Le soleil s'est levé le jour de l'examen. Pendant que Ciel mangeait le petit-déjeuner que Mia avait préparé, j'ai entamé la conversation.
' Tiens, au fait, la princesse Leshimiiya semble tenir sa promesse, du moins en apparence. ' « Il n'y a pas eu grand trouble, après tout. Mais qu'est-ce que tu veux dire par "en apparence" ? » ' Je ne crois pas que notre rencontre soit restée complètement secrète. Après tout, la princesse Leshimiiya n'était pas la seule témoin, à l'époque. J'ai un vague pressentiment que quelqu'un, là-bas, qui sait que je suis une princesse des chants aux cheveux noirs, a reçu pour instruction de travailler dans l'ombre. ' « Un vague pressentiment, hein. » ' Un vague pressentiment, oui. ' « La façon dont tu dis "vague", c'est trop mignon, . » ' … C'est pas vrai. '
Certes, le mot « vague » a une consonance mignonne, je comprends qu'elle le trouve ainsi. Cela dit, c'est un mot ordinaire. Un mot que j'ai employé maintes fois quand j'étais un homme. C'est pour ça que je ne devrais pas m'en formaliser, mais pour une raison quelconque, dès que Ciel me traite de mignon, je deviens excessivement conscient de moi-même. Pour on ne sait quelle raison, Ciel m'appelle mignon de plus en plus souvent, mais quand elle me prend au dépourvu ou qu'elle le dit sur un ton plus mature, je ne peux m'empêcher d'être gêné.
Ciel me fixait avec un sourire chaleureux avant de répondre sur un ton sérieux, remettant l'ambiance à plat.
« Par "travail dans l'ombre", tu veux dire que ce pays cherche activement ? » ' Personnellement, je trouve ça peu probable. ' « Moi aussi. Mais pourquoi tu penses ça ? » ' La princesse a explicitement dit qu'elle ne voulait pas m'antagoniser. Quand la guilde a protesté contre ce qu'a fait le prince, la réponse du roi d'Ausente a montré qu'il voulait minimiser l'affaire, donc si cet incident parvenait aux oreilles du roi, je pense qu'il éviterait les initiatives inconsidérées. Même s'ils nous cherchent vraiment, ils se contenteront probablement de nous surveiller discrètement plutôt que de nous confronter directement. ' « Tu penses qu'elle le rapportera direct au roi parce qu'elle est princesse ? »
Pour ma part, je le crois, mais impossible d'en avoir le cœur net. Après tout, je ne comprends pas la dynamique de la famille royale, et Ciel non plus. Honnêtement, même Mère Fii n'en a peut-être aucune idée.
' Ce travail dans l'ombre, c'est le plus probablement la recherche du responsable du déclenchement de la ruée. ' « Dans ce cas, ça n'a rien à voir avec nous. » ' Exactement. '
Le cerveau de la ruée peut nous en vouloir, mais cette rancune serait dirigée vers « », pas vers « Ailneige ». Et comme nous opérerons principalement sous le nom d'Ailneige désormais, c'est pratiquement sans incidence pour nous. Honnêtement, si on commence à lister les suspects possibles, tous les membres de la faction anti-Centrale du pays seraient suspects, et la liste ne s'arrêterait probablement pas là. Il est même possible que personne n'ait orchestré tout ça et que ce ne soit que pure coïncidence.
Plus important encore, s'en faire inutilement ne ferait que saper le but même d'utiliser « » comme bouc émissaire. Pour l'instant, il nous suffit de limiter nos activités sous cette identité.
' On se dirige vers le lieu d'examen tant qu'il est encore tôt ? ' « Oui. Les retardataires n'ont pas le droit de passer l'examen, non ? » ' C'est exact. Et même s'ils avaient le droit, arriver en retard attirerait une attention inutile, ce qu'il vaut mieux éviter. ' « Dans ce cas, on y va. Mia, on part maintenant. » « Prenez soin de vous. »
D'une courbette gracieuse, Mia nous a saluées au moment où nous quittions l'auberge. Comme aujourd'hui est le deuxième jour des examens de l'académie, les rues menant à l'académie fourmillait d'activité et était bien plus animée que la veille. Il y avait des enfants accompagnés d'adultes et des gargotes qui se disputaient l'attention des accompagnateurs.
Il y avait aussi un bon nombre d'enfants venus seuls, et Ciel — ou plutôt Ailneige — rentre dans cette catégorie. À la grille de l'académie, nous avons donné notre nom et présenté un billet d'examen — que nous avions reçu de la guilde — pour vérification avant d'être autorisées à entrer. Le bâtiment scolaire n'avait pas le parquet de mon ancien lycée, mais un sol ressemblant au linoléum des universités et des murs d'un blanc immaculé. L'absence de distinction entre chaussures d'intérieur et d'extérieur renforçait l'impression d'université.
Un modeste lustre pendait au plafond, ce qui donnait aussi un petit air de palais. Un côté du couloir était bordé de grandes fenêtres, l'autre occupé par les salles de classe.
En suivant les instructions, nous sommes entrées dans une salle de classe garnie de bureaux et de chaises en bois soigneusement alignés en rangées. Après s'être assise à sa place désignée, Ciel affichait une expression un peu lasse.
' Comment dire… L'ambiance ici, c'est étrange. ' ' C'est un examen d'entrée, après tout. Tout le monde doit être nerveux. ' ' Ça ne me dérange pas, vu que ça veut dire que personne ne viendra nous embêter, mais il n'y a rien à faire. ' ' Il va falloir t'y habituer. ' ' Comme les études au manoir, hein. ' ' Exactement. C'était une sorte de répétition pour ça. '
C'est pendant nos études au manoir que j'ai réalisé que Ciel n'avait jamais connu les études assises à un bureau pendant de longues périodes jusque-là. Ce n'est pas qu'elle ne supporte pas de rester immobile ; elle a juste l'air d'avoir une furieuse envie de bouger. Peut-être à cause de son Métier de Princesse de la Danse… mais je soupçonne que c'est plutôt un effet secondaire de lui avoir tant fait danser par le passé. Au pire, on peut échanger nos places, donc ce n'est pas un vrai problème pour nous.
Quant à la salle de classe elle-même, elle peut accueillir une trentaine d'élèves et possède une grande surface verte foncée façon tableau noir à l'avant. Par là, je veux dire qu'un panneau vert foncé était accroché au mur. Cependant, il ne semblait pas y avoir de craie ni rien de tel.
' Y a rien à faire avant l'heure prévue. On fait quoi ? ' ' Je te chante quelque chose ? ' ' C'est tentant, mais ça me donnera envie de danser, donc je passe. C'est vraiment tentant, ceci dit. ' ' Alors pourquoi ne pas essayer de lire un livre ? ' ' Je suppose que je vais faire ça. , tu vas bien ? ' ' Je vais jeter un œil dans la salle, ne t'inquiète pas pour moi. '
Contrairement à Ciel, je suis invisible aux yeux des autres. Je n'ai pas l'intention de m'éloigner d'elle, mais je peux au moins me déplacer librement dans cette salle de classe. Pendant que Ciel sortait un livre et se mettait à lire, j'ai décidé d'observer les candidats anxieux autour de nous. À en juger par leurs vêtements, on a été répartis sans égard au statut social. Pour l'instant, il ne semblait pas y avoir de conflit qui couve. Puisque faire des vagues pourrait mener à la disqualification, je suppose que tout le monde fait de son mieux pour bien se tenir — pour l'instant.
Après tout, je vois bien quelques enfants de nobles ricaner ouvertement à la vue de candidats roturiers.
◇
Cela conclut notre dernière mise à jour de ce novembre !
Jusqu'ici, cet examen a l'air de pouvoir se passer sans trop d'histoires. Espérons. La disqualification est une sacrée motivation pour se tenir bien, faut pas déconner. Il pourrait y avoir des histoires *après* les examens, ceci dit (excité).
Le fait que Ciel ne tienne pas en place pendant les études est franchement surprenant, mais je suppose que c'est parce qu'elle perd le fil quand elle s'ennuie. Après tout, elle a passé sa vie à lire au manoir des Rispelgia. Et pour être juste, lire des histoires (ou des sujets intéressants), c'est différent d'étudier des matières *imposées*. *En repensant à comment j'ai appris le japonais comme forme de procrastination chaque fois que j'avais de la chimie à réviser*
Aussi, très court mais très mignon : qui est gêné, c'est toujours adorable.
Bon alors, j'espère que ce chapitre vous a plu. N'hésitez pas à commenter. Restez en bonne santé, prudents, et passez une bonne journée~ !
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