« KUAAAAGHHHH ! »
« Qu-Qu'est-ce que vous faites ! N'arrêtez pas le traitement ! »
Depuis l'intérieur du raffiné Domaine Impérial de l'Empire Laviter, des cris glacés d'entendre explosaient du palais du 1er Prince Perfias, le prince désigné comme prochain empereur. Une voix désespérée enjoignant les prêtres d'appliquer le traitement résonnait dans les couloirs.
« S-Sauvez-moi ! Ces gens veulent me tuer ! Uaaghhh ! Uaaaaaaghhh ! »
« B-Bénédiction ! »
« Soin Sacré !!! »
Le cri du Prince fut suivi des chants de guérison des prêtres.
« Gaaaaaaaaaaah ! Kuaaaaaaaaaaaaghhh ! »
Cependant, cela ne servit à rien. Chaque fois que les chants sacrés étaient appliqués, le Prince hurlait comme s'il allait mourir.
« Gugh… »
« V-Votre Altesse ! »
« Aaaaaaahhh ! S-Son Altesse le Prince est décédé ! »
Dans la chambre du Prince, les meilleurs prêtres des temples de la Capitale Impériale se tenaient là, dévastés, et les serviteurs et servantes qui servaient le Prince blêmirent en s'affalant à genoux. Le numéro 2 de l'administration de la Famille Impériale, le Comte Dorvet, hurla que le Prince était mort en touchant le corps qui avait rendu son dernier souffle en moussant par la bouche.
Et ainsi, dans un revirement soudain, le 1er Prince de l'Empire Laviter périt. Il allait bien jusqu'à ce matin, mais après avoir soudainement attrapé un frisson et commencé à vomir, les prêtres résidant dans la capitale avaient été immédiatement convoqués.
Ils entreprirent alors d'appliquer le traitement sacré. C'étaient les meilleurs prêtres de chaque temple, leur puissance sacrée pouvait sauver n'importe qui, tant que la personne n'était pas déjà morte. Cependant, chaque fois que le Prince recevait un traitement sacré, il hurlait et mourait dans d'atroces souffrances, un résultat que personne n'avait anticipé.
« U-Une malédiction… »
« L'incantation puissante d'un mage noir… »
Tous avaient vu la sinistre aura noire résister au traitement. Alarmés par la preuve de la malédiction d'un mage noir, quelque chose qu'ils avaient lu dans la littérature, les prêtres se regardèrent.
« Arrêtez-les tous ! »
Dans leurs oreilles résonna un ordre d'arrestation… pour eux.
Cl-cl-clang !
Les Chevaliers Impériaux en faction hors du palais dégainèrent leurs épées sans hésitation sur réception de l'ordre.
« Ah ! »
« Q-Qu'est-ce que vous faites ?! »
Les prêtres choqués hurlèrent face à l'empressement des chevaliers.
« Enfermez chaque personne responsable de l'assassinat de Son Altesse en prison ! »
« Comme vous l'ordonnez ! »
Ayant reçu l'ordre de l'Empereur, l'officier administratif qui supervisait toutes les affaires de la Famille Impériale aboya un ordre sévère, que les Chevaliers Impériaux s'empressèrent d'obéir.
« Je suis innocent ! La malédiction du mage noir était déjà sur le corps de Son Altesse — »
Paf !
« Gagh ! »
Le poing lourd d'un Chevalier Impérial atterrit en plein plexus solaire du prêtre contestant son innocence.
« Vous pouvez tuer quiconque résiste ! »
Même les temples hautains durent baisser la tête devant l'empire dominant le Continent. De plus, même un cardinal, pas seulement un prêtre, ne pourrait échapper à la punition pour le crime d'avoir assassiné le 1er Prince en ligne pour devenir le prochain empereur.
Après que les prêtres furent impitoyablement traînés hors du palais, la chambre du Prince fut silencieuse. Seul le corps du Prince Perfias, mort dans des convulsions de douleur, resta étendu sur le lit, un sombre sourire aux lèvres.
* * *
« Vous… devez être Kyre. »
J'étais dans la chambre du roi du Royaume de Havis. Elle était grande et gaillardement décorée, mais comme on s'y attendait d'une chambre de malade, une aura morne imprégnait l'espace voilé de lourds rideaux. Le roi malade aux longs cheveux blancs secs et clairsemés m'accueillit.
« Je suis ravi de enfin faire votre connaissance. Je suis le Seigneur régnant sur Nerman, le Comte Kyre de Nerman. »
Je n'étais pas un noble de l'Empire Bajran, une pensée partagée par l'Empire également. Cependant, le titre de comte me convenait, donc je ne m'embêtai pas à le changer.
« Comme les rumeurs que j'ai entendues… Vous avez un esprit débordant. »
Le roi malade n'avait plus beaucoup de temps. Vu qu'il passait une semaine entière alité inconscient, on pourrait dire qu'il était essentiellement dans un état végétatif. Cependant, bien que le Roi Germanian ait l'air trop frêle pour bouger ne serait-ce qu'un bras, la lumière dans ses yeux était encore forte.
« Il me manque encore beaucoup de choses. Je prie pour que Votre Majesté se rétablisse rapidement et m'encourage de vos paroles de sagesse. »
Je pouvais compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où j'avais été aussi modeste devant autrui.
« Haha… Qui suis-je pour dire… quoi que ce soit devant vous. »
D'un rire humble, le Roi révéla un air de ravissement, que Rosiathe observa joyeusement.
« Elle a les yeux de son père. »
Les yeux bleu goutte d'eau, diamant de Rosiathe étaient une copie exacte de ceux du Roi. Bien qu'il fût le dirigeant d'une nation mineure, je savais qu'il était considéré comme un roi bon. Ce n'était pas comme si la puissance nationale pouvait se construire en un jour, et un royaume encerclé par de puissantes nations pouvait à peine grandir. En plus de cela, tout au long de son règne, le Roi Germanian avait supporté le fardeau des nobles venimeux envoûtés par la force de l'Empire Laviter.
Le Roi Germanian pourrait bien être plus heureux en restant ici sans rien savoir du bouleversement du royaume. Après tout, le destin du royaume était la responsabilité de Rosiathe et de tous ceux qui vivraient et avanceraient.
« Hahhhhhhh… »
« Père Royal ! »
Le Roi tira un souffle tremblant, comme s'il avait trop parlé, et Rosiathe sursauta et se précipita vers lui. Mon cœur se serra à cette vue. Je savais que je devrais un jour dire adieu à mes parents également, mais je ne voulais même pas y penser. Nous étions dans des dimensions différentes, donc je ne savais pas s'ils allaient bien, mais je croyais que mes parents étaient définitivement en vie et en bonne santé. Ou plutôt, je voulais le croire. Ils m'avaient peut-être élevé dans un programme safari en pleine nature, mais c'étaient les deux seuls parents que j'avais.
« …ça va. Je vais bien… »
Un bras gauche osseux s'étendit vers Rosiathe, qui le saisit de ses mains blanches et fines. C'était une image du jeune et du vieux, mais je ne pensais pas que vieillir était une chose laide ou sale. Je regardais simplement, ressentant très peu de choses.
« Kyre… »
« Oui… Votre Majesté. »
Tenant la main de Rosiathe dans sa gauche, le Roi tourna les yeux vers moi et tendit une main droite tremblante. J'avançai et pris la main qu'il peinait à lever.
« Prends soin d'elle. »
En parlant, je sentis une force débile dans sa main droite me guidant vers celle qu'il tenait dans sa gauche.
« P-Père Royal… »
Puisque nous tenions les mains du Roi alité, Rosiathe et moi étions côte à côte. Dans une telle proximité, le Roi tira ma main et la posa sur celle de Rosiathe.
« Je comprends. Ne vous inquiétez pas pour Rosiathe. »
Je le pensais. Je reconnaissais personnellement être le plus grand séducteur du monde, mais mes sentiments étaient purs. Mon amour pouvait être partagé entre de nombreuses femmes, mais j'étais toujours sincère devant chacune d'entre elles. J'étais déterminé à faire de mon mieux pour elles.
« Merci… merci… »
Paraissant grandement soulagé, le Roi Germanian sourit radieusement. Puis, fixant encore nos mains entrelacées, ses bras retombèrent sans force le long de son corps.
« Hauu… hau… »
Peu après, il sombra dans un sommeil profond. Voyant cela, un médecin royal en faction accourut pour vérifier son état.
« Il s'est endormi. »
Le Roi était tombé dans un sommeil profond, et nul ne savait quand il se réveillerait à nouveau. Son visage avait l'allégresse d'un enfant qui a fini tous ses devoirs.
« Père Royal… »
Rosiathe contempla le visage de son père endormi, appelant doucement son nom. Elle savait aussi bien que moi qu'il y avait une possibilité que son père ne se réveille plus jamais.
Le médecin royal observait, mais j'attirai Rosiathe dans mes bras. Tenant ma main, une larme coula de ses yeux tandis que je la serrais contre moi. De son corps émanait un parfum agréable, la fragrance de la fleur que moi seul pouvais sentir, une fleur que j'aimerais et protégerais toute ma vie.
* * *
Traducteur : Lei
Relecteur : Imagine
* * *
« Vous dites être le Vice-maître des Marchands Ataivan ? »
« Oui, Seigneur. Je m'appelle Turaquin. »
« Ils commencent gentiment à mordre à l'hameçon. »
Nerman était le site d'une nouvelle ruée vers l'or, une véritable oie pondant des œufs d'or. Dès que du sel pur et de bonne qualité entra sur le marché du Continent, où le sel se vendait à des prix ridiculement élevés, les marchands devinrent fous. Un par un, les marchands intermédiaires rapides à comprendre et à l'esprit pionnier firent fortune grâce aux produits de Nerman, et finalement, l'un des Cinq Grands du Continent fit son apparition.
Les Marchands Ataivan furent les premiers à mordre. Ils figuraient parmi les plus grands groupes marchands du Continent, juste après les Marchands Corvain.
« Qu'est-ce qui vous amène en un lieu si lointain… ? »
Même un groupe marchand continental officiel ne pouvait pas librement commercer et profiter où bon lui semblait. Habituellement, ils récoltaient la part du lion dans les endroits où ils étaient bien implantés. De tous les lieux du Continent, les Marchands Ataivan centraient leurs affaires principalement autour de l'Empire Opern, le maître du Continent sud, et un adjoint de la compagnie était venu me voir.
« Puisque l'un des trois adjoints est venu, ils ne repartiront pas les mains vides. »
Le fait qu'un des adjoints se soit personnellement déplacé jusqu'au territoire signifiait qu'ils comptaient réaliser un gros commerce.
« Nerman s'est développé à un degré vraiment étonnant. J'étais ici il y a quelques années, mais son apparence d'antan est nulle part à retrouver maintenant. Je tiens à exprimer mon sincère respect pour l'excellente administration de votre territoire, Seigneur. »
Turaquin remplit sa bouche de flatteries au lieu de me dire pourquoi il était là. Il était mince et petit pour un marchand, mais la façon dont il posait les bases sans paniquer me fit penser qu'il était bien l'adjoint d'un grand groupe marchand. Cependant, je n'étais pas un adversaire facile. Je ne faisais pas assez confiance aux inconnus, surtout un marchand, pour sourire béatement à cause de quelques flatteries.
« … »
Appuyant mon menton sur une main, je fixai l'adjoint Turaquin d'un air impassible, le pressant sans mots à cesser les bavardages inutiles et à aller à l'essentiel. Les yeux de Turaquin tressaillirent en me voyant.
« Notre groupe marchand a eu tort. Si Votre Seigneurie veut bien nous donner une seconde chance, nous ne romprons plus le commerce avec Nerman. »
« C'est ça, vous aviez tort. Vous avez osé ignorer une pousse grandissante. »
Honnêtement, je savais qu'il n'y avait aucune compagnie capable de secouer les menaces de l'Empire. Même les Marchands Rubis qui avaient une relation profonde avec moi furent forcés de composer et d'arrêter de commercer avec nous, donc ce n'était pas surprenant que les autres marchands aient agi de la sorte. Cependant, c'était juste ma générosité d'esprit qui parlait. Il était juste de punir ceux qui avaient révoqué de leur propre initiative les activités commerciales avec Nerman.
« Nerman a l'air d'une taverne où l'on peut entrer et sortir librement à votre guise ? » Je lançai une question piquante avec un sourire froid.
« Non, Seigneur. »
« Alors quelle différence y a-t-il entre ce que je viens de dire et les actions actuelles de votre compagnie ? Actuellement, un grand profit peut être tiré de Nerman, et l'Empire Bajran a déclaré son alliance ferme avec nous. Mais si Nerman tombait à nouveau en danger, comme avant, ne cesseriez-vous pas le commerce une fois de plus ? »
« … »
Turaquin ferma la bouche face aux attaques tranchantes qui pleuvaient les unes après les autres.
« Comme vous devez le savoir, Nerman peut prospérer avec les seuls marchands intermédiaires. La plupart des biens peuvent être fabriqués par les nains, donc nous pouvons produire indépendamment ce dont nous avons besoin. Nous avons aussi une quantité abondante de provisions, suffisante pour plusieurs années, et ne manquons de rien. À mes yeux, il n'y a pas de réel besoin pour nous de commercer avec votre groupe marchand… »
Ma fierté ne me permettait pas d'accepter simplement les compagnies qui avaient abandonné Nerman pour leurs propres profits.
« Seigneur, nous sommes marchands. Même si nos épouses bien-aimées accouchent, s'il y a une route commerciale à honorer, nous devons traverser les montagnes dangereuses et partir pour un long, très long voyage. Si une force puissante apparaît et nous menace, c'est notre destin de maintenir le groupe marchand avec la richesse et les flatteries que nous avons. Je sais ce que Votre Seigneurie veut demander. Cependant, même si je vous donnerais mon accord en tant qu'individu, je ne peux pas le faire au nom du groupe marchand. C'est notre devoir de protéger la vie d'innombrables marchands et de leurs familles qui gagnent leur vie en créant du profit pour la pérennité de notre organisation. Nous demander de choisir la loyauté plutôt que le profit, c'est comme demander à un chevalier de commettre un meurtre pour de l'argent. »
« Hooh, c'est un aplomb impressionnant. »
Il n'avait pas atteint son poste d'adjoint dans un énorme groupe marchand pour rien.
« Cela peut ne pas être du goût de Votre Seigneurie, mais s'il vous plaît, donnez-nous une chance. Nous vous présenterons un profit énorme que les marchands noirs et les marchands intermédiaires ne pourraient jamais espérer égaler. C'est la plus grande proposition que je puisse offrir à Votre Seigneurie. »
Turaquin savait que nous commercions avec un groupe marchand noir.
« Pour la concurrence, plus c'est féroce, mieux c'est. »
Le Continent était trop vaste pour qu'un ou deux groupes marchands le couvrent, et Nerman avait un surplus de sel et de divers produits. C'était suffisant pour les vendre à un prix approprié. C'était juste que nous ne serions plus trahis unilatéralement par les marchands comme par le passé.
« Je l'autorise. »
« Merci beaucoup ! Seigneur ! » Turaquin rayonnait à mes trois mots de permission.
« Cependant, j'ai quelques conditions. »
« … »
« Je suis sûr que vous le savez grâce à vos informations recueillies, mais à Nerman, tous les échanges seront réglés par lettres de change. Pour les futurs échanges, convertissez l'Or en billets de Nerman au bureau de change de la frontière du fort frontalier. »
« Compris. »
Il n'y avait pas de moyen que les marchands aux oreilles aiguisées ne le sachent pas.
« De plus, les groupes marchands d'une certaine taille ne pourront exercer des activités commerciales que s'ils déposent une caution à Nerman. »
« Pardon ? C-Caution ? » répéta Turaquin avec un air de surprise.
« Pour l'un des Cinq Grands du Continent, il faudra déposer 10 millions d'Or. »
« Ah ! 10 millions d'Or… »
Mes 10 millions d'Or prononcés distraitement rendirent Turaquin muet.
« Vous ne pouvez pas gérer ça ? J'ai entendu dire que les grands groupes marchands gagnent plusieurs millions d'Or de profits chaque année. Vous ne pouvez pas vous permettre cette somme ? » dis-je, égratignant un peu son orgueil. « De plus, d'après ce que je sais, les groupes marchands font don d'énormes sommes à chaque famille impériale et royale de chaque empire et royaume. Ai-je tort ? »
« C-C'est l'usage de payer les droits de passage pour les empires et les royaumes en une seule fois… »
« C'est ça ? Alors c'est encore mieux, non. Je ne demande pas d'argent, juste que vous laissiez un simple dépôt sous ma garde. »
« … »
Ça avait probablement l'air de n'importe quoi pour lui, mais Nerman pouvait maintenant se permettre d'être exigeant. Je lui lançai un regard qui disait « tant pis si vous ne voulez pas ».
« …Compris. Nous acceptons la proposition de Votre Seigneurie. »
« Eh bien, quoi ? Il a accepté plus facilement que prévu. »
Il n'y avait aucun doute que Turaquin avait reçu une sacrée autorité dans sa compagnie. 10 millions d'Or, c'était facile à dire, mais cette somme pouvait égaler le revenu annuel d'un territoire moyen.
« Une excellente décision. »
« Merci, Seigneur. »
Les mots suffisaient à sceller la promesse. Pour des gens de mon rang et de celui de Turaquin, il n'y avait pas vraiment besoin de rédiger un contrat écrit.
« Mais Seigneur, avez-vous par hasard des liens avec la Famille Impériale Opern ? »
« La Famille Impériale Opern ? »
L'adjoint Turaquin mentionna soudain la Famille Impériale Opern, une existence bien éloignée de Nerman.
« Je demande parce que la Famille Impériale s'intéresse beaucoup à Nerman. »
« Je n'ai aucun lien avec eux. »
« Je vois… » Bien qu'il acquiesçât à mes mots, l'adjoint traîna encore quelque peu de manière significative.
« Sortez et discutez des détails avec l'Administrateur Exécutif de Nerman, Sir Derval. Ravi de vous avoir rencontré. »
Je n'avais pas vraiment envie de faire plus ample connaissance avec lui. En dehors des marchands de Rubis, la compagnie qui avait rapidement décidé de m'aider moi et Nerman, je ne voulais rencontrer que pour des affaires officielles.
Qu'il s'agisse du 21e siècle ou d'ici, les marchands étaient toujours les mêmes. L'argent faisait tourner le monde.
« Cette traduction a été faite par notre équipe, pour lire plus de romans traduits visitez www.readernovel.net »