-Lulu, nous pardonnerons et oublierons le passé. » »
Sur ces mots, Lili-Lulu prirent la main de Rizel et se mirent à tourbillonner avec lui.
« Très bien. Permettez-moi alors de vous montrer à quoi ressemble la danse d'un noble. »
Calquant ses pas sur les leurs, Rizel se mit à danser à son tour. Les uns après les autres, les membres de la classe A se joignirent à eux, d'abord avec quelque hésitation, et bientôt les élèves de la classe F firent de même, chacun exhibant son propre style de danse.
« Nya-ha ! Voilà qui vire à la soirée dansante ! »
Farah se balança joyeusement au rythme de la musique, riant en suivant le tempo. Alfe, de son côté, fit apparaître des instruments de glace par sa magie et chanta joyeusement pendant que tous dansaient.
« Songez donc que la classe A et la classe F partagent un moment pareil… Tu es vraiment quelque chose, Leafa. »
À mes côtés, le garçon Gutenberg souriait en regardant les danseurs, les yeux plissés d'une joie tranquille. Jost se tenait près de lui, l'air tout aussi ravi.
« Ce n'est pas moi qui ai provoqué ça. Tout est parti de Hom. Et toi, tu as aidé à toucher le cœur de Rizel, non ? »
À mes mots, le garçon Gutenberg ne répondit pas. Il ne fit que me rendre mon sourire.
Tout bien considéré, le garçon Gutenberg avait lui aussi beaucoup grandi. Il restait des problèmes non résolus, comme la discrimination envers les demi-humains qui inquiétait Estea, ou les soucis avec Ignis et le vice-directeur, mais au cours de cette année scolaire, de vrais progrès avaient été accomplis. C'était peut-être un mince changement vu sous un angle plus large, pourtant les sourires devant moi étaient indéniablement sincères.
« Mademoiselle Alfe et Lili-Lulu ont l'air de s'amuser follement. »
Hom, qui m'avait offert ce spectacle, se dandinait elle aussi avec bonheur. Le voir me réjouit profondément.
« On danse, nous aussi, Hom ? » « Si c'est avec vous, Maîtresse. »
Disant cela, Hom me tendit la main. Je la pris, et nous virevoltâmes légèrement sur le rythme du chant d'Alfe. Pour ne pas être en reste, le garçon Gutenberg et Jost se lancèrent dans une danse de salon formelle, attirant des acclamations quelque part dans la foule.