Guru baissa les yeux vers l'origine du bruit.
Devant trois hommes, un garçon grommelait.
« C'est seulement parce que vous ne vérifiez jamais KakaoTalk. »
« Envoie plutôt une vraie carte cadeau, morveux. T'as de l'argent. »
« Allez, quel adulte accepte la charité d'un mineur ? »
« Personne ne dit rien si tu nous régales. Foutu incapable de participer au dîner d'entreprise, et maintenant tu nous appâte avec une carte cadeau café ? »
« Waouh, c'est vrai. Maintenant que j'y pense, c'est pourri. Chef d'équipe, faisons exploser ce bâtard. »
« On y va ? On a droit à une part du Vide de Beart entre nous ? »
« Faisons soixante-quarante. »
« Excusez-moi, chef ? Pourquoi je suis laissé de côté ? »
« D'accord, t'es dedans. »
« Argh ! C'est trop injuste ! »
Le chef d'équipe passa un bras autour du cou du garçon comme une prise de catch, le faisant hurler.
Les yeux de Guru tremblaient violemment alors qu'elle confirmait leur identité.
Même de loin, il avait l'allure éblouissante et délicate d'une idole. Un garçon à la taille et aux proportions d'un mannequin.
Il portait un costume aujourd'hui, contrairement à d'habitude — mais Guru le reconnaissait avec certitude.
Pourquoi Dani-oppa est-il ici ?
Les personnes à côté de lui étaient des chasseurs de la Première Équipe d'Assaut de Hyeonak.
Maintenant qu'elle y pensait, cette vente aux enchères proposait bien des sous-produits du Malikiyan.
Puisque Guru avait mis son objet en vente, les organisateurs lui avaient envoyé une invitation — bien sûr, Hyeonak en avait reçu une aussi.
Peut-être étaient-ils venus voir à combien ça monterait.
À cet instant, comme s'il sentait un regard, Gidan releva subtilement la tête.
Guru se planqua derrière un pot de fleurs d'un bond sec.
Épiant par-dessus les feuilles du pot, elle vit Gidan durcir l'expression tout en continuant de discuter avec la Première Équipe d'Assaut.
Si quelqu'un de Hyeonak repérait Guru, il viendrait sans faute lui dire bonjour.
Et si ça arrive...
Guru repérée à la vente aux enchères = Jurim contacté = Jurim découvre que Guru est venue avec le Président Suhyeong.
Ça pourrait faire capoter tout le plan !
Si Gidan était là, impossible que Jurim se pointe aussi. Ça, c'était un soulagement.
Mais d'un autre côté — Jurim pourrait ordonner à Gidan de la ramener illico à la maison.
Elle re-regarda. À présent, Gidan pianotait sur son téléphone comme s'il envoyait un message, pointant vers le deuxième étage.
Guru se mit à sautiller sur place, paniquée, scruttant les alentours.
Elle repéra une petite trappe d'aération — juste assez grande pour qu'un enfant s'y glisse. Sans hésiter, Guru s'y faufila.
À l'intérieur de la gaine, tout devint soudain silencieux.
Peut-être que je devrais attendre un peu avant de ressortir.
Le personnel finirait bien par remarquer sa disparition. Si le Président On l'apprenait, ce serait la panique générale pour la retrouver.
Si seulement je pouvais appeler Maître de guilde-nim tout de suite...
Elle envisagea de faire cinq saltos arrière dans la gaine et de hurler au secours — mais secoua la tête. Appeler quelqu'un dans un espace exigu n'était pas une bonne idée...
Mais c'était qui, ces méchants tout à l'heure ?
Ces bizarres pas-tout-à-fait-humains auxquels Shakipiyo avait réagi en tremblant.
Tandis qu'elle restait accroupie dans le silence, à ruminer sur ces étranges personnes qu'elle avait déjà classées dans la case méchants —
« Hein, quoi ? Je peux pas demander un p'tit service à un ami proche ? »
Une voix pâteuse, comme si le locuteur était saoul.
« Suffit de les faire flipper pour qu'ils annulent l'événement. C'est pas sorcier, non ? »
Guru rampa dans la direction d'où venait la voix. Plus elle approchait, plus la voix de l'homme se faisait distincte.
« Je suis sérieux, d'accord ? Cette histoire de vente aux enchères — votre famille mise tout dessus. »
Elle grimpa sur une grille d'aération métallique.
À travers les barreaux, elle vit un homme corpulent s'affaler sur un siège, face à l'ivrogne.
« C'est pour ça que je l'annule. Comment tu veux que je file un business aussi important à ta fille ? Moi, l'aîné, je suis là, les yeux grands ouverts !! »
L'homme corpulent fit tournoyer son verre et secoua la tête.
« Essaie d'être clean d'abord. Avant ça, même si Ayoung chiait à l'entrée du complexe, tu n'aurais pas le poste. »
« Tu sais pas ça ! Si cet événement part en vrille, c'est comme si Ayoung chiait sur la tronche de Papa ! »
« Alors tu veux que je fasse quoi. »
« Allez, t'as des potes éveillés, non ? Appelle-les et fais tout péter ! Boum ! Bam ! Crash ! Comme dans les films, hein ? Tu vois c'que j'veux dire ? »
Boum ! Bam ! Crash ! Comme dans les films !
Son explication n'était que du langage de bébé, au mieux — mais pour Guru, ça avait un sens parfait. Il parlait sa langue.
Elle le savait ! Il y avait forcément un plan louche en cours. Ils devaient être de mèche avec ces gens pas tout à fait humains de tout à l'heure.
Guru observa avec attention l'espace au-delà des barreaux métalliques où les hommes ourdissaient leur plan en secret.
Et elle visualisa le plan du bâtiment qu'elle avait vu plus tôt.
« J'ai tout entendu votre plan ! »
« Q-Qu'est-ce que tu viens de dire ?! »
« Sale gamin ! On te laissera pas partir comme ça ! »
Sa montre détectera la menace et appellera Jurim.
« Maître de guilde-nim, par ici ! »
Alors, comme au parc d'attractions, Jurim apparaîtra.
Un nuage duveteux dans sa tête prit la forme d'un léopard.