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What’s wrong with this lawyer?!

Chapitre 5 : Quelle coïncidence !

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Chapitre 5

Chapitre 5 : Quelle coïncidence !

Chapitre 5/5100%~8 min de lecture1 449 mots

Au guichet de dépôt du district de la Lumière, l'employé regarda le jeune homme devant lui, puis le sac plein de pièces, et se renfonça sans y penser dans son siège.

« Vous avez tout ? C'est un litige du travail, vous êtes bien passé par l'arbitrage... ah, je vois la sentence, elle est là. »

Parfait, on dirait qu'il y aura encore des heures supplémentaires aujourd'hui. Enregistrer un dossier au guichet ne consiste pas seulement à réceptionner des pièces : il faut examiner chacune d'elles pour déterminer si l'affaire est recevable.

Et ce jeune homme dépose lui-même sa requête ; il n'est même pas avocat...

La raison pour laquelle on le sait est fort simple.

Les usages varient d'un tribunal à l'autre, mais dans la ville de Jingzhou, les dépôts des avocats et ceux des particuliers sont séparés.

Les avocats ont leur propre guichet, et la distinction se fait dès la prise du ticket.

Personne n'est de bonne humeur à l'idée de rester tard : l'employé entreprit d'examiner la requête avec soin, et il en resta lui aussi interdit.

« Des heures supplémentaires... vous réclamez plus de six cent mille yuans d'heures supplémentaires ? »

Après avoir relu la sentence arbitrale, l'employé releva la tête vers Tang Fangjing et hésita avant de demander : « Camarade, la commission d'arbitrage du travail n'a pas retenu votre demande d'heures supplémentaires non plus. Quel avocat vous a aidé à monter ce dossier ? »

Il dut aussitôt juger la formule malheureuse, car il ajouta très vite : « Bien entendu, je ne dis pas que votre requête pose le moindre problème... »

Avec le système d'enregistrement en vigueur, dès lors que les conditions de base sont réunies, un dossier peut en général être enregistré ; et l'employé craignait, tout comme Ma Yao à la commission d'arbitrage, que son interlocuteur n'ait été berné par un avocat véreux.

Chaque profession a ses fripons, après tout. La seule différence, c'est que ceux du droit parlent toujours haut et fort, avec des formules du genre « c'est parfaitement légal, cela ne vous regarde pas », qui donnent envie de leur mettre son poing dans la figure.

La réponse du jeune homme, de l'autre côté du guichet, glaça le sang de l'employé.

« Eh bien, camarade, j'ai préparé toutes les pièces moi-même ; je travaille en ce moment d'arrache-pied pour passer mon examen. »

L'employé resta stupéfait, jeta un nouveau regard à la pile de documents posée devant lui, et son visage se crispa.

La seule chose pire que d'examiner une liasse de pièces, c'est peut-être d'examiner une liasse de pièces « amateur », un peu comme un professeur qui corrige une copie de lettres mal écrite et remplie jusqu'à la marge...

À mesure que Tang Fangjing remplissait les formulaires, l'employé, en face, s'étonnait de plus en plus : pourquoi les pièces préparées par ce garçon avaient-elles l'air aussi professionnelles ?

Il découvrit en outre que la plus grande partie consistait en preuves, ce qui simplifiait les choses.

Après s'être assuré que tout était en ordre, l'employé notifia à Tang Fangjing que son dossier était enregistré.

Quant aux frais de procédure, il existe une très bonne règle pour les litiges du travail : ils ne sont pas indexés sur le montant réclamé, mais se limitent à dix yuans symboliques.

Il arrive même qu'ils soient réduits à cinq yuans...

Les formalités accomplies, Tang Fangjing repartit sans attendre. L'étape suivante consistait à patienter : les procédures judiciaires prennent toujours du temps.

...

De retour chez lui, en contemplant son petit logement de location, Tang Fangjing se dit, après réflexion, qu'il était temps de déménager.

L'occupant d'origine avait quelques économies, ses parents étant morts pendant ses années d'université : le démarrage classique...

L'argent n'était donc pas une préoccupation immédiate.

La vraie raison du déménagement, c'était que Tang Fangjing trouvait le logement bien trop humide, de quoi tomber malade sans peine.

Il appela d'abord le propriétaire, qui arriva très vite : un monsieur âgé du nom de Kang, à la mine plutôt sévère et fermée, mais qui se révéla contre toute attente fort compréhensif.

« Allons, Petit Tang, aucun souci si tu dois déménager. Installe-toi dans ton nouveau logement, je te rendrai ta caution le moment venu. Ce n'est pas facile, pour vous les jeunes, de démarrer dans la vie. »

La société est ainsi faite : chaque fois qu'on se dit qu'il y a trop de gens malveillants et qu'il n'y a peut-être plus d'espoir, il se trouve toujours quelqu'un, ou quelque chose, pour vous réchauffer le cœur.

Tang Fangjing ne sut même pas quelle contenance prendre, lui qui affichait jusque-là un air tendu.

Cette tension tenait à ce que, d'après les souvenirs de son prédécesseur, ce vieil homme avait la parole rude et les discussions finissaient souvent en dispute ; son ancien lui-même s'était d'ailleurs querellé avec lui.

Contre toute attente, sur un point aussi important, il avait les idées parfaitement claires.

Tang Fangjing hocha la tête en silence, sans trouver quoi dire, tandis qu'en face de lui le vieux monsieur Kang gardait exactement la même mine, sévère et fermée ; il acquiesça et tourna les talons.

C'est sans doute cela, la vie.

Dans le district de la Lumière, Tang Fangjing ne connaissait pas grand monde. Il avait d'abord songé à louer directement auprès d'un propriétaire, mais après avoir cherché un moment, il y renonça.

On pouvait dire en gros que les agences avaient tout raflé : il n'avait pas le choix, il faudrait passer par l'une d'elles.

Le métier d'agent immobilier, Tang Fangjing le connaissait bien ; dans sa vie précédente, il avait eu affaire à eux à plusieurs reprises. Dire que « marchands de bateaux, marchands de chaussures ou intermédiaires, tous méritent la corde » serait assurément excessif.

Mais il est vrai que les ennuis en tout genre y sont fréquents, au fond parce que le secteur reste mal encadré.

Il fouilla la boutique d'applications et téléchargea une application nommée « Anke », qui affichait fièrement un milliard de téléchargements.

Il se mit en quête d'un appartement ; et bien sûr, Tang Fangjing n'ignorait rien des ficelles des agents immobiliers.

Beaucoup de gens se fient aux photos pour chercher un logement, alors qu'il n'existe rien de plus facile à truquer qu'une photo !

Sinon, pourquoi verrait-on tant de beaux garçons et de jolies filles sur internet, et si peu dans la vraie vie...

Et puis, de si beaux appartements sur les photos, loués si peu cher ? Qu'on vienne encore dire qu'il est difficile de se loger de nos jours !

À y réfléchir une seconde, croit-on vraiment que les tartes tombent du ciel ?

Si une affaire pareille existait, serait-elle encore disponible pour vous sur une application téléchargée un milliard de fois ?

Et si l'on allait voir sur place, on s'apercevrait que tiens, cet appartement ressemble comme deux gouttes d'eau à celui des photos...

C'est une de leurs ficelles : ils vous font rêver sur des images puis, une fois sur place, inventent un prétexte du genre « ah, celui-là vient tout juste d'être loué, mais je peux vous en montrer un autre, il n'est pas mal non plus ».

Et vous vous dites « quelle malchance », puis « tant qu'à être venu », autant y jeter un œil...

Tang Fangjing connaissait forcément ces ficelles ; il savait même qu'on demandait parfois de l'argent d'avance...

Mais savoir est une chose, et tous les agents du secteur ne sont pas malhonnêtes : il ne faut pas les mettre tous dans le même sac.

Et puis Jingzhou est si grande : quelle coïncidence ce serait de tomber justement sur un agent de cette espèce...

Après une recherche minutieuse, centrée surtout sur l'emplacement, il finit par trouver un appartement à son goût, contacta l'annonceur via l'application, et l'accord fut vite conclu.

Le lendemain matin, Tang Fangjing sortit de chez lui et se rendit directement à la résidence Lin Yu, un nom qui ne manquait pas de poésie.

À l'entrée de la résidence l'attendait Qi Guang, de l'agence immobilière Hua Shi. En voyant Tang Fangjing descendre de voiture, il s'avança avec un sourire affable : « Vous devez être Tang Fangjing. Frère Tang, c'est bien ça ? »

Les agents sont toujours polis tant qu'ils n'ont pas touché leur argent : grand frère par-ci, grande sœur par-là.

Tang Fangjing acquiesça et regarda la résidence. « On monte voir tout de suite ? Je suis un peu pressé, il faut faire vite ! »

Qi Guang répondit aussitôt : « Frère Tang, je vous dois vraiment des excuses, je suis navré, mais l'appartement que vous avez vu sur l'application vient justement d'être loué aujourd'hui. »

Comme c'est commode...

Vous êtes à jour !

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