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THE PERFECT VILLAIN: Another chance with a system

Chapitre 3 : La vérité

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Chapitre 3

Chapitre 3 : La vérité

Chapitre 3/3100%~6 min de lecture1 161 mots

Avant que Nevis n'ait pu répondre, les flammes noires lui traversèrent la tête et le tuèrent sur le coup.

[Avis : nouveaux titres acquis. Tueur de Démons. Némésis.]

« Oh, tu tiens les comptes ? Cela dit, je m'en moque éperdument. »

Vael reporta les yeux sur le corps décapité, au sol. Il se rappela aussitôt la stupeur de Nevis devant son emploi des flammes noires.

« Claire, les flammes noires ne font pas partie des arts démoniaques ? »

[Avis : négatif. Les flammes noires sont une compétence unique.]

« Tiens, je l'ignorais complètement. Tu pourrais me prévenir chaque fois que j'en acquiers une ? Ce serait ennuyeux d'en employer une dans une scène où je suis censé donner le change. »

[Avis : affirmatif.]

Vael revint au corps. Il aurait dû le rapporter, mais la distance était grande et il avait déjà épuisé sa compétence de Téléportation. Il ne lui restait qu'à le traîner lui-même. Il hissa le cadavre sur ses épaules et se mit en route.

Quand il atteignit enfin les appartements d'Erna, il laissa tomber la dépouille sur son seuil dans un bruit sourd et lourd. Le son résonna dans le couloir, et un instant plus tard la porte grinça.

« Vael, qu'est-ce que tu... » Elle s'interrompit en voyant le corps par terre.

Elle le fixa, incapable de comprendre comment il avait retrouvé Nevis si vite. En relevant les yeux vers Vael, elle avait dans le regard une intensité qui menaçait de lui arracher les réponses de l'esprit s'il ne s'expliquait pas. Elle ne rencontra qu'une expression calme, parfaitement sereine.

« J'ai trouvé Nevis, comme promis. Je te le laisse. Fais-en ce que tu veux. » Sans attendre sa réponse, Vael tourna les talons et reprit le chemin de ses quartiers.

Derrière lui, le seuil resta silencieux : aucun pas, aucune porte qui claque, rien. Elle était de toute évidence encore en train d'assimiler tout cela, et il ne put retenir un sourire discret.

Il n'avait parcouru qu'une courte distance quand son regard monta vers la clarté cramoisie de la lune. C'était réellement à couper le souffle, et c'était la première fois qu'il la contemplait vraiment.

Le Royaume des Démons avait une grande lune cramoisie le jour et un ciel violet la nuit. La seule source de lumière était la foudre qui courait dans les nuages.

Il n'aurait su dire si c'était le premier goût de la victoire qui en aiguisait la beauté, ou si la nuit elle-même avait simplement atteint son sommet, mais il s'arrêta de marcher pour la regarder comme il faut, ce qu'il n'avait pas fait depuis son réveil dans ce corps.

Arrivé à sa porte, il s'immobilisa et leva encore une fois les yeux vers la lune.

'Bientôt, je retournerai dans le monde des humains. Mais pour l'instant, celui-ci sera mon premier terrain de jeu.'

Il entra dans la pièce et gagna la source chaude de ses appartements. Il ôta ses vêtements et se glissa dans l'eau. À mi-chemin, il remarqua une cicatrice sur son flanc : une entaille nette en forme de X. Elle semblait s'étendre un peu plus loin sur les côtés.

'Une tache de naissance ?'

Il s'interrogea un bref instant. Puis le souvenir revint d'un bloc : les estafilades, la vivacité de la lame, l'affolement. Sa main se porta d'elle-même à son flanc et s'y crispa, les doigts s'enfonçant dans une peau depuis longtemps refermée. Il retint son souffle jusqu'à ce que cela passe. Alors un visage remonta derrière ses yeux, celui qui tenait la lame : Aurelian Veritas.

Un léger sourire lui vint aux lèvres tandis qu'il s'abandonnait tout à fait à la source.

'C'est donc moi qui ai fait ça. Une coïncidence ?'

Il s'arrêta, ne serait-ce qu'une fraction de seconde.

'Ou était-ce prévu depuis le début ?'

Il porta la main à la cicatrice et l'effleura. La peau était lisse, sans la moindre trace visible tant qu'on ne la cherchait pas.

'Et moi qui le croyais mort ce jour-là. Enfin, il est mort maintenant.'

Il se détendit complètement dans l'eau et se laissa pénétrer par la chaleur. Quelques instants plus tard, il sortit de la source.

C'est seulement alors qu'il remarqua le jeune démon debout non loin du bassin. C'était Langer, son serviteur.

'Était-il déjà là quand je suis entré ?'

Vael sortit de l'eau, et Langer lui tendit la serviette sans un mot.

« Langer, depuis combien de temps attends-tu ici ? »

« Pas si longtemps, monseigneur. Vous m'aviez envoyé à l'est, et je viens tout juste de rentrer », répondit Langer.

« À l'est, dis-tu ? » La main de Vael s'arrêta sur la serviette, les doigts encore serrés sur le bord. Il prit un instant pour se rappeler pourquoi il avait envoyé Langer dans l'aile est. Les souvenirs affluèrent d'un coup, et avec eux un visage qu'il avait vu quelques heures plus tôt.

Tout s'emboîta. Le démon des flammes qu'il avait abattu n'était pas un démon quelconque : on l'avait envoyé. C'était lui, l'agent de liaison avec les humains. C'était lui, le traître, depuis le début.

Sa prise sur la serviette ne se relâcha pas pendant trois bonnes secondes. Puis sa main acheva le geste entamé et noua l'étoffe autour de sa taille comme si rien ne l'avait interrompue. Il ne prononça pas un mot de plus et gagna simplement sa chambre.

« C'est ridicule, gloussa-t-il en y entrant. Qui l'eût cru ? »

Il referma la porte derrière lui et rit à en avoir les épaules secouées, assez longtemps pour devoir s'appuyer d'une main au mur. Il avait tordu les faits en moins d'une journée depuis sa transmigration, et il avait réussi sa première menace entièrement par accident.

Il s'allongea sur son lit, une serviette pour tout vêtement, les yeux au plafond. Il songea :

'Le Royaume des Démons compte sept Seigneurs Démons, et chacun a sa faction. Je suis l'enfant d'un Seigneur Démon, l'un des vingt héritiers. Six ont été tués par les humains et sept ont été assassinés par les rivalités entre démons, ce qui n'en laisse que sept. Enfin, six désormais.'

'À partir de maintenant, je ferais mieux d'être prudent. Il vaudrait mieux que je ne participe pas activement aux meurtres.'

Il regarda le ciel par la fenêtre, où la lune avait commencé à pâlir tandis qu'un violet sombre recouvrait lentement les cieux.

« Demain s'annonce prometteur. »

Vael murmura ces mots pour lui-même et ferma les yeux.

Quelque part dans le château, Erna se tenait près d'une dalle. Le corps de Nevis y reposait, nu. Ses doigts tapotèrent la table, une fois, deux fois, puis s'immobilisèrent tout à fait.

Elle regarda vers la porte, puis de nouveau vers le cadavre. Ses doigts retrouvèrent le bord de la table et s'y aplatirent, comme si elle voulait la maintenir immobile. Pendant un long moment, elle ne bougea plus du tout.

Puis, à voix basse, pour personne :

« Il y a quelque chose qui ne colle pas. »

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