La raison pour laquelle nous avons hissé un drapeau marqué « Bureau d'Escorte Pungun », c'était pour faire taire les salopards qui cherchaient la merde, mais j'avais oublié que le siège du cocher était occupé par l'Ivrogne.
La plupart des gens avaient soit peur, soit nous évitaient dès qu'ils voyaient sa gueule, alors pendant tout le trajet, c'est nous qui devions chercher la bagarre.
Mais cette fois, on ne pouvait pas se le permettre. Nous menions nous-mêmes une bande de crapules et nous partions pour la paix et la sécurité du Baekdo, de l'Alliance du Murim et du Kangho.
Ce n'était pas un voyage pour devenir des héros chevaleresques.
C'était un voyage pour traquer les héros chevaleresques.
Une marche solennelle pour expier — ne serait-ce qu'un peu — les péchés que les Quatre Grands Maux, moi y compris, avions commis dans nos vies antérieure et actuelle.
Mais quels crimes précis avaient-ils commis ?
Toujours est-il que trois sur quatre d'entre nous figuraient sur la liste des plus recherchés de l'Alliance du Murim, donc ils en avaient forcément commis pas mal.
Alors de quoi le Démon de l'Épée était-il coupable ?
Aucune idée. Il avait juste la gueule d'un type qui traîne une tonne de péchés derrière lui, alors on l'a embarqué.
Honnêtement, même s'il n'avait rien fait de mal, quel intérêt y avait-il à une vie à balancer une épée en bois dans sa cour jour après jour ? Se faire traîner dehors lui permet de voir du pays, d'écouter son disciple sans espoir râler, de subir les chants pourris de l'Ivrogne, et d'analyser mes conneries en plus.
Si le Démon de l'Épée avait un crime —
C'était le malheur d'avoir croisé ma route.
Heureusement, le Démon de l'Épée n'était pas du genre à jamais se plaindre ou râler pour quoi que ce soit, donc il a juste dérivé avec nous comme s'il n'était même pas là.
Les voyages sont toujours excitants et ça bat la chamade au début, mais une fois que ce moment passe, ils deviennent ennuyeux et fastidieux. Étrangement, on était tous doués pour supporter l'ennui. On supportait juste les chansons bizarres et sinistres de l'Ivrogne.
Dans ce sens, ce voyage ne différait pas d'un entraînement d'endurance mentale.
Comme on n'a pas trouvé d'auberge correcte avant le coucher du soleil, on a dressé le camp près de Juksan.
On a nourri les chevaux d'abord, ramassé du bois, allumé un feu devant le chariot, et on s'est assis autour. On a passé le temps à jeter du bois dans le feu qui crépitait.
L'obscurité s'est abattue sur nous en un instant.