Ji Fanyin fut tirée de son sommeil par un appel entrant à l'aube naissante. De quoi la mettre instantanément de mauvaise humeur.
'J'aurais dû purger mon groupe de clients hier en rentrant. Comme ça, personne n'aurait pu contourner mon mode "Ne pas déranger".'
Elle tâtonna pour attraper son téléphone et vérifia l'identité de l'appelant. Puis elle referma les yeux et grommela, agacée : « Secrétaire Fan, cet appel vaut mieux concerner un virement sur mon compte. »
« C'est fait », répondit Secrétaire Fan poliment. « Je voudrais que vous vous déplaciez. Vous serez payée selon vos tarifs d'heures supplémentaires. »
Quel workaholic.
Ji Fanyin entrouvrit les yeux pour vérifier l'heure — 6h20.
D'un ton plus posé, elle demanda : « Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« M. Li va très mal… » Secrétaire Fan lui résuma rapidement la situation avant d'ajouter, suppliant : « Le médecin lui a prescrit des placebos et des antidouleurs, mais rien ne fonctionne. Pourriez-vous venir tout de suite ? »
Ji Fanyin se retourna paresseusement pour s'allonger sur le côté et demanda, taquine : « Et Ji Xinxin ? Elle n'est pas là ? Vous pouvez lui demander de réconforter Li Xiaoxing. »
« … Ne vous moquez pas de moi. Je n'ai pas entendu la conversation entre M. Li et vous hier, mais je peux deviner ce qui s'est passé d'après le contenu du journal divulgué par Mlle Cheng. Vous êtes la seule qui puisse aider M. Li maintenant. », répondit Secrétaire Fan.
Ji Fanyin connaissait naturellement la raison de la souffrance de Li Xiaoxing.
Il avait découvert qu'il y avait en réalité de l'espoir pour guérir ses jambes, pour le voir s'effondrer aussitôt après. Cette idée lui rongeait l'esprit, lui étreignant le cœur. L'angoisse émotionnelle s'était sans doute projetée sur son corps, menant à la situation actuelle.
Ji Fanyin se redressa et s'appuya contre la tête de lit. « Je suppose que vous connaissez mes règles professionnelles. »
« Je vous virerai les honoraires immédiatement si vous acceptez de coopérer. »
« Je ne me déplacerai pas. Je n'ai aucune envie de voir Ji Xinxin. » Ji Fanyin laissa échapper un bâillement paresseux. « Virez l'argent d'abord. On travaille une heure. Vous passerez le téléphone à Li Xiaoxing une fois fini. »
Il n'hésita que deux secondes avant d'accepter. « Un instant. »
Secrétaire Fan semble de plus en plus rodé aux virements. Il arrive toujours à les boucler efficacement. Je me demande si c'est parce que Li Xiaoxing est un VIP de la banque ou quelque chose comme ça ?
Un SMS de la banque arriva bientôt, notifiant à Ji Fanyin qu'elle venait de recevoir un dépôt de dix millions de dollars. Puis Secrétaire Fan passa le téléphone à Li Xiaoxing.
« … C'est un appel de Ji Fanyin. » On entendit Secrétaire Fan dire de l'autre côté du fil.
« Je vais demander aux autres de sortir de la pièce pour laisser un peu d'intimité à M. Li. », dit Secrétaire Fan.
Cette phrase était destinée à Ji Fanyin. Il savait qu'elle refusait d'interagir avec Ji Xinxin, ne serait-ce que par téléphone.
De quoi la faire rire. À travers le combiné, elle perçut le bruit de pas qui s'éloignaient, suivi de la fermeture d'une porte. Une fois le silence retombé, elle appela : « M. Li. »
Seule lui répondit la respiration rapide et superficielle de Li Xiaoxing.
« Tu m'entends ? » demanda Ji Fanyin. « Si tu n'écoutes pas, je ne vais pas gaspiller ma salive. »
Une nouvelle série de sifflements, puis Li Xiaoxing parvint à croasser, laborieusement : « J'écoute. »
« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? » demanda Ji Fanyin.
Son attitude décontractée tranchait radicalement avec celle de Li Xiaoxing, comme si elle discutait tranquillement avec un ami croisé par hasard dans la rue.
« … Le passé. » Li Xiaoxing articula mot à mot, haletant : « Je veux que tu me parles du passé. »
« Le passé ? » Ji Fanyin y songea un instant et précisa : « Tu parles d'avant qu'on se rencontre ou d'après ? »
Pas de réponse de Li Xiaoxing.
« Je raccroche si tu ne veux pas me répondre », le menaça Ji Fanyin.
« … Les deux. »
Ji Fanyin rit. « D'accord. Je vais te raconter l'histoire de "Ji Fanyin". »