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After Being Bent by Reader

Chapitre 18

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Chapitre 18

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Chapitre 18/13913%~11 min de lecture2 104 mots

Xu Chuanchuan resta un peu interdite après s'être vue brutalement décerner la carte de « gentil garçon ». Après avoir capturé le commentaire en image et l'avoir envoyé à Ange, elle demanda : « Qu'est-ce qu'elle a bien pu vouloir dire par là ? »

Ange : « Merde ! Tu lui as écrit du smut en cachette ? [Choc] Bien joué, Tang'er ! [Pouce en l'air] »

Xu Chuanchuan : « Je n'ai rien fait ! »

Ange : « Qu'est-ce que tu as fait pour elle, au juste ? [Se curer le nez] »

Xu Chuanchuan : « Comment veux-tu que je sache… »

À ce moment-là, le groupe de lectrices de Xu Chuanchuan discutait également de l'affaire.

Une lectrice 1 : « Wahhh ! Maître, regardez vite ! Quelqu'un t'a filé plein de Torpedolets des grands fonds ! @J'aime le Hotpot »

Une lectrice 2 : « C'est encore Passante. Comme elle est riche. Au fait, cette riche donatrice est-elle dans le groupe ? »

Une lectrice 3 : « Elle n'y est pas, non ? Et même si c'était le cas, on ne le saurait pas. »

D'habitude, Xu Chuanchuan répondait illico dès qu'on la mentionnait dans le groupe. Pourtant, elle ne le fit pas sur l'instant, son cerveau étant encore en vrac. Elle tournait encore en boucle les mots que Passante lui avait adressés.

Pourquoi m'aurait-elle donné autant de Torpedolets des grands fonds ?

On dirait que cette personne n'est pas seulement capricieuse. Elle a aussi des goûts anormaux…

Harcelant Ange de messages, Xu Chuanchuan demanda : « Je m'inquiète un peu. Cette personne n'a créé son compte que récemment. Tu crois que quelqu'un l'a piraté ? »

Saisie par cette idée, Xu Chuanchuan se connecta illico sur Weibo, cliqua sur la photo de profil familière — une mer bleue — et envoya un message à l'intéressée : « Miss, votre compte a-t-il été piraté ? »

Pas de réponse.

Ange : « Je ne crois pas que ce soit le cas. »

Xu Chuanchuan : « Pourquoi ? »

Ange : « D'abord, pourquoi un pirate irait-il te faire un don ? Si tu te donnes la peine de pirater un compte et que tu y trouves plein de fric, la réaction logique, c'est de dépenser cet argent pour acheter des livres qui te plaisent ou pour soutenir des autrices que tu aimes. À moins que le pirate ne soit l'une de tes lectrices. Mais tu crois sérieusement que les mauviettes de ton groupe en ont les capacités ? »

Xu Chuanchuan jeta un œil furtif à son groupe de lectrices animé et tomba silencieuse.

Bref, le piratage du compte de Passante n'était qu'une conjecture. Il faudrait encore attendre que Passante s'explique pour savoir ce qui s'était réellement passé.

Alors que Xu Chuanchuan était dans le flou, Ange lui envoya un autre message : « Il y a une autre possibilité. Elle pourrait te maudire. »

Xu Chuanchuan : « Hein??? »

Ange : « Réfléchis. Cinq Torpedolets des grands fonds, ça fait 500 yuans. Après la commission de jjwxc, il t'en reste 250. Cette lectrice est drôlement futée. Elle te maudit avec une méthode tordue, et toi tu es là à faire l'idiote en te réjouissant.[1] »

Les lèvres de Xu Chuanchuan tressaillirent tandis qu'elle répondait : « Va te faire foutre. »

Ange : « o(*≧▽≦)ツ┏━┓ »

Faute de réponse sur Weibo, Xu Chuanchuan décida de prendre un bain d'abord.

Pendant ce temps, Murong Shi trempait dans sa baignoire. Le masque facial couvrant son visage soulignait ses traits exquis. La vapeur d'eau avait humidifié ses longs cils, ses yeux étaient clos, son esprit vide de toute pensée, et son corps complètement détendu.

Murong Shi resta à tremper une heure entière. Lorsqu'elle sortit de la baignoire enveloppée dans une serviette, une chaleur émanait de son corps. Toutefois, la climatisation ramena sa température corporelle à la normale.

Murong Shi mesurait un mètre soixante-treize, et sa structure osseuse n'était pas aussi menue et élancée que celle des autres filles. Bien sûr, elle n'était pas robuste non plus. En réalité, Murong Shi était un mannequin né. Non seulement elle était mince, mais sa graisse corporelle s'était par hasard concentrée autour de sa poitrine et de ses hanches.

Une goutte d'eau glissa lentement le long du cou élégamment courbé de Murong Shi, franchit sa clavicule, et finit par se perdre dans son décolleté sans qu'elle n'y prête attention.

Quand ses pieds touchèrent l'épaisse moquette de laine de sa chambre, Murong Shi entendit frapper à la porte.

« Petite Shi, tu ne dors pas encore ? »

Serrant la serviette enroulée autour de son corps, Murong Shi s'approcha de la porte et l'ouvrit. « Maman, pourquoi ne dors-tu pas encore ? »

Murong Mingshu portait un pyjama en satin uni, et elle laissait ses cheveux flotter librement. Fronçant les sourcils, elle dit : « À la base, je voulais dormir. »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Tu te souviens que tante Lian a croisé une personne bienveillante aujourd'hui ? Comme on a ses coordonnées, je pensais l'inviter à manger. »

D'ordinaire, les gens qui croyaient au bouddhisme parlaient de karma et de reconnaissance. Murong Mingshu avait toujours été scrupuleuse sur ce point.

Murong Shi ne fut pas du tout surprise par les paroles de sa mère. Après un bref moment de réflexion, elle dit : « Inutile, Maman. J'ai déjà remercié cette personne au nom de tante Lian. »

Surprise, Murong Mingshu demanda : « Tu l'as fait ? Quand ? Comment l'as-tu remerciée ? »

Allant droit au but, Murong Shi répondit : « Je lui ai donné quelque chose. »

« Qu'est-ce que tu lui as donné ? »

Après un instant d'hésitation, Murong Shi dit : « De l'argent. »

Murong Mingshu resta bouche bée. Elle la gronda : « Cette personne a aidé ta tante Lian, et tu la congédies avec de l'argent. C'est… c'est trop… »

Murong Shi fléchit légèrement les genoux et appuya son dos contre le mur. Elle sourit et dit : « Trop vulgaire ? Tu n'aurais pas non plus à dépenser de l'argent en l'invitant au restaurant ? »

Entendant les paroles de sa fille, Murong Mingshu se hâta de dire : « C'est différent ! Je voulais inviter cette personne à manger avec tante Lian pour la remercier convenablement. Hah — laisse tomber. Puisque tu l'as déjà remerciée, contentons-nous… de ça. »

Poussant un soupir de soulagement, Murong Shi dit : « Plus de souci, hein ? Il est tard, va vite te coucher. Bouddha a dit que veiller tard nuit au corps. »

Murong Mingshu ne prit pas mal l'injonction de sa fille. Elle dit au contraire : « Toi aussi, dors vite. »

« Je sais. Bonne nuit. »

« Bonne nuit. »

Après avoir refermé la porte, Murong Shi fit comme si elle n'avait pas entendu le conseil de sa mère. Jetant de côté la serviette humide qui l'enveloppait, elle entra dans le dressing attenant et enfile un pyjama. Elle s'allongea ensuite sur le lit et saisit son téléphone.

Pour une raison psychologique quelconque, elle se connecta machinalement à son compte Weibo. À sa surprise, elle avait des messages non lus.

J'aime le Hotpot : « Miss, votre compte a-t-il été piraté ? »

Miss ? Murong Shi haussa un sourcil, trouvant le message de Xu Chuanchuan déconcertant.

Il n'est point de poème dans le cœur d'une jeune fille : « Mon compte ? »

J'aime le Hotpot : « Vous ne dormez pas encore ? Voilà le truc. J'ai vu que vous m'aviez filé cinq Torpedolets des grands fonds aujourd'hui. Vous avez aussi laissé un commentaire que je n'ai pas compris. Du coup, j'ai soupçonné que quelqu'un avait piraté votre compte. »

Dans la foulée, Xu Chuanchuan envoya deux images dans la conversation. C'étaient les captures d'écran des cinq Torpedolets des grands fonds que « Passante » avait envoyés.

Murong Shi comprit instantanément de quoi parlait Xu Chuanchuan, et plongea un moment dans une profonde réflexion.

Il n'est point de poème dans le cœur d'une jeune fille : « Personne n'a piraté mon compte. C'est moi qui les ai envoyés. »

Aimer ? Bof, disons.

Plutôt que d'aimer le livre de Xu Chuanchuan, Murong Shi avait plutôt commencé à utiliser les romans de Xu Chuanchuan comme somnifère.

Lui dire ça ne risque-t-il pas d'être trop choc, tout de même ?

Quand Murong Shi pensa à la façon dont Xu Chuanchuan avait aidé tante Lian aujourd'hui, son cœur s'attendrit.

Oublie. Ne lui dis pas la vérité.

Il n'est point de poème dans le cœur d'une jeune fille : « C'est bon. »

C'est bon ???

Xu Chuanchuan ressentit un sentiment complexe en lisant cette réponse, mais ce ne fut qu'un éclair.

Si elle n'aime pas mon livre, pourquoi m'aurait-elle filé autant de Torpedolets ? Elle n'a nulle part ailleurs à claquer son fric ?

Xu Chuanchuan ne crus pas au discours de l'autre. Après avoir étiqueté cette « Passante » comme « capricieuse » et « riche », elle y ajouta une nouvelle étiquette — tsun.

Une tsundere.[2]

J'aime le Hotpot : « Pourquoi m'avez-vous louée comme une bonne personne, alors ? »

Il n'est point de poème dans le cœur d'une jeune fille : « Devinez. »

Xu Chuanchuan : « ... »

C'en était une, de tsundere.

Murong Shi n'aimait pas jouer à ces jeux puérils. Elle esquiva délibérément la question de Xu Chuanchuan parce qu'elle savait qu'elle se trahirait en y répondant.

Quant à la façon dont elle sut que c'était Xu Chuanchuan qui avait aidé tante Lian, cela remontait à quatre heures plus tôt.

Quatre heures plus tôt…

Après que tante Lian eut pris son bain, elle désigna le téléphone fixe du salon et demanda à Murong Mingshu : « Tu peux regarder l'historique des appels ? Je veux appeler cette belle dame pour la remercier et lui dire que je suis bien arrivée. »

Tante Lian s'était adressée à Murong Mingshu en dialecte, si bien que Murong Shi n'avait pas compris un mot. Après que Murong Mingshu eut traduit la demande de tante Lian, Murong Shi consulta l'historique du téléphone fixe.

Ensuite, tante Lian utilisa son tout nouveau téléphone à grosses touches pour composer le numéro de l'autre. Le volume du téléphone était réglé sur un niveau absurdement élevé, et même ceux qui se tenaient près du combiné pouvaient entendre la conversation entre tante Lian et sa bienfaitrice.

Quand la bienfaitrice de tante Lian parla, Murong Shi trouva l'interlocutrice extrêmement familière. Elle entendit même tante Lian l'appeler « Mademoiselle Xu » en mandarin standard.

Non seulement la bienfaitrice de tante Lian avait la même voix que Xu Chuanchuan, mais elles portaient en plus le même nom de famille. De telles coïncidences existaient-elles au monde ?

Ne sachant si c'était vraiment une coïncidence, Murong Shi transmit le numéro de téléphone de la bienfaitrice de tante Lian à Linda. Linda répondit vite : « C'est le numéro de téléphone de Xu Chuanchuan. Tu as une affaire avec elle ? »

Murong Shi : « Non. Je demandais juste. »

Parallèlement, d'après ce que Murong Shi put entendre de la conversation entre tante Lian et Xu Chuanchuan, cette dernière refusa catégoriquement tout ce que tante Lian tentait de lui offrir. Tante Lian fut à la fois vexée et touchée par ce refus. Après avoir raccroché, elle s'écria même avec regret : « Cette mademoiselle Xu est une personne merveilleuse ! »

Par la suite, pour exprimer sa gratitude envers la « bienveillance sans distinction » de cette quelqu'un, Murong Shi se connecta à son application jjwxc et offrit cinq Torpedolets des grands fonds d'un seul coup…

Revenue au présent, Murong Shi sortit de ses pensées et fixa son téléphone.

J'aime le Hotpot : « J'abandonne les devinettes. Je vais partir du principe que vous aimez beaucoup mon livre [Timide]. J'y retourne, à l'écriture. Bonne nuit par avance ~ [Lune] »

Xu Chuanchuan pensa d'abord taper un « smack », mais en se rappelant que l'autre semblait détester ce genre de familiarités, elle opta pour un simple bonne nuit.

Murong Shi fixa la dernière phrase, hébétée. Hormis ses parents, elle n'avait jamais échangé de « bonne nuit » avec qui que ce soit, pas même ses ami(e)s les plus proches. C'était la première fois qu'elle recevait un tel adieu, aussi ne savait-elle pas comment réagir.

Ce ne fut qu'après un long moment de réflexion qu'elle tapa lentement une réponse.

Il n'est point de poème dans le cœur d'une jeune fille : « Bonne nuit. »

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