[Démarrage de la base de données des profils divins…]
Accès : [Archives Restreintes – Classe de Divinité : Suprême]
Référence de code : DEATH_0001_GENESIS
NOM : Nyxara Thanatos, la Monarque Silencieuse
ÂGE : ∞ (Éternellement Pertinente, Chronologiquement Indéfinie)
[Remarque du système : « Ouais, plus personne ne compte après la première apocalypse. »]
GENRE : Féminin
DOMAINE : Mort Absolue | Entropie | Fin de Tous les Chants, Rêves et Secondes Chances
NIVEAU D'AFFECTION : 1,3 %
[Note du système : « Honnêtement ? T'as de la chance que ce soit au-dessus de zéro. »]
TEMPÉRAMENT : Détachée | Ironique | Sombrement Amusée
[Remarque du système : « Imagine une gothique trop fatiguée pour être gothique. »]
HUMEUR ACTUELLE : Vaguement divertie
AIME :
L'équilibre entre existence et néant
Les gens intelligents
Expérimenter des émotions qu'elle n'admet pas ressentir
Le silence avant que la création ne se termine
N'AIME PAS :
Le sentimentalisme excessif
La mention d'« espoir »
Être comparée à d'autres dieux (« Surtout la Vie. Beurk. »)
Les interruptions pendant sa lecture
AVIS DU SYSTÈME :
[Avertissement : S'engager davantage peut entraîner une effacement existentiel ou un revirement émotionnel soudain. Procédez à vos risques et périls — mais hey, c'est la moitié du fun, non ?]
REMARQUE DU SYSTÈME :
« Eh bien… félicitations. Tu as attiré l'attention de la Mort.
Ne laisse pas ce grisant sentiment d'accomplissement t'abuser — les cadavres l'ont aussi. »
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'C'est un nouveau niveau d'affichage'
[Hé, les Suprêmes qui ne t'aiment pas au premier regard s'accompagnent de certaines restrictions quand tu essaies de fouiner]
« Ehem... bonjour ? »
J'ai appelé, ce à quoi les yeux qui étaient sur le livre sont revenus vers moi une fois encore, tandis qu'une voix douce mais très désintéressée répondait.
« Quoi ? »
« Euh... je voulais juste demander si je peux bidouiller un peu l'épreuve qui mène à un certain pouvoir oublié de la mort qui traîne par là. »
« Non. »
La réponse est venue direct, me laissant coi une seconde. On dirait bien que je ressens vraiment l'effet de n'avoir aucune chance du tout.
[En effet, la première déesse Suprême que tu as rencontrée a été le premier match qui t'a pris instantanément en grippe, la seconde pareil mais différemment, mais cette chance est épuisée, ce qui veut dire que rencontrer quelqu'un ne veut pas dire que ça tournera en ta faveur, surtout face à la Mort, qui se fiche à peu près de tout.]
Heureusement que je suis venu préparé, alors.
Répondant au système, je me suis concentré sur la fille qui s'affalait encore sur le grand trône, mes yeux cherchant à capter plus de « yeux de chien battu » pendant que je parlais.
« Ehem... euh... y a-t-il une sorte d'accord possible ici qui pourrait t'être utile, à toi comme à moi ? Genre, une transaction pour fermer les yeux et peut-être ne pas te mettre en rogne ? »
Mes mots cette fois ont fait esquisser un rictus à la fille, qui a gardé les yeux sur son livre en répondant.
« Peut-être. Qu'est-ce que t'as à offrir ? Et contrairement aux autres dieux abrutis, qui feraient n'importe quoi pour un seul instant d'amour qu'ils peuvent grappiller, moi je suis pas comme ça. Je m'en fiche complètement de ça et de toi, donc ça doit être quelque chose de bien et de divertissant. »
Ses paroles n'ont fait que me faire tiquer les lèvres tandis que je ravalais l'injure qui me montait à la gorge. Avant d'entrer, j'avais acheté des infos au système. Quand il s'agit des dieux et tout, les informations sur eux ne sont pas faciles à choper, ce qui veut dire que beaucoup de mes systèmes n'y arrivent pas, et en plus le coût est très, très élevé.
J'ai dû claquer près de 25 % de tous mes points d'affection actuels rien que pour connaître les centres d'intérêt, goûts et dégoûts de cette fille.
Tu vois, de toute cette interaction, j'ai réussi à saisir un truc. Elle n'était pas complètement désintéressée par moi. En fait, elle l'est même. Sinon, pourquoi passer par tout ce cinéma pour m'amener ici ? Ça veut dire qu'en ce moment je suis un spectacle plutôt marrant à mater, alors elle m'a fait venir.
Le deuxième point, c'est que, contrairement aux autres dieux que j'ai croisés jusqu'ici, celle-là ne semble pas plier ni casser face aux trucs que j'apporte sur la table, comme les émotions qu'elle peut ressentir de ma part, et c'est là sa plus grosse faille. Juste parce qu'elle s'en fiche ne veut pas dire que les effets ne se produiront pas.
Tu vois, pour ceux qui ne pigent pas et n'ont jamais eu vent de ça, quand ça coule en toi, et que tu finis par le ressentir, les effets seront bien plus grands que tu ne peux l'imaginer. C'est pour ça que de tels effets sont arrivés avec Razellia, Orpheus et même Lala, puisque la première fois ne fait pas beaucoup d'effet, la meilleure solution suivante c'est de jouer l'ancienne méthode.
La séduire.
C'était l'option suivante, la bonne vieille méthode que je pratique, mais cette fois penchée davantage vers la Déesse de la Mort, qui contrôle toutes les formes de mort qui arrivent dans les royaumes.
Facile comme bonjour....
[Et mort-que-si]
Dégage.
Balancant le système, je me suis lancé, lui non.
[Je voulais juste dire de faire gaffe. Ton raisonnement est bon, mais contrairement à la folie de Razellia enfermée dans sa punition, ou à l'amour protecteur qui guide Orpheus, celle-là, quand elle pète un câble, les réactions peuvent être catastrophiques à bien des égards. Lala reste dans ses terres parce qu'elle craint la Déesse de la Vie, donc elle ne fera jamais rien au-delà de quelque obsession, mais celle-ci s'oppose directement à la vie, donc tu peux imaginer ce qui t'attend. Juste un rappel pour être prudent.]
Noté.
[Ce qui veut dire qu'un bordel monstre arrive.]
Coupant le système, je me suis recentré sur la fille juste en face de moi, un sourire se dessinant sur mon visage, un sourire doux, empli de lumière, la couronne sur ma tête scintillant tandis que j'imposais ma volonté à ce monde. L'action a immédiatement fait lever un sourcil à la fille, mais elle m'a laissé faire pendant que je construisais un fauteuil pas dégueu, sur lequel je me suis assis, bien sûr en le gardant plus bas qu'elle dans la vaste salle du trône.
Me relaxant avec une jambe sur l'autre, j'ai posé un peu ma propre domination ici pendant que je parlais.
« Si tu n'étais pas intéressée par moi, tu ne m'aurais pas laissé entrer, ce qui contredit ce que tu viens de dire. Tu n'es peut-être pas très intéressée par les élans de l'amour, mais ça ne veut pas dire que tu n'es pas curieuse à son sujet. Après tout, tout le monde est curieux de l'amour, surtout toi, la Mort, qui as vu à quel point l'amour est lié à la mort elle-même, tout autant qu'il affecte la vie. »
Alors que je disais ça sérieusement, la fille a enfin fermé le livre qu'elle lisait, le livre en lui-même fondant en particules de lumière tandis qu'elle se redressait enfin sur le trône, les mouvements de son corps restant plutôt gothiquement sexy tandis que je gardais les yeux sur elle, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent enfin correctement face à face avec les miens.
« Continue.... »
Marmonna-t-elle avec un sourire.
« Je peux te donner le sentiment que personne d'autre dans le cosmos ne peut. Tu peux le prendre comme une valeur de recherche. Après tout, tu n'es pas une dieu intelligente ? Tu voudras sûrement expérimenter et ressentir ce que ça fait, l'amour que tu as vu les mortels vivre.... »
« Orpheus t'a dit quelque chose, on dirait. Même là, c'est juste acceptable mais pas suffisant. »
Ajouta-t-elle, ce qui n'a fait qu'élargir un peu mon sourire.
« Alors on peut ajouter la suite. Qu'est-ce que tu dis d'essayer de voler l'enfant la plus précieuse et chérie à la Vie elle-même ? Ça serait pas mal, non.... »
Ces mots ont enfin touché le point sensible alors que je voyais un large sourire mortel venir sur le visage de la fille. En fait, ce sourire était si perturbant qu'il lui fendait la figure, bien qu'elle se soit vite remise et que l'atmosphère qui crépitait presque se soit calmée.
« Bien, ça a l'air marrant, mais quelque chose me dit qu'il y a plus ? »
J'ai hoché la tête à ses mots, acquiesçant pendant que je continuais.
« La touche en plus, c'est de ressentir la vie que la mort ne peut jamais ressentir. La vie envie la mort parce qu'elle peut finir, vu qu'il n'y a pas besoin de vie, mais la mort envie la vie, parce qu'elle a toujours le droit de vivre, pendant que la mort c'est la fin. Je peux te donner un instant qui donne l'impression d'être en vie. La partie la plus inspirante de vivre avec une vie, c'est de pouvoir aimer. Qu'est-ce qui pourrait être plus grand que ça ? »
Ma question laisse un certain suspens dans l'air, mais à ce stade je peux déjà dire qu'elle est partante. En comparaison, la mort ressemble plus à une scientifique curieuse. Elle souhaite ressentir certaines choses, l'intelligence lui parle, la domination aussi, mais ce qui la fait vraiment vibrer, c'est de pouvoir damer le pion à la Vie.
« Ça a l'air de bonnes conditions, mais j veux en ajouter d'autres. »
Hochant la tête en signe d'accord, je parlai.
« Vas-y. »
« Si j'arrive à te dépouiller complètement de ton amour pour cette salope aux gros seins, alors tu deviens le Prince de la Mort. Tu tournes le dos à la Vie, et tu embrasses mon prix, à moi seulement. Marché conclu ? »
Oh.... c'est intéressant.
J'ai pas répondu direct. J'ai juste continué à réfléchir un instant, jouais la comédie, surfais là-deduss d'une façon ou d'une autre, après quoi j'ai parlé, secouant la tête.
« Pas de marché. Orpheus m'a donné beaucoup. Je lui suis redevable et je la prends comme ma mère, ma famille, et je ne la lâcherai pour rien au monde. Ce que je donne, c'est l'intrigue de me voler mon amour, de faire en sorte que mon amour pour toi soit plus fort que celui pour ma mère, un type différent. Tu auras même le droit de jouer et taquiner une belle-mère en tant que belle-fille, c'est jusqu'où j'irai. »
Le refus n'a pas du tout plu, car à l'instant où j'ai fini de parler, j'ai senti l'atmosphère redevenir noire, les cris des exigences résonnant partout dans ma tête, m'écrasant de plus en plus fort. Putain, le fauteuil que j'avais construit a disparu et je suis maintenant forcé de rester debout alors qu'une pression monstrueuse s'abat sur moi.
« Oh ? Tu penses que la Vie est meilleure que moi ? »
L'étreinte glaciale de la mort a commencé à monter autour de moi, m'étouffant. La situation avait mal tourné.