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The Fruit of Evolution

Chapitre 53

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Chapitre 53

Chapitre 53

Chapitre 53/9456%~16 min de lecture3 015 mots

Les départ de Rui et des autres dataient à peine d’une semaine.

Cela dit, rien de particulier ne s’était produit pour autant. Je poursuivais donc mes entraînements magiques au pied du château royal. À vrai dire, Saria et ses compagnons étaient chacun occupés par des requêtes différentes, si bien qu’ils n’étaient pas sur place. Olga les accompagnait quant à elle.

Et voici que, justement, j’avais enfin franchi un cap décisif.

« Tch ! »

« Ouah ! »

Soudain, sans avoir besoin de forcer ma concentration, j’avais réussi à limiter l’étendue de ma magie basique aquatique, Ballon d’eau, à la taille d’un ballon de basket.

« Incroyable, Seiichi ! Tu ne fais aucun écart dans tes sorts… Tu viens probablement d’obtenir la compétence Restriction ! »

Florio, qui veillait sur mes séances, partageait cet avis. Plus encore, j’en étais désormais formellement convaincu.

Désormais, je pouvais éviter de tout pulvériser par accident… !

Une larme de soulagement coula sur ma joue tandis que je me félicitais moi-même pour cet effort soutenu durant ce bon mois. Bravo, mon vieux !

Bien sûr, une notification résonna aussitôt dans ma tête.

[Compétence] Enfer infernal acquise.

Qu’est-ce que c’était que ça ?

Hop, calme-toi. Respire. Ça va aller. Ne panique pas.

Entre deux grandes inspirations, je me remémorisai scrupuleusement le message affiché.

[Compétence] Enfer infernal acquis…]

« Crac ! »

« ?! »

Pour m’assurer que je tenais toujours debout mentalement, je fracassai ma figure contre le bitume.

Florio, face à une telle incongruité, ouvrit des yeux d’épouvante.

« B-Bienvenue quoi ? Qu’est-ce qui t’arrive, Seiichi… ? »

« Oh, rien du tout. C’est juste qu’à force de réfléchir, je me suis dit que mon crâne était peut-être foutu puisqu’il n’avait strictement pas entendu “compétence Restriction”. Du coup, je teste les sensations physiques directes. Eh oui, je vais parfaitement bien, promis. »

« Ben non, là vraiment, ça va pas. »

Florio eut un sourire jaune en lâchant ces mots.

J’en pouvais plus ! Comment diable lui-même, comprenez-moi ? Compétence Enfer infernal ? Et où était passée la fameuse Restriction ?!

Il suffisait de rien entre les mailles de la trame Restriction pour que ladite compétence se métamorphose en un truc aussi sinistre que Enfer infernal… !

Par rapport à toutes les aptitudes acquises jusqu’ici, c’était clairement celle dont le nom effrayait le plus !

…Non, respire. Recapte-toi.

Il serait peut-être prématuré de renoncer à tout espoir ?

En soi, tu vas pouvoir freiner tes ardeurs. Un nom inquiétant ne signifie pas obligatoirement un effet désastreux, non ?

Exactement. Même si l’appellation fait mal aux oreilles, le contenu pourrait être totalement neutre !

Un faible rayon d’optimisme naquit en moi, et je consultai immédiatement les détails de cette nouvelle aptitude.

[Enfer infernal] … Aptitude infligeant une souffrance infinie à la cible. Pendant sa durée d’activation, la proie ne mourra jamais, quelle que soit la quantité de dégâts assénée. Résultat : elle subira des douleurs équivalentes à celles de la mort. Possibilité de moduler l’intensité comme à l’accoutumée. Déclenchement volontaire.

ÇA RESSEMBLE VRAIMENT AU NOM ALORS AAAARGH !

C’est terrifiant ?! Quelle espèce de sorterie celle-là ? Moi qui étale des statistiques dignes d’une bête sauvage, je devrais carrément fuir cette aptitude, non ?!

Et ce petit post-scriptum glissé à la toute fin affirmant la possibilité de moduler la puissance… On nous prend vraiment pour des imbéciles avec ce gadget bonus !

…Bon sang, comment faire ? Mon parcours ne suivait absolument pas la trajectoire espérée. Demain, vers quel gouffre filais-je ?

Malgré le décalage avec mes vœux initiaux, le simple fait de savoir que je gardais la mainmise me permit de retrouver peu à peu mes esprits.

Un mouvement du coin de l’œil me alerta : une silhouette insolite s’avançait jusque dans les enceintes du château.

« Hein ? Gassle ? »

« Hmm ? Ho ! Ce n’est donc pas toi, Seiichi ! »

« Tiens donc ? Bien vu ! »

Au final, c’étaient le maître de la Guilde, Gassle, ainsi que l’accueillante Elis qui patientaient là-bas.

Si Elis portait bien sa tenue classique d’accueil, Gassle, quant à lui, affichait toujours son pantalon en forme de boomerang, laissant son torse nu défier toute bienséance. C’en était outrageux ! Et le vigile à la porte principale ne bronchait même pas !

« Que vient faire Seiichi en ces murs sacrés ? »

« Après ma victoire au Tournoi de la Capitale, il a été décidé que j’entraîne sous la houlette de Florio et de Rui, tous deux attachés à la Couronne. »

« …Tu caches ton jeu bien loin des regards publics, à ce qu’il semble. »

Gassle ricana poliment à ces mots.

« Mais à vous quatre, au contraire, que faites-vous ici ? »

« Nous avons quitté nos fonctions afin d’accompagner un invité de marque auprès de Sa Majesté. »

« Un invité de marque ? »

Loin de comprendre à qui ils faisaient allusion, je tournais ma tête lorsque, surgissant des ombres derrière eux, un vieillard se dévoila brusquement.

« Hohoho. Enchanté, jeune homme. »

« Ah, heu… bonjour. »

D’emblée, l’image d’un ermite cultivé me traversa l’esprit.

De longues sourcils blancs retombaient sur un front strié, complétés par une chevelure argentée et une barbe interminable qui lui tombait sur la poitrine. Vêtu d’une longue robe immaculée, il semblait entièrement tissé de lumière blanche.

Sa taille n’était pas exceptionnelle, mais il demeurait droit comme un piquet, appuyé sur un bâton de marche gigantesque faisant presque sa hauteur.

Ses traits apaisants et son aura générale dégageaient un sentiment de sécurité tel qu’on aurait pu s’y fondre comme dans une couverture chaude.

« Je me prénomme Barnabas Abrit. Vous pourrez m’appeler simplement Barnaba. »

« Ah, moi c’est Seiichi. »

Barnaba salua avec une franchise désarmante.

À peine avais-je lâché mon nom que Florio, resté silencieux jusque-là, chuchota soudain, les larmoyants aux yeux.

« P-Pour le Grand Mage… Le rencontrer vraiment, ici… ! »

« Hein ? Florio, tu connais Barnaba ? »

« C’est bien sûr ! Quand on évoque son nom, nul doute : il est considéré comme le sorcier le plus puissant de l’histoire humaine, ayant poussé les arts occultes à leur paroxysme absolu ! »

« Ah… effectivement… »

Pris de court par l’élan passionné de mon mentor, je pus seulement répondre dans un murmure gêné.

Bon sang, si Florio en arrivait là, c’était manifestement une personnalité hors norme.

« Hohoho. Ne m’éloge pas tant, ça ne fera que du vent, vois-tu ? Mon noble démon des glaces. »

« V-Vous savez que je suis… ! »

« Certainement. Ranze parle souvent de ton talent exceptionnel en ces termes. »

« ! »

Sous l’effet de cette remarque banale, Florio éclata enfin en sanglots.

C’était sans doute le frisson ressenti par un fan absolu croisant son idole préférée sur le trottoir. Bref, découvrir cette facette cachée de mon instructeur relevait purement de l’amusant spectacle. Heureusement.

« Et puis, prétendre avoir fini d’étudier la sorcellerie relèverait de l’arrogance. Être un elfe me donne l’avantage de vivre des siècles, certes, mais l’horizon demeure encore flou pour moi. »

« Hein ? Barnaba est un elfe ? »

« Tout à fait. Regarde de plus près, mes oreilles. »

En disant cela, il leva la main pour montrer sa conque auriculaire pointue.

Effectivement, contrairement aux humains standards, ses pavillons s’allongeaient en fines pointes acérées.

C’était donc le premier elfe que je croisais dans cette autre vie. Et pas n’importe lequel : une véritable légende vivante.

Je me prenais encore à savourer ce choc culturel lorsqu’une cohorte de silhouettes déboucha soudainement des remparts.

« Salut, Seiichi. Ton entraînement avance bien ? »

« Ah ! Votre Majesté ! »

« Ho. Mais pourquoi la Guilde traîne-t-elle par ici ? »

Étonnamment, c’était bien Ranze, souverain de ce royaume, qui s’approchait à grandes enjambées.

Apercevant ensuite Gassle et les siens aux côtés de Florio et moi-même, il fronça aussitôt les sourcils.

Barnaba lui adressa alors la parole avec une désinvolture tranquille.

« Ça bouge chez toi, Ranze ? »

« Hmm… ? Attends… Maître Barnabas ?! »

Visiblement sidéré, il redressa immédiatement l’échine, tentant de masquer son trouble.

« H-Honneur de vous revoir ! Vous semblez toujours en pleine forme, maître… »

« Détends-toi. Tu règnes sur un empire maintenant. Inutile de te raider devant un vieux quadragénaire comme moi à chaque instant. »

« M-Mais que non, Votre Grâce ! »

…Qui diable pouvait bien être cet individu ?

D’ailleurs… Aurais-je dû rester poli envers lui ? On discutait pourtant naturellement…

Mais contempler le souverain plier ainsi le genou devant lui rendait ma méfiance plus que légitime.

« Excuse-moi, Ranze. Quel lien exactement le lie à ce type ? »

« Hein ? Ah oui. Comme tu l’as deviné, il fut mon maître d’armes et de magie. »

Tout devenait limpide. C’était pour ça qu’il le traitait avec tant de déférence.

Alors que l’authenticité de la chose s’imposait à moi, Gassle ajouta une précision cruciale.

« Juste pour préciser : il préside également l’Académie de Sorcellerie de Bardor. »

« L’Académie de Bardor ?! »

Mon cœur fit un bond.

Car c’était précisément l’établissement fréquenté par Shota et ses camarades du village.

Tandis que j’assimilais l’ampleur de la coïncidence, le roi se tourna vers l’elfe, le visage intrigué.

« Maître, pourquoi avez-vous pris cette route ? Je ne pensais pas que nous nous étions donnés rendez-vous… »

« En vérité, j’ai souhaité te parler de vive voix… »

« Des nouvelles, donc ? »

« Concernant tes fils. »

« ! »

Sonnant aux oreilles du roi comme un glas, ces mots firent crisser ses traits.

…Je me rappelais soudain la scène où Olga avait agressé le monarque : Claudia pleurait alors en invoquant l’incapacité de protéger le Prince Héritier ou son cadet.

Dans ce souvenir bruyant, Barnaba reprit la parole.

« Mon école traverse une tempête politique inhabituelle. Tu sais pourquoi ? »

« …La présence du Héros. »

« Exactement. C’est la raison pour laquelle l’institution sombre dans le chaos administratif… »

« Des complications ? »

« Il faut que je t’avoue que…»

Il allait sûrement achever sa phrase, quand—

Un soldat déboula à toute vitesse dans la cour d’exercice, le visage déformé par l’urgence absolue.

« S-Sire ! Malheur ! »

« Qu’arrive-t-il ? Respire, holà ! »

Le souverain interrogea l’homme, captivé par son agitation febrile.

« Les monstres… une horde déferle sur la ville, Telbeil ! »

[!]

Face à l’alerte vocale, chacun vit le sang quitter son visage.

Pourtant, selon les dernières missives de Rui, l’activité monstrueuse se concentrait uniquement aux confins frontaliers…

« Que signifient tes propos ? La zone d’instabilité concernait exclusivement le périmètre externe… De plus, Rui commandait la chasse et le Chevalier Noir devait suivre… »

Le roi partageait visiblement mon scepticisme. Dès qu’il posa la question, le messager poursuivit, haletant.

« C’est qu’en contactant Rui quelques minutes atrás, les renforts ont signalé de leur côté une percée ennemie massive ! Le Chevalier Noir est coincé ailleurs ! »

« Est-il concevable que des bêtes se mobilisent toutes en même nombre ? »

Le roi plissa le front, absorbé par le raisonnement tactique, avant que l’elfe ne le remette sur les rails.

« Ranze. Laisse tomber les questions logistiques pour l’instant. Priorité à la gestion de la crise, compris ? »

« Maître… Vous avez raison. Écoute, as-tu un comptage approximatif des envahisseurs ? »

« Oui ! Les éclaireurs estiment le flux à environ cinq mille unités. »

« Cinq mille ?! Une masse délirante… ! »

Le monarque cracha un juron sec et balança ses directives sans attendre.

« Combien de régiments peuvent être appelés immédiatement ? »

« Seuls nos soldats stationnés dans Telbeil sont opérationnels. Le reste des garnisons sillonne la campagne. »

« Très bien. Rassemble tout le monde sous les murailles. Informe la patrouille extérieure de rebrousser chemin vers la ville. Déguerpis ! »

« Obéi, sire ! »

« Florio. »

« Présent ! »

« Sitôt les éclaireurs revenus, récupère leurs coordonnées magniques. Lève des caméras-orbites. Limite les opérateurs au strict nécessaire pour stabiliser le flux. Les autres se placent sous mon commandement pour l’élimination directe. »

« À vos ordres. »

Sans délais, le mage obtempéra et s’évanouit dans la foulée.

Tandis que la citadelle basculait dans l’effervescence, Gassle prépara ses mouvements.

« Une intervention des Aventuriers apparaît-elle indispensable ? »

« J’espère que votre aide sera sollicitée. Acceptez-vous d’intégrer le rang ? »

« Nous ne soutenons pas les conflits politiques, mais face à une menace existentielle, nous laisserions la cité s’effondrer ? Point. »

Sur ces mots, Gassle se plaqua en pose de culturiste puis cria vers Elis.

« Elis ! Publie dès maintenant un appel mondial pour l’éradication de la créature ! »

« Reçu. »

« Ma gratitude t’accompagne. Le trésor public prendra intégralement en charge les indemnités. »

« Hahaha ! Ça motivera tout le lot ! Moi aussi, je vais enfin pouvoir claquer du biceps pour une bonne cause ! »

« Quant à moi, je rejoindrai le premier rang. »

« Hein !?! Vous êtes prêts pour le carnage tous les deux ? »

Certes, j’avais vu Elis manier son fouet lors d’entraînement privés, mais l’appliquer à un champ de bataille relevait de la folie.

Par contre, Gassle incarnait bel et bien l’utilisation physique brute dans ce contexte.

« Insolent ! C’est précisément à l’aube du combat que mes fibres explosent de rage ! Profitez de l’opportunité d’admirer ma sculpture charnelle ! »

« Le dernier point, c’était le seul motif réel, non ?! »

Nom d’une pipe ! Ses trapèzes n’étaient visiblement que cosmétiques.

« Avant de revêtir cette livrée, je dirigeais aussi le front… »

« Impossible à envisager mentalement… »

Tenons-nous-en là : leur vocabulaire me dépassait.

Peu soucieux de mon air dubitatif, l’équipe fila vers la Guilde.

Il ne resta plus que moi, Barnaba et le monarque.

« Hohoho. Faisons-le ensemble. Mon appui vous suffira-t-il ? »

« Hein ?! Votre Seigneurie combattrait de ses propres mains ?! »

« Mes élèves subissent une embuscade. Réagir normalement suffit. »

« Merci infiniment ! »

Le roi inclina solennellement la tête en signe de reconnaissance.

« Confier sa défense à un Transcendant… Dans l’absolu, la fortune nous sourit malgré tout. »

« Transcendant ? »

L’invocateur inconnu me fit froncer les sourcils. Le roi se chargea de l’explication.

« Ne connaîtrais-tu pas le terme ? Ces individus ont outrepassé les plafonds physiologiques imposés par la nature. Tes camarades culminent au Niveau 500, atteignant l’apogée biologique humaine. Occasionnellement, certains repoussent encore ces bornes, gagnant une puissance inédite. »

« Tu veux dire cette prodige ? À ce rythme, elle franchira bientôt le seuil, à l’image de mon humble personne. »

L’idée que des êtres puissent transcender la courbe d’expérience totale me sidérait toujours.

…Attendez. Pourquoi éprouvais-je exactement cette vibration identique ? Serait-ce moi aussi susceptible de dépasser les limites ?

Respirons. Tout ira bien. Mon compteur clignote encore au chiffre seize tout de même !

…Bon, admettons que mes performances actuelles défient toute logique mathématique. Foutaises. Concentrons-nous sur la tâche.

« Revenons à toi, Seiichi. Ta décision ? »

« Heu ? »

« Gassle mentionnait les procédures habituelles : ta mobilisation s’effectuera sous forme de contrat, non contraignante officiellement… »

« Je serai présent naturellement. Cette cité possède déjà ma considération. »

Devant ma franchise spontanée, le roi écarquilla brièvement les paupières avant d’afficher un large sourire satisfait.

« Parfait. Allons-y côte à côte. »

« À vos ordres ! »

C’est ainsi que scellèrent notre pacte d’acier face à la marée envahissante qui menaçait les rues de Telbeil.

***

… Nous sommes revenus légèrement en arrière.

Dans une salle obscurcie par d’anciennes dalles de quartz, un individuo ricanait avec une jouissance malsaine.

« Ni hi ni hi ! Elle est belle, la manœuvre ! Voici venu le jour de rapprocher l’Ascension de Notre Seigneur le Dieu-Démon ! »

Depuis le cristal central, une seconde résonnance prit vie.

« Hum ! La préparation initiale est venue de nos bureaux. Qui crois-tu planter les runes d’appel aux abords du Secteur Montagne de Telbeil ? »

« Je vous rends grâce pour cette manœuvre, certes. Mais c’est moi qui ai rassemblé l’horde pour l’occasion. Bilan : chacun a sué sang et eau pour mener à bien l’étape. »

« …Hum. »

À ces mots, une inspiration contrariée sortit de l’artefact.

« Tant pis. Les entités implantées sous Telbeil céderont seulement si nous déplions une armée conventionnelle ; face aux créatures de l’ombre, elles demeureront inertes. Même si ces formations géologiques encerclent la capitale, elles constituent un bloc unique indestructible. »

« Certes, nous ne pouvions transplanter les portes magiques près du Secteur Mer. »

« C’était une obligation topographique : les portails fixes exigent des coordonnées terrestres stables. Quoiqu’il semble n’exister aucun praticien de la thaumaturgie spatiale résidant dans les murs de Telbeil. Ainsi, attirer les Chevaliers Épées et Chevaliers Noirs sur la ligne avancée libère les accès centraux pour pilonner la mégapole sans entrave. Chaque agonie et chaque larme serviront d’engrais à Notre Lord. »

« Néanmoins, des puissances telles que la Dame des Glaces ou l’Homme de Fer patroulent dans l’enceinte. »

« Bah. Individuellement, ils brillent, mais la puissance brute connaît des frontières infranchissables. Le chiffre écrase toujours la qualité. »

« Peu importe au final. Une seule issue compte : accélérer la phase finale de la Renaissance. »

« Le résultat est déjà calibré mathématiquement. Vos analyses indiquaient le creux logistique parfait. L’issue est tracée. »

« C’est exact. Aucune variable n’a été omise. »

L’objet luminescent sembla approuver silencieusement.

« Ni hi ni hi ! Chacun de nos gestes obéit à la volonté de Notre Maître… »

L’individus murmura les invocations rituelles jurant une fidélité sans faille envers la hiérarchie obscure qui les supervisait.

Mais ils ignoraient encore complètement une réalité incontournable.

… Qu’un être humain, transcendant les Dieux-Démons eux-mêmes, se dressait déjà à Telbeil.

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