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The Fruit of Evolution

Chapitre 23

The Fruit of EvolutionThe Fruit of Evolution
Chapitre 23

Chapitre 23

Chapitre 23/2496%~22 min de lecture4 366 mots

Je n'ai jamais été apprécié par un seul être vivant sur Terre, moi, Seiichi Hiiragi.

Pas seulement les humains, mais même les chiens et les chats.

Chaque fois que je passais près d'un chien ou d'un chat, ils hérissaient le poil et me menaçaient, ou m'aboyaient dessus comme des fous. C'était sans doute à cause de mon odeur... enfin, j'espère que c'est ça.

Mais même si cette réaction était encore supportable, je me souviens encore très bien avoir eu envie de pleurer quand l'un d'eux s'est évanoui dès que je me suis approché... J'ai quand même tué un Clever Monkey avec mon odeur, après tout.

Bon, maintenant j'ai Saria qui m'apprécie franchement, mais avant, je n'étais pas aimé par la catégorie « êtres vivants » dans son ensemble. Bien sûr, Kenji et les autres sont mes amis, donc je ne pense pas qu'ils me détestent... ouais, j'aimerais bien que ce soit le cas.

Enfin, malgré tout ça, j'ai toujours adoré les chiens et les chats. Je voulais évidemment en promener un.

Du coup, je n'ai jamais eu d'animal de compagnie à la maison, et je n'aurais jamais imaginé dans mes rêves les plus fous que je ferais l'expérience d'une promenade de chien comme cette demande.

Mais pourquoi ? Alors que je suis en train de vivre la promenade avec un chien dont j'ai rêvé, je n'en suis pas du tout heureux.

« Uooooooooooooooh ! »

« Haf ! Haf ! Haf ! Haf ! »

Parce que ça n'a rien à voir avec la promenade que je connais.

Je suis en train de me faire courir après à plein régime par un chien... enfin, Milk-chan, une bête blanche de cinq mètres de haut.

Hein ? C'est bizarre... Une promenade de chien, c'est pas attacher une laisse au collier et se balader tranquillement ? Moi, je fais un sprint à fond, là ?

Le concept de promenade a-t-il changé radicalement sans que je le sache ?

............

« C'est quand même bizarre, non !? »

« Uoooooooooooooon ! »

Faire la course avec un chien, c'est pas une promenade ! En plus, c'est moi qui suis pourchassé !

Et le cri de Milk-chan, c'est pas celui d'un chien ! C'est un loup !

« Milk-chan, c'est vraiment un chien !? »

Je l'ai dit sans réfléchir, mais je n'arrête pas de courir. Si je m'arrête... je me fais bouffer ! ...enfin, j'ai l'impression.

D'ailleurs, je cours à fond, mais comme le parcours est le jardin d'Adriana, je me retiens pour ne pas l'abîmer.

Si je courais sans me soucier du jardin d'Adriana, il serait plein de cratères à l'heure qu'il est.

Tout en courant, je n'oublie pas de maintenir ma capuche avec ma main pour qu'elle ne tombe pas.

Artoria me regarde, moi qui m'agite dans tous les sens et continue de fuir Milk-chan.

« Ce Seiichi... il court vachement vite. »

« Votre impression se résume à ça !? »

Vous n'aviez pas une autre réaction !?

« Disons que... t'as de l'endurance. »

« J'ai été bête d'espérer ! »

Merde ! Elle n'a pas dit qu'elle allait m'aider dans cette situation.

Bon, Artoria est mon examinatrice, je sais qu'elle ne peut pas m'aider, mais quand même.

« Grrrrr... Wooon ! »

Tandis que je continue de fuir Milk-chan en faisant attention au jardin, elle saute soudain sur moi.

« Uwoooh !? »

Je réussis à l'éviter en tordant le corps, mais pourquoi Milk-chan m'a-t-elle sauté dessus ?

... J'ai pas envie d'y penser, mais Milk-chan... elle est pas venue pour me tuer, si ?

« Grrrrr... »

« Uwah... elle me menace grave, là... »

Les yeux injectés de sang. Elle grogne. J'ai peur.

Mais comme je viens d'éviter son saut, elle garde ses distances en guettant une ouverture.

Au fait, Milk-chan, c'est vraiment un chien ? C'est absolutely impossible.

Alors que ce doute me traverse l'esprit, j'active discrètement « Évaluation supérieure » sur Milk-chan.

[Loup des neiges Nv : 180]

« C'est bien un loup, bordel de merde ! »

Menteuse, Adriana ! C'est un vrai loup ! Pourquoi elle a dit chien !? Et son niveau est pas mal élevé, en plus !

Puisque la promenade d'un loup dépasse l'entendement, j'appelle Artoria à l'aide.

« Artoria-san ! Milk-chan, c'est pas un chien ! C'est un loup !? »

« T'as qu'à regarder, c'est évident. »

« Vous le saviez !? »

« Bien sûr. D'abord, chien ou loup, y a un problème ? C'est le même toutou. »

« C'est totalement différent ! Elle m'attaque comme une dingue ! Et puis, promener un loup, c'est impossible ! »

« C'est pas impossible. Et t'y arrives bien, non ? »

« C'est pas la promenade que je connais ! »

« Bon, bon courage. Tout est expérience. »

« C'est vachement pratique comme mot, ça ! »

Le mot « expérience » est vachement fourbe, je trouve. Surtout pour un débutant.

Résultat de ma demande d'aide : zéro réponse potable.

« Ah, j'oubliais. Si tu risques de te faire bouffer, protège ta tête, au moins ? »

« À ce moment-là, aidez-moi !? »

Face à ma réplique, Artoria affiche un sourire de petite diablesse charmante.

... Putain, elle est mignonne.

Au début, elle ne riait jamais, alors le fait qu'elle rie maintenant me fait sincèrement plaisir.

Pendant que je regarde Artoria avec cette impression, Milk-chan, qui guettait ma faille, lance son offensive.

« Gruwon ! »

« Wé !? »

C'était si naturel que j'ai réagi avec un temps de retard, mais j'ai réussi à l'éviter.

Bon, même si je prenais l'attaque, je subirais pas de dégâts... Mais faut esquiver ce qu'on peut esquiver, sinon le jour J, mon corps ne répondra plus.

« Après la course-poursuite, c'est le combat... »

Il ne reste pas l'ombre d'une promenade. La promenade, elle est où ? Une promenade aussi meurtrière, ça devrait pas exister.

En plus, le combat se résume à moi qui esquive sans arrêt, c'est proprement injuste. Si j'attaquais Milk-chan... arrêtez d'y penser. Personne n'est plus heureux sans connaître la suite.

Tandis que je transpire à grosses gouttes et que mon visage se crispe, Adriana arrive dans le jardin, ses affaires terminées.

« Seiichi-san et Milk-chan ont l'air de bien s'amuser ! »

« Vous rigolez !? »

Cette situation a l'air amusante !? Je vous conseille l'ophtalmo ! ... Ah, c'est un autre monde, y a pas d'ophtalmo.

« Artoria-chan, j'ai fait du thé, tu en veux ? »

« Ah, je prends. »

« Pas de pause thé !? »

Moi, je suis en train de mourrir, là !

Je peux pas faire ma promenade idéale ! La laisse que je tiens pour l'attacher au collier devient inutile !

« Daaaaaaaah ! Tant pis, je m'en fiche ! Je vais te prendre au sérieux... vas-y, Milk-chan ! »

« Grrrrr... Woooan ! »

Je jette la laisse et écarte les bras pour accueillir Milk-chan.

Et Milk-chan se jette sur moi.

***

« Haa, haa, haa ! »

« Haf ! Haf ! Haf ! »

Milk-chan et moi sommes allongés dans le jardin d'Adriana.

Tout à l'heure, devenu désespéré, j'ai joué à fond avec Milk-chan. Au point d'ignorer complètement la promenade qui était sensée être la demande.

Pourchassé par Milk-chan, esquivant ou parant ses attaques, je n'ai pas vu le ciel virer au rouge couchant.

Franchement, personne ne croirait que ce qu'on faisait était du jeu. C'est parce que j'ai des stats de monstre que ça passe pour du jeu, un être normal serait mort sur le coup.

Mais au bout du compte, après cet échange qui ressemblait à une bataille pour la vie aux yeux des autres, j'ai ressenti un drôle de plaisir.

Bien sûr, j'ai pas devenu maso, c'était juste cette sensation de fraîcheur après un sport intense.

Résultat : Milk-chan et moi avons joué à fond et on est crevés.

« Hé, hé... Seiichi, t'as quelle endurance, toi... »

« Vraiment, c'est pas à moi qui ai fait la demande de le dire, mais je m'attendais pas à ce que tu tiennes tête à Milk-chan. »

M-Majikayo... Et c'est vraiment pas à Adriana de le dire.

« À la base, j'ai... confiance en mon endurance... »

Je réponds tant bien que mal, essoufflé.

« Non, mais c'est quand même bizarre... Tu as paré les attaques de Milk-chan, non ? »

« Mon instinct de survie... tournait à plein régime... »

« ... T'étais à ce point désespéré... »

C'est vous qui l'avez préparé, quand même ! ... ai-je pensé, sans le dire.

Mais j'ai grave flipé que mes stats soient dévoilées. Si elle avait utilisé l'Évaluation, c'était fini, mais ça n'a pas l'air d'être le cas.

C'est parce qu'elles connaissaient ma désespérance pendant la demande que j'ai pu berner Artoria.

« Bon, c'est fini. Grâce à Seiichi-san, Milk-chan s'est bien amusée, en tout cas. »

Adriana le dit en souriant.

Face à ce sourire, je me sens désarmé, et Milk-chan, qui a récupéré, se redresse et s'approche de moi.

Et elle se met à me lécher le visage alors que je suis encore allongé.

« Uwah ! Chotto ! »

Surpris par ce léchage soudain, je maintiens ma capuche qui menace de tomber.

« Ma ma ! Milk-chan qui s'ouvre autant à quelqu'un d'autre que mon mari et moi... »

En me voyant le visage couvert de bave, Adriana laisse échapper ces mots.

« Attendez un peu. Ça veut dire que ceux qui s'en occupaient jusqu'ici... »

« Elle ne s'est ouverte à personne. Personne ne restait plus d'une journée... C'est pour ça qu'ils se blessaient ? »

C'est sûr !

« Y a pas eu de morts ni de blessés graves, donc c'est bon ! »

« Non non non ! Pensez un peu plus à vos employés ! »

C'est trop risqué, bordel !

Tout en compatissant aux employés que je ne connais pas, je ressens une secrète satisfaction d'avoir été apprécié par une Milk-chan aussi dangereuse.

Même si la demande est une corvée, le sentiment d'accomplissement et de plénitude change selon l'investissement qu'on y met.

Moi qui vérifiais ce fait évident mais qu'on réalise rarement, une question me vient à l'esprit.

« Au fait... Milk-chan et Adriana-san, vous vous êtes rencontrées où ? »

Milk-chan a un niveau élevé et elle est forte. D'ailleurs, c'est bizarre qu'une humaine normale comme Adriana puisse l'avoir comme animal.

Adriana répond en riant à ma question.

« C'est pas une grande histoire. J'étais allée dans un pays enneigé pour le travail de mon mari. En route, j'ai trouvé Milk-chan, encore petite, blessée... Ses parents n'étaient pas là, alors je l'ai soignée, ramenée et élevée, et elle s'est attachée à moi. »

« Hee... »

Même un monstre, s'il touche à la gentillesse humaine, peut devenir ami comme ça.

Ce fait n'est-il pas proche de l'enseignement de l'Église de Bellfie qu'Artoria m'a appris ?

Bon, la réalité, c'est que ça marche pas souvent.

« Bon, ma demande est terminée. ... Voici ta récompense. »

Sur cette conclusion, Adriana me tend un sac en toile de jute qui a l'air lourd.

C'est de la taille de mes deux mains, mais dès qu'il me le passe, le poids me tombe dessus d'un coup.

« ... Euh ? »

Impoli peut-être, mais je vérifie l'intérieur et ne peux que marmonner.

Parce que le sac est bourré d'une quantité massive de pièces d'argent et de cuivre.

« C-C'est... »

« C'est ta récompense. Prends-le. »

« Eeeeh !? C'est pas trop !? »

« C'est rien. Seiichi-san a bossé dur cette fois. C'est l'évaluation de ça, alors prends-le franchement. »

J'essaie de rendre l'argent qui est trop, mais Adriana refuse.

Non, j'ai bossé dur, mais... c'est pas trop ? Y a genre 90 pièces d'argent et 90 de cuivre !

Face à ce montant dingue, je suis perplexe, et Artoria dit :

« C'est la juste récompense du commanditaire. La refuser, c'est ça qui est impoli. Garde-le. »

« S-Si vous le dites... »

Puisque même Artoria le dit, refuser serait malvenu, j'accepte la récompense honnêtement.

« Fufu. C'est bien, d'être honnête. Je referai peut-être appel à toi, à ce moment-là aussi, je compte sur toi ? »

« A... Oui ! »

À ma réponse, Adriana sourit gentiment.

***

En sortant de chez Adriana, on se dirige vers l'orphelinat pour récupérer Saria.

« Ça y est, Seiichi. T'as un client régulier. »

« Client régulier ? »

« Ouais. Un aventurier qui fait du bon boulot se fait désigner direct par le client. Ça repose sur la confiance mutuelle, ça assure un revenu stable, donc avoir un client régulier, c'est un statut important pour un aventurier pro. Bien faire le job, c'est la base, mais pour ça, faire un travail soigné au quotidien, c'est crucial. »

« Naruhodo... »

Les conseils d'Artoria sont vraiment instructifs. Et ce qu'elle dit sur le travail soigné au quotidien, ça vaut pas que pour les aventuriers, mais pour tous les métiers.

« Bon, on est arrivés. »

Pendant qu'on discute, on arrive devant l'orphelinat sans s'en rendre compte.

Artoria entre dans l'église sans hésiter, comme au début.

Une fois qu'elle appelle, la directrice Claire et Saria en tablier arrivent.

« Ah, Seiichi ! »

« C'est Artoria-san. Le travail de Seiichi-san est fini ? »

« Oui, c'est fini. Du coup, je suis venu chercher Saria... Comment s'est-elle débrouillée ? »

« Fu... »

À la question d'Artoria, Claire baisse les yeux pour une raison inconnue.

Son air a l'air de dire « Question idiote... » pourquoi ?

Et ———

« C'était parfait ! Merveilleux ! Trop merveilleux ! »

« ................ »

Face à cette tension soudaine, Artoria et moi restons bouche bée.

« Les goûters pour les enfants sont délicieux, elle nettoie parfaitement les endroits qu'ils salissent en jouant ! En plus, quand elle joue avec eux, elle veille à ce qu'ils ne se blessent pas gravement, et elle gronde clairement ce qui ne va pas ! Grâce à elle, Saria-chan est la star des enfants ! »

Pendant que Claire s'emballe, plein d'enfants arrivent du fond de l'église.

« Sœur Saria, joue avec moi ! »

« Ah, c'est pas juste ! Moi aussi, la prochaine fois ! »

« Regarde regarde ! J'ai bien dessiné ! »

« Sœur Saria, toilette ! »

Ils débarquent et s'agglutinent à Saria.

Incroyable... Elle est vraiment populaire. Artoria à côté est aussi bouche bée. Au passage, Saria, c'est pas les toilettes.

Devant ce spectacle, nous deux, on est scotchés, et Saria dit aux enfants :

« Hey ! Y a des clients, non ? Faut d'abord dire bonjour, non ? »

D'un geste qui ressemble à une maman, elle dit ça, et les enfants répondent énergiquement et nous saluent.

Comment dire... on dirait une maman, mais aussi une instite de crèche ou de maternelle.

« Et, désolée ? Aujourd'hui, faut que je dise au revoir à tout le monde. »

« « « Eeeeh ! » » » »

Les enfants poussent des cris tristes aux mots de Saria.

« C'est bon ! Je reviendrai jouer une autre fois... d'accord ? »

À ces mots, les enfants, bien que mécontents, finissent par accepter.

« C'est bon ! Dorénavant, je la demanderai nommément, Saria-chan ! »

Claire l'annonce aux enfants. Saria a aussi obtenu son client régulier, apparemment.

Pendant que je pense ça, Claire apporte un sac en toile comme celui d'Adriana.

Mais plus petit, de la taille d'une paume.

« Voici la récompense cette fois. J'aurais voulu en donner plus... »

« C'est bon ! J'ai pu rencontrer tout le monde et jouer avec eux ! J'ai déjà reçu une récompense au-dessus de tout ! »

Claire est émue par les mots de Saria. On s'est pas quittées longtemps, mais Saria, malgré ses airs enfantins, est vachement solide. Enfin, c'est peut-être moi qui suis trop gamin.

« Merci, Saria-chan ! Tu reprendra la prochaine demande ? »

« Bien sûr ! »

Saria répond énergiquement à Claire, et on quitte l'orphelinat.

***

De retour à la guilde chaotique, Artoria me tend la récompense de la démolition de la ruine, reçue d'Elis à l'accueil.

Comme c'était un travail dangereux, la somme est conséquente, mais comparé à ce qu'Adriana m'a donné, impossible de rattraper, le sien est bien plus élevé.

« Hahahaha ! Première demande... Bien menée, on dirait ! »

« Bon travail. »

Gassur et Elis viennent vers nous. ... Gassur, il bosse, lui ?

« Devenus aventuriers, la plupart privilégient les demandes de chasse. Parce que la paie est bien meilleure. Mais les demandes de corvées que vous avez prises, c'est aussi un travail respectable. Vous l'avez compris avec celle-ci, non ? »

« Ouais. »

« Un ! »

À ces mots inhabituellement sérieux de Gassur, Saria et moi répondons du tac au tac.

Les travaux ingrats sont peut-être nombreux, mais les corvées sont un travail respectable, faut pas hiérarchiser les jobs... L'important, c'est à fond on s'investit dans ce qu'on nous donne.

Face à notre réponse immédiate, Gassur écarquille les yeux un instant, puis sourit doucement.

« C'est bon alors ! Mes muscles sont contents, eux ! »

Toujours incompréhensible.

Je croyais qu'il était rare fois sérieux, mais à la fin, c'est pareil.

Pendant que je suis éberlué par Gassur, Elis nous tend à Saria et moi une plaque blanche de la taille d'une paume.

« C'est une carte de guilde provisoire pour ceux qui ne sont pas encore enregistrés. Même provisoire, elle fait office de pièce d'identité, ne la perdez pas. »

Je regarde la plaque : ce que j'ai écrit sur le papier au début y est inscrit simplement.

« Bon, votre épreuve de corvées est finie, mais demain, vous prendrez une demande de récolte. »

« Ah... Ah »

« N ? Qu'est-ce qui se passe ? »

Juste après avoir répondu à Gassur, je réalise un truc.

« On a pas réservé d'hébergement pour cette nuit... »

« Ah, c'est ça... Alors vous venez où je loge ? »

« Eh ? »

« Le prix est correct, la sécurité est garantie. En plus, les trois repas sont délicieux. »

« On y va. »

À l'invitation d'Artoria, je réponds immédiatement. Pas parce que la bouffe est bonne, hein ! Ah, c'est pour la sécurité, oui !

Pendant que je me justifie mentalement, Gassur et Elis regardent Artoria, yeux ronds. Pourquoi ?

« Allez, on y va. Je suis un peu crevé... »

« Eh ? Ah... Attendez un peu ! »

Intrigué, je penche la tête, et Artoria sort prestement de la guilde.

Si je la paume, je saurai pas où est l'auberge, alors Saria et moi saluons vite Elis et les autres, et on court après Artoria.

« Elis-kun. Artoria-kun les a invités à son auberge. »

« E, eh... D'habitude, Artoria-san recommande un autre endroit, un meilleur... Il s'est passé quelque chose ? »

« Uumu... Bah, ça a l'air d'aller dans le bon sens, tant mieux. Mes muscles exultent. »

« Bon, au travail. »

« Hein ? Ignoré ? »

On ignore que cet échange a lieu à la guilde après notre départ.

***

« Voilà, c'est l'auberge où je loge. »

« Ooh... »

L'endroit où on m'emmène s'appelle « L'Arbre du Repos ».

Pas tape-à-l'œil, pas non plus sur une rue passante, mais à une distance nickel de la guilde.

« Allez, on entre, je prends les chambres. »

« Ah, oui. »

En entrant, l'intérieur est animé juste ce qu'il faut.

Pas immense, mais une taille idéale à tous points de vue.

Pendant que je regarde autour, une femme s'approche.

« Ara ? Bienvenue, Al-chan. »

« ... Ouais. »

Hein, Al-chan ? Un surnom ?

Pendant que je tilte intérieurement, la femme remarque Saria et moi.

« Hum ? Et ces deux-là ? »

« Ce sont les nouvelles que je supervise comme examinateur. Préparez-leur une chambre. »

« Maa, ce Al-chan qui fait ça... Il y a juste une chambre double de libre... Ça vous va ? »

Dormir dans la même chambre qu'une fille, c'est pas terrible, mais depuis le voyage jusqu'à Telbeer, on a dormi ensemble, donc je m'en fiche un peu.

Du coup, Saria et moi, on acquiesce.

« Ça nous va. »

« Moi aussi, c'est bon ! »

« Alors, pour combien de nuits ? »

« Disons... un mois pour l'instant. »

« Compris. Ça fait 50 pièces d'argent, ça va ? »

Tiens, le concept de mois marche pareil. Jours et mois sont identiques ici. Disait que 10 pièces d'argent suffisent pour un an, mais 50 pièces, c'est 5 ans faciles. Dieu a dit qu'il touchait pas à ce monde, peut-être qu'il se base sur d'anciens cours... Faut que je revoie la valeur de l'argent.

Bref, niveau fric, c'est large, je sors 50 pièces d'argent de ma Boîte à Objets.

« Ah, c'est bon. Voilà. »

« Merci. Ah, je suis Fina. On gère ça à trois : mon mari, ma fille et moi. Yoroshiku. »

« Je suis Seiichi. Euh... yoroshiku. »

« Je suis Saria ! Yoroshiku ! »

« Seiichi-kun et Saria-chan. Bon, explication rapide. Les repas, trois fois par jour. Pas d'heure fixe, venez à la salle à manger quand vous voulez, mon mari cuira à tout moment. La salle est vide en ce moment... Faut faire les présentations. Hé ! Un peu par ici ! »

Le mari cuisine... Dans les romans, le patron d'auberge, c'est un barbu costaud, d'habitude.

Je sais que c'est un cliché pourri, mais cette image est forte chez moi.

Et 당연히, Fina est une belle femme. Hmm... Les femmes d'auberge sont toujours belles, c'est une règle ?

Bref, j'imaginais le mari de Fina comme un macho barbu.

Mais mon imagination s'effondre instantanément.

« Tu m'as appelée ? »

« Ah, te voilà. Ces deux sont les clients qui logent ici. »

« Ah oui... Je m'occupe de la cuisine ici, Lyle. Yoroshiku. »

« Euh ? Ah... Oui. Euh... Seiichi. »

« Saria ! »

Le mari présenté par Fina est ——— un super beau gosse rafraîchissant.

Son tablier évoque un papa impliqué comme sur Terre.

C'est qui qui a décidé que le patron d'auberge est un vieux ? Lyle-san est un beau gosse, bordel.

« Seiichi-kun, Saria-chan, appelez-moi quand vous avez faim. Par contre, les trois repas sont gratuits, mais à partir du quatrième, c'est payant. Attention. »

Compris. Manger sans se soucier de l'heure, c'est cool.

D'ailleurs, pourquoi tous les gestes de Lyle-san sont rafraîchissants ? Les beaux gosses, c'est cheating.

« Ah oui, y a pas de bain, mais pour l'eau chaude et les serviettes pour s'essuyer, dites-le-moi, je prépare. Le linge à laver aussi, dites-le, je le fais. »

Pendant que je suis secrètement jaloux du beau gosse, Fina m'informe.

Service complet. Bon, j'ai la magie de vie « Lavage », donc ça va...

« Bon, voilà la clé de la chambre. Quand vous sortez, déposez-la chez moi. Maintenant, ma fille va vous guider. »

Fina me tend une clé marquée 301.

« La chambre à côté de la mienne. »

Artoria marmonne bas.

« Bah, si y a un souci, viens dans ma chambre. »

« Merci ! »

Ouais, Artoria est trop gentille.

Ému intérieurement par sa gentillesse, une fille sort du fond de l'auberge.

« Voici notre fille, Mary. »

« Nouveaux clients ! Yoroshiku ! »

« Je suis Seiichi. Yoroshiku. »

« Je suis Saria ! Yoroshiku ! »

Mary a les cheveux verts en queue de cheval, les yeux rouges. Et comme elle est la fille de Fina et Lyle, elle est ultra belle.

Âge proche du mien... Vrai que beau gosse + belle femme = belle gosse. Enfin, y a des exceptions.

« Alors, suivez-moi ! Je vous guide. »

On suit Mary, qui s'arrête net et désigne un endroit.

« Là, c'est la salle à manger. Papa y est tout le temps, donc si vous avez faim, allez-y. »

Mary explique simplement l'auberge.

C'est simple, mais super clair, je trouve.

Même âge normalement, mais Mary est vachement plus posée que moi.

Légèrement déprimé par ce fait, on arrive devant notre chambre sans s'en rendre compte.

« Voici la chambre de Seiichi-san. »

« C'est ici... »

« L'essentiel a été dit par maman, mais si y a un truc, demandez-moi ! Moi, j'ai d'autres trucs à faire ! »

« Merci. »

Je dis ça à Mary, qui sourit et part.

« Bon, moi, je vais me reposer dans ma chambre. Bonne nuit. »

« Ah, bonne nuit. »

« Bonne nuit ! »

Artoria, en bâillant, dit ça et entre dans la chambre d'à côté.

« Bon, nous aussi, on entre ! »

« Ouais ! »

J'ouvre avec la clé, et un espace un peu large pour deux s'ouvre devant nous.

Deux lits, table, chaises. Équipement plutôt bon.

Pendant que je regarde autour, Saria fait un mignon bâillement à côté.

« Fuwaa... »

« Qu'est-ce ? Tu es fatiguée ? »

« Un... Un peu... »

« Mais t'as pas mangé le soir ? »

« C'est ça... Mais j'ai pas trop faim. »

« Ah... Alors on dort ? »

« Un... »

Saria se frotte les yeux, va vers un lit, et s'effondre dessus.

Peu après, une mignonne respiration se fait entendre.

« ... Elle était crevée. »

Moi aussi, j'ai couru toute la journée, je suis fatigué, mais Saria a géré les enfants, elle doit être fatiguée à sa façon.

Je porte Saria allongée sur le lit et lui rentre bien la couverture.

Avant ça, j'utilise « Lavage » pour la nettoyer.

« Un... Seiichi... »

L'expression de Saria qui murmure mon nom en dormant est paisible, et en même temps, très belle.

« Seiichi... Daisuki... »

En entendant ce murmure, mon visage devient rouge.

Euh, même en rêve, elle pense à moi... ?

Cette fait me gêne, mais plus que ça, la joie remplit ma poitrine.

« ... Bonne nuit, Saria. »

Enfin, je murmure ça, et sans dîner, je m'endors comme ça.

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