Je baissai les yeux sur des douzaines de pâtisseries, le visage extatique. Les morceaux de pain me semblaient si merveilleux que je ne savais pas par où commencer.
« Wow… »
Sur un plateau voisin, il y avait du pain blanc moelleux, du beurre et une trentaine de confitures. Une tarte aux noix trônait sur un plat plus loin.
Il y avait aussi un gâteau surmonté d'abricots fermentés et un tiramisu qui devait être fourré au fromage. D'autres plats comprenaient une dinde rôtie dorée et une épaisse tourte à la viande.
Mais parmi eux, une autre chose attira le plus mon regard.
'C'est cher, donc je n'ai jamais goûté. Des macarons empilés comme une montagne…… !'
Mes yeux tremblèrent. Je n'en crois pas mes yeux. Des macarons ? Je savais ce que c'était, mais je n'en avais jamais mangé.
Bien sûr, je n'avais pas l'argent pour dépenser dans quelque chose qui coûtait plus de 1 700 wons pièce, certains macarons allaient même jusqu'à 3 000 wons, et ça ne m'aurait de toute façon pas rassasiée.
« Tu es arrivée la première. »
Mes yeux cessèrent de trembler au bout d'un moment. Le bruit de semelles dures claquant sur le marbre résonna tout près. Même si j'avais voulu le nier, Lacius était le seul à arpenter ce manoir avec cette allure.
Je remis illico mes yeux égarés en place. Lacius s'assit calmement, puis Maynard apporta le plat suivant. Qu'est-ce que c'est cette fois ? C'était au-delà de mes espérances les plus folles : un énorme steak d'environ 3,5 cm d'épaisseur.
'Whoaa.'
La viande grésilla. Mon dieu, de la viande ! De la viande ! Il y en a tant !
C'était dommage que je ne puisse pas tout manger, ces aliments gras, parce que je ne m'étais pas encore remise. Mais ce n'était pas fini. Arrivèrent ensuite les fritures.
'Dieu, suis-je au paradis ?'
Un plat de crevettes croustillantes, frites, moelleuses.
C'était quelques centaines de wons plus cher que les autres fritures, donc j'hésitais toujours à en prendre. Mais là, une montagne s'offrait à moi.
« Mange. »
« Oui. »
J'attrapai une crevette, excitée, sans me rendre compte que Lacius me fixait de près. D'après l'ambiance, je pense qu'il va passer l'éponge sur ce qui s'est passé plus tôt, et cette idée me remit de bonne humeur. Je saisis une crevette, retirai la peau frite, et croquai dedans.
« Ha. »
La texture ferme était croustillante. J'ai failli en pleurer. Bien que ce ne se voie pas à l'extérieur, une émotion qui adoucissait tout mon cœur se répandit.
C'est délicieux. C'était vraiment délicieux.
J'avais envie de manger le steak, mais je ne savais pas comment le découper, alors j'allais regarder Lacius manger le sien en premier et l'imiter. Mais j'entendis alors le grincement d'une chaise, et peu après, une ombre tomba sur ma tête.
'…. ?'
Quand je levai la tête, interrogative, je vis Lacius. Il fronça légèrement les sourcils.
« Tu n'aimes pas la viande ? »
« Non…… ? »
« Alors je vais te le couper. Mange. »
…. ?
Lacius balança ces mots froids et prit le bol de viande. C'est gentil de sa part, mais pourquoi ?
Lacius agit comme si découper de la viande était la chose la plus importante qu'il avait à faire à l'instant. J'attendis tranquillement, déstabilisée par ce changement soudain de rythme.
« Voilà, mange. »
Comme un chevalier, Lacius découpa la viande en beaux cubes. J'en embrochai un, admirant sa technique.
« Merci. »
« Il faut bien manger pour que tes blessures guérissent vite. »
« Oui, merci — heu ? »
J'ai failli être un peu touchée, mais je tressaillis à l'incohérence contenue dans les mots que j'entendais. Je me tournai alors vers Lacius, un air de trahison sur le visage.
Hé, mais tu as dit tout à l'heure que tu n'avais rien vu ?
« Ha. Ha. Ha. »
Je n'avais rien à dire quand bien même j'aurais eu dix bouches. Riant de malaise, je reportai mon attention sur le journal dans le coin.
« Il y a une rumeur dans le journal du soir selon laquelle l'archiduc Schweiden sortirait avec quelqu'un ? Mais cette fois, une autre dame est la cible. »
En ouvrant le journal et en lisant le titre, je remarquai une pointe de dégoût sur le visage de Lacius.
« Je suis allé dans ce restaurant et j'ai commandé un plat, mais ils avaient déjà publié des articles scandaleux* à mon sujet. »
*(치정/Chijeong : dans le dictionnaire coréen, c'est décrit comme « toutes sortes d'émotions vertigineuses résultant de l'amour entre un homme et une femme », en d'autres termes « crime passionnel ».)*
« Oh mon… »
« En plus, c'est un endroit où tous les chevaliers dînent ensemble. »
Il avait l'air écœuré.
Alors qu'il plissait ses beaux sourcils et fronçait les yeux, une pression à couper le souffle s'abattit sur la table. Je ne comprenais pas du tout.
« Tu es déjà allé voir la compagnie de journaux avec cette tête ? »
« Quoi ? »
« Non, je veux dire avec cette expression, là, tout de suite. Je ne pense pas que qui que ce soit puisse dire quoi que ce soit avec ça…… »
Ne pourrait-il pas simplement les engueuler vertement ou les faire taire avec de l'argent ? Cependant, Lacius secoua la tête.
« C'est inutile. »
« Pourquoi ? »
« Parce que c'est la princesse qui est derrière tout ça. »
La princesse impériale.
Le plus gros obstacle qui empêchait le protagoniste masculin d'être avec la protagoniste féminine de rang inférieur, c'était la méchante n° 2 ! De plus, son pouvoir était assez fort pour qu'on la désigne comme la prochaine empereure. Ça voulait juste dire qu'on ne pouvait pas s'en prendre à elle à la légère. J'affichai ouvertement un air intéressé.
Dans l'œuvre originale, la princesse avait un goût incroyablement bizarre. Comme elle avait des tendances légèrement sadiques, elle avait le mauvais penchant de vouloir faire pleurer les beaux hommes.
Peut-être parce que Lacius est un archiduc, elle ne pouvait rien lui faire physiquement. Alors à la place, elle utilisait les journaux et les magazines pour le harceler mentalement.
'Alors est-ce qu'elle a empêché les deux protagonistes d'être ensemble parce qu'elle s'amusait à taquiner Lacius ?'
C'était une partie inexpliquée de l'histoire originale, donc je ne pouvais pas savoir, mais ça me semblait plausible.
« Ça est devenu ma routine quotidienne de vérifier quelles bêtises se trouvent dans l'article chaque matin. Je ne peux pas faire autrement que de le voir même si je ne veux pas, parce que je dois lire le journal pour lire les autres articles. »
« Bon, ben… du coup, il n'y a aucun moyen que tu saches ce qu'il y a dans les magazines que les femmes lisent d'habitude. »
« … Inutile de regarder là-bas. »
Ah, d'accord.
Je restai sans voix face à la férocité extraordinaire avec laquelle la princesse continue de le torturer. Elle est, en un sens, une vraie princesse. Dommage pour Lacius.
Lacius tapa sur le journal et continua.
« Pas seulement ça, mais je n'arrête pas non plus les femmes qui me suivent chaque fois que je vais au travail. Je les secoue, elles reviennent se coller à moi encore et encore. Corrompre un serviteur était aussi chose courante, et si tu les vires, ils continuent juste à placer plus de gens qu'ils ont formés pour être serviteurs ici. »
« Oh… »
« C'est pour ça que je n'ai que Maynard et Theobalt dans le manoir. Je ne peux pas laisser entrer de bonnes à la légère, parce qu'elles finiraient juste par me voler mes sous-vêtements ou collectionner mes cheveux. »
… Dingues de fans.
C'est ça. J'avais oublié un instant, mais cet homme était le meilleur parti de l'empire. Il est beau ; il a la forme, et il a un rang élevé.
C'est un *triple couronné*, donc il doit être populaire.
*(Triple couronné parce qu'il excelle dans trois catégories.)*
Cependant, la raison pour laquelle tant de gens étaient si obsédés par Lacius n'était pas seulement ça, mais aussi parce que les autres hommes de ce monde étaient trop moches.
Puisque Maynard est le visage de base ici, Lacius, qui est unique parmi eux, n'a d'autre choix que de recevoir l'attention de tout le monde. Même moi, dont les yeux sont habitués à voir des idoles, je trouve que Lacius est un bel homme.
« Même quand je suis à la résidence des chevaliers, c'est déjà normal que quelqu'un mate pendant que je prends mon bain, et si je dis que le terrain d'entraînement est un endroit dangereux, elles courent quand même après moi et s'évanouissent même… »
*Crac.* Il grinca des dents de manière menaçante.
Leur briser le cou serait facile, mais le problème c'est que tous ses adversaires sont des dames de familles nobles. Et la princesse les encourage, donc le terrain de jeu est plutôt confortable pour elles. Je secouai inconsciemment la tête, comprenant le cœur de Lacius.
« J'ai une proposition à te faire, par hasard. »
« Quoi ? »
« Épouse-moi. »