« Ouais, on doit commencer des missions de niveau Apprenti supervisées par l'Académie dans quelques mois. » Kane confirma le lendemain.
« Quel genre de missions ? » demanda Rui par curiosité.
Kane haussa les épaules. « Sais pas. »
« Donc ils ne vous ont pas dit... » marmonna Rui. « Ceci dit, puisqu'il s'agit de missions qu'un Apprenti peut accomplir, l'échelle sera limitée, je doute qu'on vous force à affronter d'autres Artistes Martiaux. »
Kane acquiesça. « Cette étape de notre cursel d'Apprenti ne commencera pas de sitôt. Peut-être pourras-tu me rejoindre si tu découvres ta Voie Martiale et deviens apprenti d'ici là. »
Rui hocha la tête en retour, l'idée de compléter des missions avec Kane et les autres lui semblait extrêmement amusante.
Ils plaisantèrent un moment avant de prendre des chemins différents. Rui pénétra bientôt dans la bibliothèque de l'Exploration. Elle contenait des techniques dans tous les domaines et formes de combat, bien plus avancées que les techniques de Fondation.
Les techniques de Fondation étaient toutes connues de Rui ; elles ne différaient guère des arts martiaux sur Terre pour l'essentiel : kick-boxing, lutte, jiu-jitsu brésilien, etc.
L'Étape d'Exploration regroupait des techniques plus efficaces : techniques respiratoires spéciales pour augmenter l'énergie générée par les cellules, techniques offensives, défensives et de déplacement produisant bien plus de force et de vitesse que les techniques ordinaires.
Les techniques et leurs détails étaient consignés sur des rouleaux. Chaque technique était d'abord décrite brièvement, suivie d'explications plus détaillées, avec des schémas annotés de mesures et d'indications variées, ainsi que des explications et diagrammes détaillés sur les méthodes d'entraînement.
Cela restait toutefois insuffisant pour maîtriser ces techniques. Aussi les Explorateurs comme Rui pouvaient-ils consulter les nombreux instructeurs et guides Apprentis présents dans les installations d'entraînement de l'Exploration pour des démonstrations, des instructions de base et des conseils pour les maîtriser.
Ces instructeurs Apprentis n'imposaient ni ne mandataient aucun entraînement, bien sûr. L'Étape d'Exploration offrait une grande liberté aux étudiants.
Les techniques de la bibliothèque étaient globalement divisées en cinq catégories : offense, défense, supplémentaire, déplacement et divers.
Rui en choisit une dans chaque section. La technique offensive qu'il choisit après mûre réflexion s'appelait Optimisation de Collision-I.
« Ça sonne comme un cours de licence d'ingénierie, pas comme le nom d'une technique d'Art Martial. » murmura Rui.
Dans les films, anime, romans qu'il avait lus, les techniques d'arts martiaux avaient généralement des noms tape-à-l'œil. Lors de sa première visite à la bibliothèque de l'Exploration, il s'attendait à des noms métaphoriques fleuris comme « PoInG dIvIn Du DiEu » ou « AtTaQuE dE dÉsTrUcTiOn Du DiAbLe », mais il tomba sur des noms très techniques décrivant exactement en quoi consistait la technique.
D'un côté, c'était très terre-à-terre et logique. Cette bibliothèque visait à organiser les techniques commodément, de tels noms permettaient aux étudiants Explorateurs comme lui de les trier avec une grande facilité.
De l'autre, le fanboy d'arts martiaux en lui ressentit une pointe de déception que les techniques n'aient pas de tels noms flamboyants.
Autant il le nierait devant ses collègues sur Terre, ces noms tape-à-l'œil étaient la meilleure partie des arts martiaux ! Il aurait adoré lancer une attaque éclair en hurlant son nom flamboyant !
Rui secoua la tête, chassant ces pensées idiotes.
L'Optimisation-de-Collision était une technique informe et générale qui lui apprenait à infliger plus de dégâts à chaque frappe en ajustant l'emplacement précis de ses impacts.
Le corps humain n'était ni monolithique ni uniforme. Certaines parties étaient extrêmement dures et résistantes, d'autres extrêmement vulnérables et faibles.
Ce n'était pas aussi simple que de viser la gorge ou les testicules ; cette technique illustrait quelles portions précises du corps étaient les plus sensibles à la douleur et aux dégâts.
Cela sortait de l'entraînement standard du MMA qui prévalait sur Terre. Surtout parce que les combattants étaient trop incultes et incapables d'assimiler l'information nécessaire pour utiliser cette technique, et largement réticents à s'y adonner. C'était impratique à bien des égards.
Mais pas dans ce monde !
Ce monde avait des potions, permettant aux étudiants d'apprendre ce que les combattants de MMA ne pouvaient pas.
Cela s'appliquait d'autant plus à Rui, du fait de sa grande tolérance aux potions de régénération mentale.
Par ailleurs, Rui avait une affinité extrêmement élevée avec cette technique, ce qui fut l'une des raisons de son choix. Son parcours scientifique et académique était extrêmement synergetique avec elle ; avec ses connaissances, il soupçonna qu'il pourrait même l'améliorer et l'optimiser quelque peu !
Une autre raison fut sa grande polyvalence, pouvant améliorer universellement ses frappes, mais le degré d'amélioration n'était pas élevé.
Il jeta un coup d'œil aux trois techniques restantes qu'il avait choisies.
La technique défensive était Atténuation des Dégâts-I, essentiellement un système extrêmement sophistiqué de roulades et d'accompagnement des frappes pour en réduire l'impact. Comme les joueurs de baseball attrapant la balle, aucun sportif ne la réceptionne immobile ; ils accompagnent toujours la trajectoire pour en amortir le choc.
Cette technique reposait sur le même principe.
La technique de déplacement qu'il choisit s'appelait Direction de l'Équilibre, une technique lui permettant de se mouvoir plus vite en tombant presque dans la direction souhaitée, le déséquilibre dirigé vers le mouvement plutôt que vers le sol autorisant une plus grande vitesse.
La technique supplémentaire s'appelait Respiration Harmonique, une technique respiratoire renforçant le métabolisme en plein combat pour augmenter sa puissance.
Telles étaient les quatre techniques initiales qu'il choisit dans la bibliothèque de l'Exploration après avoir parcouru les techniques disponibles avec soin.
Ces techniques correspondaient à son style existant et présentaient une difficulté moindre que les autres. Il n'en choisit que quatre, une par domaine, pour ne pas se surcharger. Inutile de voir trop grand, il n'aurait fait qu'étouffer. Il voulait mesurer combien de techniques il pouvait étudier simultanément afin de se doser convenablement, pour maximiser sa productivité.