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The Fruit of Evolution

Chapitre 156

The Fruit of EvolutionThe Fruit of Evolution
Chapitre 156

Chapitre 156

Chapitre 156/18883%~14 min de lecture2 716 mots

« ――――Seiichi. »

« Ah, il y a quelqu'un. »

Accompagné de cet arbre, j'avais avancé dans la forêt quand j'avais senti soudain la présence d'une créature.

Pour ma part, ça me allait à condition que ce ne soit pas une nuée de chenilles, mais qu'est-ce qui pouvait bien être là ?

Tandis que je m'en faisais ainsi, des voix humaines avaient résonné en provenance de cette direction.

« ―――― ! »

« ―───tu───vas───rester───! »

« ────je───te───dérange───? »

En écoutant de plus près, ils semblaient lutter contre un monstre, et j'avais instinctivement tourné la tête vers l'arbre.

« Hé, il a l'air d'être pris pour cible là-bas... »

« ……Cette présence ne correspond pas à celle des soldats de Sa Majesté. Il s'agit probablement de troupes étrangères. Nous pouvons donc les ignorer. De toute façon, la situation ne semble pas critique non plus. »

Comme le disait l'arbre, bien qu'on entendît surtout des cris perçants au loin, aucune trace de panique ou de peur ne m'atteignait. Même, je percevais plutôt une atmosphère de lassitude, voire une certaine sérénité.

« Bon, si tu dis ça, moi aussi je reste immobile, mais… si ce sont bien des soldats ennemis, tu ne trouves pas qu'il serait utile de vérifier leur effectif, au moins ? »

« ……Je reconnais que cela est important, mais personnellement, j'aimerais que vous vous rendiez auprès du pays de Sa Majesté dès que possible. »

« Mais c'était justement sur ordre de Sa Majesté que j'étais coincé ici. »

Cette personne, Sa Majesté, n'avait sans doute jamais imaginé qu'une créature issue de ses propres mains oserait agir de son propre chef pour me mener ici.

Il ne viendrait à l'idée de personne d'accueillir un individu aussi imprévisible sur son sol national.

« Et puis, probablement, le fait qu'ils combattent ce monstre n'est sans doute pas un hasard non plus. »

« Hein ? »

« Autrement dit, il s'agirait d'une manœuvre ordonnée par les vassaux de Sa Majesté. À les écouter, les soldats ennemis reculent progressivement vers leurs frontières, comme pour prendre une brève pause. Cependant, elle ne durera que quelques instants ; inutile de se relâcher. Pressons le pas. »

Sur ces mots, je suivis bêtement l'arbre derrière moi, sans opposer le moindre reproche.

Puis…

« Nous y sommes. »

« Whoa… ! »

J'avais finalement atteint ma destination.

Comme promis par l'arbre, une ville s'élevait vraiment au cœur même de la forêt.

Elle était encerclée de hauts remparts, pareils à ceux de Telbeil, sur lesquels les soldats déambulaient affairés.

Et le grand château visible par-dessus ces remparts restait particulièrement marquant.

Comment dire… Le château de Telbeil avait la silhouette d'un conte de fées rêvé, tandis que celui-ci présentait une architecture rappelant le Taj Mahal.

Face à ce spectacle, je fus ému malgré tout, mais je sentis aussi une certaine tension ambiante.

« C'est quoi, ce truc… On dirait une atmosphère électrique. »

Étant donné que la ville était actuellement en guerre contre un pays rival, elle dégageait naturellement cette nervosité.

Au premier abord, les soldats couraient partout à bonne portée de vue, et certains transportaient en hâte ce qui ressemblait à des blessés.

« Euh… comment on fait pour entrer d'ici ? Ils vont certainement nous empêcher de passer par la porte principale, après tout… »

« ? Qu'est-ce que vous racontez ? Allons-y par l'avant. »

« Tu es complètement fou ? »

Hein ? Il pensait sérieusement qu'un type aussi louche oserait foncer frontalement dans un endroit aussi tendu et pourrait espérer être accueilli ?

Apparemment, c'était bel et bien son avis, car l'arbre éclata de rire.

« Seiichi… Vous croyez vraiment pourquoi je suis venu jusque ici ? Tant que je suis là, vous entrerez parfaitement bien. »

« E-eh ben… Ouais, c'est vrai. T'es né avec cette force de la nature, l'[Impératrice], après tout. »

« Exactement. Et de toute façon, il n'existe aucun autre moyen d'entrer que par la grande porte. Donc dépêchons-nous. »

Sur la pression de l'arbre, je m'approchai de ce qu'il appelait la grande porte.

Alors, peu à peu mise à jour, je remarquai que cette entrée principale n'avait rien de commun avec une simple porte.

« É-écoute… Si mes yeux ne me jouent pas de tours, cette porte possède des yeux et une bouche… »

« C'est parce que cette grande porte, comme moi, fut créée par Son Excellence. Elle prévient toute intrusion illégale ou celle de criminels. Parfaitement vouée à sa fonction première, elle n'a pas besoin de sommeil, et nul garde humain n'est requis pour l'ouvrir ou la fermer. Elle assure donc le poste de portier à la perfection. »

« Waouh… »

Je voyais maintenant. Dotée d'une conscience, une porte pouvait effectivement accomplir des exploits pareils.

Tout en admirant cette technologie incroyable, j'avance vers la cité, remarquant aussitôt les soldats perchés sur les remparts poser leurs yeux sur ma silhouette.

« Hé, attends… »

« Impossible… »

« Désolé-é-é ! Moi, je…»

À peine eus-je commencé à parler qu'une bordée de flèches fusèrent simultanément depuis les fortifications. …hein ?

« Non mais waaaaah?! »

Tous ces projectiles étaient visés spécifiquement sur ma personne, et je dus les esquiver en adoptant des contorsions aussi grotesques que lorsque je tombais dans les pièges d'un donjon.

« Attends, un instant, mon vieux!? Ça change absolument de ce que tu venais de raconter!? T'aurais pas dû dire que tout irait bien avec toi?! »

Alerté, toujours penché dans une posture ridicule, je lançai des vociférations accusatrices à l'arbre, tandis que les guetteurs sur les hauteurs, voyant ma tenue bizarre, relevèrent encore davantage leur méfiance.

« Hé ! Il respire encore ! »

« Continuez à tirer ! »

« Ne le laissez surtout pas approcher ! »

« Crève ! »

« Hiiiiiiiii! »

Aucune intention de nous accueillir ne se dégageait de lui !

En essayant tant bien que mal de réprimer le désir irrépressible de leur lancer un contre-punch sarcastique, j'esquivais les projectiles, mais il arriva quelque chose d'étrange : les flèches commencèrent à manquer leur cible d'elles-mêmes.

…Euh ? Ce phénomène… ça me rappelle étrangement la diminution de puissance lors de notre affrontement précédent avec Zakiya et les autres…

Les flèches cessant d'atteindre mon objectif, les soldats sur les murailles le constatèrent logiquement et froncèrent les sourcils.

« Hé, les coups ne passent pas ! »

« Qu'est-ce que vous fabriquez ? Visez correctement ! »

« Bien sûr qu'on vise ! »

« Hein ? Dans ce cas, c'est son pouvoir. Peu importe le tour qu'il utilise, ça ne durera pas indéfiniment. Continuez à attaquer à outrance, ne ralentissez pas ! »

Leur verdict semblait être que mon pouvoir retardait momentanément les impacts. Convaincus qu'une issue fatale finirait par arriver, ils maintinrent malgré tout le cadence de tir.

Face à ce constat, une inquiétude me traversa l'esprit.

…Est-il nécessaire de gaspiller autant de flèches à cause d'un con comme moi ? Elles ne sont pas censées servir contre les troupes ennemies ?!

« Hé, mon pote ! Utilise tes moyens pour faire cesser ces tirs ! »

Pendant que je récupérais soigneusement les barbes, en veillant à les casser le moins possible par souci d'économie pour la ville, je transmettais la requête à l'arbre… mais…

« …Seiichi. S'il vous plaît, cessez de m'interpeller. Si j'y réponds, ils prendront aussi mon feu. Je suis une plante. Une simple plante. D'accord ? »

« Je te mets dehors, enfoirééééé!!! »

J'l'avais bien dit ! Ils surveillent tout autour, et ils nous refuseront carrément l'entrée !

Tandis que je m'acharnais à ramasser les flèches, l'arbre soupira.

« Très bien, je m'en occupe alors. »

« Pourquoi tu nous l'as pas dite dès le début… ! »

Sans lâcher prise sur la récupération de toutes ces armes, j'avance pendant que la végétation s'approche de la porte centrale pour lever la voix.

« Ouvrez ! Je ne suis pas un végétal suspect ! »

« N…être pas suspect, hein… »

« Attends ! Les végétaux pilotés par Son Excellence durant ce conflit portent tous un marquage précis ! Or, celui-là en est complètement dépourvu ! »

« …Tiens donc ? La situation commence à virer… »

« …Tuez-le également ! »

« Non, ça marche pasaaaaaaaaaaa ! »

Au fond, comment peut-on qualifier un arbuste de non-suspect ? Le simple fait qu'il ait des traits faciaux et bouge suffit déjà à déclencher l'alarme !

Dès lors que la floraison fut visée aux côtés de ma personne, le flot d'attaques s'amplifia. Je commençais sérieusement à craindre la pénurie nationale de flèches quand l'objet principal, similaire à l'arbre, prit enfin la parole.

« …Hmph. Attendez ! Arrêtez immédiatement vos tirs ! Je détecte chez cet être une aura identique à la mienne ! »

« Quoi?! »

« Autrement dit… Son Excellence utiliserait ses facultés depuis la forêt ? »

Les ordres de la porte suffisèrent à stopper net les feux des guetteurs. Je pus enfin souffler.

« …Hé, on n'a strictement rien gagné en entrant comme ça. »

« C'est aberrant… Dans la forêt, j'étais pourtant très populaire. Ignorer mon existence montre un manque de culture flagrant. »

« T'es vraiment qu'un gros prétentieux, toi ! »

Popularité, mon cul. Il nous était impossible de la connaître.

Avec des difficultés à empiler convenablement une quantité considérable de pointes dépassant largement la capacité de mes bras, plusieurs gardes sortirent prudemment de la barbacane pour nous rejoindre.

À la vue du monument que j'avais dressé avec leurs projectiles, les militaires écarquillèrent les yeux.

« Toi, ces flèches…»

« Ah, je vous les rends. Sachant qu'elles étaient destinées aux forces en face, j'ai essayé de les conserver intactes, mais…»

« … »

Mes propos les laissèrent muets, interloqués. Attends, j'aurais été trop poli ?

Redevenant soudain maître de ses émotions, le guerrier placé au centre tourna brusquement son regard vers la fleur plantée à côté de moi.

« Cet arbre…»

« Ouais… Comment expliquer ça… À force d'une petite mésaventure, je croisais l'[Impératrice] de ce royaume au milieu des frondaisons. Parce que j'inspirais des soupçons, il m'avait servi de frein temporaire. »

« Exactement. Un choix judicieux. Sans moi, immobiliser Seiichi aurait été totalement impossible. »

« Vu que ça m'a littéralement coincé sur place, j'ai plus rien à redire…»

De plus en plus stupéfaits par nos récriminations réciproques, les sentinelles échangèrent un rapide coup d'œil avant de nous guider – ou plutôt nous escorter – jusqu'aux abords de la barrière.

Confortablement encore rejetés hors de l'enceinte, je pus seulement assister impuissant à l'échange entre l'agent qui m'avait conduit jusque là et un guetteur posté, suivi du départ précipité du second vers un point invisible.

Visiblement, le messager s'était dirigé vers les autorités suprêmes du pays pour leur transmettre ma visite.

En attendant ses retours, l'arbre et moi-même subîmes un interrogatoire intense de la part des troupes.

Origines, allégeances, objectifs officiels, ces individus cherchaient désespérément à soutirer mes secrets. Malgré un certain fatigue mental, j'avais répondu méthodiquement, sans jamais recourir au mensonge.

Toutefois, comme l'origine de mon arrivée dans ce territoire découlait directement d'un cristal tenu par Dezura du [Culte du Dieu Démon], cette précision assombrit encore plus les mines des gardiens, envoyant un nouvel éclaireur filer vers les hauteurs.

Une fois cette session terminée, l'arbre et moi dûmes patienter extérieurement sous surveillance constante, en attendant ladite sommité.

« Dis-donc, tu venais de dire que ta présence suffirait pour entrer tranquillement, non ? »

« C'est exact. »

« Dans ce cas, tu penses quoi de la situation actuelle ? »

« Que voulez-vous dire ? Si j'avais été seul, il n'y aurait eu aucun incident. C'est précisément votre présence suspecte qui pose problème. »

« Difficile de contredire ça… Mais franchement, même avec toi uniquement, je doute qu'on nous ait laissés passer. »

« Pas du tout. N'est-ce pas, monsieur le garde ? »

« On n'ouvre pas pour des plantes mystérieuses, évidemment. »

« Quoi?! »

Il semblait donc bien que nous n'ayons eu droit à aucune entrée légale dès le départ.

Néanmoins, au final, le fait d'en être arrivé là où nous étions présent me convenait parfaitement.

Notre conversation légère s'était interrompue brutalement lorsqu'une phrase chargée d'hostilité jaillit brutalement depuis l'entrée principale.

« ―───Toi! »

« Hein ? »

Dirigé mes regards vers la source sonore, j'aperçus une femme vêtue d'une armure fixant intensément mon visage… Mlle Riel.

Pourtant, elle semblait ne pas être seule arrivée sur les lieux. Sentant une attention aiguë focalisée sur ma personne, j'aperçus une silhouette masquant sa forme et son aura, glissée discrètement derrière mon dos. Probablement ce personnage revêtu entièrement de noir qui nous avait rejoint précédemment avec Riel et consort.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu viens explicitement te faire achever ? »

« Bof, baha, non. Pourquoi faudrait-il que je suicide volontairement… J'ai reçu une demande explicite de l'arbuste présent ici pour venir secourir Sa Majesté. N'est-ce pas ? »

Sollicitant l'opinion du compagnon arboricole perché à côté de moi, mais ce dernier ferma paisiblement les paupières et resta obstinément silencieux.

« …Hé? »

« Seiichi. S'il vous plait, cessez de m'interpeller. Si j'y réfléchis bien, vous parler équivaut à désobéir à des ordres directs. On me châtierait pour ça. Donc à partir de maintenant, je suis juste une plante. »

« Bah, c'est déjà trop tard selon moi…»

Au demeurant, on ne plante pas spontanément un sujet isolé juste devant la porte fortifiée ; avouer être simplement une verdure n'avait aucun sens logique.

« Écoute. Cette tige exhale indubitablement la même majesté royale. Certes, il s'agissait manifestement de l'entité chargée de bloquer ta route plus tôt… Pourquoi as-tu convoyé jusqu'en ce lieu cet individualité si louche ? »

« Ha, t'as découvert ? »

« Tu croyais sérieusement garder le secret ? »

Ce type, était-il vraiment intelligent ou complétement à côté de la plaque ? Non, c'est sûrement juste moi qui faisais le gaffier en ayant été piégé par sa manœuvre sans broncher.

Estimant que la dissimulation était désormais vain, l'arbre abandonna calmement sa métamorphose et fixa droit dans les yeux Riel.

« Je fus engendrée par Votre Grandeur et place Votre Sauvegarde au centre de mes priorités absolues. Ayant conclu que seul ce Monsieur Seiichi possédait les clés nécessaires pour renverser la situation périlleuse actuelles, je l'ai accompagné jusqu'en ce secteur. »

« Quoi ? Un charlatan ambulant pourrait libérer Votre Souveraineté ? Lâche pas tes sottises. Personne ne va changer ce cours tragique actuel. Tout espoir est définitivement englouti. »

Prononçant ces phrases, Riel afficha un visage rongé par une cruelle tristesse.

En une fraction de seconde, ce chagrin céda place à une hostilité glaciale tandis que son regard revenait peser sur ma poitrine.

« Maintenant, explique-toi clairement : que représentes-tu exactement ? On murmure ici que tu serais un aventurier…»

« Euh…»

Je résolus donc d'exposer sommairement comment j'avais fini par traîner dans cet endroit appelé [Forêt des Démons Scellés].

Après avoir absorbé chacun de mes détails, Riel reposa sa question avec une rigueur presque mécanique.

« Autrement dit, les intrigues des 'Apôtres Divins' appartenant au [Culte du Dieu Démon] seraient directement responsables de votre localisation ici ? »

« Oui, c'est bien ça. »

« Vous n'appartenez donc pas officiellement à leur rang ? »

« Absolument pas. Je refuse catégoriquement d'être associé à des bandes aussi incompréhensibles…»

Vraiment, ça me rebutait. Je ne connaissais absolument pas ce satané dieu démon, et au lieu de les rejoindre, je subissais continuellement leurs embûtes.

« Compris… Vous seriez donc un agent de l'Empire Kaiser ? »

« Hein ? L'Empire Kaiser ? Franchement, je vois pas quel rapport ça a avec ma présence…»

«…»

Face à mes réponses, Riel détourna brièvement son attention derrière moi, abaissant imperceptiblement sa garde. Peut-être échangeait-elle un signal discret avec son acolyte dissimulé.

« …Apparemment, il n'a aucun lien avec eux. »

« Hmm? »

« …Très bien. Suivez-moi. »

Me donnant ces instructions, Riel se retourna vers la grande porte et me lança un unique regard.

« Je ignore pourquoi cette plante a décidé de rassembler des misérables comme vous… Sachez néanmoins que vous ne pourrez en aucun cas apporter votre aide. »

Sur ces mots, l'ouverture s'écarta finalement, permettant l'entrée à l'arbre et à ma personne.

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