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A Fairytale for Wizards

Chapitre 11

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Chapitre 11

Chapitre 11

Chapitre 11/1746%~6 min de lecture1 102 mots

« Je suis Azriel, l'enfant de fouet de Mademoiselle Deborah. »

Azriel n'avait jamais révélé son nom de famille à qui que ce soit : Esthera. C'était anormal pour une esclave d'en porter un. Même les roturiers n'en recevaient généralement pas.

« Une enfant de fouet ? » Les lèvres de Tarbo tressaillirent.

Le comte Colte, qui suait à grosses gouttes face à cette situation étrange, se hâta de les interrompre : « Cette fille vous plaît ? Je l'avais achetée comme esclave, mais désormais, sur l'ordonnance de Sa Hautesse le roi… »

« Elle était esclave ? » Le coupa Tarbo. Roulant des yeux, il fit courir son regard sur Azriel, de haut en bas, sans la quitter des yeux. « Alors vendez-moi celle-ci, Comte. »

« Pardon ? »

« Je vous dis de me la vendre. »

« Le commerce des esclaves est à présent i-nterdit… »

« J'ignorais que vous fussiez un homme si respectueux de la loi », ricana-t-il. « Vous n'en avez pas l'air. Alors, prêtez-la-moi pour quelques jours. »

« Ehem, hum, pour quel usage ? »

« Ai-je besoin de vous l'expliquer, Comte ? » Tarbo détourna son attention d'Azriel, qui était figée, et pointa son menton vers le Comte. « Je vois que vous avez besoin de relations dans la capitale. J'écrirai une lettre de recommandation au duc de Rudimna. Qu'en dites-vous ? »

« Vous parlez vraiment du duc de Ru, Ru, Rudimna ? »

Le couvercle du Comte faillit sauter à l'évocation de l'un des deux ducs les plus puissants d'Aucandor. Il se frotta les mains en hochant la tête frénétiquement.

« Vous pouvez la prendre pour votre usage autant qu'il vous plaira », continua-t-il. « Dois-je vous l'envoyer ce soir ? »

La nuance portée par l'emploi du mot « ce soir » par le Comte était explicite. Son ton révélait l'étendue de son imagination quant à l'usage que le sorcier ferait d'Azriel. Il n'oublia pas de lancer un regard menaçant à Damon, qui s'apprêtait à protester.

Tarbo resta coi face aux sous-entendus du Comte et jeta brièvement un regard en arrière vers Azriel. Son visage avait pâli et elle serrait la traîne de sa jupe. Voyant sa main trembler, Tarbo pouffa et caressa sa barbe hirsute.

« Eh bien, je la prends tout de suite. Merci pour le repas, Comte. Je vous la rendrai quand je reviendrai des ruines. »

Le sort d'Azriel fut scellé par ces mots. Elle retint son souffle.

'Il faut que je m'enfuie tout de suite !' pensa-t-elle, la tête lui tournant frénétiquement.

Tandis qu'elle angoissait sur la manière de s'extraire de cette situation, Tarbo se leva de son siège et saisit son poignet. Elle tenta de se dégager de son emprise, terrifiée, mais il lui chuchota quelque chose à l'oreille.

« Ce n'est pas ton corps qui m'intéresse, alors suis-moi. Ne veux-tu pas savoir ce que tu es ? »

À ces mots, Azriel cessa de résister et Tarbo l'entraîna hors de la salle de banquet. Elle continua à trébucher derrière lui jusqu'à ce qu'il la lâche enfin à leur arrivée dans une chambre d'hôtes vers laquelle le majordome les avait guidés. Azriel serra son poignet, qui avait rougi. Après avoir verrouillé la porte, Tarbo prit la parole.

« J'ai l'intention de vous emmener aux ruines. »

« Excusez-moi ? Les ruines ? »

« Votre corps ne m'intéresse pas. En revanche, ce qui m'intéresse se trouve à l'intérieur de ce corps. L'énorme ma… »

Il s'arrêta net et regarda au-delà d'elle, les yeux écarquillés. Azriel fut surprise, mais avant qu'elle ne puisse se retourner, quelqu'un la tira par derrière. Un tissu blanc comme neige lui couvrit la vue et l'odeur du bouleau lui effleura le bout du nez.

« Dors un instant, Azriel. »

'Fais de beaux rêves.'

Sur ces derniers mots, d'une certaine familiarité, Azriel perdit connaissance.

Rhema Reshith apparut dans la pièce comme sorti de nulle part. Il souleva la jeune fille endormie dans ses bras. Tarbo observait la scène, stupéfié, et tressaillit lorsqu'il croisa le regard de l'inconnu. De longs cheveux d'argent ; une robe blanche ; une beauté presque inhumaine ; des yeux gris métalliques ; une apparition soudaine qui ne pouvait être que de la magie de téléportation ; et la capacité de faire sombrer la jeune fille dans le sommeil sans proférer une seule incantation… Tarbo Tameion était lui-même un sorcier éminent. Non seulement il fut capable d'évaluer le niveau de magie que le sorcier aux cheveux d'argent avait déployé en si peu de temps, mais il en reconnut aussi l'identité. Il n'existait qu'un seul sorcier capable de pratiquer une magie d'un tel niveau depuis la chute de l'antique civilisation magique. Devenant d'une pâleur mortelle de frayeur, Tarbo saisit la poignée de la porte.

« Je savais que vous étiez un sorcier au mana profond, mais j'ignorais que vous reconnaîtriez Azriel. »

Rhema parla posément en s'approchant de Tarbo. Son élocution était lente, sa démarche mesurée. Il semblait chercher à ne pas déranger la jeune fille dans ses bras. Tarbo tira frénétiquement sur la poignée, mais la porte ne s'ouvrit pas.

« Savez-vous qui je suis ? » Demanda Rhema doucement. Il était désormais tout près de lui.

« Le, le Sorcier de l'Horizon… »

Dans les légendes, les sorciers appelaient la foudre, fendaient la terre, renversaient le cours d'une guerre et combattaient des dragons. De tels sorciers étaient choses du passé depuis que les sorciers d'aujourd'hui accomplissaient des exploits plus ordinaires. Il existait toutefois un être qu'on pouvait décrire comme une légende vivante. Au nord du continent s'étendait une plaine appelée le Désert Sans Fin. Ce fut autrefois une terre de nombreuses montagnes et collines, mais à présent ce n'était plus que terre ouverte. Quelle que soit la direction où l'on regardait, on ne pouvait voir que l'horizon. On disait que la terre avait pris cet aspect à la suite des retombées de la bataille entre le Sorcier Blanc et le Dragon Noir.

Le Sorcier Blanc qui avait tué le Dragon Noir portait le nom de « Sorcier de l'Horizon », ce qui véhiculait deux sens : « celui qui changea les montagnes en horizon » et « celui qui se tient à l'horizon — la frontière entre le ciel des dieux et la terre des hommes. » Son titre signifiait que sa maîtrise de la magie était plus proche de Dieu que des hommes. Les contes centrés sur la légende du Désert Sans Fin, anciens et nouveaux, étaient largement répandus et racontaient souvent la rencontre avec le Sorcier de l'Horizon et l'aide reçue de lui.

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