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After Being Bent by Reader

Chapitre 138

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Chapitre 138

Chapitre 138

Chapitre 138/16982%~11 min de lecture2 048 mots

Même après le départ de Fang Qin, la légère odeur de son shampooing flottait encore dans la voiture. Pour s'en débarrasser au plus vite, Ange baissa la vitre.

Cependant, lorsque le vent chaud de l'extérieur s'engouffra dans l'habitacle et lui fouetta le visage, l'inconfort qu'elle ressentit la fit refermer la vitre immédiatement.

Se garant sur le bas-côté, Ange fouilla son sac à bandoulière avec agacement et en sortit un flacon de parfum. Puis, elle se mit à vaporiser le parfum un peu au hasard dans la voiture.

Le parfum intense masqua rapidement l'odeur étrangère. Quand Ange ne put plus sentir l'odeur du shampooing de Fang Qin, elle souffla de soulagement. Mais comme elle avait trop pulvérisé, l'odeur enivrante lui piqua le nez et elle finit par éternuer.

Presque au même instant, la voix d'une certaine personne résonna vivement dans son esprit. « Tu sens bon... »

Tu sens bon...

Tu sens bon...

Tu sens bon…

Cette voix envoûtante persista longuement dans son esprit.

Soudain, Ange sentit son corps s'embraser et ses membres se déliter. Même lorsque le flacon de parfum lui échappa des mains pour tomber au sol, elle ne le regarda pas, ne le ramassa pas.

Quand Ange ferma les yeux, le souvenir de cette nuit afflua comme la marée, anéantissant sa raison.

C'était arrivé cinq jours plus tôt, soit la veille de l'ouverture de la nouvelle boutique d'Ange.

Ce jour-là, Ange s'était rendue chez sa cousine pour régler les derniers détails de l'inauguration. Quand elle quitta la maison de sa cousine, il était déjà tard dans la nuit.

Tandis qu'Ange patientait au feu rouge à un certain carrefour, une silhouette surgit soudain, tituba vers elle et frappa à sa vitre.

La nuit était paisible, il n'y avait presque ni voitures ni piétons dans la rue. Aussi l'apparition brutale d'une personne à sa vitre glaça-t-elle Ange d'effroi.

En se tournant vers la vitre, Ange découvrit une femme ivre aux cheveux en bataille qui frappait à la vitre de façon erratique, la bouche marmonnant n'importe quoi.

Moins de la moitié des quatre-vingt-dix secondes du feu rouge ne s'était écoulée. Ne supportant plus ces coups incessants, Ange baissa la vitre.

L'odeur d'alcool pénétra dans l'habitacle avec une brise légère. Ange frémit devant l'odeur, son corps se reculant de la vitre pour éviter tout contact physique avec l'ivrogne.

Pendant ce temps, voyant la vitre disparaître, la soûlarde dit : « Chauffeur, moi... je monte, alors... ouvrez la porte. »

Chauffeur ??? Mon 4x4 a une tête de taxi ???

Ange ignorait d'où sortait cette femme ivre. Elle n'était pas non plus une bonne samaritaine, aussi dit-elle froidement : « Vous vous trompez. Ma voiture n'est pas un taxi. »

« Je vous donne... je vous donne de l'argent », dit l'ivrogne, ne semblant pas comprendre les mots d'Ange, tandis qu'elle se débattait avec son sac à bandoulière. Un court instant plus tard, elle dit : « Pourquoi la fermeture ne s'ouvre pas... Chauffeur — rot — attendez une seconde. »

Attendre une seconde ? J'ai pas que ça à faire.

Le feu devant elle passa au vert, et Ange remonta prestement la vitre. Mais dès qu'elle appuya sur l'accélérateur, la femme ivre se jeta soudain sur la voiture à une vitesse déconcertante et s'agrippa fermement au rétroviseur en hurlant : « Ne... ne partez pas ! »

Ange fut terrifiée par ce comportement suicidaire, et elle claqua sur les freins. Puis elle baissa la vitre et hurla, furieuse : « Vous êtes dingue ?! Vous en avez marre de vivre ?! »

Malheureusement, une soûlarde ne peut pas savoir ce qu'est le danger. En voyant la voiture s'arrêter à nouveau, la femme dévoila un sourire bête et dit : « Je veux... rentrer à mon hôtel. »

« Prenez un taxi, alors ! Vous ne voyez pas que c'est un véhicule privé ?! »

En entendant les mots d'Ange, la femme ivre se mit à scruter la voiture à laquelle elle s'accrochait. Puis elle se tourna vers le visage colère d'Ange. Après s'être dévisagées plusieurs secondes, l'ivrogne marmonna : « Hah — Comme elle est féroce. »

Ange : « ... »

Alors qu'une brise passagère la frappait, la femme ivre sembla reprendre conscience. Alors, elle lâcha le rétroviseur, s'excusa auprès d'Ange et s'éloigna en titubant toute seule.

Cependant, à la surprise d'Ange, la femme ivre ne s'éloigna pas de la voiture. Au lieu de ça, l'ivrogne avait trébuché jusqu'à l'avant du véhicule. Puis, après deux pas de plus, elle chancela et s'effondra au sol.

Ange désespéra totalement de la situation, et elle ne put s'empêcher de se demander : *Suis-je tombée sur une arnaqueuse ?*

Ce n'était pas un scénario impossible. Dans la société chaotique actuelle, le nombre d'arnaqueurs augmentait de jour en jour. Aussi Ange se mit-elle immédiatement sur ses gardes.

Voyant qu'aucune voiture ne la suivait, Ange enclencha la marche arrière et tourna le volant ; elle comptait contourner la femme ivre par l'autre voie.

Cependant, juste au moment où elle s'apprêtait à changer de voie, la femme au sol se releva soudain. Ange ne réagit pas à temps à ce revirement brutal, et le flanc de sa voiture frôla le corps de l'ivrogne.

La femme retomba au sol une fois de plus.

C'est fichu.

Ange paniqua. Précipitamment, elle détacha sa ceinture et sortit de la voiture pour aller voir la femme.

En voyant l'ivrogne lutter pour se relever, Ange se précipita et l'aida, demandant : « Vous vous êtes fait mal quelque part ? »

La femme ivre secoua la tête et ne parla pas.

Elle va bien ?

Je n'ai pas affaire à une arnaqueuse ??? Ange était confuse.

N'ayant plus la patience de raisonner l'ivrogne, Ange la traîna sur le bas-côté. Pendant ce temps, la femme s'agrippa fermement au bras d'Ange et la fixa de ses yeux injectés de sang. Puis elle dit : « N'ayez pas peur. Je... je ne suis pas une méchante. »

Ange : « ... »

Ange se fichait éperdument que la femme ivre soit bonne ou mauvaise. Tout ce qu'elle voulait maintenant, c'était rentrer chez elle.

Ange fut soulagée après avoir vérifié que la femme ivre n'était pas blessée. Alors, elle se dégagea de son étreinte et dit patiemment : « Il y a encore pas mal de taxis qui tournent à cette heure. Attendez juste là un moment. »

« Ne partez pas… » La femme enlça soudain Ange.

Ange resta coi. Qu'est-ce qu'elle fabrique encore ?

Immédiatement, Ange tenta d'écarter les bras de la femme. Mais quand elle croisa son regard, elle fut saisie.

La femme pleurait. Sans un bruit, les larmes jaillissaient de ses yeux.

« Hé, hé, hé, qu'est-ce que vous… » C'était la première fois qu'Ange se retrouvait dans une telle situation, et elle ne put s'empêcher de ne pas savoir quoi faire.

Pendant ce temps, la femme glissa le long du corps d'Ange et s'assit par terre. Puis, tout en s'accrochant aux jambes d'Ange, elle se mit à brailler comme un bébé.

Est-ce que j'appelle la police ? Ange hésita. Mais est-ce que la police s'occuperait même d'un truc pareil ?

Justement, un taxi passa à ce moment-là, alors Ange lui fit signe en urgence. Mais, à son grand dam, le taxi passa simplement son chemin pour une raison quelconque.

Ange : « ... »

À présent, le pantalon d'Ange était déjà trempé. En sentant les larmes brûlantes de la femme toucher sa peau, elle baissa les yeux.

Elle boit seule tard le soir et pleure à ce point… Si ce n'est pas une arnaqueuse, alors...

Ange s'accroupit. En voyant les larmes ruisseler sur le visage de la femme ivre, son cœur s'attendrit et elle demanda : « Vous vous êtes disputée avec votre copain ? Ou vous venez de vous faire larguer ? »

En réponse, la femme baissa la tête et marmonna : « Copain… C'est quoi, ça ? J'aime pas les hommes. Je les aime pas — rot — pas un petit peu… »

Les mots de la femme confusèrent un peu Ange.

Si elle n'aime pas les hommes, alors elle aime les femmes ?

Tandis qu'Ange observait la femme, une pensée étrange surgit soudain dans son esprit.

Avant qu'Ange n'ait le temps de démêler ses pensées, l'ivrogne se remit à marmonner : « Sur quelle base... une femme doit-elle aimer les hommes ? »

Ange fut stupéfaite. Si elle n'avait pas mal entendu, cette femme devait lui ressembler. Elle n'aurait jamais cru que l'arnaqueuse supposée qu'elle croisait en pleine nuit serait aussi lesbienne. C'était tout simplement incroyable.

Pendant qu'Ange était perdue dans ses pensées, la femme ivre parut se lasser de pleurer et s'arrêta. Alors, elle tendit une main vers Ange et demanda pitoyablement : « Vous pouvez m'aider à me relever ? »

La main de la femme était sèche et fine. Sa paume aussi était très fine, et elle ne possédait qu'une seule ligne de vie.

Après une seconde d'hésitation, Ange saisit la main de la femme et l'aida à se lever. Mais dès qu'elle la relâcha, le corps de l'autre se mit à vaciller dangereusement.

Ange se sentit mentalement épuisée par la situation. Alors, sans même faire passer ses mots par le filtre de sa réflexion, elle demanda : « Dans quel hôtel vous logez ? »

La femme froncilla les sourcils en réponse, semblant réfléchir profondément.

Devant l'allure saoûle de la femme, Ange esquissa un vague sourire et demanda : « Dites-moi pas que vous vous souvenez plus ? »

Après un nouveau rot, la femme donna un nom.

Après avoir fait défiler le nom dans sa tête, Ange constata que l'hôtel n'était pas seulement sur son chemin, mais qu'il n'était plus qu'à une courte distance. Alors elle fit signe à la femme et dit : « Montez. Je vous dépose. »

Ange savait qu'on ne gagne jamais rien à se mêler de ce qui ne nous regarde pas, aussi se mit-elle à regretter son geste une fois dans la voiture. Cependant, chasser la femme ivre de la voiture n'était pas quelque chose qu'elle pouvait se résoudre à faire.

Pendant ce temps, la femme ivre s'assit tranquillement sur le siège passager. À ce stade, elle avait déjà cessé de pleurer, et elle arborait une expression terne tandis qu'elle fixait le pendentif qui balançait au rétroviseur.

Ange ne la déranga pas. Tandis qu'elle se demandait encore s'il n'y avait pas quelque chose qui n'allait pas chez elle aujourd'hui, elles arrivèrent à destination en un clin d'œil.

Après s'être garée sur le bas-côté, Ange dit : « On est arrivées. »

Cependant, la femme resta immobile.

Même quand Ange tapa sur son épaule, celle-ci ne bougea pas.

Intriguée, Ange écarta les cheveux qui masquaient le visage de la femme.

« ... »

La femme s'était endormie pendant le court trajet.

Ses larmes avaient déjà séché. Avec ses paupières serrées si fort, elle avait l'air de faire un mauvais rêve.

En l'observant de plus près, Ange constata que l'autre était en fait plutôt belle. Son visage était frais, ses cils fins, ses lèvres légèrement colorées.

Juste au moment où Ange songea à pousser l'observation plus loin, la femme se réveilla brutalement.

Ange retira vivement sa main et se redressa. Puis elle dit : « On est à l'hôtel. »

La femme se redressa d'un coup, une lueur de méfiance apparaissant dans ses yeux embrumés tandis qu'elle fixait Ange : « Qui êtes-vous ? »

Quelle ingrate.

Les lèvres d'Ange tressaillirent. En voyant l'air paniqué de la femme, une idée taquine lui traversa l'esprit. Alors elle siffla vers l'autre et dit : « Je suis un méchant qui s'apprête à vous violer. »

Le teint de la femme changea instantanément, et elle se plaqua contre la portière, se cognant la tête en faisant ça. Après avoir poussé un cri, elle se mit à scruter la personne devant elle. Puis la compréhension la frappa tandis qu'elle marmonnait : « ... C'est vous. »

Ange posa négligemment ses mains sur le volant et demanda : « Vous vous souvenez de moi maintenant ? »

La femme acquiesça. Puis elle tapa sur sa tête engourdie et dit : « Merci. Je... je vais vous donner de l'argent. »

En disant cela, elle se remit à se débattre avec son sac.

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