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A Barbaric Proposal

Chapitre 50

A Barbaric ProposalA Barbaric Proposal
Chapitre 50

Chapitre 50

Chapitre 50/7071%~14 min de lecture2 701 mots

Rienne ferma les yeux.

Cet instant lui était tout aussi précieux.

Bien qu'elle ait vécu dans le vaste château de Nauk depuis son plus jeune âge, il ne lui avait jamais semblé être un foyer. Il était trop grand, trop vide.

Ce ne fut qu'après l'arrivée de Black, lorsqu'il combla ce vide, que le château recommença à sembler habité. Comme un vrai foyer.

Rienne tendit la main, attrapant le bas du vêtement de Black d'une main tremblante.

[Rienne] « Est-ce…… seulement possible ? »

[Black] « C'est le cas. Si tu le désires, Princesse. »

[Rienne] « Moi….. Même si je le voulais, je n'en aurais pas le droit. Je ne peux toujours pas permettre que tu fasses du mal aux Kleinfelder….. »

[Black] « Je n'ai aucun intérêt à les tuer par vengeance. »

[Rienne] « Mais comment est-ce possible ? Ton père a été tué sous tes yeux. Et ton nom t'a été retiré si longtemps. »

[Black] « Je désire un foyer plus que cela. Si renoncer à la vengeance est le moyen de l'obtenir, c'est un choix simple pour moi. »

[Rienne] « ….. Ce n'est pas possible. Toi…. tu ne peux pas….. »

[Black] « Qu'est-ce qui te rend si certaine ? »

Black sourit.

[Black] « Imagine que tu as huit ans, Princesse. Il ne te reste plus rien et tout ton corps souffre, mais tu ne peux pas t'arrêter de bouger parce que tu es terrifiée à l'idée que quelqu'un puisse être juste derrière toi, à te traquer. »

[Rienne] « . . . »

[Black] « Tu as si faim et si froid que tu finis par faire de la fièvre. Et tandis que ton corps tremble, tu commences à imaginer des choses sans but. À cet instant, qu'est-ce que tu désirerais le plus au monde ? »

Elle ne put répondre.

Rienne n'avait jamais enduré une telle épreuve, elle n'était donc pas qualifiée pour répondre à sa question.

[Black] « À ce moment-là, plus que tout, tout ce que je voulais, c'était un foyer. »

[Rienne] « …… Moi….. »

Rienne fit un pas en avant, enfouissant son visage dans la poitrine de Black. Elle voulait lever les yeux vers lui pour voir son visage, mais en même temps elle ne le voulait pas. Elle avait peur qu'en le regardant maintenant, il soit trop facile d'y deviner l'enfant de huit ans qu'il avait été.

[Rienne] « Si je n'arrive toujours pas à avoir confiance en toi…… qu'est-ce qui arrivera alors ? »

[Black] « Je ne sais pas…….. Mais cela ne changera probablement pas grand-chose. »

Black leva la main, caressant doucement la tête de Rienne. En faisant cela, il baissa la tête, sa bouche se crispant. Puis, il parla doucement, ses lèvres contre son oreille.

[Black] « Tu as promis de m'accepter, Princesse. »

[Rienne] « Mais je n'y parviendrai peut-être pas, quoi que j'essaie. »

[Black] « Non. Tu as dit que tu le ferais. Alors à partir d'aujourd'hui, toi et moi, nous retournerons à cet instant, Princesse. Tu dormiras dans le même lit que moi et quand tu ouvriras les yeux, tu devras accepter les baisers que je te donnerai. »

[Rienne] « Et si je n'arrive toujours pas à te faire confiance ? »

[Black] « Je peux attendre. Tant que nous vivrons ensemble, si rien ne se passe d'ici à ce que tu deviennes grand-mère, alors tu pourras croire en moi. »

[Rienne] « . . . »

En entendant de tels mots de sa part, elle ne put plus retenir ses larmes.

Rienne enlaça Black. Et en réponse, Black serra Rienne contre lui, l'embrassant sur le sommet de la tête.

[Rienne] « Une grand-mère…… Tu vois trop loin. »

[Black] « Tous les humains vieillissent. »

[Rienne] « Pourtant…….. Je déteste déjà y penser. »

[Black] « C'est ainsi ? »

Avec un mouvement délicat et doux, Black blottit son visage dans les doux cheveux au sommet de la tête de Rienne.

[Black] « Cela me fait plaisir de t'entendre détester quelque chose, Princesse. »

Elle avait dit qu'elle n'aimait pas qu'il demande la permission avant de l'embrasser, et maintenant elle lui disait d'arrêter de l'imaginer en vieille dame si tôt.

Comme une querelle calme et confortable entre deux amants passionnés et attachants.

[Rienne] « ……. Moi aussi, je ressens la même chose. »

[Black] « Je n'ai pas dit que je détestais quelque chose. »

[Rienne] « Je sais. Mais………. Je suis heureuse. »

Je suis heureuse que tu ne détestes rien chez moi.

Elle lui avait dit de laisser en vie son ennemi le plus haï, et qu'elle finirait par donner naissance à un enfant qui partagerait ce sang misérable, mais cela n'avait pas suffi à le faire la haïr.

Cela n'avait aucun sens, si bien qu'elle en était venue à douter de lui au point de tout retourner complètement. Mais lui, il ne ressentait aucun mépris pour elle.

Elle éprouvait une honte profonde, mais elle se sentait aussi incroyablement heureuse.

Black semblait comprendre les mots que Rienne gardait au fond d'elle. Il se retira brusquement d'elle, pour l'embrasser sur les lèvres l'instant d'après.

Le baiser qui semblait piquer ses lèvres était d'une douceur terrifiante.

*

* * *

*

[Rienne] « C'est une bonne chose que j'aie suivi ton conseil, madame. »

Rienne retira ses mains de l'ourlet de la tenue de mariage de Black.

L'ourlet devait être ajusté et brodé considérablement, mais Mme Flambard avait insisté pour qu'ils utilisent un tissu plus cher car cela ferait un beau cadeau.

En regardant le résultat fini, elle fut émerveillée de voir à quel point c'était réussi.

[Mme Flambard] « La broderie n'est-elle pas bien plus belle comme ça ? Bien sûr qu'elle l'est. Bien joué, Princesse. »

[Rienne] « C'est magnifique. »

Les joues de Rienne se teintèrent naturellement de rose un instant, imaginant à quel point Black serait beau dans ces vêtements.

[Mme Flambard] « Il s'est passé quelque chose de bien, Princesse ? »

[Rienne] « Ah, pardon ? »

Ses pensées étaient un peu partout, ce qui fit que Rienne se tourna vers Mme Flambard avec une expression confuse.

[Rienne] « Quelque chose de bien ? Pourquoi me demandes-tu cela ? »

[Mme Flambard] « Ton teint est très différent de ce matin. »

[Rienne] « Oh….. »

C'était un peu gênant…… de savoir que cela se voyait si évidemment sur son visage.

[Rienne] « C'est parce que….. je pense que les malentendus ont été résolus. »

[Mme Flambard] « Il y a eu un malentendu, Princesse ? »

Alors que le visage de la femme changeait rapidement, Rienne réalisa qu'elle avait dû prendre ses mots différemment.

[Rienne] « Non, pas entre nous, madame……. Je veux dire avec Seigneur Tiwakan. »

[Mme Flambard] « Oh…… ? Vraiment ? Alors, si la situation est résolue…….. »

[Rienne] « Oui. »

Détournant légèrement le regard, un sourire timide apparut sur le visage de Rienne.

[Rienne] « Seigneur Tiwakan n'a aucune intention de se venger. Je ne l'ai pas cru au début, mais cela avait plus de sens quand il me l'a expliqué. »

[Mme Flambard] « Est-ce ainsi ? Peux-tu croire quelque chose d'aussi grand….. simplement sur sa parole ? »

[Rienne] « C'est pour cela qu'il le cachait. Il devait savoir que les mots seuls ne suffiraient pas. »

[Mme Flambard] « Oh, c'est donc ce qui s'est passé. Le vieil homme qui a été amené au château t'a-t-il dit quelque chose d'utile ? »

[Rienne] « C'est….. »

En pensant au vieil homme, il y avait encore quelques choses qui n'avaient aucun sens.

Il avait dit que c'était la famille Arsak, pas les Kleinfelder, qui était la source de la vengeance qui mènerait à l'effusion de sang. Il avait dit que c'était à cause de la sécheresse, mais on avait l'impression qu'il tournait autour de la vérité.

Mais en y réfléchissant plus rationnellement, elle se demandait s'il était même possible qu'un vieillard aussi malade et mendiant connaisse la vérité sur ce qu'avaient fait les Kleinfelder.

Peut-être le vieil homme n'était-il au courant que du fait que la famille Henton avait été anéantie et que seul leur plus jeune fils avait réussi à échapper au carnage.

Peut-être était-il un connaissant ou un parent éloigné de la famille Henton ? Il était possible qu'il se contente de rejeter la faute sur les autres parce qu'il ne pouvait pas accepter la vérité de ce qui s'était passé. Il existait des gens comme ça.

[Rienne] « Oui. Il se souvenait de l'ancien nom de Seigneur Tiwakan. »

[Mme Flambard] « Mon Dieu. Alors il était vraiment de Nauk ? »

[Rienne] « Oui. »

[Mme Flambard] « Alors, les pourparlers de fiançailles avec toi, Princesse……… »

[Rienne] « Je ne pense pas que ces conversations aient jamais été officialisées. Ils n'étaient probablement pas une famille très connue, alors peut-être n'espéraient-ils qu'une promesse de mariage…… Hum. Peut-être est-ce ainsi qu'ils ont attiré la colère des Kleinfelder. »

[Mme Flambard] « Excusez-moi ? Avez-vous dit les Kleinfelder ? »

[Rienne] « Je pense que les Kleinfelder sont responsables de la destruction de la famille Henton. »

[Mme Flambard] « Henton…… ? »

[Rienne] « Oui. C'était la famille de Seigneur Tiwakan. Les connais-tu ? »

[Mme Flambard] « Non, je ne les connais pas….. mais ça me dit quelque chose. Henton…….. Je me demande si mon fils ne les connaîtrait pas. Depuis qu'il est petit, il a le don de mémoriser le moindre détail. »

[Rienne] « Ah, tu as dit qu'il était au royaume de Sharka ? »

[Mme Flambard] « Oui, il est parti y faire ses études. Il a dit qu'il deviendrait érudit et ferait des recherches grâce à des subventions royales. Je suis sûre qu'il ne rêve même plus de revenir à Nauk maintenant. Mon fils a probablement l'intention de mourir en citoyen du royaume de Sharka. »

[Rienne] « ……. Tu dois beaucoup lui manquer. »

[Mme Flambard] « Tous les enfants sont comme ça. La plupart des hommes ne considèrent pas l'endroit où ils sont nés comme un foyer, mais préfèrent partir en trouver un à eux. »

[Rienne] « Est-ce ainsi ? »

Entendre ces mots la remplit d'une étrange sensation.

Quand cet homme lui avait dit qu'elle était la chose la plus proche du foyer qu'il désirait, une sensation contradictoire de chaleur et de douleur s'était propagée en elle.

C'était comme s'il disait qu'après avoir erré si longtemps avec un corps si blessé et épuisé, elle était sa destination. Ces mots étaient si lourds et signifiaient tant.

…….. Mais moi, alors ?

Pendant ce temps, elle mentait à cet homme depuis tout ce temps juste pour protéger ce qui était à elle.

[Mme Flambard] « Mais Princesse, je ne comprends pas tout à fait. »

Bien qu'elles se soient un peu égarées en parlant de son fils, la conversation revint rapidement sur le sujet principal.

[Mme Flambard] « Si la maison Kleinfelder est son ennemie, alors ses intentions derrière sa demande en mariage ne sont-elles pas trop évidentes ? Et l'enfant……. Il doit savoir qu'il fait partie de la lignée des Kleinfelder. »

[Rienne] « Je sais ce que tu penses. J'ai eu exactement la même pensée. »

[Mme Flambard] « Ce n'était pas son intention ? »

[Rienne] « Il a dit qu'il ne voulait pas me perdre à cause de la vengeance. »

[Mme Flambard] « C'est….. »

[Rienne] « Je lui ai dit que les Kleinfelder ne pouvaient pas mourir. Si cela arrivait, les autres nobles ne resteraient pas les bras croisés et Nauk serait déchiré en deux par la guerre qui s'ensuivrait. »

[Mme Flambard] « …….. Alors tu devrais le lui dire. »

Écoutant attentivement l'explication de Rienne, la femme parla fermement.

[Rienne] « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

[Mme Flambard] « Dis-lui que tu n'as jamais été enceinte d'un enfant des Kleinfelder. »

[Rienne] « Oh…… »

[Mme Flambard] « Dis-le maintenant, Princesse. Ainsi, tu pourras concrètement savoir ce qu'il pense. S'il est prêt à mettre de côté sa rancune pour toi, Princesse, alors il sera simplement heureux d'apprendre que tu n'attends pas d'enfant, non ? »

Elle n'avait pas tort.

[Mme Flambard] « Mais d'un autre côté, s'il souhaite réellement nuire à l'enfant, alors sa vraie nature sera révélée. »

[Rienne] « …… Tu as raison. »

Mais il y avait encore quelque chose qui pesait sur son cœur.

Après qu'elle le lui dise, il saura qu'elle lui a menti tout ce temps………. Il se sentirait probablement déçu, voire trahi.

[Mme Flambard] « Et même en ignorant tout cela, c'est un coup dur pour lui. Imagine ce qu'il doit ressentir, mettre de côté une telle haine pour cette famille juste pour toi, Princesse. Et s'il tient vraiment à toi, les autres émotions qu'il doit endurer ne sont-elles pas encore plus douloureuses ? Être forcé d'élever l'enfant de son ennemi comme le sien ? C'est trop horrible à imaginer. »

[Rienne] « Tu as tout à fait raison. Je lui fais quelque chose de vraiment terrible. »

[Mme Flambard] « Alors dis la vérité le plus vite possible. »

[Rienne] « … Oui. Je pense que ce serait le mieux. »

La femme tapota le dos de la main de Rienne, affichant un visage soulagé qu'elle ait enfin fait son choix.

[Mme Flambard] « Oui, fais-le. Je suis sûre que tout se passera bien. »

[Rienne] « Je sais. »

Elle se sentait un peu inquiète…….. mais elle devait le dire. Elle le devait.

Cet homme faisait quelque chose qu'aucun autre homme ne pourrait faire facilement. Même s'il répétait que ce n'était pas grave, cela ne voulait pas dire que ce n'était pas difficile.

Se raidissant, Rienne hocha la tête.

Puis, elle et Mme Flambard enveloppèrent soigneusement la tenue de mariage qu'elles venaient de finir à la dernière minute, la recouvrirent d'un tissu propre et la rangèrent dans une armoire, se préparant pour la nuit.

*

* * *

*

[Mme Flambard] « Pourquoi sors-tu une autre couverture, Princesse ? »

Rienne s'arrêta face à la question soudaine et curieuse de la femme.

C'était une question très inconfortable.

[Rienne] « Ah, bien………. Nous avons décidé de dormir dans le même lit à partir d'aujourd'hui. »

[Mme Flambard] « Comment ça ? »

[Rienne] « C'est un peu compliqué à expliquer……. Mais….. Il y a une raison. »

Il serait trop difficile d'expliquer et encore plus difficile de faire comprendre toutes les promesses impliquées.

Ce n'était pas parce qu'elle était embarrassée ou trop honteuse pour le dire. C'était juste qu'elle et Black partageaient une tour d'émotions l'un avec l'autre. Il serait déraisonnable de montrer du doigt le sommet et de demander à quelqu'un de comprendre sans qu'il n'ait vu le processus de construction.

[Rienne] « Seigneur Tiwakan ne convoite en rien mon corps, alors tu n'as pas à t'inquiéter pour ça, madame. » (1)

[Mme Flambard] « Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. »

La femme secoua la tête nerveusement.

[Mme Flambard] « Quel droit ai-je de faire la morale à ceux qui ont déjà arrangé leur mariage au sujet de partager un lit ? Je voulais seulement mentionner que tu as actuellement tes règles, Princesse, donc il vaudrait mieux éviter de dormir ensemble. »

[Rienne] « Ah….. »

Face à ce rappel inattendu d'un problème tout aussi inattendu, Rienne fronça les sourcils.

[Rienne] « Je n'ai pas mal grâce au médicament, alors ça m'avait complètement échappé. »

[Mme Flambard] « Oh, ma pauvre. »

[Rienne] « Que dois-je faire ? »

Après un moment de réflexion, Mme Flambard hocha la tête.

[Mme Flambard] « En fait, cela tombe à pic pour toi. Tu vas tout lui dire ce soir. Dis que tu n'es pas enceinte, et que tout était simplement dû à tes règles. »

[Rienne] « Oh…. Je suppose que je devrais. »

Je ne pense pas être mentalement prête pour ça.

Mais je ne devrais plus tarder…….. N'est-ce pas ?

* * *

NdT : (1) Le texte original utilise le terme exact de « voler » son corps, c'est-à-dire s'imposer à elle par la force.

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