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The Great Cleric

Chapitre 218

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Chapitre 218

Chapitre 218

Chapitre 218/36460%~10 min de lecture1 967 mots

Après avoir quitté la Guilde des Aventuriers de Meratoni, puis être sorti de la ville et avoir marché environ trois cents mètres sur la route principale, je m'engageai dans la prairie qui s'en écartait.

Lionel sorti alors un bateau volant de son Sac magique, mais depuis ma position, j'eus l'impression que l'engin avait jailli du sac.

C'est fou qu'un truc aussi gros puisse rentrer dedans.

Je fus une fois de plus émerveillé par la prouesse du Sac magique, mais cette émotion fut noyée par la voix excitée à mes côtés.

« Oh ! C'est incroyable. Il vole vraiment dans le ciel ? Le patron Dolan sait faire des trucs dingues ! »

« Humph. Les matériaux ont été fournis par Luciel. Celui qui l'a élevé, Maître Brod, mérite aussi le crédit. »

Tandis que mon maître couvrait Dolan d'éloges en s'exaltant, Dolan rougit et vanta à son tour le maître qui m'avait élevé, et les deux devinrent complètement complices.

« Maître, vous venez vraiment avec nous à la Capitale Sainte ? »

Mon maître avait passé la nuit sur la paperasse, s'était battu contre moi, puis s'était endormi, pour être réveillé par le rapport de Garba.

Et il rechignait à me laisser retourner à la Capitale Sainte. Mais dès que j'évoquai le bateau volant, il invoqua son autorité : « J'y vais, c'est non négociable. »

Pourtant, la veille au soir, Garba et Gurga l'avaient passé à la moulinette, et mon maître ne tire toujours pas la leçon.

On se dit que ce ne serait pas plus mal si Gurga devenait maître de la Guilde des Aventuriers de Meratoni, et je ne dois pas être le seul à le penser.

« Ouai. J'ai prévenu Gurga comme il faut, donc ça va. »

« Vous avez obtenu son accord ? »

« Ça se réglera plus tard. En plus, voir Garba paniquer, ça n'arrive pas tous les jours. »

Derrière mon maître qui ricanait, un visage arborant un sourire glacial apparut dans son dos.

« C'est de mauvais goût, Brod. Si t'as autant de temps libre, fais-moi passer la paperasse sous prétexte d'entraînement, au lieu de glander. »

C'était Garba.

Malgré le soleil levant et la clarté, je n'avais pas détecté sa présence avant le milieu de la conversation.

« … Depuis quand t'es dans mon dos ? »

« Pendant que tu t'excitais, Brod. Cette fois, t'as fait un sale coup à Gurga. »

« Il suffit de lui rapporter un cadeau de la Capitale Sainte, non ? »

Mon maître balança ça avec un détachement total.

Garba ne put que rire face à ce pragmatisme.

Aborder le sujet avec ces deux-là risquait de tourner au vinaigre, alors je décidai de questionner Dolan sur ce qui m'intriguait concernant le bateau volant.

« Hier, quand j'ai vu ce truc voler, le contrôle semblait solide, mais est-ce qu'il ne secoue pas trop à l'intérieur ? »

« Pour l'instant, ce bateau volant déploie une Barrière de vent, donc il tremble à peine. En revanche, il se retrouve sans défense face aux monstres volants. Gardez juste en tête que, dans le pire des cas, quelqu'un devra aller les abattre. »

Une info cruciale venait de sortir de la bouche de Dolan, mais ça ne désignait-il pas moi, le seul capable de voler ? Je choisis de ruminer ça sans l'énoncer.

Si le niveau de mon maître et des autres n'avait pas baissé, ils auraient réglé l'affaire à coups de tranchants volants.

Puisque c'est impossible maintenant, je suis de toute évidence la seule option… non, changeons d'approche.

« Si je pose une Barrière de zone sur ce navire volant, on ne peut pas simplement fuir ? »

« Hmm… Contre des monstres ordinaires, c'est envisageable, mais si une wyverne se pointe, impossible de prévoir l'issue. »

« S'il s'agit d'une wyverne, j'y vais. Pour le reste, je compte sur vous. »

Contre une espèce draconique, ça devrait passer.

Une certitude de ce genre existait bel et bien en moi.

Cela dit, honnêtement, je préférerais éviter le combat.

Comme solution de repli, j'envisageai de disperser l'Objet X en avançant, mais ça me parut indigne d'un être humain.

Si quelqu'un passait par mégarde près du bateau volant, ça lui détruirait indiscriminément le nez et les yeux, sans compter le risque de voir pousser des plantes bizarres.

Je décidai donc de garder l'idée de disperser l'Objet X bien enfermée en moi.

Lionel et les autres semblaient avoir fini les vérifications de sécurité pour s'assurer que le bateau volant ne chavirerait pas, et me firent signe.

« Bon, alors, je vous fais visiter l'intérieur. »

Guidés par Dolan, nous embarquâmes tous à bord.

À mesure qu'on s'approchait, un disque circulaire — une sorte de monte-charge pour entrer — descendit, comme actionné par un capteur de présence.

« C'est le même principe qu'un ascenseur magique, non ? »

« Exact. Paula et Rishian l'ont modifié sans que je sache, j'ai eu une sacrée frayeur au début. »

C'est inutilement high-tech, mais indéniablement pratique, et du genre qu'on ne peut même pas engueuler.

Ça a l'air de pouvoir monter cinq ou six personnes à la fois sans serrer, alors je les laissai passer en premier.

Quand le monte-charge arriva en haut, je restai bouche bée devant l'espace intérieur.

L'intérieur était bien plus vaste qu'on ne le voyait de l'extérieur — anormalement vaste, même.

« Ce truc, c'est pas… »

« Extension d'espace ! »

C'est Paula, le sourire satisfait, qui répondit à ma murmure.

Mais avant que je ne trouve son air triomphant attendrissant, une légère confusion me saisit.

Mon maître et Dolan, qui devaient être avec moi jusqu'à l'instant d'avant, avaient disparu ; à leur place, Paula, Rishian, Nadia et Lydia occupaient le monte-charge.

« Hein ? Maître et Dolan ? »

« À part le propriétaire Luciel, priorité aux dames. Le vieux et le mec sont pour le second tour. »

Traiter mon maître de « mec » … cet aplomb de Paula, je le trouve sincèrement impressionnant.

Mais quand ont-ils été échangés ? J'avais les yeux rivés sur le bateau volant, je n'ai rien vu.

Les nains regorgent de mystères, alors je me dis que m'en faire serait perdre, et je demandai des détails sur l'aménagement.

« Même avec l'Extension d'espace, ça n'a rien à voir avec une voiture ! C'est grand comment, au juste ? »

« Le plan au sol est quintuplé, donc c'est large. »

Vu de dehors, l'engin faisait à peine dix mètres de long sur sept de large ; cela porte l'espace intérieur à environ trois cent cinquante mètres carrés.

Soit près de trois fois la surface du terrain d'entraînement de la Guilde des Aventuriers.

« C'est trop grand ! »

C'est comme si un jet privé avait vu son seul intérieur reclassé en jumbo.

Mon tacle fit tressaillir Paula un instant, mais son sourire satisfait ne broncha pas.

« … Pardon. Juste un peu surpris. Y a-t-il d'autres fonctions high-tech ? »

Reprenant contenance, je demandai, et Paula et Rishian se mirent à me faire visiter l'intérieur en rivalisant.

D'abord les chambres individuelles : lit double et coiffeuse, bien sûr, mais surtout, chacune possédait sa propre salle de bain.

Il y en avait dix, plus une salle à manger, un débarras, inexplicablement un espace de démontage, et un atelier d'outils magiques pour Paula et Rishian.

« … Tout ça était nécessaire ? »

« Évidemment. »

« Nous prévoyons de concevoir les canons magiques ici et d'y développer des modèles simplifiés. »

« Je vois… »

Je n'eus plus la force d'ajouter quoi que ce soit.

La visite faite, nous nous dirigeâmes vers le poste de pilotage.

L'entrée était une porte automatique, encore une technologie superflue, mais je fis comme si de rien n'était.

Mon maître et les autres y étaient déjà, chacun installé où bon lui semblait.

« T'es lent, Luciel. »

« Luciel, dépêche-toi, ça m'arrangerait. »

Mon maître trépignait d'impatience à l'idée de voler, et Garba voulait rallier la Capitale Sainte au plus vite.

« Désolé. Alors, on y va ? »

« Luciel, viens par ici. Avant de piloter, on configure l'authentification personnelle. »

« Compris… hein ? C'est moi qui pilote ? »

« C'est votre propriété, Luciel, alors c'est naturel. Ne soyez pas si raide. C'est pas si compliqué, ça ira. »

Dolan le dit comme si de rien n'était, mais si on s'écrase, c'est la vie de tout le monde qui part en fumée.

La pensée me tord l'estomac.

« D'abord, l'authentification. Fais passer ton pouvoir magique dans ce cristal. »

Suivant les instructions, je posai la main sur le demi-cercle de cristal incrusté au sommet du piédestal cylindrique et y injectai ma magie.

Le cristal s'illumina, puis perdit aussitôt son éclat.

« Raté ? »

« Non, c'est bon. Remets-en une couche. »

J'obtempérai, et au moment où le bateau volant s'activa, le paysage extérieur, invisible jusqu'alors, s'offrit à ma vue.

Ce qui était un mur solide devint par enchantement du verre blindé, offrant une vision panoramique à cent quatre-vingts degrés.

Tandis que je restais coi devant cette technologie délirante, Dolan me toisa avec un sourire suffisant et poursuivit ses explications.

« Tant que vous gardez la main sur le cristal, la réserve de magie s'affiche. La recharge se fait soit par ce cristal, soit à la bibliothèque technique où se trouve le noyau. »

« Donc ce n'est pas que ton travail, Dolan, les techniciens de Rockford y ont mis la main aussi ? »

« Ouai. Rockford a pas été bouffé par les fourmis grâce à vous, Luciel. Tout le monde s'est déméné. »

« Les techniciens de Rockford sont donc tous d'excellents techniciens. »

Le Rockford et le Neldar créés par Seigneur Reinster portaient leurs fruits.

L'Église seule s'était effondrée contrairement à ses prévisions, sans doute par manque de soutiens au Pape et par la personnalité de ce dernier, mais le vrai problème a peut-être été de ne pas lui laisser de porte de sortie.

Ces pensées me traversèrent l'esprit de façon diffuse.

« Enfin, pour le pilotage : montée et atterrissage, même manœuvre. Vous appuyez légèrement le cristal vers le bas : si vous êtes en l'air, vous descendez, et inversement. Le déplacement ne se fait qu'en avant, sur cinq crans. Glissez la main dans la direction voulue pour avancer et monter en régime ; glissez-la en sens inverse pour réduire la vitesse. Si un obstacle comme une montagne se dresse devant, tirez le levier de gauche vers vous pour gagner de l'altitude, poussez-le pour voler rasant. »

Ça a l'air plus simple qu'une boîte manuelle, mais il faudra s'y habituer.

« … Ça a l'air coton, mais j'essaie. Par contre, si un monstre apparaît comme vous disiez ? »

« Le vol stationnaire est possible, alors débrouillez-vous pour le descendre avant que la magie du bateau ne soit à sec. »

Dolan l'affirma d'un air grave.

« … Dolan, j'attends beaucoup du canon magique. »

« Kukkuku. Compte sur moi. Et si tu pouvais, donne un nom à ce bateau volant. »

« C'est vrai… j'y réfléchirai. »

Je me tournai vers tout le monde et pris la parole.

« Tout le monde, merci d'avoir patienté. On part pour la Capitale Sainte. C'est notre premier vol, ça peut tanguer, mais comptez sur nous. »

Une grande inspiration, et j'appuyai sur le cristal.

Le décor extérieur s'éleva progressivement, et je sentis l'appareil s'arracher au sol.

Un silence, une absence de vibrations stupéfiants.

Puis l'ascension s'arrêta à une certaine altitude.

Le cœur tambourinant, j'avançai la main qui posait sur le cristal.

« Bateau volant, cap sur la Capitale Sainte, décollage ! »

Ma voix partit on ne sait pourquoi, mais sans que j'y prête attention, le bateau volant entama un vol à la hauteur de son nom.

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