Comme j'avais raté le dîner hier soir, j'ai pris un déjeuner copieux et tranquille dès le réveil.
Pinya aussi, aujourd'hui, s'acquitte de son service avec sérieux, sans particulièrement me taquiner.
Quand nos regards se croisent, elle affiche un sourire doux.
Qu'est-ce que c'est que cette tête à dire « ouais, ouais, je comprends » ? Ça m'énerve légèrement, cela dit.
« Bon, alors, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? »
« Disons qu'il n'y a rien de particulier qu'on doive faire, ceci dit. »
Au passage, quand j'ai demandé à Maal à propos du mariage, il s'avère que c'est assez approximatif entre aventuriers.
Pour les citoyens ou les nobles installés en ville, on dépose officiellement une déclaration de mariage au bureau compétent, on suit la procédure prévue et on organise même une cérémonie, mais dans le cas des aventuriers, il paraît qu'on se contente au maximum de réenregistrer son nom de famille à la guilde des aventuriers.
Quand j'ai proposé de le faire, donc.
« Oui, faisons-le ! »
« Bon, on va à la guilde, alors. »
Une fois l'enregistrement refait, on peut y boire du thé ou de l'alcool, et s'on s'ennuie, on peut faire de l'exercice au terrain d'entraînement.
D'ailleurs, nos finances, notre équipement et nos forces commencent à être bien fournis, donc aller dans une autre ville serait bien aussi.
Puisqu'on est venu dans un autre monde, voyager en faisant du tourisme n'est pas une mauvaise idée.
On n'a pas encore fait le tour de Crossroad non plus, et on pourrait glaner des informations par là-bas.
Maal n'ayant pas d'objection particulière et acquiesçant docile, nous avons quitté la table pour nous rendre à la guilde des aventuriers.
« Yo, vous voilà. Les chevaliers vous ont convoqué. »
Dès notre arrivée à la guilde, le vieux Utsu nous a sorti ça.
Ça doit être lié à l'extermination du troll l'autre fois.
D'après le vieux, je suis le seul à être convoqué.
Autrement dit, je ne peux pas emmener Maal.
« Qu'est-ce que t'en penses ? »
« ...Ce serait bien si c'était un recrutement dans l'ordre des chevaliers. »
Son expression est grave, en complète opposition avec son air heureux de ce matin.
L'atmosphère qui l'entoure semble aussi tendue, on ne sait pourquoi.
« C'était plus une invitation qu'une convocation, dans la façon dont c'était dit. Je pense pas qu'ils te feront du mal. »
Le vieux Utsu, lui, parle avec optimisme.
L'attitude de Maal m'inquiète, mais vu que l'interlocuteur est l'ordre des chevaliers, je ne peux pas non plus l'ignorer.
« On ne sait jamais ce qui peut arriver, alors reste à la guilde, Maal. C'est pour plus tard, mais comme on prévoit de déménager dans une autre ville, trouve un coin qui a l'air bien et collecte des infos. »
« Compris. Faites bien attention, Taishi-san. »
Tant qu'elle est à la guilde, il ne devrait rien lui arriver de grave.
Je quitte la guilde et me dirige vers le poste des chevaliers.
C'était dans le quartier ouest, si je me souviens bien.
Ah, j'ai oublié de refaire l'enregistrement de mon nom.
Quand je me présente au quartier général de l'armée royale, on a l'air d'être déjà au courant de ma venue et on me guide jusqu'au poste des chevaliers.
Crossroad est l'une des villes appartenant au royaume de Calendil, gouvernée par un gouverneur qui change tous les cinq ans.
Le gouverneur est choisi parmi les nobles puissants du royaume de Calendil, et il semblerait que ce soient des nobles de rang comte ou supérieur qui soient nommés.
Pour info, les titres de noblesse au royaume de Calendil sont, du plus haut au plus bas : duc, marquis, comte, vicomte, baron, baronnet.
En réalité, il y a d'autres titres mineurs ; par exemple, ceux qui sont faits chevaliers reçoivent le titre de chevalier et sont traités comme des nobles.
Il y aurait aussi des nobles honorifiques non héréditaires, limités à une génération. Par exemple, des mercenaires ou des aventuriers ayant accompli des faits d'armes peuvent être nommés chevaliers honorifiques.
Tout ce savoir, je le tiens de Maal.
Et alors, qu'est-ce que je fais, moi qu'on a appelé ?
« M-mai, je rends les armes ! »
« Ça suffit ! Vainqueur : Taishi-dono ! »
Pour une raison quelconque, je faisais des combats d'entraînement contre les chevaliers.
Après m'avoir guidé, on m'a fait attendre un peu, alors j'avais monté l'épée et les armes d'hast au niveau 4, et le corps-à-corps au niveau 3.
Tous les autres sorts que j'avais appris étaient aussi au niveau 3.
C'est peut-être l'effet de ça, mais je remporte victoire sur victoire contre des chevaliers qui sont censés être de niveau supérieur.
Au fait, la magie de combat n'était pas dans la liste des compétences acquérables.
S'il y a des compétences qui n'apparaissent pas dans la liste, la vérification concernant l'acquisition des compétences risque d'être ardue.
Il me reste encore des points, donc je compte acquérir une compétence magique qui a l'air utile.
« Maîtriser autant de sorts, et en plus avoir ce niveau à l'épée... »
« Il arrive rarement que de tels talents surgissent parmi les aventuriers, on ne peut vraiment pas les sous-estimer. »
Les chevaliers qui regardent le combat d'entraînement chuchotent entre eux.
Fuhihi, c'est de la triche, ça.
Le prochain adversaire apparaît et me salue.
Je lui rends son salut et prends position avec mon épée d'entraînement.
C'est dit épée d'entraînement, mais c'est juste une épée en fer dont on a émoussé le tranchant ; si elle touche franchement, la chair se déchire et les os se brisent.
C'est à peine mieux qu'une vraie lame.
C'est une mesure pour acquérir des sensations proches du combat réel, même si on se blesse un peu.
Les mages soignent les blessures, paraît-il.
« Haaa ! »
L'adversaire chevalier lance un cri plein d'énergie et fonce en tranchant.
J'esquive l'épée qui descend en diagonale en avançant d'un pas et en tournant le corps, puis je lui fonce dans le flanc grand ouvert en lui tournant le dos.
C'est un Tetsuzankō de pacotille, mais grâce au niveau 3 de mon corps-à-corps, j'ai soufflé le chevalier en armure métallique.
Mais le chevalier soufflé reprend miraculeusement son équilibre et fonce à nouveau.
« Uooooooh ! »
« uraaaaaah ! »
Cette fois, on croise les lames et on s'échange plusieurs passes.
Comme prévu, le chevalier adverse a aussi le niveau 3 en épée, ses traits sont tranchants et puissants.
Mais moi, maintenant, je suis niveau 4 en épée, un maître de classe mondiale.
Je dévie l'épée lancée avec force, et du revers je frappe le gantelet qui tient l'épée.
Au moment où je pose la lame pile sur la gorge du chevalier qui a laissé tomber son épée, l'arbitre crie.
« Vainqueur ! Taishi-dono ! »
À la déclaration du capitaine Waltz, des acclamations et des applaudissements éclatent parmi les chevaliers spectateurs.
Je serre la main à mon adversaire, on se salue mutuellement, et je rengaine mon épée d'entraînement.
L'adversaire a l'air de s'être fait mal à la main, il se dirige vers le mage soigneur.
Malheureusement, le mage soigneur d'aujourd'hui n'est pas la mage blonde à forte poitrine, mais un homme d'âge moyen.
« Splendide technique à l'épée. Veux-tu rejoindre notre ordre des chevaliers... non, devenir instructeur d'escrime pour ma maison ? »
C'est le commandant de l'ordre des chevaliers en garnison à Crossroad, M. Torwaning, qui me dit ça.
C'est un véritable noble portant le titre de vicomte.
« Non non non, c'est un honneur, mais j'aime bien ma vie libre et sans attaches d'aventurier. En plus, je n'ai pas confiance en mon étiquette, alors ce genre de chose, c'est un peu... »
« Hum, c'est dommage. »
Quand je agite les deux mains en souriant amèrement, le commandant Torwaning grogne avec un air vraiment déçu.
J'aurais l'air de pouvoir vivre sans aucun souci, mais le service à la cour, très peu pour moi.
Il me semble que je ne pourrais plus flirter dès le matin non plus. Guehehe.
« Euh, du coup, quelle était la raison de votre convocation aujourd'hui ? »
On m'a guidé et jeté direct dans un combat d'entraînement, mais ça ne peut pas être la seule raison.
« Mm. Ce Waltz m'a dit qu'il y avait un aventurier prometteur. J'ai voulu voir tes capacités de mes propres yeux, sans façon, c'est l'une des raisons. L'autre, c'est de te décerner une récompense pour tes exploits lors de l'extermination du troll l'autre jour. »
Un homme qui ressemble à un majordome, qui attendait en retrait, apporte quelque chose qui ressemble à un plateau noir.
« Vous donner de l'argent directement pose problème au niveau du système. En guise de substitution, acceptez ceci. »
En disant ça, le commandant Torwaning me tend un poignard qui était sur le plateau.
Je le reçois respectueusement des deux mains et baisse la tête.
Le poignard accordé est dans un fourreau en cuir, et il a un poids considérable.
« Je peux le tirer pour voir ? »
Le commandant Torwaning hoche la tête à mes mots.
« Excusez-moi », dis-je d'un mot avant de tirer le poignard de son fourreau.
L'acier qui reflète faiblement la lumière du soleil montre d'un coup d'œil qu'il a été bien forgé.
La pointe est acérée, la lame est épaisse et frustre, à un seul tranchant. Un motif incompréhensible est gravé sur le pommeau.
J'ai l'impression de l'avoir déjà vu quelque part.
Ah, c'est ça. C'est le couteau à dépecer qui sort dans un certain jeu de chasse qui était à la mode dans mon monde d'origine. C'est le portrait craché.
« C'est un bel objet, frustre mais magnifique. »
J'active mon Œil d'analyste, et il affiche exactement « Couteau de chasseur ».
Il n'a pas d'effet spécial particulier, mais ça a l'air d'être un objet de très bonne qualité.
Je le remets au fourreau, et je le fixe à l'arrière de ma taille avec la ceinture attachée au fourreau.
Il y a un verrou, donc il ne sort pas tout seul, et il s'ajuste parfaitement.
« Ça a l'air de te plaire. »
« Oui, merci beaucoup. »
J'hésitais justement à m'acheter un poignard, alors c'est tombé à pic.
L'objet a l'air bon, et c'est l'aubaine parfaite.
« Au fait, tu comptes rester encore un moment dans cette ville ? »
« Disons que... ce n'est pas pour aujourd'hui ou demain, mais je pense qu'on bougera pas dans trop longtemps. On n'a pas encore décidé la destination, ceci dit. »
« Hum. Avant de partir, passe dire à l'ordre des chevaliers où tu vas. Dans les villes d'une certaine taille du royaume, l'armée royale est généralement en garnison, alors j'écrirai une lettre de recommandation. »
Je remercie sincèrement l'offre du commandant Torwaning.
Je ne sais pas trop quel avantage il y a à avoir une lettre de recommandation, mais comme c'est dit avec bienveillance, je l'accepte volontiers.
« Au fait, j'ai entendu dire que Taishi-dono est aussi doué en magie... »
Ils comptent encore me faire faire des trucs !?
Tirer des sorts les uns sur les autres est quand même trop dangereux, alors il a été décidé que je participe à l'entraînement des mages soldats.
Je ne connais pas la théorie détaillée, et quoi qu'il arrive, je n'en sais rien, moi.
« Bienvenue dans la petite unité de Crossroad du corps des mages soldats du royaume de Calendil. »
L'endroit où le commandant Torwaning m'a emmené est le poste du corps des mages soldats, situé à quelques pas du terrain d'entraînement des chevaliers.
Apparemment, au sein de la grande organisation qu'est l'armée royale de Calendil, existent des organisations comme le corps des mages soldats ou l'ordre des chevaliers.
Ceux qui y étaient en service étaient les membres du corps des mages soldats, à commencer par la mage de l'autre jour.
Je me présente en serrant la main aux gens du corps des mages soldats.
La mage en question s'appelle Linette, apparemment.
« Au fait, avant de commencer l'entraînement, tu pourrais me dire quelle est ton affinité élémentaire ? »
« Affinité élémentaire ? »
C'est un mage soldat d'âge moyen, différent de celui qui était au terrain d'entraînement des chevaliers tout à l'heure, qui me demande ça.
Il a l'air d'être le chef de la petite unité de Crossroad. Je crois qu'il s'appelle Marx ou quelque chose comme ça.
Je jette un coup d'œil avec mon Œil d'analyste, et il est baron honoraire.
« ? Tu ne connais pas ta propre affinité élémentaire ? »
« Ah, non. Mon maître m'a appris la magie, mais il a zappé tout ce qui est théorie et ce genre de trucs, il m'a juste appris la méthode. »
« C-c'est vrai. C'était un entraînement unique, dis donc. »
En disant ça, avec un sourire crispé, il sort quelque chose qui ressemble à une sphère de verre de la taille d'une paume.
Il vient de la sortir du néant ? Il peut utiliser une Boîte au trésor ?
« Essaie de serrer ça une trentaine de secondes. Ça permettra de connaître à peu près ta quantité de puissance magique et ton affinité élémentaire. »
« Compris. »
Quand je serre la sphère de verre qu'on me tend, au bout d'une dizaine de secondes, elle commence à chauffer.
La lumière clignote aussi violemment, ça a clairement une aura dangereuse.
« H-hey, ça va, ce truc ? »
« C-c'est bizarre ? Il est en panne ? »
Pendant qu'on en parle, le clignotement s'intensifie, et la sphère se met à trembler de partout.
Qu'est-ce que c'est, c'est flippant ! Et c'est brûlant, en plus !
Bakin !
Avec ce bruit, des fissures apparaissent sur la sphère de verre, et la lumière s'éteint.
Le silence enveloppe les lieux.
« Il... il est cassé, désolé. »
« A-a-un, c'est b-bon. »
M. Marx récupère la sphère de verre cassée sur ma paume.
Puis il se retourne et appelle Linette-chan et les autres.
« Apportez l'appareil de mesure du fond de l'entrepôt, vite. »
« H-haï ! »
Linette-chan et quelques autres courent vers le fond du poste.
Marx m'agrippe fermement l'épaule et ne me lâche pas.
« ...Ano ? »
« Maa maa maa maa maa... Assieds-toi, parlons tranquillement. Le commandant Torwaning, veuillez aussi vous joindre à nous, je vous prie. »
Avec un sourire plein de force, il m'entraîne vers la table sans me laisser le choix.
Le commandant Torwaning et le capitaine Waltz, qui accompagnait, ont aussi une expression sévère.
« Toi, tu es Taishi-kun, c'est ça ? Tu viens d'où ? »
« Ah, la campagne. Un endroit appelé Chikyū, mais je doute que vous connaissiez. »
« Je vois, Chikyū. »
Pendant ce temps, les mages soldats qui étaient sortis reviennent avec une sphère de cristal, quelque chose qui ressemble à une tablette de pierre, et tout ça.
M. Marx les étale sur la table, et relie la base de la sphère de cristal à la tablette de pierre avec quelque chose qui ressemble à des fils métalliques.
Puis il insère quelque chose qui ressemble à une petite gemme dans la tablette, et enfin, après avoir tracé plusieurs fois sur la tablette, la partie où sont écrits des caractères commence à briller.
La sphère de cristal elle-même émet aussi une lumière pâle.
« C'est quoi, ça ? »
« C'est un outil magique appelé "Vérificateur de statut". Il quantifie la puissance magique et les valeurs de capacité d'une personne, et affiche les compétences qu'elle possède. Malheureusement, un modèle aussi complet nécessite des pierres magiques coûteuses pour fonctionner, donc il n'est pas répandu. »
« Il paraît qu'un nouveau modèle aux coûts d'exploitation plus bas a été développé récemment dans la capitale royale », dit Marx en finissant ses préparatifs.
« Allez, Taishi-kun ! Pose ta main sur la sphère de cristal ! »
Honnêtement, je suis inquiet, mais l'ambiance ne me permet pas de refuser.
Ça va aller ? Est-ce que mon statut de porteur de capacité bizarre ne va pas être découvert ?
En pensant à ça, je pose ma main sur la sphère de cristal, et des lettres lumineuses commencent à s'afficher dans les airs.
[Nom] Taishi Mitsuba [Âge] 19 ans
[Rang] 12
[Vitalité] 182 [Quantité magique] 503
[Force] 156 [Endurance] 161 [Agilité] 141
[Dextérité] 117 [Puissance magique] 260
[Compétences] Épée 4 Corps-à-corps 3 Armes d'hast 4 Tir 1 Magie de combat 2
Magie de feu 3 Magie d'eau 3 Magie de vent 3 Magie de terre 3 Magie pure 3 Magie de vie
Magie de soin 3 Renforcement corporel 1 Renforcement magique 1 Récupération magique 1 Négociation 2 Cuisine 1
Œil d'analyste
Uoo, mon statut est étalé au grand jour.
C'est impressionnant, ce Vérificateur de statut. Le niveau s'affiche comme Rang, huh.
Mais les points de compétence ne s'affichent pas, apparemment.
En passant, 19 ans ? J'en ai 29, moi.
J'ai rajeuni ? C'est vrai que j'ai dit adieu à mon ventre bedonnant, ceci dit.
« Wouah, c'est truculent, ce truc. »
Je dis ça en jetant un œil autour de moi, mais tous ceux qui sont là ont la bouche grande ouverte et sont figés.
Hé, qu'est-ce qui leur prend ?
« Rang 12 pour ces valeurs... Tout est anormal, mais la puissance magique et la quantité magique sont anormalement élevées. »
« L'épée et les armes d'hast à 4... !? »
En commençant par M. Marx et le capitaine Waltz, Linette-chan et les autres mages soldats aussi tissent des mots d'étonnement les uns après les autres.
Hé, j'ai un mauvais pressentiment là.
« ...C'est un héros (desu ne). »
« Non, c'est pas ça, c'est pas ce genre de truc, pour de vrai. »
Je nie sur-le-champ.
Si c'est juste « un aventurier anormalement fort », ça va encore, mais si je deviens « héros », il y aura sûrement des obligations et des entraves, et j'aime pas ça.
Ils comptent me dire « va buter le roi démon » et me jeter là-bas sans même un décent argent de préparation !? Comme dans un certain jeu célèbre ! Comme dans un certain jeu célèbre !
« Je l'ai dit tout à l'heure, je vivais juste à deux avec mon maître dans un bled paumé. Mes parents n'étaient pas de lignée héroïque ou quoi que ce soit, c'était une famille ordinaire, et je vivais avec mon maître seulement parce qu'il m'a recueilli après que mes parents sont morts d'une épidémie. »
« Fais une croix dessus. Avec ce rang et ces valeurs qui sortent, il n'y a pas moyen de tricher. Ou plutôt, l'origine n'a rien à voir. »
Le commandant Torwaning secoue la tête.
Guha, c'est la croissance de base du statut qui est différente, putain.
« Écoute, un commun des mortels ne voit ses valeurs de capacité augmenter que de 1 à 3 à chaque fois que son rang monte d'un cran. Même en tenant compte du fait que les valeurs initiales varient selon l'aptitude, ces valeurs sont clairement anormales, c'est impossible pour quelqu'un d'autre qu'un héros. Surtout la valeur de puissance magique qui est extraordinairement haute. »
M. Marx enfonce le clou.
Kuh, je ne trouve pas d'excuse.
« Ah... je me rends. Si je deviens héros, qu'est-ce qui m'attend ? »
« D'abord, plusieurs obligations naissent. L'une est l'obligation de signaler son lieu de séjour. Il faut signaler où l'on se trouve à l'armée nationale du pays de séjour ou à la guilde des aventuriers. L'autre, c'est l'obligation de répondre à une convocation du pays. Si le pays de séjour convoque le héros, celui-ci a l'obligation de s'y présenter. »
Le commandant Torwaning me répond.
La première obligation, passe encore, mais la deuxième, c'est chiant.
Et si c'est en plein milieu d'une mission, on fait quoi ? Ils comptent me faire l'abandonner ?
« En contrepartie, il y a aussi des avantages qu'on reçoit du pays. L'un, c'est la délivrance d'un laissez-passer qui autorise sans condition les déplacements entre nations. Pour le passage des barrières et l'entrée/sortie des villes, c'est basically free-pass, donc les voyages deviennent faciles. L'autre concerne la deuxième obligation : si le pays convoque, à ce moment-là, on reçoit le soutien à plein régime du pays de séjour pour toutes les affaires dans lesquelles le héros était impliqué. Par exemple, s'il agit en aventurier, il n'a pas besoin de faire semblant d'abandonner la mission. Le pays de séjour reprend tout à sa charge. »
Je vois. C'est moins restrictif que je pensais.
« Il y a encore d'autres choses, mais c'est les grandes lignes. Le pays veut emprunter la grande force du héros, et il prépare une contrepartie suffisante. Les convocations concerneront mostly l'extermination de monstres que les forces du pays comme l'ordre des chevaliers ne peuvent pas gérer. »
« ...En d'autres termes, je suis géré comme une force partagée anti-monstres qui dépasse le cadre des nations. »
À mes mots, le commandant Torwaning lève un sourcil d'un coup.
« J'essaierai de ne pas trop y réfléchir. Moi non plus, si possible, je ne veux pas me battre contre une nation. »
Dans mon monde d'origine aussi, j'ai déjà vu ce genre d'histoire.
C'est ce qu'on appelle la fin d'un héros.
« Sage. Plus tard, tu devras te rendre à la capitale royale pour recevoir la reconnaissance officielle de héros. »
En disant ça, le commandant Torwaning se lève de son siège et sort avec le capitaine Waltz.
Restent les membres du corps des mages soldats.
« Tu es le premier héros depuis une cinquantaine d'années au royaume de Calendil. Ce sera dur, mais donne le meilleur. »
M. Marx me tape sur l'épaule pour me réconforter.
Puisqu'il y a des mages pros, autant leur demander plein de trucs.
Ouais, pour l'instant, demandons des sorts utiles pour le bivouac.
« Cela dit, est-ce que vous pourriez m'apprendre des choses sur la magie ? Mon maître m'a enseigné les quatre grands éléments et la magie pure, mais pour le reste, je ne connais que les noms... »
J'ai un mauvais pressentiment, inexplicablement.
L'information est une arme.
Rassemblons-en un maximum.