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The Great Cleric

Chapitre 402

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Chapitre 402

Chapitre 402

Chapitre 402/41796%~11 min de lecture2 059 mots

Brod lance une voix perçante à Lionel, qui vient d'appuyer son attaque.

« Distance ! »

Avant même que cette voix n'atteigne ses oreilles, Lionel a déjà dressé son grand bouclier et s'est projeté en arrière.

La raison : il a senti, depuis le chevalier noir resté étendu face contre terre, une colère et une intention de tuer qui enflaient.

L'idée de l'abattre brutalement a traversé l'esprit de Lionel, mais il a eu l'impression que Brod tirait la grimace au moment de porter son coup.

Pas seulement impossible à trancher : peut-être même sans la moindre résistance. Qu'il ait pu en arriver là en un instant, c'était l'expérience de Lionel, ou sa connaissance de son bon ennemi Brod.

Et ce jugement ne s'est pas trompé.

Alors qu'il perçoit, depuis le chevalier noir toujours plaqué au sol, une fluctuation de miasme semblable à du ki, une membrane de miasme apparaît pour envelopper le chevalier.

L'instant d'après, une magie rouge‑noire, pareille à la foudre, jaillit du chevalier et lacère les murs et le sol de cristal.

Brod l'esquive par [Instantanéité] ; Lionel, lui, n'est que repoussé grâce à la magie qu'il a injectée dans son grand bouclier.

« Kukuku, hahaha. Je vois. Donc c'est la technique de combat née pour s'opposer aux démons, ces forts absolus ? Vraiment intéressant. »

Le chevalier noir ressent une exaltation qu'il n'avait plus connue depuis longtemps.

Élevé dans la conviction que les démons sont les forts absolus, il a effectivement possédé dès l'enfance une capacité de combat élevée et chassé seul des monstres de classe calamité.

Un jour, voyant des démons et des monstres faibles quitter le continent des ténèbres, il a su qu'on pouvait franchir le mur blafard.

Voulant savoir ce qui se trouvait au‑delà, il a touché le mur : une magie dorée scintillante l'a renvoyé.

Se demandant pourquoi il ne pouvait pas sortir, il a interrogé des démons connaissances sur le moyen de quitter le continent des ténèbres.

On lui a répondu que seuls les faibles bannis en sortaient ; mais il a eu l'impression qu'on lui cachait quelque chose.

Quelque temps plus tard, une fois parvenu à un certain niveau, il a reposé la question au démon qui l'avait élevé.

Là, le chevalier noir a appris une vérité choc.

À l'origine, le continent des ténèbres était gouverné par les démons ; un autre continent était habité par d'autres races.

Ces races étaient plus nombreuses mais plus faibles, dotées juste de l'intelligence pour travailler ; on les enlevait pour en faire des esclaves.

Le précédent roi‑démon, séduit par le dieu maléfique, avait commencé une conquête pour asservir toutes les races ; l'humanité avait formé une organisation pour s'y opposer et contre‑envahi avec une force capable de battre les démons.

Pour ne pas voir les démons anéantis, le dieu maléfique avait renforcé les rois‑démon successifs ; mais un héros humain les avait terrassés seul.

Contrairement aux dires du dieu maléfique, le héros n'avait pas souhaité l'extinction des démons ; il les avait enfermés dans le continent des ténèbres.

Ce héros et le dieu maléfique s'étaient entretués.

Et enfin : lui‑même était l'héritier direct du roi‑démon, poste actuellement vacant.

Le chevalier noir n'a pas pu accepter que les démons, forts absolus, aient perdu face à un unique héros ; il a maintes fois tenté de sortir, sans jamais briser la barrière.

Peu à peu, son intérêt s'est porté non plus sur le héros seul, mais sur la façon dont l'humanité avait vaincu les démons forts absolus. Ne pouvant quitter le continent, il n'a fini que par s'obstiner à ne devenir que plus fort.

C'est alors qu'après environ trois cents ans le dieu maléfique est réapparu ; le chevalier n'a pas cédé à ses douces paroles et l'a abattu.

Mais le dieu maléfique, comme s'il reculait le temps, a affiché un sourire malsain et a déclaré qu'il briserait la barrière du continent des ténèbres.

La condition : faire des démons et des monstres les pièces du dieu maléfique.

Le démon en qui le chevalier avait eu confiance n'était déjà plus de ce monde ; devenu une existence solitaire, il a acquiescé.

Tandis que le chevalier réfléchissait à l'après‑barrière, le dieu maléfique a fait envahir démons et monstres par cercles de transfert spatiale.

Voyant cela, le chevalier a pensé :

(Si on déverse un tel nombre de démons et de monstres, les autres races ne vont‑elles pas périr ? … Bah, tant pis. Je n'ai d'intérêt que pour des forts comme le héros qui a battu le roi‑démon.)

Au milieu de démons qui trouvent leur joie à tourmenter les faibles, sans pitié, froids, cruels, le chevalier assoiffé de forts ne se rend même pas compte de sa propre étrangeté.

C'est peut‑être pour cela : quand le dieu maléfique, blessé, s'est réfugié dans le château, il a ressenti de la joie. Qu'il existe un fort capable de repousser le dieu maléfique ; et qu'il aurait à se battre…

Mais le dieu maléfique n'a cure des sentiments du chevalier ; prévoyant l'imprévu, il lui a égoïstement octroyé du pouvoir avant de s'endormir.

Héritier du précédent roi‑démon, déjà le plus fort du continent des ténèbres, le chevalier a évolué de majin à demi‑dieu‑démon.

Comprenant qu'il ne pourrait plus savourer le combat, il a songé à laisser passer les intrus par harcèlement envers le dieu maléfique.

Pourtant, parmi les intrus, deux individus avançaient sous sa propre pression.

Peut‑être pourrait‑il s'amuser. Portant cette maigre espérance, il a posé ses conditions ; Brod et Lionel sont venus dans cet espace comme il le souhaitait.

Et pour la première fois depuis un peu plus d'un siècle, le chevalier noir a subi une attaque et s'est retrouvé face contre terre.

(Je l'attendais… je l'attendais, mais c'est regrettable de ne plus pouvoir en profiter à cause de ce dieu maléfique.)

Des motifs rouge‑noir scintillent sur tout le corps du chevalier ; miasme et magie forment une membrane électrisée, mais l'énergie excédentaire jaillit en éclairs.

« Je m'appelle Avalost Darkness Nobleald, le plus fort des démons. Emportez dans l'éternel sommeil la fierté de m'avoir diverti pour la première fois depuis longtemps. »

Le chevalier noir Avalost le proclame, insuffle miasme et magie dans son épée noire et la brandit.

Jusqu'ici la lame était assez tranchante pour fendre un corps en deux ; cette fois, c'est une masse d'énergie gigantesque qui semble tout avaler et effacer.

Brod esquive de justesse ; Lionel ne peut éviter et tente de tenir en injectant de la magie dans son grand bouclier.

Mais il ne peut ni en détourner la puissance ni la repousser ; poussé jusqu'au mur de cristal opposé, au contact de celui‑ci une explosion fait s'effondrer le mur et sa silhouette disparaît.

Brod continue d'esquiver, pourtant il est clair qu'à ce rythme il sera acculé ; il cherche une issue au péril de sa vie, mais ne trouve que des moyens de gagner du temps : il les met immédiatement en œuvre.

« Fuir à la fin, c'est décevant. »

Adaptant le tranchant tourbillonnant, il rebondit sur des parois d'air pour viser les innombrables rochers gigantesques flottant dans le ciel ; Avalost choisit de l'abattre avant.

De là, une rafale de coups vise Brod vers le haut ; l'un d'eux l'atteint, pulvérisant le rocher même : la silhouette de Brod s'évanouit.

« Y‑a‑t‑il un fort pour paraître ? »

Le chevalier noir Avalost exprime le vide du fort et nourrit sa haine contre le dieu maléfique.

Pour vaincre cet Avalost, deux hommes ont choisi simultanément de sortir du cadre humain et activé la même compétence.

[Limite Brisée] pour dépasser leurs limites, [Éclat d'un Instant] pour améliorer leurs capacités physiques en rognant sur leur durée de vie, [Conversion Vitale] pour les accroître encore, [Folie] pour jeter toutes leurs émotions jusqu'à l'anéantissement de la cible.

Même des guerriers de premier rang comme Brod et Lionel voient leur cerveau imposer un limiteur au bord de la rupture physique ; [Folie] retire ce limiteur.

Résultat : Brod propulse sur les rochers flottants, atteignant une vitesse qui lacère son propre corps.

Même s'il a relâché sa posture de combat, il abat son épée sur les trois bras gauche d'Avalost et parvient à les entailler.

Il retombe au sol ; mais la vitesse était telle que le sol dur s'enfonce, faisant chuter sa vitesse d'attaque.

Qu'importe : Brod fait pivoter son corps et vise la gorge droite.

Avalost ne l'a pas anticipé ; machinalement, il agite l'épée tenue dans son bras droit supérieur pour chasser une pensée parasite, protégeant par hasard sa gorge.

Et par malheur, l'épée noire reçoit le coup de plein fouet et se brise près de la garde.

Là, Avalost s'étonne que Brod soit encore en vie ; mais voyant des yeux privés de raison, il perd tout intérêt et libère de son corps une magie rouge‑noire mêlée de miasme, bien décidé à l'anéantir cette fois.

Pourtant, il remarque un humain au visage de oni furieux, dénué de raison, qui pointe son épée vers sa gorge.

Cet humain non plus n'est pas mort.

Avalost s'étonne qu'il tienne encore, mais se réjouit de trouver un adversaire qui ne s'est pas brisé ; il choisit de le briser de front.

(Le bras gauche supérieur et le moyen ont été lacérés par le nain : ils ne bougeront pas tout de suite. Le bas bouge, mais ces deux‑là le verraient venir. Dans ce cas…)

Avalost pivote sur place et balance son épée noire avec ses trois bras droits intacts vers Lionel.

Grâce à une allonge supérieure, il frappe avant que l'estoc de Lionel n'atteigne sa cible ; mais Avalost ne connaissait pas Lionel ni Brod.

Lionel injecte de la magie dans son grand bouclier, ne pare que la tête et le torse, sacrifie ses deux jambes pour privilégier l'estoc vers la gorge d'Avalost.

Seulement, la rotation du chevalier ne fait qu'entamer légèrement la gorge ; à cet instant :

Brod saisit la lame de Lionel à deux mains, de toutes ses forces, pour trancher la gorge d'Avalost, s'entaille les deux mains tout en y mettant toute sa puissance ; enfin, la tête d'Avalost tombe.

L'élan emporte Brod dans plusieurs tours avant qu'il ne s'immobilise.

Là, la [Folie] des deux se dissipe ; la douleur de tout le corps leur fait perdre conscience.

Pourtant, ces deux mauvais perdants l'endurent et s'interpellent.

« C'est ma victoire. »

« C'est la mienne, puisque j'ai profité de mon attaque. »

« Ce mauvais perdant. »

« Quelle bouche le dit. »

Ils ne le diront jamais, mais chacun pense qu'il est bon d'avoir un bon ennemi à qui confier sa vie.

Et ils sentent leur vie s'éteindre.

« La promesse… avec Luciel… je voulais la tenir… mais… »

« Maître, et pourtant… vous ne comprenez pas… Luciel‑sama… »

La façon de parler de Lionel accroche fortement Brod.

Mais une voix surprise s'y mêle.

« Les humains pensent donc si différemment des démons ? »

« ⁉ »

« Pourquoi tant de surprise ? Je n'ai fait que perdre la tête ; un demi‑dieu‑démon comme moi ne meurt pas si vite. »

« Normalement… ça finit… là. »

« Une question… mourir… c'est bien mourir ? »

« Oui. Grâce au dieu maléfique je n'ai pas pu en profiter jusqu'au bout, mais le combat m'a satisfait. Mon regret : j'aurais voulu goûter un tel combat plus tôt. »

En entendant ces mots, Brod et Lionel comprennent qu'ils sont de la même race.

« Avant de mourir, je veux connaître les noms des humains qui m'ont tué. »

« Brod… »

« Lionel… je vaincrai le dieu maléfique… serviteur de Luciel‑sama. »

« … C'est moi le maître. »

Même ici, Avalost perçoit une pointe d'envie devant leur rivalité.

« Brod et Lionel… je retiens. Il semble que l'heure soit venue. »

Ces mots font penser à Brod et Lionel qu'Avalost va mourir ; il n'en est rien.

« Regardez, les rochers flottants ne tombent‑ils pas ? La magie qui maintenait cet espace est épuisée. »

« Ce genre de chose… dis‑le plus tôt ! »

« Jusqu'au bout… ne pas… abandonner… »

Avalost comprend que ce cœur qui ne renonce pas est ce qui a vaincu son moi fort absolu ; il trouve que mourir avec ces deux‑là n'est pas si mal.

Et les innombrables blocs de rochers géants flottant dans le ciel s'abattent sur Brod et les siens.

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