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A Barbaric Proposal

Chapitre 56

A Barbaric ProposalA Barbaric Proposal
Chapitre 56

Chapitre 56

Chapitre 56/7080%~14 min de lecture2 706 mots

Black baissa la voix, s'agenouilla et fixa la pauvre femme du regard.

Sa voix était basse, dénuée d'émotion, comme à son habitude, mais les mercenaires postés à ses côtés s'échangèrent un regard en l'entendant. Il avait l'air nerveux.

[Black] « Plus tu parleras vite, mieux ce sera. Ton fils a enlevé la princesse Rienne, mais elle doit être en vie. »

[Mme Henton] « P, Princesse….. Rienne…. ? »

[Black] « Si la princesse est vivante, je ne tuerai pas ton fils. »

[Mme Henton] « M, mais… p, pourquoi….. »

[Black] « Je n'ai pas le temps pour ça. »[Mme Henton] « Ah….. »

La femme haleta, comme si elle réalisait enfin que son fils avait enlevé la princesse Rienne.

[Mme Henton] « Il, il n'est pas ici….. Je ne sais rien….. Il est resté un moment, puis il est parti….. Je n'ai plus eu de nouvelles depuis….. »

[Black] « Y a-t-il un autre endroit où il serait allé ? »

[Mme Henton] « Il n'y a nulle part ailleurs…… Ah. »

Mais elle se souvint soudain de quelque chose.

La dernière chose que son mari lui avait dite avant de partir, laissant derrière lui le corps de leur second fils. Les dernières volontés de son mari et la preuve de son affection.

La raison même pour laquelle elle avait été incapable de maudire son mari, malgré le fait qu'il avait sacrifié leur second fils pour sauver le sang royal des Gainers, et qu'il s'était même sacrifié lui-même à la fin.

[Henton] –« Il y a un chemin que personne ne connaît. L'accès n'est permis qu'à ceux du sang Gainers. »

Brisant son serment de chevalier honorable, il lui avait révélé le chemin par lequel elle pouvait s'enfuir.

Et comme n'importe quel bon chevalier, le faire aurait brisé l'âme de son mari. Tout comme la vue du corps mutilé de leur second fils avait brisé la sienne.

[Henton] –« Tu seras en sécurité là-bas. »

Mais maintenant, son mari n'était plus là.

Son fils aîné avait profané le corps du second, accomplissant la dernière requête de son mari. C'était son dernier souvenir de lui.

[Mme Henton] « Neuf cascades. »

D'une voix basse, Mme Henton murmura quelque chose que seul un Gainers pouvait comprendre.

[Mme Henton] « C'est tout ce que je sais. Alors s'il vous plaît, sauvez mon fils. Ne le tuez pas. Quoi qu'il ait fait, si vous pouvez juste le sauver….. »

La femme mordit ses lèvres tremblantes, les épaules secouées. Juste parler semblait l'accabler.

[Mme Henton] « Je ne peux pas revivre ça une seconde fois….. »

[Black] « Comme je l'ai dit. Tant que la princesse Rienne est saine et sauve. »

Alors qu'elle tendait la main pour l'agripper, Black retira la main de la femme et se releva.

[Phermos] « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? »

Phermos demanda vivement, gesturant vers la femme. Il voulait savoir ce que son seigneur comptait faire d'elle.

En écoutant leur conversation, il était évident qu'ils se connaissaient, même s'ils n'avaient pas l'air d'être en très bons termes. Mais cela concernait définitivement le passé de Black.

Et d'après ce qu'il entendait, Black ne semblait pas chercher à détruire son passé entièrement. Sinon, il n'aurait pas mentionné l'idée d'épargner qui que ce soit.

[Black] « Emmenez-la et donnez-lui un endroit où rester pour un moment. Ne la mélangez pas aux gens de cette famille. »

[Phermos] « Bien. »

[Black] « Nettoyez ici et retournez au château une fois que c'est fait. Mettez en place des défenses au cas où quelqu'un tenterait de se venger de tout ça. »

[Phermos] « Des défenses ? »

[Black] « Regarde ce qui s'est passé. C'est clairement pas si difficile pour quelqu'un de s'infiltrer et de faire ce qu'il veut. Pour l'instant, la priorité, c'est de défendre le château. Y a trop de portes dérobées et de failles par où les rats peuvent passer, alors ne baissez pas la garde. »

[Phermos] « Je m'en souviendrai. Vous y allez seul ? »

[Black] « J'ai un endroit où je dois aller. »

[Phermos] « . . . »

Ça devait avoir un rapport avec cette phrase : « neuf cascades ».

Phermos avait une montagne de questions à poser, mais il fit plutôt un pas en arrière en silence. De toute façon, Black n'était pas du genre à répondre simplement à une question. Il ne parlait des choses que s'il jugeait nécessaire que les autres les sachent.

[Phermos] « Je prie pour que vous régliez ça vite. »

Sans un mot de plus, Black fit demi-tour et s'élança en courant.

*

Rienne était à nouveau épuisée, mais elle continuait à se tromper, à partir dans la mauvaise direction chaque fois qu'elle vérifiait.

Maintenant, elle comprenait pourquoi Klimah était si inquiet.

Ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité, mais cela ne l'aidait guère.

Rienne s'agenouilla, passa la main sur le sol. Elle chercha ses propres pas, vérifiant le chemin par où elle était venue.

[Rienne] « Je devrais retourner là où j'ai fait cette marque. »

Cet endroit était comme un immense labyrinthe, et il n'était pas facile de s'y repérer. Beaucoup de passages complexes ne semblaient même pas avoir été conçus pour rendre la marche confortable.

[Rienne] « Est-ce que j'ai pris un mauvais embranchement quand le chemin s'est divisé ? »

Rienne retint un soupir, laissant ses pieds fatigués se reposer avant de continuer.

Et tandis qu'elle avançait sur ce long chemin lugubre, son esprit se mit à tourbillonner. Elle commença à réfléchir lentement à ses chances de mourir ici sans jamais trouver la sortie.

Si je mourais….. Que ferait cet homme….. ?

Les six familles seraient-elles entraînées dans une guerre massive une fois qu'elle serait partie ? Mais alors, qu'adviendrait-il de Nauk ? Tant de gens mourraient.

[Rienne] « . . . »

Mais pourquoi cet homme ne l'avait-il pas fait dès le début ?

Était-ce vraiment seulement parce que je le lui avais demandé….. ?

Même avec tout le temps pour y réfléchir, aucune quantité de pensée n'y changeait rien. Ayant obtenu la récompense la plus douce de la rébellion, la famille Arsak pouvait être considérée comme le centre du complot de trahison.

Et pourtant, malgré cela, la vérité inéluctable et contradictoire était que Black lui avait fait sa demande.

Il…… devait y avoir quelque chose qui lui échappait.

Le mariage n'était peut-être pas son but final. Peut-être pensait-il faire quelque chose après. Quelque chose qu'il ne pouvait faire qu'une fois le contrôle de la nation acquis.

Cependant, même si son attitude envers elle changeait soudainement après le mariage, en tant que pécheresse, elle ne pouvait pas le lui reprocher.

Quoi qu'il fasse, elle prévoyait de l'accepter en silence.

Rienne s'arrêta un instant, ferma légèrement les yeux.

Pour une raison quelconque, ses jambes refusaient d'avancer, comme si ses pensées confuses la clouaient sur place. Et la force qui lui restait ne suffisait plus à la maintenir debout.

[Rienne] « …… ! »

Alors que son corps chancelait, elle s'effondra sans vie sur le sol.

Ou peut-être serait-il plus juste de dire qu'elle s'effondra.

[Rienne] « Alors….. »

Ne vaudrait-il pas mieux que je reste ici….. ?

Elle avait peur. Elle était terrifiée à l'idée qu'il puisse changer après le mariage. Mais elle savait que s'il le faisait, elle n'aurait d'autre choix que de l'accepter, malgré son refus désespéré.

Elle avait si peur de lui.

Peur qu'il ne l'ait peut-être jamais voulue dès le début.

Elle ne voulait pas connaître la vérité….

C'était comme si son corps abandonnait lentement. Ses yeux ne pouvaient plus rester ouverts, ils se fermèrent doucement, l'esprit de Rienne dérivant loin de la conscience.

*

Ce chemin n'était pas un labyrinthe.

Pour quelqu'un du sang Gainers et ceux qui les protégeaient, c'était un chemin bien connu des deux groupes. Il ne paraissait labyrinthique qu'à ceux qui ne connaissaient pas la route ou qui ne comprenaient pas son but.

Black lui-même ne l'avait emprunté qu'une seule fois auparavant, mais même ainsi, il ne le trouvait pas déroutant. Il était conçu pour être parcouru, mais certaines parties étaient faites pour autre chose que des gens.

Il paria donc que Rienne avait pris un mauvais tournant. Pour elle, cet endroit devait sembler un immense labyrinthe. Et pour quelqu'un qui ne connaissait pas le chemin, c'était un lieu dangereux et vaste.

Il sentit quelque chose dans sa poitrine le pousser en avant, l'accélérant.

Black vira brusquement, quitta le sentier et se dirigea silencieusement vers les hauteurs.

Rienne était encore en chemise de nuit, donc pieds nus, ce qui rendait ses traces plus difficiles à repérer. Mais il se sentit chanceux de savoir que sa chemise était au moins blanche. Elle serait plus facile à repérer que si ses vêtements étaient sombres.

Et après une heure à errer dans cette obscurité épaisse et impénétrable, à se frayer un chemin dans les méandres des couloirs étroits, Black finit par trouver Rienne.

[Black] « …… ! »

Voyant Rienne inanimée, effondrée au sol, il ressentit quelque chose de très étrange.

L'idée que ce spectacle n'était pas normal le rongeait. Sans perdre une seconde, il s'élança du sol, courut vers elle jusqu'à en perdre le souffle, cette unique pensée martelant encore sa tête.

Bien que ses yeux le voient, son esprit rejetait complètement l'idée, comme s'ils évoluaient dans deux réalités distinctes. Il ne pouvait pas accepter la situation qui s'offrait clairement à lui.

Elle ne peut pas mourir.

La princesse était au sol, immobile, et elle ressemblait trop à un cadavre. Il savait mieux que quiconque que les humains meurent facilement. Leur vie est fragile, et la plus petite chose peut l'éteindre en un instant.

Elle ne peut pas être morte.

Mais entendre que Rienne était morte, ça sonnait comme une absurdité totale. Comme une blague atroce, malade, tordue.

[Black] « Hah….. hah… ! »

Lorsqu'il l'atteignit enfin, il eut l'impression que ses poumons allaient se déchirer sous la pression, comme si une bouffée d'air de plus suffirait à les faire éclater. Il ne savait même pas qu'il était capable de produire un son aussi rauque.

Thud !

Il savait qu'il ne pouvait pas être aussi épuisé rien qu'à avoir erré une heure, mais pour une raison quelconque, il s'effondra à genoux — son corps incapable de supporter son propre poids.

Black s'effondra inconsciemment à côté de Rienne, baissa immédiatement la tête et la posa contre sa poitrine pour vérifier. Il avait besoin d'entendre quelque chose, n'importe quoi, qui prouve qu'elle était vivante.

[Rienne] « . . . »

Et bien que ce fût faible, il put entendre le doux bourdonnement de sa respiration.

Elle n'est pas morte.

[Black] « …… Elle va bien. »

Black tendit faiblement les mains, essayant de saisir la princesse Rienne, mais ses bras n'avaient plus aucune force.

La sensation de son corps qui ne coopérait pas lui était étrangère et étrange. Même en essayant de continuer à regarder le visage de Rienne, ses yeux ne cessaient de dériver vers sa chemise de nuit.

[Black] « Quoi….. »

Mais il comprit la raison maintenant.

Sa chemise de nuit était trop sale. Même si elle était blanche et que la saleté se voyait facilement, elle semblait trop sale.

Comme si elle avait saigné.

[Black] « ….. Du sang ? »

Et alors, toute sa tête devint complètement blanche, chaque pensée virant au blanc éclatant.

Ses bras, autrefois faibles et épuisés, se remplirent soudain d'une force renouvelée, agissant contre sa volonté avant même qu'il ne s'en rende compte. Black souleva Rienne dans ses bras, écarta sa chemise de nuit.

Il y avait des taches de sang sur sa peau blanche nue, mais il ne trouva aucune blessure.

[Rienne] « Ah…. Mm…….. »

Rienne marmonna, les lèvres à peine mobiles, les yeux luttant pour s'ouvrir.

Agissant par instinct, Black empoigna le visage de Rienne, la forçant à croiser son regard.

[Black] « Princesse ? Vous êtes réveillée ? Pouvez-vous me dire où vous avez mal ? »

[Rienne] « Ah… Mon seigneur……. »

[Black] « Je ne trouve aucune blessure. Avez-vous mal quelque part ? »

[Rienne] « . . . »

En cet instant bref, quand leurs yeux se croisèrent, l'expression de Rienne changea. Plutôt que d'être heureuse de le voir, un étrange mélange d'inquiétude, d'hésitation et de peur apparut dans ses yeux.

[Black] « Dites-moi où vous avez mal. »

[Rienne] « Je….. ne suis…. pas…. blessée…… Mais, je veux… vous dire… quelque chose… »

Sa voix était si faible, comme un souffle d'air, brûlant son cœur en l'entendant.

[Black] « Quoi que ce soit, vous me le direz plus tard. Si vous n'avez pas mal, il faut qu'on parte. »

Black passa son bras sous les jambes de Rienne, la souleva en la relevant du sol. Il craignait que son dos n'ait été blessé comme la fois précédente, mais ils ne pouvaient pas se permettre d'attendre que Rienne reprenne ses esprits.

Pas, pas, pas !

Même le bruit de ses pas rapides résonnant sur le sol de pierre ne semblait pas réel.

Mais la chose la plus irréelle de toutes, c'était Rienne, qui paraissait si faible en ce moment, le visage exsangue et pâle. Cela le troublait et l'angoissait, et ces sentiments ne faisaient qu'aggraver son agitation.

Il ne supportait pas ce malaise qui bouillonnait en lui.

Pourquoi est-ce que ça devait arriver à la princesse…..

Je ne suis pas revenu pour voir ça. Ce n'est pas ce que j'ai dit que je retrouverais !

[Rienne] « Je… dois vous… dire….. »

Rienne attrapa le col de Black, les mains glacées, la voix fatiguée — chargée d'épuisement.

[Rienne] « Je voulais… le dire, mais je….. l'évitais….. »

Au son de sa voix essoufflée, Black s'arrêta net. Hésitant, il posa l'oreille près des lèvres de Rienne.

Et d'une voix douce et timide, elle dit —

[Rienne] « Je voulais… vous dire…… qu'il n'y a…. pas d'enfant……. »

[Black] « ……. ? »

Laissant Black dans la confusion, la main de Rienne retomba sans vie tandis qu'elle fermait les yeux, replongeant dans l'inconscience comme si elle venait d'accomplir la seule chose qu'elle voulait faire.

*

Rienne n'était pas blessée.

Elle était juste épuisée d'avoir marché si longtemps le ventre vide. Et en récompense de son épuisement, Rienne dormit très longtemps. Aussi immobile et silencieuse que les morts.

[Rienne] « …. Mm…. »

Et ironiquement, c'était à nouveau l'aube lorsque Rienne se réveilla. Il était encore un peu tôt, donc la plupart des gens dormaient probablement encore.

Comme Mme Flambard.

La seule différence, c'est que Mme Flambard ne dormait pas dans sa propre chambre, mais s'était endormie appuyée contre le coin du lit de Rienne, veillant sur elle depuis le côté.

[Mme Flambard] « ……. Ah, Princesse ! Vous êtes réveillée ? »

Entendant Rienne remuer, Mme Flambard se précipita à son côté, les yeux écarquillés.

Rienne lutta contre le tremblement de ses paupières, forçant ses yeux à s'ouvrir avec une grande difficulté.

[Mme Flambard] « Comment allez-vous ? Vous vous sentez bien ? »

[Rienne] « Ah… Oui, je crois. »

[Mme Flambard] « Hah, je suis si soulagée. Si, si soulagée. »

La femme joignit les mains, les ouvrant et les refermant en poussant un profond soupir.[Mme Flambard] « Quand on m'a dit ce qui se passait, j'ai cru qu'il vous était arrivé quelque chose d'affreux, Princesse. J'ai été si choquée que j'ai failli oublier d'appeler un médecin. »

[Rienne] « Médecin…… ? »

Avant de perdre connaissance, Rienne s'efforça de se souvenir de ce qui s'était passé, triant ses souvenirs confus.

[Rienne] « Comment suis-je revenue ici ? Je crois que je me suis perdue mais….. je ne me souviens pas de ce qui s'est passé après. »

[Mme Flambard] « Ah, vous ne vous souvenez pas ? Quelqu'un vous a portée ici, Princesse. »

[Rienne] « Seigneur Tiwakan….. ? …… Ah. »

Un souvenir vague et brumeux lui revint.

Perdue et confuse, épuisée et vidée, Rienne avait été retrouvée par Black.

Elle avait cru rêver en le voyant, alors elle s'était mise à parler de toutes ces choses qu'elle n'avait pas eu le courage de dire dans la vraie vie.

Et c'est à ce moment-là qu'elle lui avait dit qu'il n'y avait pas d'enfant.

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