Après une marche d'une vingtaine de minutes.
Le groupe contournait le lac et pénétrait dans les bois.
Et pendant encore plusieurs minutes, ils progressèrent sur des sentiers d'animaux. En marchant, Junpei demanda.
« Hé, Examinatrice ? »
« Ara, qu'est-ce qu'il y a ? »
À la question de Junpei, Judy répondit avec un geste ensorcelant.
« Toi aussi, t'as vraiment beaucoup de temps libre, hein ? »
« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »
« Tu comptes nous surveiller pendant cinq jours, non ? »
« KusuKusu », Judy se mit à rire.
« Ara ? Quand tout le monde se sera dispersé dans la forêt… je compte partir, moi ? »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? Ton intention, c'est d'apprécier notre pagaille, non ? »
À cette question, Judy accentua son ricanement.
« Ara, comme c'est impoli ? »
« Par impoli, tu veux dire ? »
« Si je suis là, tout le monde va se retenir, non ? »
« Se retenir ? »
« Y a pas beaucoup de bonnes occasions de tuer des gens en dehors des guerres, après tout, donc votre rationalité va marcher et mettre un limiteur dans vos cœurs. Même si j'ai tant préparé… vous dire que le meurtre ne sera pas puni, que vous serez juste disqualifiés. »
« Je vous offre, un lieu où la pure violence et les désirs courent en liberté. Un observateur n'y serait qu'une gêne. Tu sais, je suis déjà bien satisfaite, juste à voir des terrains de chasse grotesques où le sang et les sucs d'amour sont éparpillés après cinq jours. »
« … bâtard, t'as vraiment un mauvais goût. »
« Je veux… voir les vrais sentiments de tout le monde. C'est tout. »
Pour signifier que leur conversation était finie, Judy claqua des mains bruyamment.
« Quand les préparatifs seront terminés, je lâcherai une fusée fumigène… ce sera le signal du début de l'examen… eh bien, j'ai hâte de voir les scènes horribles. »
Et tout comme ça, Judy quitta les lieux en trottinant.
« Bref, un temps libre pour un court moment, hein. »
Les examinés commencèrent à s'asseoir sur place.
Ceux qui vérifiaient leur équipement et leurs bagages.
Ceux qui prenaient leur ration.
Ou peut-être, ceux qui commençaient à dormir, le dos contre un arbre.
Pendant que chacun utilisait son temps efficacement, Ami se plaignit en gonflant les joues.
« Cet examinateur, elle dit tranquillement des trucs aussi absurdes… si c'est comme ça, ceux qui ont l'habitude des examens, ou ceux qui sont potes avec eux, auraient un énorme avantage… né〜, Junpei ? T'as remarqué ça ? »
« Ouais. », Junpei hocha la tête.
« Sous forme de combat réel, et on peut utiliser n'importe quel moyen. Dans ça, le plusieurs contre un est inclus. »
« C'est ça ! »
« Comme tu dis, ils avaient probablement prévu le combat en groupe depuis le début. Et du coup, certains des mecs ici… ils ont probablement formé un groupe. »
« Oui. Moi aussi… je suis une voleuse… mais, j'ai été imprudente, incapable d'obtenir ce niveau d'informations. »
« Tant pis pour toi. »
« Non, mais, j'ai de la chance. »
« Chanceuse ? »
« Après tout, j'ai pu te rencontrer pendant l'examen, non ? C'est ce qu'on appelle un malheur qui tourne au bonheur. »
Face à Ami qui disait ça naturellement, Junpei en resta bouche bée.
Il marmonna comme « yareyare ».
« Tu peux pas… faire des têtes comme si on était vraiment camarades ? »
Pourtant, en souriant, Ami tapa l'épaule de Junpei.
« Allez, allez, sois pas si raide. »
« … dans cette épreuve, je vais le dire, je n'ai aucune obligation de t'aider, et aucun mérite non plus. »
De plus, Junpei dit froidement.
« Faire l'amie, ça s'arrête maintenant. Tu peux arrêter de traîner autour de moi plus que ça ? »
À ces mots, « Je comprends pas… », Ami chuchota, et posa une main sur l'épaule de Junpei.
« Pourquoi tu détestes ça autant ? C'est pas comme si quand tu fais équipe avec moi… bon, y a peut-être pas de mérite, mais y a pas de démérit non plus, si ? »
« Je déteste. »
Avec ces mots, Junpei repoussa la main d'Ami posée sur son épaule.
« Détester ? Quoi ? »
« Traîner en groupe… je déteste ça. J'ai vécu dans ce monde tout seul, et je compte bien vivre seul à partir de maintenant. »
« Ben, ça, pourquoi ? »
Face à Ami qui demandait en penchant la tête, Junpei répondit avec agacement.
« … ben, qui sait ? »
« En fait, pourquoi vraiment ? », pensa Junpei.
Quand il était jeune… il était toujours avec Noriko, non, quand Noriko le suivait sans permission derrière lui, il était gai, et il faisait du sport aussi, et sa personnalité… c'était un gamin avec de l'agressivité. Il détestait les choses tordues, et il y a eu des fois où il s'est disputé avec des aînés ou des profs s'il n'était pas convaincu.
À cette époque, il avait toujours des gens autour de lui.
Dans l'ancien monde, il était comme le grand chef des gamins… il était une telle existence.
Cependant, un jour, Junpei a commencé à rejeter les liens avec les gens.
Comme résultat, il est devenu une personne qui ne peut pas communiquer correctement, et ça a mené au harcèlement.
Rejeter les liens des gens. Quand est-ce que ça a commencé, il pensa.
C'était quand ses notes ont baissé, incapable de suivre les études en entrant au collège, alors qu'il avait des notes parfaites avant ça ?
Ou peut-être, quand lui qui était fort en sport, a commencé progressivement à perdre contre ces mecs qui ont commencé à faire des clubs ?
Ou est-ce que c'est, quand ses parents ont divorcé ?
C'est quand il n'a pas pu avoir assez de temps pour étudier et pour les clubs et a commencé à devenir un raté, à cause de s'occuper de sa grand-mère ?
« Je sais pas. Y a tellement de trucs, que je sais vraiment pas. »
Junpei fit un rire amer en souriant de façon dépréciative.
« Toi… tu te comprends pas toi-même ? »
À cette question, Junpei remarqua quelque chose. Il y a beaucoup de raisons, mais la raison directe pour refuser Ami… la misanthropie n'en est qu'une.
Le visage de Noriko quand il a été poussé dans le labyrinthe, les visages des bâtards qu'il a croisés à l'intérieur et à l'extérieur du labyrinthe défilèrent dans son esprit.
« Je crois que je déteste juste… me faire mal en étant trahi. Les humains, quand ils se lient profondément… j'ai l'impression qu'ils deviennent plus faibles. C'est pour ça que je veux rester solitaire. »
Et puis, soudain, Ami se mit à rire avec un très grand sourire éclatant.
« Haha… hahahahahaha !! »
Elle avait une expression qu'on pourrait décrire comme un sourire d'innocence, ou un rire du fond du cœur.
Et finalement, elle se mit à rire en se tenant le ventre.
« Haha ! Hahahaha ! Allez allez, c'était trop drôle〜… hé, toi ? Dans quel genre de monde… t'es un patient chûni ? »
« Non, chûni… ? »
« Non, non, non, non… "Je pourrais détester me faire mal", un truc comme ça, tu l'as pas dit avec un air sérieux ? »
Ami continua de rire en s'essuyant les larmes.
Et là, Junpei remarqua quelque chose.
À cause du grand rire d'Ami, ils attirèrent l'attention des examinés autour.
« Hé, toi ? Ferme-la un peu. Y a rien de bon à se faire remarquer… t'as pas la capacité de mettre en balance perte et profit ? »
« n ? Tout à l'heure… t'as dit un truc sur la perte et le profit ? »
« Ouais. »
Et puis, Ami se mit à parler tout bas avec un ton plus bas.
« … si c'est le cas, c'est toi qui devrais bouger avec perte et profits, d'accord ? Hé, je le redis une fois, mais l'examen là, avoir le nombre c'est un avantage, non ? »
« Ouais, c'est probablement ça ? Et alors ? »
« Je le redis, si c'est le cas, c'est raisonnable qu'on fasse équipe, non ? Le fait qu'on soit un peu potes… en laissant la vérité de côté, c'est comme ça que ça paraît, non ? Et ici, si toi, ou moi on s'approche d'autres examinés, tu penses qu'il se passerait quoi ? »
« Je vois… », pensa Junpei.
On dirait qu'Ami a aussi échappé aux difficultés depuis qu'elle a été téléportée ici depuis le Japon. On dirait que sa tête tourne vite.
« Un espion… ils vont tout de suite penser que t'es un espion. Et puis… si on avait une rupture de négociations ici après avoir fait du bruit, ce serait à ton avantage, et un désavantage pour moi, hein. »
« Hyuu », Ami siffla.
« Comme tu l'as deviné, dans le cas où nos négociations échouent, je compte te mettre une énorme gifle. Et le prérequis pour ça, c'est de faire du bruit. »
« Ben… », Junpei ouvre la bouche.
« Au bout du compte, ils douteront que t'es un espion… mais même comme ça, l'impression qu'on s'est séparés à cause d'une dispute restera. Je pige maintenant. Cependant, pourquoi tu t'acharnes autant sur moi ? Il y a eu beaucoup de timing où tu pouvais m'abandonner, non ? »
Et puis, Ami haussa les épaules pour montrer sa résignation.
« Je vais le dire honnêtement. Je veux dire… je pense que t'as déjà remarqué, ceci dit ? »
« Le dire honnêtement ? Qu'est-ce que tu dis si soudainement ? »
« Depuis la fin du deuxième examen, je te visais. »
Junpei sentit une sueur froide lui courir dans le dos, et eut la chair de poule.
Après avoir perdu ses mots un moment. Finalement, Junpei dit en choisissant soigneusement ses mots.
« Je vais demander ça, pour être sûr… par me viser, tu veux dire ? »
Ami hocha la tête avec un sourire.
« Je pensais devenir ta maîtresse. »
« Cette fille est lourde… », pensa Junpei.
Bien sûr, il pensait qu'Ami est belle si on la décrit comme belle, et mignonne si on la décrit comme mignonne. Cependant, même comme ça, se faire dire un truc pareil dans ce genre d'endroit… Junpei était perplexe.
Face à Junpei qui avait une expression confuse, Ami continua ses mots naturellement.
« Et la raison pour ça, c'est parce que je connais ta force, je pensais que j'en aurais des bonnes choses. »
Junpei se pétrifia, et ne put faire qu'une expression ahurie.
5 secondes
10 secondes
15 secondes
Junpei ne put que perdre ses mots, et Ami se contentait de sourire agréablement.
20 secondes. Finalement, Junpei secoua la tête, et ouvrit la bouche comme pour arracher ses mots.
« Non, toi… t'es pas trop honnête ? »
Ami avec un sourire, répondit naturellement après tout.
« Oui. Je l'ai dit honnêtement, tu sais ? En fait, je bougeais en mettant en balance perte et profits. »
Avec un profond soupir, Junpei dit à Ami.
« … quelle terrible déclaration d'amour. »
« Mais… ce genre de personne, je la déteste pas », pensa Junpei.
Il pensa, qu'au moins, pas comme Noriko… non, pas comme les mecs qu'il a croisés dans ce monde… comparés à ces bâtards qui ont des visages gentils en surface, puis te plantent un couteau dans le dos quand y a une occasion, c'est loin d'être pareil.
Savoir ce qu'elle veut dès le début, c'est en un sens, sincère.
« Ben, je suis pas quelqu'un qui est doué pour les actes psychologiques non plus. Et aussi… »
« Aussi ? »
« Hier… quand tu m'as dit que j'étais belle… inhabituel pour moi, ça m'a fait battre le cœur. »
Une fois de plus, Junpei se pétrifia.
« … n ? Cette terrible déclaration d'amour, elle est pas purement sortie de la balance perte et profits ? »
« Y a aussi la balance perte et profits, je le nie pas. Mais, avant ça, tu m'as sauvée sans rien demander en retour, tu sais ? Ton physique n'est pas mal non plus… ben, bien sûr, c'est pas normal d'avoir une bonne impression ? En plus de ça, cette phrase d'hier, non ? Belle… se faire dire un truc comme ça, c'est impossible de pas être consciente de toi. »
Face à Ami qui disait ça en cachant sa gêne, Junpei se tut… incapable de penser comment réagir.
Et finalement, il poussa un soupir, et secoua la tête résigné.
« Euh… to, Sakaguchi Ami… c'est ça ? »
« C'est ça… »
« Toi, tu sais cuisiner ? »
« Ben, oui… tant qu'il y a des ingrédients, je peux, correctement. »
« Ils disent que les cinq jours du quatrième examen vont être longs après tout. Je te laisse tout le travail de cuisine, d'accord ? »
Et puis, Ami demanda à Junpei avec un sourire comme si une fleur avait éclos.
« Ça veut dire… ? »
« Tu es une Voleuse, non ? Si c'est le cas, utilise tes compétences pour moi… je te laisse me suivre. »
« Un », Ami hocha la tête.
« Aussi, j'ai pas entendu ton nom "ici" pourtant. »
Réfléchissant un moment, Junpei répondit comme ça.
« Voyons… appelle-moi juste JP pour faire simple. »
Et juste à ce moment-là, un son sec résonna de loin, et une fumée violette commença à s'élever du ciel à l'est.
— c'est le signal du début du quatrième examen.