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The Fruit of Evolution

Chapitre 149

The Fruit of EvolutionThe Fruit of Evolution
Chapitre 149

Chapitre 149

Chapitre 149/18879%~16 min de lecture3 047 mots

Le lendemain, je me présentai dans le donjon qu’Al et ses camarades m’avaient indiqué.

J’avais brièvement prévenu la Guilde que j’allais m’aventurer dans ces souterrains, mais l’édifice grouillait à l’accoutumée de pervers exhibitionnistes et de maniaques de la destruction. Gassul finit par me raccompagner avec un bon sourire.

Ce donjon, nous l’avions trouvé au cœur des montagnes aux abords de Telbeil. Les civils n’y mettraient jamais les pieds.

Sans doute en était-il ainsi, car aucun bureau de réception ni poste de contrôle ne barrait la route. Il n’y avait qu’une dépression prononcée creusant le sol, offrant un trou béant.

Face à cette entrée, je lançai une remarque joyeuse à ceux qui avaient décidé de m’accompagner.

« Eh bien, allons-y ! On devrait pouvoir venir à bout de ça en un rien de temps. »

« Ouais ! »

« T’as l’esprit léger, toi ! »

Seul Saria avait répondu à mon appel. Quant à Hélène, elle se tordait les cheveux dans les mains.

« On va vraiment entrer dans un donjon d’une complexité dingue maintenant ? Qu’est-ce que c’est que cette légèreté ? Ça n’a pas le moindre sens, non ? »

Il n’y avait absolument rien d’anormal. C’était la norme, tout simplement.

Mais laissons ces considérations de côté. Pour ce donjon précis, nous ne l’explorerions pas tous ensemble.

Ruertia avait déjà pris les devants pour retrouver Lucius et les membres de l’armée du Roi Démon. Luluine, Olga et Zora seraient donc mes compagnons permanents pour cette exploration.

Luluine jurait bien sûr qu’elle me suivrait, mais Olga l’avait aisément fait plier en lui promettant un festin. Elle ne prête allégeance qu’à la nourriture, pas à moi.

Ainsi, seuls Saria, Al et moi-même l’accompagnerions cette fois-ci pour assurer sa progression de niveau. Al jouait aussi le rôle d’aîné sur le plan aventurier.

« Idéalement, il faudrait deux autres postes… Un soigneur et un tank pour compléter le groupe, mais… »

Al lança ce murmure en fixant droit dans mes yeux.

« ……Pff. »

« Quoi encore ce soupir !? »

Son soupir, franchement évident, eut vite fait de m’irriter. Mais quel culot de soupironner quand on te regarde en pleine figure !

« Tu peux compter sur une réponse pareille ! Alors qu’en général, les aventuriers attaquent en groupe coordonné, tu portes à toi seul la charge de tout un peloton ! »

« C’est pas exactement ce que je pensais pour autant !? »

Que je puisse véritablement endosser chacun des rôles d’une équipe, c’est discutable. De toute façon, l’usage commun veut qu’on affronte les donjons à six, bien structurés.

Et nullement comme moi, qui a pour habitude de pulvériser les lieux eux-mêmes plutôt que de suivre les règles établies. Soit, je vous concède cet argument.

« Bon, peu importe. Enfonce-toi là-dedans une bonne fois pour toutes. Le reste se décidera sur place. »

À contrecœur, malgré tout, je fis un premier pas vers l’intérieur. À peine avions-nous avancé que le visage d’Hélène se durcit.

« Qu’est-ce que tu as ? Pourquoi tu es si tendue ? »

« Je suis sensée le rester !? »

Anormal. En remontant tout mon passé, je me rappellerais difficilement avoir vu Hélène aussi crispée. Pas même quand j’étais perdu dans la Forêt de l’Amour Triste Sans Fin. Bien sûr, à l’époque, ma seule priorité était survivre, et j’étais juste dans une zone de flottement émotionnel.

« Du coup ? On fait quoi à partir d’ici ? On combat normalement pour gagner de l’expérience ? »

« Quoi ? Un problème ? »

« Certes, monter de niveau augmente les stats et peut suffire à effrayer un adversaire une fois qu’on atteint le rang de Transcendant… Mais l’expérience au combat et la maîtrise technique annulent parfois l’écart purement numérique. Évidemment, je souhaite aussi grimper en niveau, mais je vise également une nette progression technique. Pour affronter l’Empire Kaiser, cela pourrait ne pas être suffisant… »

Wow, sérieux… Moi qui voulais surtout voir les chiffres exploser sans effort, apparemment ça ne suffira pas à Hélène.

« Dans ce cas, pourquoi on ne ferait pas comme ça ? »

« Hein ? »

Alors que je cherchais frileusement une parade, Saria esquissa un sourire triomphant : elle venait de trouver une excellente idée.

« Seiichi, tu peux marcher jusque là-bas ? »

« Haa ? Ah………… Nan, sérieusement !? »

À peine eus-je posé un pied à l’emplacement indiqué par Saria que des quantités pharaoniques de lances tombèrent du plafond, le sol s’ouvrit en un piège mortel et des flèches empoisonnées fusèrent des parois latérales.

Je parvins à évacuer chaque attaque en adoptant une posture tellement grotesque et torturée qu’elle me fit reculer moi-même.

« Et là, c’est parfait ! Tu sautes directement dedans, t’as plus qu’à t’entraîner face aux pièges ! »

« Tu es complètement tarée ? »

Hélène lança cette critique sous un air glacial. Pardon, Saria. Personnellement, je trouve ça franchement douteux aussi.

« Et puis zut, on ne court jamais volontairement au-devant des dangers ! À quoi servent ces pièges sinon à protéger tes arrières ?! »

« Heu ? Finalement, c’était pour s’entraîner ? »

« P’tain, c’est pathétique pour ce pauvre donjon…! »

Tandis qu’Al, porteur du bon sens, rebondissait instantanément pour critiquer, Saria répondit avec un air désorienté. Bah oui, on dirait bien une séance d’entraînement, mais si on réfléchit au mépris du donjon qui a disposé ces trappes, c’est carrément cruel !

« Mouh… Je trouvais l’idée assez solide pourtant. Quand Zora a suivi Seiichi, il encaissait majoritairement ses propres pièges à vue. Je me disais que c’était peut-être un rituel spécifique… »

« …Bon, à minima, on vient de vérifier que seiichi est incapable de ne pas agir n’importe comment. Et surtout, montons de niveau tranquilles comme prévu. Je suis loin d’être aussi chaotique que ça. »

« La réputation que ça me vaut est insoutenable ! »

N’importe quoi. Rien de ce que je fais est réellement intentionnel, et quand ils traitent tout mes agissements de simples errances aléatoires, j’en ai presque les larmes aux yeux.

Sans aucune considération pour mon état second, Hélène et les autres poursuivirent leur chemin vers les profondeurs du donjon.

« …………Hein ? Ils vont vraiment me laisser tomber dans cette position ? »

Toujours coincé dans ma posture affreuse à esquiver mentalement les effets résiduels des pièges, je fondis en pleurs en silence tout en les suivant à la traîne.

***

« ―――Haah ! »

En résumé, puisque l’objectif principal était de faire progresser le niveau d’Hélène, nous nous étions contentés de longer la route sans intervenir tant que les risques restaient contrôlés, même face à des créatures supérieures. Inversement, pour favoriser l’exposition, Saria et moi reprenions systématiquement le relais sur les autres monstres afin de maintenir un rapport de force individuel entre Hélène et sa cible.

Même si la formule 1 contre 1 semblait logique, personne ne pouvait prédire jusqu’où elle tiendrait. En pratique cependant, Hélène désorienta rapidement ses adversaires grâce à des arts martiaux qu’elle maîtrisait apparemment, les neutralisant avec une régularité chirurgicale.

Sur l’instant présent, elle échangeait toujours des coups avec un gigantesque mante religieux revêtu d’une carapace métallique, identifié sous le nom d’Armor Mantis niv. 201, armée seulement de deux dagues.

Puis enfin, après avoir dévié la lame tranchante de la bestiole, elle profita de l’élan pour lui trancher net le crâne. L’Armor Mantis se dissipa en une pluie de particules lumineuses.

« Phouuu… Apparemment, j’ai encore grimpé d’un cran. »

« Ouf ! Félicitations. »

Tandis qu’elle combattait, j’avais attrapé une patte d’une sauteresse colossale identifiée Killer Hopper niv. 411, levée la tête en bas pour la soustraire au duel, tandis que je lui adressais ces mots encourageants.

Pourtant, quelque chose clochait : Hélène me regardait avec une froideur glaciale.

« …Je sais bien que je mets du temps à vaincre ces bêtes, mais tu n’es pas capable, pendant ce laps de temps, de cesser tes excentricités ? »

« Mais où diable vois-tu de l’excès de confiance là-dedans !? »

Tout de même, n’est-ce pas injuste ? La sauteresse qui sortait de terre était si massive que j’ai juste craqué pour la saisir, excité par cette vision enfantine. N’arrive-t-on pas tous à monter d’un ton lorsqu’on repère une bestiole imposante ? Moi, j’étais carrément euphorique.

Après ce genre de péripéties répétées en avançant dans les couloirs, Al s’immobilisa brusquement.

« Hé, haltte. »

« Hmm ? Un souci ? »

« …Des empreintes. »

« Hein ? »

Al s’accroupit immédiatement sur place pour fouiller le sol du regard.

Je pointai les yeux vers le même endroit, mais je ne remarquais strictement aucune trace correspondant à ses dires.

« Ah, effectivement ! »

« Oui, en plus, ça ne semble pas venir d’une bête. Plutôt des traces humaines… »

Zut alors ? Je serais le seul à ne pas y voir clair ? Au contraire, comment vous faites tous pour distinguer quoi que ce soit ? C’était clairement du simple pavage rocheux !

Sensant mon trouble, Al tourna vers moi un air sidéré avant de questionner :

« …Seiichi. Tu réalises que tu comprends vraiment rien ? »

« N-non ! Y'a pas photo ! C'est quand même évident, là ! »

Par pur réflexe paniqué, pour masquer mon ignorance, je tapai bêtement le sol du pied. Un bruit sec et sinistre résonna. Mes pieds disparurent brutalement.

« Encore un piège putaaaattt!? »

Une seconde fois, je torsadai mon corps avec une acrobatie telle que j’en eus froid dans le dos, et projetai mes jambes dans le vide pour éviter la trappe.

« Ouaf… Heureusement que j’ai survécu. »

« Non, franchement, tu ne vois pas les traces, et pourtant tu esquives ce genre de piège mortels au dernier moment ? »

« Au contraire, c’est plutôt mon aveuglement qui devrait vous interroger. Comment vous arrivez à discerner quoi que ce soit ? »

Que ce soient les empreintes ou le piège actuel, tout donne simplement l’apparence d’un sol banal.

« Pfff… Devrais-je me réjouir qu’il existe enfin des tâches impossibles pour toi, ou dois-je gémir devant un aventurier qui refuse de maîtriser les rudiments élémentaires… »

« Plus justement, j’ai juste l’impression que tu es fondamentalement décalé… »

« Chez moi, je me servais souvent des traces pour traquer le gibier dans les bois. C’est une question d’habitude ! »

Dire que l’habitude de Saria relève simplement d’un instinct primitif chez la faune sauvage me semblaît déplacé, mais visiblement, détecter les embûches et déchiffrer les pistes comptaient parmi les compétences obligatoires de notre métier.

Il paraîtrait même que certains aventuriers se spécialisent exclusivement dans la détection des pièges, affichant alors une expertise et des aptitudes bien supérieures. Néanmoins, posséder le strict minimum conceptuel restait indispensable selon toute évidence.

…En y repensant correctement, j’avais toujours survécu sans jamais apprendre quoi que ce soit d’approchant de ce que requirait un aventurier convenable. Ne pas identifier une piste me serait-il alors si surprenant ?

Certes, mon mode de fonctionnement est largement aberrant, mais il me manque encore cruellement ces techniques acquises via la longue exposition directe au terrain.

Ayant assimilé ce nouvel obstacle conceptuel, je reposa une question à Al.

« Bon, concrètement, qu’est-ce qui pose problème dans ces empreintes ? Gassul et les autres ont dû les croiser eux aussi lors de leurs visites. Y a-t-il vraiment quoi que ce soit de mystérieux ? »

« Le hic, c’est que ces marques sont relativement fraîches. Ensuite, comme tu l’as souligné, Gassul et ses compères ont inspecté ces lieux par le passé et avaient jugé la zone trop risquée. Bien qu’aucun gardien particulier ne patrouillât autour de l’entrée, cette information doit avoir filtré jusque dans l’élite aventurière de Telbeil ; ils n’ont probablement aucune envie de revenir spontanément. »

« Hein ? Mais… Celui qui crie toujours “À la casse !” ne serait-il pas tenté d’y retourner ? »

« Disons que… Ses instincts destructeurs pourraient théoriquement le pousser, mais tu l’as côtoyé à la Guilde juste avant d’entrer. »

« En effet… »

À y réfléchir, j’avais bel et bien aperçu en train de pilonner une table et de rigoler à tue-tête.

« En outre, aucun indice ne signale un retour en arrière. Par conséquent, celui qui a tracé ces empreintes erre inévitablement à l’intérieur même des souterrains. »

« Ça voudrait dire… Qu’un civil s’est peut-être égaré, ou qu’un autre aventurier tente actuellement l’expérience ? »

« L’hypothèse civile est improbable. Atteindre ce point sans heurter un monstre revient à un miracle, et franchement, croiser une créature de ce palier équivaudrait à une sentence capitale. Concernant nos homologues aventuriers, seuls quelques spécimens de rang S oseraient foncer là-dedans… »

Al observa les empreintes avec un rictus concentré.

« …Bon, à part se ronger les sangs, je ne vois pas l’utilité. Comme dit précédemment, nulle signature de retraite. Nous pourrions bien finir par le recroiser dans les tréfonds. »

« Hum… Il arrive souvent de croiser quelqu’un d’autre au milieu d’une exploration ? »

Le terme « donjon » évoquant aussitôt les jeux vidéo occidentaux, j’en étais venu intuitivement à imaginer que les rencontres inter-groupes y étaient rares.

« Dans les zones très fréquentées, les conflits territoriaux sont monnaie courante. Bien entendu, certaines tacites encadrent ces situations ; ce n’est pas totalement la jungle totale non plus… »

« Dans ce cas, on salue le voisin en cas de rencontre ! »

Saria lança cette remarque avec un naturel désarmant, tandis qu’Al adopta une mine soudainement indéchiffrable.

« Bon… Nous verrons bien si l’intrus qui patiente plus loin mérite réellement de porter ce titre. »

« Euh ? »

« …Tu sais, rien de particulier. Profite surtout des souterrains. Outre la progression d’Hélène, on tombe parfois sur des coffres contenant des ressources fort utiles. »

« Exact ! Augmenter les caractéristiques numériques ne suffit pas, le matériel compte aussi. J’étais obsédée par la recherche brute de puissance au point de négliger des bases aussi triviales… »

« Restera que sans compétence adéquate, améliorer son équipement devient vite inutile. Tant mieux, continuons donc ainsi : grimpée de niveaux et quête de butin combinées. »

« Compris ! »

Hélène hocha vigoureusement la tête avec ravissement à ses propos, puis s’élança en queue d’Al.

« …Finalement, j’étais le professeur principal initialement chargé de la classe, pas vrai ? »

« Redressoir-toi ! »

Sa sollicitude me fit submerger une nouvelle vague d’émotion incontrôlable.

***

« Aah… J’veux dormir… »

Pendant que Seiichi et sa bande avançaient à grands pas dans les galeries, Destra, Apôtre de la Divinité membre du << Meurtre Absolu >>, déambulait tranquillement dans le donjon.

Visiblement, on aurait pu le prendre pour un touriste perdu plutôt que pour un explorateur ; en dépit des créatures monstrueuses foisonnant dans les parages, il marchait sans la moindre garde.

« Tiens, c’est un coffre ! »

Ignorant sciemment les trappes potentielles, Destra leva sans hésiter le couvercle.

Aussitôt, une fumée violette jaillit et enveloppa instantanément son visage.

« Putain, ahem ahem... »

Cependant, Destra fit juste une légère moue de dégoût ; son organisme accusa zéro impact.

« Ohlàlà… Inutile de stocker des gaz mortels pour rien, tu vois… »

Conformément à ses dires, le mécanisme enfermé dans le contenant exhalaient un brouillard toxique capable de provoquer le décès immédiat à la moindre aspiration. Même suspendre sa respiration n’eût servi à rien car les vapeurs s’infilttraient transdermallement, garantissant inévitablement la mort.

« Vraiment, un donjon osant parler haut c’est insolent. …Je devrais peut-être le descendre ? »

Tandis que Destra clignait des paupières avec une simple quinte de toux, l’intégralité des cavernes se mit soudain à trembler violemment.

Mais une fois conscient de la présence d’une provision à l’intérieur, l’atmosphère lourde se dissipa miraculeusement. Excité, Destra inspecta avidement le contenu.

« Ouaip, chance ! Pas un truc de pacotille, une vraie arme en plus ! »

Le objet exposé portait le nom épique d’Épée du Fleuve Sanglant.

Sa lame immaculée et sombre arborait des veines écarlates entrelacées telles des artères vivantes, pulsant d’une manière macabre.

« Hein ? …Intéressant. Donc, trancher quelqu’un empêche les plaies de refermer. Et en prime, je peux moduler cet effet à volonté… »

En activant l’aptitude <Évaluation>, Destra décrypta immédiatement les potentialités de l’engin avant d’esquisser un sourire diabolique.

« Super, super ! Ça marche nickel, nickel ! C’est exactement mon style ! Attends… Il range quand même des trésors dignes de ce nom, ici ! »

Soulagé par cette explosion de joie de Destra, les grondements telluriques se calmèrent progressivement.

Profitant de sa distraction face à l’arme, une Arachnide Assassine niv. 789, dissimulée depuis des lustres sur la voûte, retomba silencieusement dans son dos et bondit vers lui ——

« Giik, giik!? Gii, giik… »

——l’arachnide expira définitivement.

« Hmm ? »

Comme surpris par son retard à observer sa victime, Destra pivota lentement pour examiner ses arrières.

« Ouf, j’ai été visé par erreur apparemment. Bref, c’était juste pas ma journée. »

Dénué de toute émotion, parlant avec une désinvolture extrême comme si la mort de quiconque tentait de l’attaquer relevait d’une fatalité banale, il lâcha cette constatation.

Ignorant tout des causes de sa chute, il balaya le cadavre de l’Arachnide et reprit sa marche, jusqu’à ce qu’un brusque sursaut le figeât net.

« Humm~? »

Fixant l’horizon de sa propre trajectoire, il comprit soudain quelque chose.

« …Tiens donc. Jamais j’aurais cru qu’un humain débarquerait dans ce trou. Si on me repère, ça risque de créer la polémique ; je pourrais mettre les champs de vases ici, mais Utis me reprochera sûrement le désœuvrement. Dans ce cas, il ne reste plus qu’une option… »

Destra brandit sa paume dirigée vers le tunnel pour préparer une action quelconque, mais ——

« …Ouais, bon, j’arrête. Je pourrais logiquement l’achever d’emblée, mais puisque je suis motivé autant, autant voir la gueule de mort avant ♪ »

À ces mots, Destra se remit en route vers l’avant.

« Bon… Qui sera prêt à me rendre visite exactement ? C’est excitant ! »

——Ainsi, la confrontation entre Destra et le groupe de Seiichi se précipitait inexorablement vers son heure.

Et ce choix, d’accepter de prolonger l’attente plutôt que fuir le lieu… marqua pour Destra le véritable point final de tout.

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