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Wise Man's Grandchild

Chapitre 9

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Chapitre 9

Chapitre 9

Chapitre 9/7013%~8 min de lecture1 467 mots

Je découvris une vérité stupéfiante.

Papi et Mamie avaient été mariés.

Bon, je me doutais bien depuis longtemps qu'ils étaient proches sans aucune gêne, mais de là à penser qu'ils avaient vraiment été époux...

Cela dit, le « ex- » qui les précède laisse supposer qu'il s'est passé quelque chose. J'aimerais bien le savoir, mais c'est le genre de sujet qu'on ne peut pas vraiment aborder, et ça me laisse un goût amer.

Bah, ils me le diront bien quand l'occasion se présentera. J'attendrai jusque-là.

Bref, tout ça pour dire qu'on s'attaque au déménagement. Grâce au stockage dimensionnel, faire les cartons, c'est d'une simplicité enfantine. Dans ce monde, les déménageurs, c'est le monopole des mages.

Le déménagement fut bouclé en un clin d'œil, et nous prîmes la route vers la capitale royale sous peu. J'ai hâte de voir quelle vie m'y attend.

Cette maison, j'y ai vécu quatorze ans depuis que Papi m'a recueilli, alors forcément, je m'y suis attaché.

D'ailleurs, on laisse la maison telle quelle. Apparemment, on va y poser des barrières anti-intrusion et de préservation, donc elle ne se dégradera pas. Vive la magie.

Pour info, c'est Mamie Merida qui a préparé les outils magiques.

Une mamie qui, mine de rien, veille sur nous.

Du coup, je leur ai fait une proposition.

« Papi, la maison que vous avez à la capitale, elle fait quelle taille ? »

« Voyons... C'est une demeure octroyée par le pays, alors elle est grande. J'en ai même oublié le nombre de pièces. »

Vraiment ?

« Haa, ce Papi... Vingt pièces, un hall pour les petites réceptions, un grand salon, un séjour avec une immense cheminée et un canapé qui accueille une dizaine de personnes. Une salle à manger pour une vingtaine de convives, une salle de bain. Et puis, pas une cuisine, un office. »

Vraiment, c'est énorme !

« Mamie, tu t'y connais drôlement bien. »

« Ben oui, vu que j'ai été l'épouse de ce vieux un temps. Ce manoir, on l'a reçu quand on était encore ensemble, donc j'y ai habité moi aussi. »

« Ah oui ? Dis, Mamie ? »

« Quoi ? »

« Tu viendrais pas habiter avec nous ? »

« BUUH !! »

« Qu... qu-qu'est-ce que tu racontes ?! »

Papi recracha son thé en hurlant le nom d'un certain gardien de but, pendant que Mamie devenait écarlate en braillant.

« Mais vu comme tu connais le plan par cœur, c'est toi qui gérais la maison à l'époque, non ? Avoir une mamie qui connaît le manoir sur le bout des doigts, ça serait drôlement pratique. »

Je lance un regard de côté.

« Rien qu'à deux, dans une grande maison dont on ne connaît pas les ficelles, ça m'inquiète. »

Je lance un autre regard.

« J'aimerais bien que Mamie nous aide. »

Je lance un troisième regard.

« Ah, mince ! Vraiment, t'es un gamin impossible. Bon, d'accord, j'habiterai avec vous. »

« Vraiment ?! Yes !! »

« Sh-Shin... À ce point, tu as peur d'être seul avec moi... »

Pardon, Papi. C'est pas ça, mais je voulais vraiment qu'on vive tous les trois. Jusqu'ici, je m'étais retenu par respect pour Papi, mais maintenant que je sais, je me dis que c'est bon. J'ai pas envie qu'ils se remettent ensemble ni un truc du genre. Je considère Papi et Mamie comme mon vrai grand-père et ma vraie grand-mère. Je voulais juste vivre avec eux deux.

C'est décidé : Mamie vient avec nous. Direction la capitale à trois.

Pour info, la Porte ne m'emmène que vers des endroits que je connais, donc pour l'aller, on prend la calèche. C'est Oncle Tom qui nous l'a fournie. Une calèche bâchée dans laquelle on peut se reposer.

Enfin, la capitale, c'est moins d'une journée de route, donc on n'en a pas vraiment besoin.

D'ailleurs, le roi lui-même vient souvent chez nous, c'est pas comme si le palais était à des jours de marche. Papi m'a dit qu'on lui avait demandé de « ne pas s'éloigner trop » quand il a pris sa retraite.

Oncle Diseum...

Bref, je passe le trajet.

Parce qu'il ne s'est strictement rien passé !

Le plus dur, c'était de lutter contre l'assoupissement sous le bon soleil et le berceau de la calèche.

Et nous voilà arrivés à la capitale.

On fait la queue dans la longue file à la porte, et enfin vient notre tour.

« Avez-vous une pièce d'identité ? »

demande le soldat qui gère l'entrée.

Une pièce d'identité ?

« Hohoho, ça ira ? »

« Oui, voilà. »

Papi et Mamie sortent leurs papiers. Hé ! Et la mienne ?!

« !!? »

Le soldat écarquille les yeux et se fige en voyant leurs pièces. D'ailleurs, j'en ai pas, moi, c'est grave ?

« Ah, c'est... Le Sage Merlin-sama et la Guidesse Merida-sama ?! »

hurle le soldat à pleine gorge.

Hein ? Sage ? Guidesse ?

Je les regarde, interloqué.

« « Erreurs de jeunesse. » »

Ils parlent en chœur. Vraiment en chœur.

Tandis que je reste coi face à leurs titres, la foule se met à murmurer.

« Le Sage ?! »

« Pour de vrai ?! »

« La Guidesse est aussi là ?! »

« Sage-sama ! Guidesse-sama ! »

Wah ! Ça commence à faire du bruit.

« Désolé, mais si ça continue, ça va faire scandale. On peut accélérer ? »

« Ha ! M-Mille excuses ! Euh... Et ce jeune maître ? »

Jeune maître ! C'est la première fois qu'on m'appelle comme ça ! Wah, j'ai les fesses qui fourmillent.

« Hohoho, ce gamin, c'est Shin. Shin Wolford. Notre petit-fils. »

« Ah, le petit-fils ! Passez, je vous en prie ! »

« Merci. Bon courage pour votre service. »

« ! Ah, merci beaucoup ! »

Ce soldat avait les larmes aux yeux. Incroyable. Papi et Mamie sont vraiment encore des héros pour ce pays. Ce n'est pas moi, mais je ressens une fierté immense.

Sous les regards de tous, nous nous dirigeons vers la maison de la capitale. Ça, c'est la capitale, y a un monde fou. Même en connaissant la foule de Tokyo dans ma vie d'avant, c'est la première fois que je vois autant de monde dans ce monde.

J'avance dans les rues, les yeux écarquillés, pour la première fois en quatorze ans plongé dans une telle cohue.

Cela dit, quelle belle ville. Toutes les routes sont pavées, tous les bâtiments en pierre. Et en y regardant de plus près, je remarque qu'on utilise du béton. Dans mon ancien monde, l'Antiquité romaine l'utilisait déjà, donc pas de dépaysement. Pas un déchet par terre. C'est le genre de paysage européen, version moderne.

Après une demi-heure de calèche.

C'est loin ! Rien que ça, ça donne la mesure de la taille de la capitale.

Le château royal se profile encore loin devant.

Autour du château, s'étale un quartier de vastes demeures où vivent nobles et riches marchands, et tout autour, le quartier des roturiers.

Notre maison se situerait à la frontière entre les deux. Appelons ça le quartier roturier et le quartier noble. Ce n'est pas une séparation stricte, mais les nobles, souvent appelés au château, ont bâti leurs hôtels près de lui, tandis que les roturiers, sans affaire au palais, se sont installés plus loin. D'où cette configuration.

Et nous arrivons enfin au manoir. Devant son immensité, je reste bouche bée, le regard rivé vers le haut, totalement ahuri.

C'est ça. Le genre de maison où, dans ma vie d'avant, t'as pas le droit d'habiter si t'as pas fait de sales coups.

Tandis que je rumine ça devant le portail.

« Bienvenue au retour, Merlin-sama, Merida-sama. Et enchanté, Shin-sama. »

Sur le côté du portail apparaît un soldat en armure impeccable.

« Hein, Shin-sama... »

« C'est le petit-fils des héros que nous respectons. L'appeler Shin-sama va de soi. »

Vraiment ? J'ai l'impression de ne dire que ça.

« Hohoho, ce gamin n'a pas l'habitude qu'on le traite comme ça. Essayez d'être moins guindés avec lui, voulez-vous ? »

« Ha, je m'incline. »

C'est pas "guindé" le problème...

Le gardien — enfin, je suppose — ouvre le portail et la calèche pénètre dans la cour.

Vu de près, c'est encore plus grand. Deux étages, symétrique, probablement cinq pièces de chaque côté à l'étage, soit vingt au total. Et quand ce grand portail s'ouvre...

« « « « « « Bienvenue au retour. » » » » » »

Une rangée de bonnes et de majordomes nous accueille en chœur.

« Euh ? Quoi ? Qu'est-ce que c'est que ça ? »

« Hohoho, c'est sûrement Diseum qui les a envoyés. »

« Haa, c'est pour ça que cet endroit me déplaît. »

Vraiment ?

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