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29-sai Dokushin wa Isekai de Jiyuu ni Ikita......katta.

Chapitre 36

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Chapitre 36

Chapitre 36

Chapitre 36/8045%~30 min de lecture5 806 mots

Voilà ce que je pense : la situation est encore plus grave que prévu, tel fut mon impression après avoir fait le tour du village guidé par Thorn et les siens.

On voit clairement que la palissade en bois a été construite à la hâte, les champs sont piétinés et en piteux état, la plupart des maisons sont à moitié effondrées ou à moitié brûlées.

Dans les habitations qui ne semblent pas pouvoir abriter convenablement du vent et de la pluie gisent plusieurs blessés qui gémissent, et ceux qui les soignent ont l'air exténués eux aussi.

Et par-dessus tout.

« Hmm, la douleur des regards dépasse de loin mes prévisions. »

« C'est normal, beaucoup ont été chassés de leurs foyers ou ont perdu leur famille à cause des humains. »

Tout en disant ça, Malkina change de position pour s'intercaler entre les villageois qui me lancent des regards sévères et moi. C'est un bon gars, lui.

Sans Malle, j'aurais pu tomber amoureux, c'est dommage.

Sherry garde un peu de distance, mais Karen reste collée à moi, sans doute par la même attention. Quelle brave fille.

« Où allez-vous ? »

« D'abord l'entrepôt, on y sortira la nourriture et les médicaments. On dépecera le troll derrière l'entrepôt. »

Thorn et les autres m'entourent aussi. Bon, vu que la nourriture et les médicaments manquent, le cœur des gens doit être rude… pensai-je, quand des demi-humains armés nous barrèrent le chemin.

Le plus imposant, c'est un ours à la carrure robuste.

Non, plus précisément un homme-ours… mais il ne diffère pas beaucoup d'un ours tout court. Il tient une masse d'armes comme en utilisent les oni, c'est pour ça qu'on devine à peine que c'est un demi-humain.

À ses côtés, une femme aux oreilles de tigre armée d'une lance, et une femme au corps de cheval avec un buste humain, celle-là c'est un centaure j'imagine. Elles portent une naginata et un arc court.

Qu'est-ce que c'est que ces demi-humains ? Il y a ceux qui ont un corps humain avec des parties animales, et ceux qui sont des bêtes bipèdes, les deux types coexistent.

Bon, je vais appeler les premiers "demi-humains humanoïdes" et les seconds "hommes-bêtes". C'est décidé. Si je le dis à voix haute, on risque de m'engueuler, mais tant pis.

« Tu as fait une drôle de trouvaille, Thorn. Pour une proie du jour, il a l'air bien maigrichon, non ? »

« Pas du tout. Laisse-nous passer, Deborah. »

En entendant la voix de l'ours, alias Deborah, j'ai un instant douté de mes oreilles. C'était une voix de femme adulte, terriblement sensuelle. Quel écart, pour un ours.

Dossun, dossun, l'ours s'approche de moi en faisant trembler le sol. Quoi, tu vas me croquer, moi ?

Il est énorme, largement deux mètres. Je ne suis pas petit, mais je dois lever la tête.

Il me fixe, alors je le fixe en retour. Il a des yeux ronds, surprenamment. Il ne me laisserait pas le caresser, par hasard ?

« Hm… il ne semble pas hostile. Qu'est-ce qui t'arrive, gamin ? »

« Il dit qu'il veut devenir notre mécène. »

« Ha ? »

Deborah laisse échapper une voix dépourvue de force.

Mais "gamin", quand même. Ah, c'est vrai, j'ai l'air d'avoir dix-neuf ans maintenant. J'oublie tout le temps.

En chemin, Thorn commence à expliquer la situation à Deborah. Quand il en arrive à la fondation du pays, Deborah lui lance un regard indéfinissable, mais elle semble avoir globalement accepté.

« Laisse les histoires à dormir debout, les vivres m'intéressent. »

Elle n'a pas accepté du tout. C'est mes vivres qu'elle veut ! Rageant !

Et puis, balayer ça d'un revers de main comme "histoires à dormir debout", c'est un peu rapide, non ? Je vous le ferai regretter, especies de…

Je jette un œil à la fille-tigre et à la centaure, mais quand nos regards se croisent, elles me fusillent d'un air encore plus sévère. Quoi encore, je ne leur ai rien fait, moi.

Pendant ce temps, nous atteignons ce qui ressemble à un entrepôt.

Deux petits demi-humains aux oreilles de souris gardent l'entrée. Confier la garde d'un entrepôt à des souris, quel culot.

« Thorn-san, bienvenue… gyaa !? Un humain !? »

Ils hurlent en chœur, surpris. En y regardant de près, leurs visages sont identiques au point qu'on ne pourrait pas les distinguer. Des jumeaux ? Des souris, donc pas juste jumeaux, peut-être "multiples" ?

De toute façon, ce genre de réaction va durer toute la journée, alors je l'ignore élégamment et balance le cadavre du troll là.

Laissant Thorn discuter avec les jumeaux-souris, je demande des instructions à Relics, l'homme-chat.

« Ah, débrouille-toi pour le sortir quelque part. Moi, je vais rassembler de la main-d'œuvre. »

Sur ces mots, Relics fait demi-tour. Je le regarde partir, puis je sors le cadavre du troll du Stockage.

Hum, dépecer cette masse va être du travail. Je pourrais le faire via le menu du Stockage, mais pas la peine d'aller jusque-là.

Une fois l'accord conclu, on nous guide à l'intérieur de l'entrepôt, et j'en sors la nourriture en quantité.

« Il en sort pas mal… »

« Récemment moins, mais quand je viens d'arriver à la capitale, je pouvais devenir ennemi du pays et devoir fuir. J'ai fait des provisions à ce moment-là. »

Tout en répondant à la remarque de Thorn, je sors du pain durci, de la viande séchée, des fruits secs, des légumineuses, des légumes séchés, des conserves, du fumé, ma propre viande salée. Pas seulement des conserves, mais aussi de la soupe chaude, des brochettes de viande achetées sur des étals.

Il y a même des marmites entières de soupe et de ragoût achetées comme ça, en量 assez importante. Inutile de les laisser refroidir, alors Thorn et les siens se mettent illico à organiser la distribution.

Je sors à peu près tout, sauf les quelques ingrédients de luxe que je veux garder et ceux qui se gâtent vite.

Les conserves au fond de l'entrepôt, ce qui doit être mangé vite devant, ce qui doit être mangé tout de suite devant l'entrée.

Aussi des onguents, antidotes, médicaments contre diverses maladies, rangés à part dans l'entrepôt. Chaque flacon a une étiquette, donc tant qu'on sait lire, le tri ne posera pas de problème.

Bandages, tissus propres, tonneaux d'eau, je les lâche aussi. Du bois de chauffage, j'en avais un stock, je le sors.

« Voilà, à peu près. C'est quasi vide maintenant. »

« Merci, avec ça on tiendra un moment. »

En voyant les vivres alignés, Paméla cligne des yeux. Ses oreilles semblent dressées, elle doit être contente.

Il reste des matériaux de monstres, des cadavres immangeables, armes et minerais, ma nourriture de secours et mes potions. Le Stockage a bien désenflé.

La répartition et le tri, Thorn et les autres s'en chargeront, moi je m'en fiche.

« Prochaine étape : soigner les blessés et les malades. Y avait un bâtiment où ils étaient rassemblés, non ? »

« Je vais te guider. Suis-moi. »

Deborah part en avant. La fille-tigre et la centaure restent pour s'occuper du tri des bagages ou je ne sais quoi.

Je marche derrière l'ourse géante qui avance d'un pas lourd. Devant mes yeux, une petite queue disproportionnée par rapport à son corps balance au rythme de ses fesses. C'est dangereux, j'ai envie de la toucher.

« Fuooooooh ! »

« Hyaaan !? Chotto !? Koraaa ! »

Je cède à la tentation et tripote la queue de Deborah, bouf bouf, et je me prends la masse en plein visage.

J'ai failli perdre la tête, quelle ourse violente.

« Qu'est-ce que tu fais !? Je t'écrase ! »

« Vous venez de m'écraser, si ! Et puis, avec une queue aussi mignonne qui balance devant mes yeux, c'est normal d'avoir envie de la fliffer, voyons, le bon sens ! »

« Mmm… c'est vrai ? Alors c'est pas grave. Mais touche pas sans demander, d'un coup comme ça. Tu es humain, tu ne sais pas, mais pour nous, qu'on touche la queue, c'est honteux. »

Pour une raison quelconque, la colère de Deborah retombe, et elle se met à faire des gestes embarrassés. Si c'était une belle grande sœur sensuelle, j'aurais avalé ma salive, mais devant moi il y a un ours de plus de deux mètres. Avec une masse d'armes meurtrière. C'est surréaliste.

« Compris, je demanderai la permission la prochaine fois. Donc, je peux toucher ? Plus longuement ? »

« I-ici, devant tout le monde, c'est impossible… Bon, arrête de dire des bêtises, on y va. »

La voix seule est sensuelle, quel ours pathétique. Mais si y a personne, c'est bon ? Mon cœur bat la chamade !

Rien ne sert de penser à des bêtises, je le suis docilement.

À mesure qu'on approche du bâtiment où sont les blessés, une odeur rance me pique le nez. L'hygiène a l'air mauvaise.

« Il nous faudrait du tissu propre, de l'eau, des vêtements aussi. »

« C'est exact, mais hélas, tout ça manque cruellement. »

« Bon, rassemblez tout le tissu possible, même sale. Je le nettoierai par la magie. »

Même sale, si je le purifie et le fais bouillir, ça ira. Chaudron, eau, eau chaude, je peux tout faire par la magie.

Je regarde Deborah acquiescer et partir, puis j'entre dans le bâtiment qui a des allures d'hôpital de campagne.

Des entailles profondes, un qui a perdu le bas de la jambe gauche, un dont la blessure suppure en gémissant. En tout, seize patients, grandes et petites blessures confondues.

Peut-être par peur de moi, humain, les quelques filles qui les soignaient se sont regroupées dans un coin du bâtiment et me fixent.

« Je suis Taishi Mitsuba, venu dans ce village sur la présentation de Thorn. Je suis là pour soigner les patients par la magie de soin, est-ce que je peux y aller comme bon me semble ? »

Inutile de m'apitoyer sur le fait qu'on me craigne, je demande le plus calmement possible, en arborant un sourire aimable.

Pour info, celles qui soignaient sont : une gamine toute petite au visage de yorkshire, un gamin bête qui ressemble à un raton laveur, un panda roux ou un tanuki, et une gamine demi-humaine aux oreilles de lapin. Les oreilles de lapin, elles sont là !

La gamine chien et le gamin tanuki ont l'air bien moelleux aussi, hihi.

« …… »

Mon sourire avait l'air faux, elles ont reculé au contraire. Pourquoi. Incompréhensible. Les trois se serrent l'une contre l'autre et se mettent à trembler.

Mais elles réagissent vachement vite, les gens d'ici. Les demi-humains auraient-ils un super sens ou quelque chose du genre ?

De toute façon, ça ne sert à rien de rester là, je concentre ma puissance magique et lance d'abord un sort de purification sur tout le bâtiment et les patients.

Mon corps tout entier est enveloppé un instant d'une sensation pétillante, mes vêtements et moi sommes purifiés. Les trois gamines qui tremblaient dans le coin ont aussi tressailli un instant et ouvrent grand les yeux.

Ensuite, je m'approche du patient le plus proche.

Une entaille nette, comme faite par une lame acérée, va de l'épaule gauche au flanc droit.

J'enlève le bandage : la blessure suppure et dégage une odeur suspecte. Le blessé est un homme-bête au visage de tigre, costaud, mais il a perdu connaissance, il ne gémit même pas.

Je touche son corps : il est encore tiède, sa respiration est faible mais présente, il vit encore. En revanche, sa présence perçue par la détection de présence est à peine perceptible malgré sa carrure, et l'œil magique montre que sa puissance magique est bien affaiblie. C'est ce qu'on appelle un état critique.

D'abord, j'essaye un sort de soin normal.

« … Ça ne marche pas. »

Je m'y attendais à moitié, mais le soin normal n'a presque aucun effet.

Le soin normal fonctionne bien sur un sujet en bonne santé, bien nourri. En revanche, sur un sujet comme lui, qui ne mange pas à sa faim et dont la force vitale de base est affaiblie, il est peu efficace.

Ce n'est pas qu'il n'y a pas de parade. Je concentre ma puissance magique pour utiliser un autre sort de soin, différent de celui que je viens d'utiliser, le Soin normal — Heal.

Le sort de soin niveau 3, Régénération.

Cette Régénération convertit la puissance magique de l'utilisateur en énergie pour combler les dégâts du sujet. Donc, même si le sujet est affaibli, ça le soigne. Pire, elle peut régénérer des membres perdus.

« Incroyable… »

La lumière magique de la Régénération dans ma main guérit la blessure au thorax de l'homme-tigre à vitesse grand V. La plaie suppurée et décolorée se referme comme en accéléré vidéo. Vu cent fois, ça reste un peu dégoûtant.

La gamine chien qui s'était approchée sans bruit regarde ça les yeux brillants.

D'ailleurs, les potions de soin fonctionnent sur un principe proche de la Régénération. Les plus puissantes peuvent même régénérer des membres. Celles de Malle n'ont pas l'air d'aller jusque-là, par contre.

Quand j'ai fini de soigner toutes ses blessures, la respiration de l'homme-tigre est devenue paisible. Il ne mourra plus. Il lui suffira de bien manger pour reprendre des forces et remarcher.

« Prochain. Amène-moi les plus graves en premier. »

« Ha, hai ! »

La gamine chien me guide vers les patients graves en priorité.

Le suivant, c'est un homme-cheval, le dos criblé de blessures perforantes et le tibia droit manquant. Les perforations du dos sont suppurées, la coupure du tibia droit présente des signes de nécrose. C'est un miracle qu'il soit encore en vie.

« Nnunu… »

Je relance la Régénération pour soigner l'homme-cheval.

Je sens ma puissance magique être aspirée à toute vitesse. En fait, ce sort de Régénération n'est pas populaire chez les utilisateurs de magie de soin.

Parce que son rendement magique est catastrophique. Et ça prend plus de temps que le soin normal. Pour régénérer un seul doigt, il faut vider la puissance magique de trois utilisateurs de soin normaux.

Par exemple, si l'homme-tigre tout à l'heure avait été en bonne santé et que le soin normal avait marché, j'aurais dépensé 10 à 15 PM tout au plus.

En réalité, j'en ai dépensé 72. La consommation saute simplement jusqu'à sept fois plus. La puissance magique moyenne d'un soigneur est de 100 à 120, donc il ne peut soigner que deux personnes par jour.

Pour l'homme-cheval, qui a perdu le bas de la jambe et est mourant, une journée ne suffira pas. Il faudra plusieurs jours, ou plusieurs soigneurs.

« O, oo ? Moi, je… »

L'homme-cheval, qui a repoussé son tibia, reprend conscience. Flow moi, même un pied, je le régénère sans sourciller.

Ensuite, je soigne les patients un par un. Le plus grave était l'homme-cheval, les autres étaient au niveau de l'homme-tigre ou moins.

Mais vu le nombre, seize personnes, même moi je suis un peu fatigué. Je regarde : mes 4438 PM sont descendus à 2122, moins de la moitié.

« A, ano, otsukaresama deshita. Arigatou gozaimashita. »

La gamine chien est à côté de moi, me regarde en remuant la queue. C'est quoi cette bestiole mignonne, je veux l'emmener.

Comme elle est près, je l'attrape et lui caresse la tête à fond. Yoshi yoshi yoshi yoshi yoshi yoshi !

Elle a poussé un drôle de cri au début, mais s'est calmée tout de suite, alors je continue. Grâce à la purification tout à l'heure, le toucher est super agréable.

Debout, c'est moyennement pratique, alors je m'assois en tailleur, la pose sur mes genoux et continue à la caresser. Aaah, c'est ça le vrai soin…

« J'ai apporté… hee ? »

Deborah arrive avec une montagne de tissu, voit la scène et pousse un cri ridicule.

« Ouais, c'à peu près fini. »

« So, sou… »

Elle dépose son tissu et son regard va et vient vers la gamine chien que je caresse sur mes genoux.

La gamine a les yeux fermés, se laisse faire. Sa queue qui balance mollement est trop mignonne, c'est insupportable.

« B, bref, vu que je l'ai apporté, débrouille-toi avec. D'accord ? »

Deborah me reprend la gamine discrètement et me fourgue la montagne de tissu. Quel abus.

Je purifie la montagne de tissu, la jette dans un chaudron fait par la magie de terre, finis la stérilisation à l'ébullition, et retourne à l'entrepôt.

Devant l'entrepôt, une distribution de repas a déjà commencé, les villageois savourent leur premier vrai repas depuis longtemps. Le travail de fumage de la viande de troll a aussi l'air d'avoir débuté.

« … C'est vrai. »

Au regard dubitatif de Thorn, Deborah répond.

Hein ? On me doutait ? Je suis pas du tout crédible ? Bon, c'est normal, mais quand même.

« Je vois, t'es vraiment pas n'importe qui. »

« C'est pour ça que je dis que je suis un héros — »

La détection de présence et la détection de danger sonnent l'alarme en même temps.

Plusieurs présences approchent du village. La détection de danger a réagi, c'est donc quelque chose de mauvais.

Pas très nombreuses, mais la force vitale perçue est bien supérieure à celle du troll.

« Y a du monde qui arrive. »

Je fais demi-tour et marche vers la direction d'où viennent les présences.

Thorn et Deborah me suivent avec un temps de retard. En chemin, eux aussi ont dû sentir les présences, l'atmosphère change.

Le village n'est pas grand, j'atteins vite la palissade qui l'entoure. J'enjambe la barrière haute comme moi, et j'attends dehors.

« Laissez-moi faire. »

Je tire l'épée en mithral à ma hanche, et j'arrête Thorn et Deborah qui s'apprêtaient à enjamber la palissade.

D'autres villageins au flair fin arrivent avec des armes. Paméla la lapine, et la fille-tigre qui accompagnait Deborah ont l'air d'avoir accouru aussi.

En abattant les arbres, les propriétaires des présences apparaissent.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? »

Un type de monstre que je n'ai jamais vu. Ils sont trois.

L'un a l'allure d'un dragon bipède, long cou, cornes torsadées. Il dégage une atmosphère maléfique, plus démon que monstre.

Il a de petites ailes dans le dos, mais avec ça, il ne peut pas voler. De la déco ?

Les deux autres ont un corps noir comme l'encre, des membres anormalement longs et fins. Ils rient "uhyo uhyo" d'une voix insupportable.

L'œil magique montre qu'ils émettent une puissance magique énorme. Un pattern magique que je n'ai jamais vu.

Pendant que j'observe, le dragon bipède fonce soudain à une vitesse folle. L'esquiver est facile, mais si je l'esquive, il défonce la palissade derrière moi et envahit le village. J'ai dit "laissez-moi faire", je ne peux pas faire ça.

Pendant que je réfléchis à la parade, le monstre est tout près, son long cou s'allonge d'un coup, et ses crocs visent ma gorge.

« To ! »

Je n'ai pas envie de me faire mordre, je lui mets un coup de pied plein pot dans la mâchoire. Le corps massif du monstre fait un tour vertical en l'air et s'envole.

« Eh ? »

Pas seulement Thorn et les autres derrière moi, mais les deux monstres noirs qui riaient "uhyo uhyo" poussent aussi un cri de surprise. Ah, vous parlez normalement, vous.

Le monstre qui a fait un tour vertical s'écrase au sol et ne bouge plus.

« Ouvert ! »

J'injecte de la puissance magique dans mes jambes, fais exploser le sol et fonce sur l'un des deux monstres noirs.

L'épée abattue lui fend le crâne jusqu'à l'entrejambe d'un coup, le coup de revers qui suit lui tranche le buste et les deux bras en deux.

Il s'effondre en aspergeant un liquide rouge-noir.

« Meurs ! »

Je me retourne et taillade l'autre monstre noir juste à côté.

Il a essayé de fuir sur le coup, mais mon épée est bien plus rapide. Je lui ouvre le dos, il tombe, je lui marche dessus et lui plante l'épée pour achever.

Tout ça en moins de dix secondes.

« …… »

Les demi-humains qui regardaient derrière moi ont la bouche grande ouverte, hébétés. C'est normal, prosternez-vous devant ma puissance écrasante. Kuhahaha !

Alors que je me complais dans ma victoire, le dragon bipède qui avait volé en tour vertical se remet à trembler sur ses pattes. Comme un poulain qui vient de naître, il tremble. Hé hé, les jambes lui font défaut, hein.

La distance est d'une vingtaine de mètres. De sa mâchoire où je l'ai frappé s'élève une fumée blanche. Il a l'air de se soigner. Etrange.

« GHAAAAAA ! »

Au moment où le monstre pousse un cri incompréhensible, la détection de danger hurle. L'œil magique réagit, une masse de puissance magique fonce sur moi.

« Woah ! C'est de la magie ? »

Je tranche la masse de puissance magique sur le champ avec mon épée en mithral chargée de puissance magique. Comme c'est invisible sans l'œil magique, c'est une balle d'air ou une onde de choc. C'est la première fois que je vois un monstre utiliser de la magie.

D'ailleurs, sans y penser, je viens de découvrir qu'on peut détruire un sort avec un coup de puissance magique. La puissance magique est trop pratique. C'est pour ça qu'on dit que la puissance magique sépare les premières classes des secondes.

Tranchant un à un les sorts invisibles que le dragon-homme (nom que je viens de lui donner) balance en hurlant, j'avance tranquillement.

« GHUOOOOOOOO ! »

Le dragon-homme resserre la distance vers moi, brandissant ses bras pourvus de griffes acérées et solides.

Cette fois, ce n'est pas la charge bête de tout à l'heure, c'est clairement une approche de combat rapproché.

« Yo, ho, ha ! »

Il est vachement malin, celui-là.

Il ne se contente pas de brandir ses griffes au hasard, il attaque avec une technique de combat établie.

Il feinte avec ses deux griffes, utilise parfois ses coudes, couvre les ouvertures de ses coups de pied par des balayages de queue, et y mélange les attaques magiques invisibles.

Je ne connais pas la force de Deborah, mais si Thorn se battait contre lui, il ne tiendrait probablement pas cinq minutes.

Mais l'adversaire est mauvais.

« GHYUUU !? »

Je tranche net le bras tendu, griffe comprise, le coup de retour tranche la queue qui balayait.

Je pulvérise la balle magique invisible qui vise mon visage avec mon poing chargé de puissance magique, et un coup de pied retourné en rotation lui éclate la tempe.

Le coup à la tête fait vaciller le corps du dragon-homme.

« Hah ! »

Cri d'esprit, le tranchant de l'épée en mithral lui tranche la gorge. Le corps massif s'effondre des genoux, s'effondre.

Je range prestement le cadavre du dragon-homme dans le Stockage. Tant qu'à faire, je récupère les deux cadavres des monstres noirs. Je les ferai expertiser plus tard à la guilde des aventuriers ou à la guilde commerciale.

Je me retourne, fais un pas vers le village, et la moitié des demi-humains tressaillent et reculent d'un pas.

« … Hum. »

Je ne peux que sourire amèrement.

C'est normal, en fait. La plupart n'ont pas de bons sentiments envers les humains, et voir un humain faire preuve d'une force inimaginable, ça fait peur.

Thorn et Deborah l'ont remarqué aussi, ils font une tête indescriptible.

« Thorn, pour aujourd'hui on rentre. Après-demain je reviens, fais une liste de ce qu'il te faut. »

« Aa… »

Thorn acquiesce avec un air navré.

C'est un peu triste, mais ça ne peut pas s'aider. Je n'ai pas encore bâti de relation de confiance avec les villageois.

« Ah, et Karen ou Sherry ou la gamine chien de l'infirmerie, vous pourriez pas me la laisser ramener ? »

« Rentrez ! »

Tch, radin. Sous les insultes de Thorn, je me téléporte au manoir de la capitale Alphen.

« Bienvenue au retour, Maître. »

À peine arrivé, Mabel vient m'accueillir. Jack-san doit accompagner Malle, sans doute.

« Ouais, je suis de retour. Malle ? »

« Elle n'est pas encore revenue. »

Bientôt midi. Si elle n'est pas rentrée à cette heure, c'est que les discussions ont dû être suivies d'un repas, puis du thé, avant le retour.

Ce sera pour l'après-midi.

« Maître, pour le déjeuner, que désirez-vous ? »

« Hum… je peux emmener Flam et manger dehors ? »

« Certainement, je vais préparer. »

Puisque Malle n'est là, je vais passer du temps avec Flam. C'est l'occasion de parler à deux. Je ne sais toujours pas comment l'aborder, mais garder une gêne éternelle ne sert à rien, et on en est déjà à ce stade.

Je vais d'abord dans ma chambre, balance mon armure de cuir dans le Stockage. C'est pratique, ça s'enlève d'un coup.

Avec ça, je pourrais faire le plongeon du célèbre voleur troisième du nom. Je le ferai pas, mais je pourrais.

Je n'ai pas transpiré à grosses gouttes, mais par étiquette, je me repurifie entièrement, sous-vêtements compris.

« Maître, excusez-moi. »

Au moment où je finis la purification, Flam entre dans la chambre. Elle me voit et fige.

« Ah, attends. Je vais m'hab… pourquoi tu essaies de te déshabiller ? »

« Non, on m'a appelée, et comme Maître était en train de se déshabiller, j'ai cru que c'était ça. »

Flam dit une connerie avec un visage sérieux. C'est ça, elle, elle balance des trucs comme ça avec un visage impassible. Du harcèlement sexuel limite, tout naturellement.

Non, je déteste pas, au contraire bienvenue. Se faire harceler par une belle femme ou une belle fille, c'est excitant. Malle aussi fait plein de trucs en retour, alors mon nez s'allonge sans arrêt.

« C'est pas ça. C'est une option séduisante, mais non. Je pensais qu'on pourrait aller manger dehors. Un rendez-vous, un rendez-vous. »

Mais aujourd'hui j'ai des trucs à faire. Alors, volonté d'acier, je dis non ici.

« … Je vois, le plaisir est pour la fin. »

« Arrête de t'éloigner tout seul. »

« Je suis en manque. Vous pouvez me demander davantage, vous savez. »

« Trop cash ! … Mais c'est bien. Pourtant aujourd'hui c'est repas et rendez-vous. Rendez-vous, mais on risque de faire que la guilde commerciale, la guilde des aventuriers, le marché, etc. »

Le contact charnel fait du bien, rassure. Je devrais prendre plus de contact physique.

D'ailleurs, c'est Malle qui a commencé par me chopper le bas du corps fermement. Pour qu'une fille fasse tomber un garçon, il faut bien lui tenir l'estomac ou les couilles. C'est un garçon, c'est normal.

« C'est pour aujourd'hui ? »

« Quand ce sera nuit, je vous ferai toutes les deux ensemble. »

Je dis ça pour noyer le poisson.

Profiter de l'absence de Malle pour avoir une relation en cachette, ça me met mal à l'aise, je peux pas.

Flam, c'est Malle elle-même qui l'a acceptée, elle s'en fiche sûrement, ou elle viendra jalouse, mais bon.

Accompagné de Flam en tenue de bonne, je franchis la troisième enceinte et entre dans la nouvelle ville.

L'état de la nouvelle ville porte encore les traces de la Grande Inondation. Comparé à juste avant, les sans-abris qui débordaient sur les grandes artères ont diminué, mais dans les ruelles, les évacués sont encore entassés.

D'un autre côté, la reconstruction a commencé à vive allure maintenant que la Grande Inondation est passée.

Hors de la quatrième enceinte, sous un zonage rigoureux, un quartier qu'on pourrait appeler "nouvelle nouvelle ville" est en cours d'aménagement, et sur les zones non zonées, des baraquements se dressent déjà.

Grâce à la fin rapide et sans précédent de la Grande Inondation, les zones rurales près de la capitale ont été relativement épargnées, l'impact sur la distribution et l'économie semble moins grave que prévu, selon les annonces officielles.

Malgré le chaos, dans l'ensemble, les choses semblent tourner dans une direction pas si mauvaise. Les visages des gens qui vont et viennent dans la ville chaotique ont des sourires.

« C'est bondé. »

« Ouais, fais gaffe aux alentours. »

Je me balade avec une belle bonne à mes côtés, donc je me fais remarquer comme pas possible. Mais vu comme je me fais remarquer, je risque moins d'être embarqué dans des ennuis.

Moi, je porte des vêtements de meilleure facture que les fripes achetées à Crossroad. Rien qu'à l'apparence, c'est la même qualité que ce que portent les fils de nobles.

À la taille, je porte l'épée en mithral avec laquelle j'ai tué le dragon-homme tout à l'heure. Flam n'a pas l'air d'avoir d'arme.

Je marche un moment dans la nouvelle ville et entre dans la guilde commerciale.

Je regarde le comptoir, mais Hughie, qui traite habituellement mes minerais, herbes et matériaux, n'est pas là.

« Appelez Hughie. Un super client est venu, qu'il vienne en courant. »

Je dis ça au préposé au comptoir, et trois minutes plus tard Hughie apparaît. En me voyant, il fait une grimace évidente.

« C'est quoi cette tête de "ah, le chiant est venu" ? »

« Si tu le sais, fais-moi pas dire, j'ai honte. Qu'est-ce que tu veux aujourd'hui ? T'as l'air occupé… hé, c'est quoi cette belle bonne ? Malle-chan, elle est où ? »

« Enchantée, je suis Flam, la concubine de Taishi-sama. Yoroshiku onegaishimasu. »

« Kuso, bakuhatsu shiro ! »

Entendant la présentation de Flam, Hughie lève les yeux au ciel et hurle. Kuhaha, les hurlements du chien battu font du bien aux oreilles.

Mais je n'ai pas trop le temps de m'amuser, alors j'attaque le vif du sujet.

« Je veux acheter en gros des vivres, vêtements, médicaments, ce genre de matériel de ravitaillement, vous pouvez gérer ? »

Hughie réfléchit un peu à ma commande.

« Gérer, je peux gérer. Mais "en gros", c'est combien exactement ? Vu que tu viens jusqu'ici pour l'acheter, c'est pas une quantité normale, ça je pige. »

« Disons de quoi nourrir une quarantaine, cinquantaine de soldats pendant un mois sans qu'ils crèvent de faim. »

« Une compagnie de chevaliers pour un mois, hein. Ça fait pas mal de volume, ça ? »

« Combien à peu près ? »

« Huit à dix charrettes. »

Plus que je pensais. Ça va tester les limites du Stockage.

« OK, c'est bon. Vous pouvez préparer tout de suite ? »

« Ben, si tu me donnes une journée, je peux préparer… mais t'es sérieux ? Pas de "ah ben en fait je peux pas prendre" après, hein. »

« C'est bon, pas de problème. »

Si ça rentre pas, je ferai "tehe, désolé", ça marchera bien. Ça s'arrangera.

« Alors demain à cette heure-ci je repasse. Le paiement, prélevez-le sur mes fonds déposés à la guilde commerciale. »

« Comme d'habitude. La prochaine fois, ramène des armes aussi. Les demandes affluent. »

« Si j'en ai envie. »

Je quitte la guilde commerciale. Flam fait poliment une révérence à Hughie.

Bon, j'ai dit manger dehors, mais où aller ? On cherche en marchant.

« À quoi vont servir tous ces vivres ? »

« Un peu. Dis, Flam, tu penses quoi des demi-humains ? »

En marchant, je pose cette question à Flam. Elle réfléchit un peu, puis répond.

« Rien de particulier. Autrefois comme aujourd'hui, et à l'avenir aussi, ils ne font que servir les humains, non ? »

Hein ?

« Servir, c'est quoi ? »

« ? Les demi-humains sont faits pour servir les humains, non ? »

Elle penche la tête avec un air qui dit "quoi, c'est évident".

Mouais, c'est ça la réaction typique des gens du royaume de Calendil. Si, sans aucun doute, ils reconnaissent les demi-humains comme "ceux qui servent les humains", les racines sont profondes.

« Ah, non. Je voyais des demi-humains de temps en temps, je me demandais ce qu'ils étaient. »

« C'est ça. Ils ont des sens aiguisés, un corps robuste. Leur fertilité est plus haute que les humains, ils sont prolifiques, et peuvent faire des enfants avec les humains. Leur espérance de vie est plus courte, cinquante ans grand max. »

Les purs-sangs deviennent des hommes-bêtes, et selon le degré de mélange avec les humains, ils deviennent demi-humains ou pas.

Un enfant de demi-humain et d'humain devient presque toujours demi-humain, un enfant d'homme-bête et de demi-humain devient demi-humain ou homme-bête. Et entre humain et homme-bête, les demi-humains naissent relativement facilement.

« Autrefois, beaucoup de nobles avaient des demi-humains comme concubines. »

« Pourquoi ? »

« Parce que les hommes-bêtes et demi-humains n'ont pas le droit d'hériter. Même s'ils engrossent, pas de guerre de succession. En plus, parait que les hommes-bêtes et demi-humains sont "bons" de l'autre côté. Race de serviteurs nés, quoi. Maintenant la contraception est facile, donc les nobles ont plus de concubines humaines, mais. »

Flam fait un cercle avec la main droite et y passe l'index gauche. Arrête, une dame ne fait pas ce geste indécent.

« Encore maintenant, parmi certains nobles, c'est à la mode de faire des enfants avec des concubines hommes-bêtes ou demi-humains et d'échanger ces enfants. »

« Échanger pour en faire quoi ? »

« Les élever pour en faire de nouvelles concubines, les croiser avec leurs propres esclaves pour s'amuser. Vendre les enfants nés de concubines hommes-bêtes ou demi-humains à des marchands d'esclaves, c'est monnaie courante. »

C'est une histoire qui donne la nausée. Ils ne les voient même pas comme des humains.

Ce genre de chose, c'est pareil que l'esclavage des Noirs. Eux aussi étaient traités non pas comme des humains mais comme du bétail, comme les hommes-bêtes et demi-humains de ce monde.

Ce problème a des racines bien plus profondes que je ne le pensais.

Non, moi non plus je suis pas超 moral, et le mot "discrimination" ne me fait pas faire une allergie avec surréaction.

En fait, j'ai toujours été étranger à ces problèmes de discrimination. Mon pays d'origine avait aussi diverses discriminations, mais j'ai eu la chance de ne jamais y être confronté.

« Même dans un monde 'riche et cultivé', la discrimination ne disparaît pas. Alors, dans ce monde, l'éliminer, c'est possible ? »

« Maître ? »

« Ah non, je réfléchissais un peu. »

« Si les demi-humains vous préoccupent, on peut aller au marché aux esclaves. Y'en a sûrement plein. Si vous en achetez un, mieux vaut en parler à Malle-sama avant. »

« Non, j'ai pas l'intention pour l'instant. Cherchons un resto, un resto. »

Bon, de toute façon, ma capacité de combat a quasi atteint les limites, alors affronter un "ennemi sans forme" comme ça, c'est un défi intéressant.

Au pire, j'utilise la violence, ça se réglera. Ça marchera pas ? Non, ça marchera. En jetant toutes les formes par-dessus bord, mais ça marchera.

Bref, je vais avancer mes préparations. Entièrement pour moi, mais.

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