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A Barbaric Proposal

Chapitre 19

A Barbaric ProposalA Barbaric Proposal
Chapitre 19

Chapitre 19

Chapitre 19/6032%~13 min de lecture2 509 mots

Sait-il ?

Avait-il déjà deviné et posait-il la question par pure provocation ? Cherchait-il à lui faire tout avouer avant d'aller lui-même à la fenêtre pour l'ouvrir ?

Avec cette pensée en tête, Rienne lutta pour ne pas tourner les yeux vers la fenêtre où Rafit se cachait précieusement sur l'appui.

— Oui, c'est tout.

— C'est bon à entendre.

Bien qu'il semblât tout savoir, il répondit simplement.

— Alors, commencez à prendre les mesures.

— . . .

Elle ne pouvait pas faire ça. Elle devait le faire sortir de cette pièce au plus vite pour pouvoir faire sortir Rafit. Il tiendrait le coup pour l'instant, mais quelqu'un finirait par remarquer Rafit debout devant sa fenêtre.

Et les choses se compliqueraient davantage s'il venait à tomber.

— Allons d'abord dans une autre pièce.

Rienne s'approcha de Black et lui chuchota doucement. Elle avait un peu honte de devoir faire ça, mais pour l'instant, elle devait juste le faire sortir de la pièce.

Elle devait supposer qu'il était au courant de la présence de Rafit. Si c'était le cas, il ne partirait pas simplement après qu'elle ait fini de prendre ses mesures. Il essaierait sans doute de rester pour voir ce qui se passait.

C'est ce dont Rienne le croyait capable.

Tant physiquement que mentalement, Black était vif, perspicace et d'une lucidité extrême. S'il n'avait été qu'un barbare simple d'esprit ne connaissant que la guerre et le carnage, peut-être ne l'aurait-elle pas trouvé si dangereux et pourtant si fascinant.

— Pourquoi ?

Et comme elle s'y attendait, il demanda pourquoi il devrait partir. Rienne baissa la voix. Ce fut un chuchotement doux, comme la voix d'une tentatrice.

— Ma dame de compagnie est dehors.

— . . .

À ces mots, Black fixa Rienne de haut sans un mot. Ses yeux étaient si clairs et francs qu'ils semblaient dévoiler chaque pensée cachée derrière ses traits.

Il baissa la tête vers elle, sa voix tout aussi douce et basse que celle de Rienne.

— Alors renvoyez-la.

— Je ne peux pas.

— Pourquoi pas ?

— Tout son matériel de couture est ici.

— . . .

— Je ne peux pas... la laisser attendre dehors... trop longtemps.

Après avoir dit cela, Rienne sentit son visage rougir.

— ... Ce sont des choses comme ça qui rendent difficile de ne pas penser à vous, Princesse.

Black la rapprocha doucement, sa main encore dans ses cheveux, et elle le suivit sans résistance. Ils étaient déjà si proches, mais le moindre espace entre eux se réduisit progressivement. Jusqu'à ce qu'ils soient presque en contact.

— Je ne sais pas comment cela va tourner.

— Que voulez-vous dire... ?

— Où devrions-nous aller ?

Saisissant ses bras de ses mains, Black lui chuchota tendrement.

— La... pièce d'à côté.

Il fit pivoter leurs deux corps.

*Boum !*

Il marchait si vite qu'avant même que Rienne ne réalise ce qui se passait, elle entendit le bruit d'une porte qui s'ouvrait.

La pièce d'à côté était bien plus proche qu'elle ne le pensait.

*Claquement !*

Le bruit de quelque chose qui s'écrasait contre le mur de toutes ses forces retentit dans l'air, mais ce n'était pas le corps de Rienne. Elle ne ressentit pas la moindre douleur. Ce n'est qu'alors que Rienne comprit que Black l'avait déjà ceinte de ses bras, ses paumes soutenant son dos avant qu'elle ne touche le mur.

Dès que la porte se referma derrière eux, leurs lèvres se trouvèrent. Sentant Black baisser la tête et pencher son corps vers le sien, la tête entière de Rienne devint blanche de chaleur.

Instinctivement, elle tendit les bras vers lui, ses bras pendants mollement autour de son cou. L'attrapant d'un bras, Black la souleva sans effort dans les airs et la tira vers lui.

Tout semblait si chaud. C'était comme si tout son corps était devenu du bois sec.

Il ne fallut qu'une étincelle pour que tout commence à brûler.

— Ah, attends...

— Ça ne te plaît pas ?

— Non, ce n'est pas ça que je...

— Reste tranquille alors.

Bien que ses pieds ne touchent pas le sol, Rienne ne se sentit pas nerveuse. Ses mains étaient posées fermement sur ses épaules larges et fortes, et tout ce qu'elle voulait, c'était continuer à s'accrocher. Cela lui donnait envie de rester proche.

— . . .

Laissant échapper un souffle doux, Rienne resserra son étreinte sur ses épaules. Sentant son corps trembler, Black marqua une pause, mais ne s'arrêta pas immédiatement.

Il retira lentement ses lèvres, les faisant glisser sur la peau sensible de Rienne.

— Es-tu mal à l'aise ? (1)

— N... non.

— Alors... as-tu peur ?

Elle l'était. C'était effrayant.

Elle ne savait pas ce qui allait suivre et elle avait l'impression que son corps ne lui appartenait plus.

— Juste un peu...

— . . .

.... Ce fut au tour de Black de soupirer. Rienne sentit son souffle chaud contre son cou. Une chaleur qui lui monta à la tête et embrasa son esprit.

— N'aie pas peur.

Marmonnant presque pour lui-même, Black relâcha son étreinte sur Rienne et la laissa délicatement retrouver le sol. Au moment où ses pieds touchèrent terre, ses jambes devinrent soudain très lourdes.

.... Non... ce n'est pas ce que je voulais dire quand j'ai dit que j'avais peur... tu me comprends mal...

Mais elle ne pouvait pas non plus lui demander de la soulever et de l'embrasser à nouveau. Même si Black était son amant, elle était bien trop gênée pour formuler une telle demande.

— J'ai dû aller trop vite.

L'avait-il ? Rienne n'en était pas sûre.

Tout ce dont elle se souvenait, c'était cette sensation de brûlure infinie qui parcourait son corps. En y repensant, ils n'allaient pas exactement lentement, mais cela ne signifiait pas qu'il était le seul à aller vite.

Si elle avait été à sa place, elle aurait peut-être été encore plus impatiente.

— Ça va...

Rienne chuchota plus bas qu'un moustique, les yeux baissés vers le sol. Après avoir eu les lèvres dangereusement enlacées aux siennes quelques instants plus tôt, il était trop embarrassant de le regarder droit dans les yeux.

— Es-tu vraiment bien ?

Mais soudain, Black remplit tout son champ de vision, même alors qu'elle baissait les yeux.

Il était à genoux devant elle, sa tête juste en dessous de sa poitrine tandis qu'il la regardait vers le haut. Paniquée, Rienne couvrit vite ses yeux de ses mains pour éviter son regard.

— Qu... que fais-tu ?

— Tu dis que tu vas bien, mais tu n'en as pas l'air.

— Non, vraiment, je vais bien.

— Vraiment ?

— Oui.

— Alors pourquoi me caches-tu les yeux ?

— C'est...

Elle savait exactement pourquoi.

Même si ce n'était pas la première fois qu'ils s'embrassaient, pour une raison quelconque, Rienne se sentit extrêmement timide à cet instant. Plus que cela, ils étaient encore assez proches pour que Rienne puisse facilement tendre la main et lui couvrir les yeux.

Avant, chaque fois que Rienne se sentait embarrassée ou timide, elle fuyait ou se mordait la langue. Mais là, elle était en train de lui cacher les yeux avec ses mains au lieu de l'éviter.

C'était un si petit changement qu'elle ne s'en rendit même pas compte.

— Je te laisse partir alors ne me regarde pas comme ça.

— .... Si ça te pose problème, soit.

— D'accord.

Alors que Rienne retirait délicatement sa main de ses yeux, elle effleura le côté de son visage un instant en retombant — un geste qui ne différait pas de le toucher.

Mais avant qu'elle ne puisse se retirer complètement, Black saisit vite son poignet et maintint sa paume en place.

— Ce n'est pas si mal non plus.

— Qu'est-ce... que tu veux dire... ?

— Tu me touches, Princesse.

— . . .

Black tira le poignet de Rienne et déposa un baiser sur sa paume.

— Alors j'ignorerai ça pour aujourd'hui.

— Quoi ?

— Le fils illégitime de la famille Kleinfelder.

— .....!

Bien que tout le corps de Rienne se soit raidit comme une statue, Black garda ses lèvres sur sa main tout le temps.

Jamais auparavant Rienne n'avait eu aussi peur d'un homme embrassant sa main avec tant de tendresse.

— Les Tiwakan sont maintenant responsables de la sécurité du château Nauk. Je n'ai aucune raison de laisser partir en toute bonne foi des intrus entrés sans ma permission. Mais pour aujourd'hui...

Il fit glisser doucement ses lèvres sur sa main.

— Pour aujourd'hui, j'ignorerai ça... parce que tu m'as touché, Princesse.

— . . .

Rienne ne put rien répondre. Black lâcha sa main, continuant la conversation comme si de rien n'était.

— Quelles mesures te restaient-il à prendre ?

Juste après qu'il eut dit cela, Rienne réalisa qu'elle n'avait pas apporté le mètre ruban. Au final, ce fut Mme Flambard qui dut finir le travail.

— Comme vous l'avez ordonné, nous l'avons laissé partir pacifiquement.

Phermos avait beaucoup de questions, la plupart relevant de la plainte.

La personne qu'on leur avait dit de laisser tranquille n'était autre que Rafit Kleinfelder lui-même.

Dans un vieux château aux nombreux angles morts, il était bien trop facile pour un rat de s'infiltrer et d'en ressortir sans qu'ils ne s'en aperçoivent. C'est pourquoi cela passa inaperçu un temps, mais Phermos finit par recevoir un rapport.

Il grinçait des deux oreilles quand on lui apprit qu'un rat de la famille Kleinfelder s'était infiltré dans le château. C'était leur opportunité de pressurer cette famille au maximum. Avec l'élan de leur côté, il était dans leur intérêt d'étouffer l'affaire dans l'œuf tant qu'ils en avaient la possibilité.

Mais quand on lui dit que le rat se dirigeait droit vers la chambre de la princesse Rienne, le sourire de Phermos disparut vite...

Parce qu'il comprit que Black n'était pas content.

Au lieu de sourire, il paraissait extrêmement troublé. Son expression figée le montrait clairement.

En remarquant cela, Phermos aurait juré sur le Dieu de la Guerre lui-même que c'était la première fois qu'il voyait Black peiner ainsi à contenir ses émotions.

Il était évident que le rat de la famille Kleinfelder n'était autre que le commandant des chevaliers, bien vivant. Il semblait qu'il se dirigeait vers la chambre de la princesse Rienne pour retrouver secrètement sa bien-aimée.

Clairement, la princesse Rienne ne pouvait pas l'oublier si facilement.

Cela dit, à être juste, cela aurait été suspect qu'elle l'oublie trop vite. Ils avaient été ensemble un certain temps, et il était certain que l'homme n'avait aucune intention de la laisser partir. Il était même allé jusqu'à venir au château malgré le risque pour sa vie.

Et par-dessus tout, il était le père de l'enfant de la princesse Rienne. Contrairement à la princesse, il ne choisirait pas de la quitter si facilement vu les circonstances.

Le problème, c'est que Black avait besoin de confirmer les choses de ses propres yeux et oreilles. Toutes ses pensées étaient lisibles sur son visage.

.... Ce n'est pas possible. Ça doit être une erreur. Ils auraient déjà dû passer à autre chose. (2)

En voyant de telles émotions transparentes chez lui, Phermos comprit que le cœur de Black penchait déjà vers la princesse Rienne.

Mais avoir ses faveurs ne lui donnait pas le droit de retrouver secrètement son ancien amant quand bon lui semblait. Bien que Phermos sache que Black n'avait jamais eu de femme à ses côtés, il croyait qu'il n'était pas du genre à se laisser manipuler ainsi.

Après tout, c'était un homme de conviction. Une personne implacable et forte.

Phermos pensait vraiment que c'était le jour où la clémence de son Seigneur envers la princesse Rienne s'épuiserait. En plein milieu de leurs fiançailles, elle avait amené un autre homme dans sa chambre. Si c'était comme ça, il était certain qu'une tête volerait.

Mais ce ne fut pas ainsi que les choses se passèrent.

Comme par hasard, un message arriva peu après.

La princesse Rienne réclamait la présence de son Seigneur.

Pendant que Phermos était encore occupé à essayer d'organiser ses pensées sur ce qui se passait, Black était déjà parti en hâte. Pour la princesse Rienne, c'était vraiment...

De la chance... ou de l'intelligence.

Son Seigneur avait raison sur un point : la princesse Rienne était une femme difficile à cerner. Phermos ne pouvait dire si elle était vraiment aussi innocente et douce qu'elle en avait l'air... ou si elle avait simplement perfectionné son masque.

— J'ai été informé que le rat a regagné son nid la tête sur les épaules. À propos... (2)

Après être revenu de chez la princesse Rienne, Phermos ne put s'empêcher de remarquer comme Black lui ressemblait — le visage perdu dans ses pensées avec une expression qu'il ne contrôlait pas.

— ... Êtes-vous certain de vouloir ignorer cela ?

Phermos ne put retenir la question plus longtemps.

— .... Juste cette fois.

Après un long moment, Black répondit enfin. Ce qui voulait dire que ce n'avait pas été une décision facile à prendre.

— Puis-je demander pourquoi... ? Non, en fait je suis très curieux. Il n'est pas sage de laisser les Kleinfelder tranquilles comme ça. Leur milice privée ne nous pose pas problème, mais comme vous le savez, les rats sont alliés au royaume de Sharka.

— J'ai décidé de laisser les choses en l'état cette fois.

— Mais... je veux dire... pourquoi feriez-vous... ?

— On m'a donné quelque chose.

— Donné quelque chose... ? Par qui ? Les Kleinfelder ?

Bien que les chances que les Kleinfelder l'aient réellement payé soient faibles, Phermos demanda quand même. C'étaient les seuls à en avoir les moyens.

— Pas eux.

— Alors qui... ?

— C'était la Princesse.

En répondant, ses mots suintaient l'agacement. Phermos sentit au fond de lui qu'il était temps d'arrêter cette ligne de questionnement. Bien qu'il brûle de savoir ce que la Princesse avait donné à son Seigneur, il décida d'avaler sa curiosité.

Bien sûr, ce fut probablement mieux que Phermos reste curieux. Comment réagirait-il s'il apprenait que la compensation reçue par Black n'était que la Princesse touchant son visage ?

— Bien... J'espère que ce que la Princesse t'a donné vaut la perte de l'opportunité d'aujourd'hui. Mais avec tout le respect que je te dois, Sire... cela ne fera que continuer si tu restes trop doux avec elle.

Phermos s'attendait à se faire gronder pour l'audace de ses mots, mais Black répondit fermement.

— ... Non, je ne pense pas.

— Qu'est-ce qui te rend si certain ?

— Parce que la Princesse n'a pas fait appel à lui.

— Comment le sais-tu... ?

— Si c'était son intention, elle n'aurait pas fait appel à nous deux en même temps si elle voulait être maline.

Phermos était confus lui aussi. Si c'était le cas, la princesse Rienne était-elle vraiment aussi innocente qu'elle en avait l'air ? Est-ce cela qui faisait que le cœur de son Seigneur fondait comme du pudding ?

— Alors... cela veut-il dire que tu fais confiance à la princesse Rienne ?

Seulement

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