Long Aotien, roué de coups jusqu'à être couvert de blessures, soutenait à peine son corps, un sourire amer et impuissant tirant ses lèvres. Sa base de cultivation avait régressé… À présent, il n'était tout simplement pas de taille face à .
Pouvait-il vraiment être vaincu ici ? Laisser ce fou s'en prendre au Maître ?
Un sentiment d'impuissance déferla en lui. Alors qu'il allait baisser la tête, une main se posa sur son épaule : « Quatrième Grand Frère, je m'occupe du Grand Frère. Va te reposer. J'ai peur de te blesser par accident. »
Long Aotien : « … »
« Non… Sixième Petit Frère, je sais que mes répliques sont vraiment cool, tout le monde voudrait les utiliser. Mais toi, un menu fretin comme toi, tu ne fais pas le poids pour occuper le boss… »
Attends, venait-il de voir une colère ardente dans ses yeux ?
Long Aotien : ???
Il n'y eut pas le temps d'en dire plus ; le sabre large de s'abattit, ne leur laissant aucun répit.
Il faut savoir que , ce fou, était un cultivateur d'épée violent. Comment la frêle petite fille devant lui pouvait-elle possiblement l'emporter ?
Cette pensée n'exista dans l'esprit de Long Aotien qu'un instant.
l'envoya valser d'un coup de pied. Long Aotien entendit un craquement, oh… c'étaient ses os… brisés ???
« Bon sang ! Tu essaies de me tuer ?! »
Ce coup de pied était encore plus féroce que celui de !
Si jeune, et déjà impitoyable et sans cœur, à tenter réellement de blesser ses condisciples. La situation du combat bascula lorsque la petite fille, menue et maigre, décocha à , si arrogant l'instant d'avant, une gifle retentissante !
Long Aotien : « … »
Il devait regarder avec les mauvais yeux !
« Vlan ! Vlan ! Vlan ! » La Petite Sœur asséna trois autres coups sur la tête du Grand Frère.
Le Quatrième Grand Frère était convaincu que le monde était devenu fou… Il avait dû être assommé par .
resta lui aussi longtemps sonné.
« Toi ! » Sa tête, à demi de travers, se retourna. Ses beaux sourcils étaient assombris d'une colère intense : « Petite Sœur, tant que je ne me suis pas emporté, tu ferais mieux de disparaître immédiatement de ma vue. Sinon, le Grand Frère ne peut garantir qu'il ne fera pas quelque chose d'excessif… »
Comme pour vérifier ses paroles, caressa son sabre large ; l'avertissement dans ses mots était clair.
ne fut pas le moins du monde décontenancée. Elle saisit la main du Grand Frère qui tenait le sabre, en touchant la pointe. Elle ne sembla pas y mettre beaucoup de force, et pourtant le sabre large se brisa en deux.
: « Grand Frère, vas-y. »
: « … »
Quel genre de petite fille violente était-ce ? Son sabre était un artefact magique de qualité intermédiaire !
« Grand Frère, dépêche-toi, réglons nos comptes », pressa . « Tu as brûlé mon exemplaire unique, si difficile à trouver ! Je ne me sentirai pas mieux tant que je ne t'aurai pas tabassé un coup ou deux. »
C'était une édition originale !
« C'est quoi ce truc pourri, c'est fini maintenant », dit avec désinvolture, ne réalisant pas encore le danger qui approchait.
« Petite fille, que peux-tu faire à un cultivateur du stade de l'Âme Naissante ? »
n'était pas arrogant. Il était considéré comme un talent de premier plan parmi la jeune génération. Que pourrait-elle bien lui faire ?
La réponse fut un déluge de poings imparable… Chaque coup atterrissait avec une force douloureuse.
La situation sur les lieux se renversa complètement !
Long Aotien regarda , qui venait de le pourchasser comme un forcené, se transformer instantanément en petite victime faible et impuissante, fuyant, paniqué, pour échapper aux coups de poing en apparence légers de sa Petite Sœur.
« … »
Était-ce vraiment le fou qui tuait sans ciller quand il était enragé ?
Il avait l'air si pitoyable…
fit un geste de gorge tranchée : « Grand Frère, si tu oses encore mettre le feu dans ma cour, ça ne me dérange pas de t'envoyer voir le Maître en premier. »
Elle avait beaucoup de livres d'histoires dans sa chambre ; elle ne pouvait pas le laisser devenir fou et tous les brûler.
, étendu au sol à demi mort : « … »
D'où sortait ce monstre ?
N'avait-on pas dit que la famille Wenren avait ramené sa lignée du Royaume Mortel ?
Cette fille n'avait pas l'air de quelqu'un élevé dans un lieu à l'énergie spirituelle aussi ténue que le Royaume Mortel… Il croirait volontiers qu'elle était la progéniture de quelque vieux monstre !
Le lendemain.
Quand ouvrit les yeux, il se gratta la tête, se demandant comment il avait atterri dans la cour de sa Petite Sœur.
« Petite Sœur ! Je ne t'ai pas blessée hier soir, dis… » Se rappelant son propre état, demanda avec inquiétude.
Mais dès qu'il bougea, chaque partie de son corps le fit souffrir. On aurait dit qu'il s'était fait tabasser, les os presque brisés !
Il fut choqué. Aurait-il commis quelque chose de terrible pendant son inconscience ? L'affaire était-elle devenue si grave que même les Anciens étaient intervenus ?!
creusait un trou. Elle enterra soigneusement les cendres restantes de la veille au soir, plaçant un petit repère en bois. Elle dit tristement :
« Grand Frère, viens présenter tes respects. »
: « !!! »
Il… avait commis un meurtre !
ne le regarda pas, se remémorant ses beaux souvenirs de l'objet : « C'était mon histoire de romance tragique préférée. »
« Chaque année, je la ressortais et la relisais. Notre temps ensemble a été court, seulement trois ans. Je pensais que nous aurions un avenir, dix ans, vingt ans… Mais hier soir, nous avons été à jamais séparés par la vie et la mort… »
était désemparé : « Petite Sœur, ceci… qui est dans la tombe ? »
: « Mon livre d'histoires. »
: « … »
insista : « Un exemplaire unique de l'édition originale ! »
: « … »
Non… était-elle folle ?
avait vraiment envie de le dire mais, vu son propre état douteux, il ne semblait pas en droit de le faire.
Pour la première fois, il présenta en silence ses respects à la tombe d'un livre d'histoires. La scène était encore plus absurde que ses interactions avec le Quatrième Grand Frère, la Troisième Grande Sœur et les autres. Enfin, il avait brûlé le livre d'histoires de sa Petite Sœur, donc il était en tort.
« Petite Sœur, en fait, je ne te l'ai pas dit… J'ai un autre moi à l'intérieur de mon corps… Il a mauvais caractère et fait parfois des choses scandaleuses la nuit. Mais il n'est apparu qu'il y a quelques jours. Je… je ne m'attendais pas à ce qu'il sorte si tôt… » Il tentait d'empêcher l'autre « lui » de faire de mauvaises choses. « Je suis désolé, Petite Sœur, je ne t'ai pas prévenue, et je l'ai laissé te blesser… »
secoua la tête et dit avec sérieux : « Grand Frère, rassure-toi, il est trop faible pour me blesser. »
Il ne pouvait que malmener ses faibles et pitoyables livres d'histoires.
: ?
crut que sa Petite Sœur cherchait à le réconforter. L'autre « lui » avait atteint le stade de l'Âme Naissante, et n'était assurément pas quelque chose que la petite fille devant lui pouvait gérer.
En songeant à la force feinte de sa Petite Sœur pour le réconforter, les yeux de rougirent. Quelle enfant si bonne !
Il devait travailler dur pour améliorer sa cultivation et réprimer l'autre « lui » agité en son corps.
« Petite Sœur, bien que notre Montagne de la Garde de l'Épée soit désormais en déclin, et que même le Maître gise là… le Grand Frère t'enseignera à coup sûr comme il faut ! Je ne te laisserai absolument pas prendre du retard dans ta cultivation ! » jura en silence. Il prendrait bien soin de cette Petite Sœur au grand cœur, mais un brin tête en l'air.
À son insu, l'autre « lui » dans son corps levait les yeux au ciel !
C'était cette fille d'apparence inoffensive qui avait mis KO en un coup un cultivateur de l'Âme Naissante la veille…
Cela dit, ignora la douleur de son corps et alla chercher une pile de manuels secrets de cultivateur d'épée laissés par son Maître, les apportant tous à la cour de .
« Petite Sœur ! » dit à . « Choisis-en un. Le Grand Frère te guidera d'abord dans la Condensation du Qi, puis t'enseignera la pratique de l'épée. »
cala son menton dans sa main, usant d'une feuille flétrie comme marque-page dans son livre d'histoires : « Grand Frère, je suis forte ! J'ai déjà atteint le Septième Stade de la Condensation du Qi, et je connais bien des techniques d'épée. Pas besoin de m'entraîner davantage. »
Ce n'est pas qu'elle ne voulait pas s'entraîner, elle en avait juste eu la nausée à force ces quinze dernières années.
semblait avoir anticipé son arrivée dans le Monde de la Cultivation, lui faisant apprendre absolument chaque compétence. Pas seulement la pratique de l'épée, mais le tracé de talismans, l'alchimie… c'était comme passer le concours d'entrée à l'université, couvrant tout et exigeant la perfection. L'échec signifiait le double d'entraînement.
Sous cet entraînement démoniaque, en avait vraiment eu la nausée.
Ayant enfin quitté la maison, comme après avoir bouclé le concours et accueilli une vie meilleure, elle ne voulait pas poursuivre un entraînement sans fin… voulait juste se plonger dans ses livres d'histoires.
De temps à autre, elle se détendait ; lassée de lire, elle pratiquait l'alchimie ou le tracé de talismans.
« Mais, Petite Sœur… »
voulait en dire plus, mais glissa un Manuel de Lame dans ses bras.
« Grand Frère, c'est un cadeau pour toi, en retour. »
l'ouvrit avec hésitation et parcourut une partie du contenu ; ses yeux s'illuminèrent aussitôt.
« Petite Sœur, tu veux vraiment me donner ça !? »
« Oui, Grand Frère, fais de ton mieux. Je vérifierai tes progrès. » Après quinze ans à être traitée comme un souffre-douleur par , une idée soudaine vint à : elle voulut essayer d'être maître à son tour.
fut surpris : « Petite Sœur, tu sais manier la lame ? »
« J'en connais un peu », dit avec un sourire.
Mais apprit bientôt que ce « un peu » équivalait presque à une note parfaite…
Juste comme il s'apprêtait à s'entraîner, sa main qui tenait la lame était vide.
« Bizarre, où est ma lame ? »
: « … »
Elle n'avait pas pu résister à la briser en deux la veille au soir.
Cette nuit-là, l'autre réapparut, se faufilant vers la cour du Maître.
Il voulait tuer ce vieux birbe et dissoudre la Montagne de la Garde de l'Épée au plus vite !
Il avait toujours pensé que cet endroit n'était qu'un ramassis de cinglés réunis, une horreur. Maintenant qu'il y avait un petit monstre qui le surpassait, son mental était sur le point de s'effondrer ! Rien qu'à penser à ces poings terrifiants, il ne pouvait plus supporter cette secte pourrie un jour de plus !
« Grand Frère~ » Une voix éthérée résonna doucement.
frissonna, inexplicablement inquiet.
« P-Petite Sœur… il est si tard, pourquoi tu ne dors pas ? » D'ordinaire, le nocturne se présentait avec une attitude de « je suis le meilleur ». Cette fois, pourtant, il jouait patiemment l'idiot diurne, s'efforçant de cajoler la petite fille : « Petite Sœur, tu es encore jeune. Va vite dormir, sinon tu ne grandiras pas ! »
Qui sait pourquoi les cultivateurs qui ne dormaient pas ne grandissaient pas ? Quoi qu'il en soit, il avait entendu dire que c'était ainsi qu'on cajolait les enfants.
le fixa : « N'es-tu pas le mauvais Grand Frère de la nuit dernière ? »
Le mot ajouté servait à à distinguer les deux personnalités.
« C-comment… comment est-ce possible… » Ses cheveux se dressèrent, chaque pore niant désespérément.
« Alors pourquoi le Grand Frère se tient-il devant la porte du Maître en pleine nuit ? »
« Je faisais juste une promenade au clair de lune… »
Les deux levèrent les yeux vers le ciel d'un noir d'encre. Il n'y avait même pas de lune, encore moins d'étoiles.
« … »
n'en pouvait plus : « Petite Sœur ! Qu'est-ce que tu manigances à cette heure tardive ! »
« Rien, je suis juste sortie me promener après avoir trop lu de livres d'histoires. » fit rouler son cou ; il était un peu raide.
« Puisqu'on est là, pourquoi le Grand Frère ne me montrerait-il pas les résultats de son entraînement de la journée ? Je pourrai voir ce qui a besoin d'être amélioré. » De toute façon, elle n'avait rien de mieux à faire.
ricana, un cultivateur de la Condensation du Qi instruisant un cultivateur de l'Âme Naissante ?
La petite fille était une menteuse ! Il voulait voir quelles compétences elle possédait réellement !
Le nocturne conservait en fait les souvenirs de la journée, comme en témoignait le fait qu'il avait appelé « Petite Sœur » dès leur première rencontre.
Il admettait aussi que le Manuel de Lame donné par était bel et bien une bonne chose mais, même avec sa cultivation du stade de l'Âme Naissante, il ne pouvait en saisir pleinement le contenu. Il admettait que la Petite Sœur était une puissante petite fille mais, en matière de techniques de lame… il ne croyait pas qu'elle fût très habile.
« Bon, essayons voir. » se prit d'intérêt.
Il démontra les techniques du Manuel de Lame une à une devant , tout en demandant d'un ton railleur si la petite fille comprenait seulement.
« Grand Frère ! Tiens-toi plus droit ! Ta position de main est fausse, tu ne vois pas ? L'important n'est pas d'avoir l'air cool ; l'aura d'un manieur de lame doit être plus féroce. Tu te sers d'un oreiller tout doux à la place de tes mains ?… »
Elle dénicha on ne sait comment une brindille et corrigea sévèrement ses erreurs.
« Faux ! Recommence ! »
: « … »
N'était-elle pas… folle ?
Qui au monde instruirait quelqu'un en techniques de lame en pleine nuit, juste comme ça ?!
Il tenta de résister, mais ne put l'emporter…
Résultat, pendant plusieurs jours, Long Aotien trouva étrange que le Grand Frère, qui semait souvent le trouble la nuit, fût devenu contre toute attente anormalement silencieux.