[Note à ajouter : celle qui se tient devant vous est une véritable sadique.]
'Ouais, je sais !'
Je répondis intérieurement en sentant la mort commencer à m'enserraient, semblant vouloir m'arracher la vie. Pourtant, même pour elle, ce n'est pas une mince affaire d'arracher la vie au caprice de la vie elle-même, et qui plus est, ce n'est qu'une tactique d'intimidation de plus.
« Urgh... Je n'ai jamais dit que la Vie valait mieux que la Mort. Quand l'ai-je dit ? Même si c'était mon avis, mon amour et ma gratitude vont toujours à la Vie, quelque chose que tu ne peux ni déchirer ni m'enlever, peu importe à quel point tu essaies. »
En disant cela, je sentis mon corps s'alourdir alors qu'on me relevait du sol, mon corps ayant l'impression de se mouvoir dans une eau épaisse, tandis que j'entendais les cris des morts m'appelant, tentant de s'accrocher à la vie qu'ils voulaient me prendre.
« Pour une divinité naissante, tu as beaucoup d'assurance, ce qui est normal. Le conquérant qui arpente les terres. »
Nyxara posa enfin son livre, s'assit correctement sur son trône et ne me regarda plus que moi. Les yeux qui gouvernent la mort dans le royaume que je parcours, maintenant ces yeux me scrutaient, me transperçant. Je ressentis des frissons tout le long de mon corps, comme si une sorte de serpent visqueux s'enroulait autour de moi, me serrant fort, essayant de m'étouffer.
'Une sensation intéressante.'
[Ding ! Éveil à un nouveau fétiche !]
'Foutez le camp !'
Gardant mon esprit assez sain, je la regardai droit dans les yeux, et elle me regarda, la personnification gothique de la mort elle-même, me fixant de ces yeux. Qui, de près, ressemblaient à des yeux de poisson mort qui ne semblaient contenir aucune vie, aucune compassion, juste un regard froid qui ne tenait rien de précieux.
'Ouf... hardcore.'
Réfléchissant tout en retenant la douleur qui me frappait de partout, je souriais en répondant.
« Il faut avoir ce genre de confiance si je veux vivre en conquérant dans un monde qui semble se liguer contre moi. »
« Grosse parole pour un gamin qui a eu beaucoup de chance jusqu'ici. La Déesse de la Chance elle-même hurlait que tu lui piquais trop de chance dans le passé. »
'C'est une nouvelle pour moi. Note pour plus tard : faut découvrir si coucher avec la Déesse de la Chance peut me rendre encore plus chanceux.'
[Non. Je veux dire, ça peut te donner un certain type de chance en plus dans la vie, mais cette grande chance que tu avais avant n'est pas quelque chose que même la Déesse de la Chance peut t'offrir.]
'Curiosité satisfaite. Je vais quand même essayer de choper cette chance.'
[Naturellement.]
Soudain, la pression et tout le reste disparurent alors que je me sentis libre sur le sol, me sentant assez léger en regardant la femme devant moi. Bien qu'elle fît semblant d'être en colère, ce n'était juste qu'une énième tentative de me faire peur. Pas question qu'elle se soucie le moins du monde de ce que j'ai dit. La seule chose qui me fait tenir maintenant, c'est la rivalité qui existe entre la Vie et la Mort.
« Ta proposition n'est pas mauvaise ; en fait, elle est même assez intrigante en elle-même. Mais ce n'est toujours pas suffisant. »
Regardant ces yeux morts me fixer avec un certain sens du désir, je ricannai un peu et lançai la dernière pièce de mon offre pour sceller l'accord. Après tout, j'essaie de ne faire les choses qu'après être pleinement préparé et avoir payé un si lourd prix pour obtenir des informations sur cette femme, je lui donnais la chose qu'elle ne cessait de vouloir.
« Je te donnerai le premier manuscrit du prochain livre que j'écrirai. »
« Bien. Alors c'est entendu. Je t'appellerai quand— »
« Attends ! »
Je criai avant qu'elle ne finisse sa phrase, la faisant marquer une pause. Si les choses continuaient comme ça, la seule chose que j'en tirerais serait qu'elle contrôle l'ambiance et fasse les choses à sa façon, ne m'appelant que par moments pour obtenir cette séduction interne que je lui avais promise. Mais le problème, c'est que pour une femme comme elle, un petit laps de temps équivaut à au moins mille ans.
Ce qui veut dire que la prochaine fois qu'elle m'appellerait, mille ans auraient pu s'écouler, et pour elle, ce ne serait qu'un battement de cils. Pas question en enfer que j'attende aussi longtemps. Et puisqu'elle est la Mort elle-même, je ne peux pas aller la pousser ou faire les choses comme je l'entends, donc je dois moi aussi m'installer dans mon propre rythme.
« Pour ce que j'ai promis, te faire ressentir l'amour que tu as, un petit intérêt pour ça ne peut pas se produire avec toi qui m'appelles ou qui fais les choses à ta façon. Tu dois me laisser une certaine marge de manœuvre. »
Mes paroles la rendirent un peu intéressée, et ces yeux morts me regardèrent alors qu'elle me fit un signe de tête pour que je continue.
« Donne-moi le droit de t'emmener pour certains voyages et sorties afin de t'enseigner des choses qui favorisent naturellement les sentiments entre les gens. Tu ne pourras pas me voler à la Vie sans me montrer d'autres facettes de toi-même non plus. »
Mes paroles la dégoûtèrent. Elle ne me montra aucune expression, mais la façon dont ses yeux tressaillirent me fit tout comprendre. Après tout, celle qui est devant moi est une recluse totale. Cette femme n'aime que rester dans son domaine sombre, n'aime pas le quitter, et accorde une importance énorme à son espace personnel, et je veux dire énorme. Je parlais de vouloir l'emmener dehors et voyager, ce qui était essentiellement un non-non pour elle.
« Refusé. »
La réponse vint sans heurts, que j'acceptai avant d'ajouter ma véritable condition.
« Alors permets-moi d'entrer et de sortir librement de ce domaine autant que je veux. Si tu veux ressentir des émotions et même me voler, j'ai besoin de pouvoir me déplacer dans cet endroit, et peut-être t'emmener et te faire vivre de nouvelles choses ici même, dans ton domaine, nulle part ailleurs. »
Cette fois, mes paroles étaient raisonnables, et elles touchèrent aussi ses points de curiosité. Rappelle-toi, j'ai dit qu'elle veut me voler à la Vie. Elle le veut, mais encore une fois, pour cette femme tordue, le temps est très différent. Elle prendra dix mille ans, m'amenant lentement vers elle ; pour elle, tout ce temps n'est que peu de chose et gratifiant, c'est pourquoi elle ne fait pas de grands mouvements ni d'actions soudaines. La Mort a tout le temps du monde, mais pas moi. Je dois l'avoir le plus vite possible, donc je dois jouer le fou désespéré dans ce cas.
« Accepté. »
La Mort dit immédiatement en agitant la main, et à cet instant, je sentis une sorte de connexion se former, comme si je pouvais entrer et sortir de cet endroit autant que je le voulais. Puis, avant que je ne puisse cligner des yeux, j'étais dehors, debout devant ce même arbre, un sourire ironique aux lèvres face aux changements et rebondissements soudains. Tous les dieux que j'avais rencontrés jusqu'ici ne voulaient pas me laisser partir, mais celle-ci m'a juste jeté dehors comme si j'étais un problème de rongeurs qu'elle gérait.
'Soupir... de toute façon, ça prendra du temps de percer tout cet extérieur froid.'
Je ne peux pas me jeter dans la conquête de la Mort maintenant. Elle aime faire les choses à sa façon, donc je dois être subtil dans la manière dont je la gère.
'Maintenant, concentrons-nous sur le problème principal.'
Je ricannai en touchant l'héritage, qui avait maintenant une faible connexion aux pouvoirs de la mort, mon autorité divine le réécrivant jusqu'à un certain niveau pour mon usage. Bientôt, Tria se dirigerait ici, et si je voulais régler les choses à ma façon, je devais m'assurer que quand elle partirait, elle partirait avec moi dans son cœur. Le plan que j'avais en tête bouillonnait.
'Ça va être marrant.'
Là-dessus, je disparaissai lentement de là, mes tâches accomplies.
...
Point de vue à la troisième personne
Tria marcha le long des lisères de la forêt, l'esprit affûté alors qu'elle se déplaçait en secret. Son esprit ne cessait de dériver vers l'héritage qu'elle devait toucher, et avec cette pensée, les souvenirs de sa vie passée déferlèrent. Le bonheur, les coups de chance soudains qui arrivèrent, et puis quand tout s'effondra : les guerres qu'elle mena, la mort, le sang, la destruction, et les trahisons qu'elle ne pourrait jamais oublier.
Une intention de tuer terrifiante, de celle qui ferait frémir même un Impérial, s'échappa d'elle, qu'elle réprima rapidement. Les mauvaises parties du passé n'étaient pas encore arrivées, ce qui voulait dire qu'elle avait encore le temps de tout changer, de créer un meilleur avenir pour le monde. Les choses étant différentes dans le passé, elle était venue pour rendre cela possible.
'Ils avaient raison. La ligne temporelle s'est tordue, mais j'accepterai volontiers ces circonstances plutôt que ce qui existait dans le passé.'
Marmonnant pour elle-même, elle atteignit rapidement l'endroit qu'elle voulait. Ses yeux se posèrent sur l'arbre qui semblait dégager la même sensation pourtant différente, comme s'il existait et n'existait pas en même temps. Tria se tenait devant l'arbre, le dos droit et les yeux devenant calmes. Avec une dernière grande inspiration, elle posa sa main sur l'arbre et, avec elle, son corps mourut.