Les hommes avaient succombé à la fascination de l'alraune.
Faute de mieux, je les ai renvoyés au village par téléportation.
Il ne restait plus que des femmes, moi excepté.
Selen, Philia-san, Gori-chan, Hazena-san et la reine Maribel, nous cinq seulement.
« On n'a pas le choix, il va falloir qu'on s'en charge nous-mêmes. »
« Hu hu hu, c'est ça qui est bien, c'est super amusant comme ça ! Quand c'est fini, j'veux qu'on fasse un vrai bavardage entre filles ! »
« Ça a l'air drôle. Mais les alentours du magasin en terre sont infestés de monstres et de lianes. Comment on fait pour s'approcher de cette fleur d'ici ? »
Comme le dit la reine Maribel, sortir de ce magasin en terre maintenant est extrêmement dangereux.
Cela dit, attaquer l'alraune depuis la petite fenêtre n'est pas réaliste non plus.
« Laissez-moi faire. »
Zugogogogogogogogogogogogogo !!
Ce qui est apparu avec un grondement de la terre, reliant ce magasin en terre à l'alraune en ligne droite, ce sont deux murs d'enceinte.
Coincée entre eux, une unique voie s'est formée.
… J'ai détruit quelques bâtiments qui se trouvaient entre les deux, mais vu que le quartier était déjà quasi entièrement rasé, on va dire que c'est passé.
« Ho, ho… L'idée, c'est d'avancer par ce chemin ? Mais les monstres et les lianes pullulent encore, non ? »
« Je vais tout cramer avec ma magie ! »
« Hum, je vais moi aussi prêter main-forte. »
Hazena-san commence à psalmodier un sort, Philia-san met son arc en joue.
L'idée, c'est de tirer au moment où on ouvrira la porte du magasin, pour nettoyer les monstres d'un coup.
« Avant ça, je vais déjà faire un peu de ménage. »
Je fais bouger les deux murailles pour rétrécir le passage.
Gushagushagushagusha !!
Les insectes qui grouillaient par centaines s'écrasent les uns après les autres.
Quand j'ai rouvert les murailles, plus un seul monstre capable de bouger correctement ne restait.
Les lianes ont été écrasées dans une certaine mesure, mais elles s'agitent encore avec beaucoup d'énergie.
Comme elles sont fines, l'attaque « sandwich de murailles » n'a pas eu beaucoup d'effet, apparemment.
« J'ouvre la porte ! »
Gori-chan ouvre la porte, et la magie de Hazena-san et la flèche de Philia-san sont libérées.
Une flèche enveloppée de flammes furieuses et de vent fusionne en vol, et réduit en cendres les cadavres d'insectes et les lianes.
La flèche de feu file droit vers le cœur de la fleur.
Mais les pétales se dressent comme un mur et bloquent la flèche de feu sans effort.
« Visiblement, ça ne suffit pas pour la vaincre. »
« Les filles, on y va ! »
Menées par Gori-chan, on bondit hors du magasin.
Enjambant les cadavres d'insectes calcinés, on fonce vers la fleur d'une traite.
À l'intérieur des géants pétales, un trou d'une dizaine de mètres de diamètre est béant.
Au centre, sur ce qui ressemble à une tige qui s'élève, est fixé quelque chose qui ne ressemble qu'à une jeune fille humaine.
« Elle fait tomber les hommes qu'elle a attirés dans ce trou et les absorbe. Vous voyez le liquide qui s'y accumule ? C'est du suc digestif. »
Le noyau de l'alraune, c'est cet organe qui a l'apparence d'une jeune fille humaine, au fond du trou.
Il va falloir faire attention de ne pas tomber dedans en combattant.
« …… »
À ce moment, la jeune fille de l'alraune ouvre la bouche, comme pour émettre quelque chose qui n'est pas des mots.
L'instant d'après, ce qui jaillit du trou, c'est :
« Du pollen !? »
« Respirez pas ! Votre corps va s'engourdir et vous pourrez plus bouger ! »
« Vent ! »
Au cri de Gori-chan, Philia-san soulève aussitôt un vent qui disperse le pollen.
« …… »
L'alraune ouvre à nouveau la bouche, et :
« Les monstres arrivent de plus en plus !? »
Apparemment, l'alraune peut aussi charmer les monstres et les manipuler à sa guise.
« Laissez-moi m'occuper d'eux ! De toute façon, ma lance n'atteint pas la cible ! »
« Moi aussi, je me charge du nettoyage des petites frites ! »
La reine Maribel et Gori-chan éliminent les monstres-insectes qui déferlent sans fin.
De leur côté, Selen, Philia-san et Hazena-san visent le « noyau » de l'alraune à distance.
« Tch, ces pétales sont vraiment gênants ! »
Mais toutes leurs attaques sont parées par le bouclier de pétales.
Une attaque frontale a l'air mal partie pour passer.
C'est pourquoi :
« Selen, on passe par le haut. »
« Ah, c'est vrai, y a cette option ! »