La structure étant d'une simplicité extrême, une journée suffit aux Nains pour fabriquer des étriers.
Ainsi, le jour où tous les prototypes furent enfin achevés, tous les chevaliers se réunirent à la salle d'entraînement pour assister à la démonstration.
Le démonstrateur était Fabian, le plus jeune membre des chevaliers et l'escorte de Nadia.
Monté à cheval et courant çà et là, il dit en relevant la visière de son heaume.
« C'est vraiment confortable. C'est très stable même si je suis couvert d'une armure lourde. »
Tous purent voir son sourire d'admiration complète sous la visière.
C'est pour cela que Fabian, le plus jeune des chevaliers, fut choisi pour être le premier à tester l'étrier.
Nadia calcula que si Fabian, qui avait la force musculaire la plus faible, pouvait supporter la force de répulsion sur le cheval, les autres chevaliers le pourraient aussi.
Et la seconde raison.
« Tu n'as pas le moindre frisson ? Si quelque chose tourne mal, tu risques d'être gravement blessé. »
« Oh, mes os sont solides, donc ça va. Vous vous faites trop de souci, mon seigneur ! »
Peut-être que Fabian ne ressentait aucune peur parce qu'il était encore jeune.
« Même si je me blesse, je guérirai vite. »
« … Alors fais comme bon te semble. »
« Merci. »
Fabian afficha un large sourire et rabaissa la visière de son heaume.
Puis, il tourna la tête de son cheval et fit face à l'ouest de la salle d'entraînement. C'était la direction où se trouvaient les obstacles temporaires.
« Quand dois-je commencer ? »
« Il n'y a pas de signal de départ au combat, pars quand tu es prêt. »
« Oui ! »
Quelqu'un lança un javelot à Fabian.
Javelot en main, Fabian s'élança en charge.
Galop !
D'abord, Fabian éperonna son cheval à un rythme lent, mais il accéléra progressivement. Il ne fallut pas longtemps pour atteindre la vitesse maximale du cheval.
Giscard grogna en observant la scène.
« Mon seigneur, je pense qu'il va s'écraser s'il ne ralentit pas. Ne devriez-vous pas l'arrêter ? »
« … De toute façon, il ne m'entendrait pas même si je criais depuis ici. »
Le bruit produit par le cheval lancé à plein galop était plus fort que Nadia ne l'imaginait.
Bien que cela ait pour effet de faire pression sur les soldats ennemis, cela rendait également l'échange de signaux difficile. Tout comme maintenant.
Plusieurs chevaliers chevronnés élevèrent inconsciemment la voix face à la scène dangereuse, mais Fabian ne semblait pas les entendre.
Clang !
Avec un fracas retentissant, la pointe du javelot heurta l'obstacle.
L'obstacle solidement ancré fut déchiré aussi facilement que du papier par l'arme de Fabian.
Néanmoins, Fabian était toujours assis sur son cheval. Il n'y avait pas la moindre indication de chute ou de déséquilibre.
Le javelot de Fabian, qui lui avait été remis au début, perça plusieurs couches d'obstacles en fer.
Serant le poing, Glenn pensa.
'C'est au-delà de mes attentes.'
Si la vitesse et le poids s'ajoutaient à la puissance destructrice de leur minerai produit, les soldats ennemis pourraient être déchiquetés comme du papier.
Surpris par cette puissance de destruction inattendue, personne ne put même prononcer un mot.
Tout ce qu'ils pouvaient entendre était le bruit des sabots du cheval de Fabian qui s'approchait.
À ce moment de silence, une voix de femme excitée résonna dans l'air du terrain d'entraînement.
« Si c'était un vrai combat, votre arme pourrait même transpercer trois soldats ennemis ! »
« … »
Il n'y avait qu'une seule femme ici. C'était Nadia.
Ses mains jointes et ses joues rougies étaient aussi mignonnes que celles d'une fille admirant un dessert sucré pour la première fois.
Si seulement ils avaient pu ignorer le contenu de ce qu'elle venait de dire avec cette expression.
N'était-il pas étrange de rire si brillamment à l'idée de transpercer quelqu'un avec un javelot devant l'homme dont elle était amoureuse au premier regard ?
C'était un peu étrange, mais Glenn, qui n'avait habituellement pas beaucoup d'occasions de rencontrer des femmes, et qui, lui aussi, n'avait d'autre choix que de se méfier, ne put que s'interroger.
Il en allait de même pour les autres chevaliers. Ils jetèrent un coup d'œil à Nadia et pensèrent.
'Madame… Vous devez vraiment aimer notre seigneur.'
'Cela l'avait rendu clair. Elle n'était pas une espionne du duc de Balazit. Même si elle s'était mariée pour jouer le rôle d'une espionne, elle n'était pas la marionnette du duc.'
'Wow, l'amour peut vous faire faire des choses.'
Quand Nadia remboursa la dette de Winterfell, il courut une rumeur selon laquelle ce n'était qu'un stratagème pour trahir le marquis après avoir gagné sa confiance.
En fait, ils n'étaient pas peu nombreux à y croire.
Même Giscard, le chef des chevaliers, avait prêché avec passion qu'il ne fallait pas faire confiance à Nadia.
Cependant, depuis que Nadia avait contribué à la chute de la forteresse de Vallon, l'opinion négative à son sujet commença à perdre du terrain.
C'était parce qu'il n'était pas avantageux pour les Balazit de faire tomber l'ensemble de la région de Raina au point d'y planter une espionne.
Et aujourd'hui, ils furent enfin convaincus.