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There is a Cultivation Sect in the Village

Chapitre 51 : Le passé de la veuve Liu

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Chapitre 51

Chapitre 51 : Le passé de la veuve Liu

Chapitre 51/51100%~8 min de lecture1 430 mots

Liu Shengsheng, qui suivait la veuve Liu, passa elle aussi la tête et sourit à Lin Xiao :

« Bonjour, frère Xiao ! Merci, frère Xiao ! »

Lin Xiao eut un sourire un peu gêné. Il était incapable de gérer ce genre de situation, aussi choisit-il résolument de changer de sujet :

« Tante Liu, vous êtes montée voir Yunan ? Attendez un instant, je vous ouvre tout de suite. »

Sur ces mots, sans laisser à la veuve Liu le temps de répondre, Lin Xiao coupa la fonction de défense.

En voyant Lin Xiao fermer soudain les yeux, la veuve Liu n'osa pas l'interrompre. Elle attendit qu'il les rouvre pour lui dire :

« Frère Xiao, je sais que Nan'er monte d'ordinaire cultiver avec toi sur cette montagne, et je m'en voulais de vous déranger. En vérité, si nous sommes venues aujourd'hui, c'est que nous avons une affaire à te soumettre... »

« Oh ? De quoi s'agit-il ? Tante Liu, entrez donc me raconter cela. » Ce disant, Lin Xiao lança un regard à Liu Yunan pour lui signifier de conduire sa mère et sa sœur à la salle principale de la secte.

La veuve Liu allait refuser quand Liu Yunan, qui avait saisi l'intention de Lin Xiao, soutint aussitôt le bras de sa mère et l'entraîna à l'intérieur :

« Mère, viens, viens. Je vous emmène, toi et ma sœur, visiter la salle principale de notre secte ! »

Lin Xiao marchait devant, tout guilleret.

Cette salle principale était en principe l'endroit où l'on débattait des affaires officielles. Jusqu'à présent, cependant, leur secte n'avait rien à débattre : la salle était restée inoccupée, et Lin Xiao s'en servait comme d'un cabinet de méditation.

Voilà qu'elle allait enfin recevoir son véritable usage !

Peu après, le groupe arriva devant la salle.

Liu Shengsheng, qui suivait la veuve Liu, poussa cri de surprise sur cri de surprise en découvrant le bâtiment magnifique et imposant qui se dressait devant elle.

« Oh là là ! Grand frère, la salle principale de ta secte est trop belle ! L'avant-toit laisse tomber des perles de couleur ! »

Elle courut se placer sous l'angle du toit et tendit la main pour attraper les lumières colorées qui tombaient, mais ne saisit rien.

« Hein ? »

À côté d'elle, la veuve Liu contemplait la grande salle. Une lueur d'admiration traversa son regard, mais son visage ne trahit pas trop de surprise.

Une fois tout le monde entré, Liu Shengsheng ne tarit pas d'éloges sur les murs, parsemés d'une fine poussière d'étoiles.

Pendant ce temps, Lin Xiao désigna les nattes de paille éparpillées sur le sol de la salle et dit à la veuve Liu :

« Tante Liu, faites comme chez vous. Asseyez-vous où vous voulez. »

Ces nattes servaient lorsqu'il leur arrivait de bavarder dans la salle.

Quand chacun fut installé, Lin Xiao eut un léger sourire et demanda à la veuve Liu :

« Tante Liu, avez-vous besoin de mon aide pour quelque chose ? »

La veuve Liu secoua la tête, puis laissa échapper un long soupir :

« Frère Xiao, je voudrais... entrer dans ta secte et cultiver avec vous tous ! »

Lin Xiao ne s'attendait pas à cela. Il resta interdit un instant, puis répondit avec joie :

« Mais c'est merveilleux ! Tante Liu, vous entrez dès maintenant ? »

En le voyant accepter aussi vite, la veuve Liu laissa échapper un léger soupir de soulagement :

« Frère Xiao, je sais que plus on vieillit, plus il est difficile de cultiver. Mais je n'arrive pas à commander à mon cœur... »

À ces mots, Lin Xiao eut le sentiment que la mère du Chauve en savait long sur la cultivation immortelle.

Toujours direct, il posa la question sans détour :

« Tante Liu, à vous entendre, on dirait que vous connaissez un peu la cultivation immortelle ? »

La veuve Liu poussa un long soupir. Elle regarda Liu Yunan, puis Liu Shengsheng, avant de reprendre :

« En réalité, vous devez le savoir : autrefois, j'ai été séparée de ma famille en fuyant une catastrophe, et c'est ainsi que j'ai échoué au village de Xiushui. »

Assis sur les nattes, tous hochèrent la tête en silence, bien sagement, attendant la suite.

Liu Yunan et Liu Shengsheng ne faisaient pas exception : eux non plus ne connaissaient pas le passé de leur mère.

Ils savaient seulement que la famille maternelle avait été fort riche et que leur mère était instruite.

La veuve Liu parut alors se replonger dans ses souvenirs. Elle marqua une pause avant de continuer :

« Il faut savoir que notre grande dynastie Qing compte plusieurs sectes de cultivation immortelle.

La cour impériale leur a attribué des territoires. Chaque année, une part des impôts que nous versons leur est reversée. De plus, quand ces sectes ont besoin de recruter des disciples, elles ne peuvent le faire que sur le territoire qui leur est assigné. C'est en somme notre cour impériale qui les entretient. En échange, ces sectes servent de soutien à notre dynastie.

Et toute notre province de Hufang relève du territoire de la secte Shangyang. »

La veuve Liu caressa doucement la petite tête inclinée de Liu Shengsheng, puis se tourna vers Liu Yunan :

« Ta famille maternelle... c'est-à-dire la mienne, était jadis la famille Yang, le plus gros marchand de tissus de la préfecture de Liaoju, chef-lieu de notre province de Hufang.

J'étais l'unique fille de la maison. Mon père et ma mère n'ont jamais voulu me marier : ils disaient que les femmes souffrent trop en ce monde.

Ils espéraient que je pourrais cultiver, devenir immortelle et m'affranchir des convenances.

Il y a trente ans, quand la secte Shangyang a recruté, je venais de naître : je ne pouvais pas me présenter. À mes treize ans, mon père a tout tenté et a fini par jouer de ses relations pour faire tester ma racine spirituelle. En apprenant que j'avais une double racine spirituelle de Terre et de Bois, il a été fou de joie et a voulu dépenser de l'argent pour m'acheter une place dans la secte Shangyang.

À l'époque, mon père ne pensait plus qu'à cela. Mais, contre toute attente, il a été poignardé dans le dos par un homme en qui il avait toute confiance. Le commerce familial s'est effondré. Non seulement nous avons perdu notre fortune considérable, mais nos concurrents nous ont chassés de la préfecture de Liaoju. C'est à ce moment précis qu'une sécheresse a frappé la préfecture voisine, et le flot des réfugiés m'a séparée de mes parents... »

Arrivée là, la veuve Liu baissa la tête, les yeux emplis de chagrin. Liu Shengsheng, ses grands yeux ronds écarquillés, se blottit sans un mot contre elle.

Caressant l'arrière du crâne de sa fille serrée contre elle, la veuve Liu parut se remettre de son émotion et reprit :

« Depuis toute petite, mes parents me l'ont enseigné : en ce monde, si l'on veut vivre dignement en tant qu'être humain, il faut cultiver. Je ne comprenais pas pourquoi, avant. Mais après tant d'années et tant d'épreuves, je comprends enfin ce que mes parents voulaient me dire.

Car en ce monde, seul celui qui cultive et détient la force de regarder les autres de haut peut vraiment vivre en homme. »

La veuve Liu releva la tête, son regard clair et franc planté dans celui de Lin Xiao :

« Voilà pourquoi, frère Xiao, je veux cultiver l'immortalité. »

Devant ce regard résolu, Lin Xiao ne pouvait pas refuser, et n'aurait pas refusé.

Du coin de l'œil, il aperçut ses poings serrés le long de son corps : sous la détermination se cachait la peur.

Il réfléchit un instant.

C'était logique. Après tout, la secte Shangyang n'acceptait que les moins de douze ans, ce qui revenait à dire que, pour cultiver, plus on était jeune, mieux c'était.

Or la veuve Liu avait déjà passé la trentaine.

Aussi Lin Xiao lui dit-il en souriant :

« Tante Liu, pour ces sectes-là, il vaut peut-être mieux être jeune pour cultiver. Mais ici, chez moi, ce n'est pas le cas. »

En l'entendant, la veuve Liu sentit sa respiration se dénouer un peu, et elle demanda aussitôt :

« Pourquoi ? »

À côté d'eux, Jiang Youfu et Liu Yunan tendirent eux aussi l'oreille.

Lin Xiao sourit et répondit :

« Parce que la méthode de cultivation de notre secte n'est pas celle des autres sectes. »

« Ici, nous n'avons pas besoin de racine spirituelle. »

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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